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Repères biographiques
1798
26 avril
1798
(7 floréal an
VI)
Naissance à
Charenton-Saint-Maurice de Ferdinand Victor Eugène Delacroix,
fils de Charles Delacroix, ministre plénipotentiaire aux
Pays-Bas, puis préfet des Bouches-du-Rhône et de Gironde, et de
Victoire, née Œben, fille de l'ébéniste de Louis XV. Il est le
quatrième et dernier enfant, après Charles-Henri, qui sera général et baron
d'Empire, Henriette, future épouse de Raymond de Verninac, et
Henri. On a souvent suggéré qu'Eugène Delacroix était en fait le
fils de Talleyrand.
1805
4 novembre :
Décès de Charles Delacroix à Bordeaux, où il était préfet depuis
avril 1803.
Victoire Delacroix acquiert le domaine de
La Boixe, près
de Mansle en Charente, mais le domaine est grevé d'hypothèques.
1806
Janvier :
Installation à Paris de Madame Delacroix avec sa fille et Eugène
au 50 rue de Grenelle.
6 octobre :
Eugène Delacroix entre comme interne au Lycée impérial (actuel
lycée Louis-le-Grand). Il s'y lie d'amitié avec Achille Piron,
son futur biographe. Il est accueilli chez les Riesener ; Henri
Riesener est le demi-frère de Madame Delacroix.
1807
La famille déménage au 114, rue de l'Université.
Henri est tué
par un boulet à la bataille de Friedland.
1813
Eugène Delacroix obtient un quatrième accessit de dessin.
Henri Riesener, lui-même élève de
David, présente Eugène
Delacroix au baron Gérard.
Août :
Premier séjour à l'abbaye de Valmont, située près de Fécamp et
appartenant à son cousin Auguste Bataille.
1814
Il obtient un premier accessit
de
dessin.
3 septembre : Mort de sa mère le laissant dans une
situation financière très difficile. Victoire Delacroix est
enterrée au cimetière du Père-Lachaise. Eugène Delacroix
habite chez sa sœur Henriette et son beau-frère Raymond de
Verninac, au 114, rue de
l'Université.
1815
1er octobre :
Il entre à l'atelier de Pierre Guérin,
sur recommandation de son oncle Henri Riesener, où il reçoit
un enseignement académique et fait la connaissance d'Ary Scheffer et
de
Théodore Géricault.
1816
16 mars :
Il entre à l'École des Beaux-Arts. Il dessine des académies et copie les
maîtres au Louvre tels que Raphaël et Rubens.
Il est initié à l'aquarelle par Charles Soulier et Richard
Parkes Bonington.
1817
Il s'éprend d'Elisabeth Salter, jeune Anglaise au service
de Madame de Verninac, et peint son portrait.
Mars :
Il participe au concours d'esquisses peintes aux Beaux-Arts.
1818
Septembre-novembre :
Eugène Delacroix séjourne à la maison des Gardes, au centre de
la forêt de Boixe (Charente). Raymond de Verninac avait proposé de racheter
le domaine et de verser une rente annuelle aux Delacroix mais ne
pourra pas tenir ses engagements.
1819
Il peint La Vierge des Moissons pour l'église
Sainte-Eutrope d'Orcemont, tableau très inspiré de l'œuvre de
Raphaël. C'est sa première commande. De Raphaël Delacroix estime
que : « Doué de l'invention la plus heureuse, il s'aidait de tous
les secours étrangers, retrempait pour ainsi dire son génie aux
sources voisines de grandeur et de beauté, et se renouvelait
ainsi lui-même par l'étude de l'antique et des grands artistes
de l'Italie qui l'avaient précédé. »
Août :
Installation
des Verninac, qui ne pouvaient rester à Paris, à La Boixe. Eugène Delacroix y demeure jusqu'en
novembre. Charles de Verninac est élève au collège royal
Louis-le-Grand et Eugène Delacroix, rend compte de la scolarité
de son neveu à la mère de celui-ci.
Exposition au Salon du Radeau de la Méduse, tableau pour
lequel Géricault a fait poser Eugène Delacroix (il s'agit d'un
des naufragés placé au-devant, la tête penchée et le bras
étendu).
1820
Il fait des caricatures pour le Miroir, par nécessité
financière.
Avril :
Il quitte
la rue de l'Université et s'installe
au 22
rue de la Planche (actuelle rue de Varenne).
Août-septembre :
Il séjourne chez son frère le général Charles Delacroix, à
La Boixe et à Croze, dans le Lot près de Souillac, propriété
familiale des Verninac.
1821
Juillet-août :
Il
exécute une première décoration murale pour la salle à
manger de l'acteur Talma.
11 août :
Charles de Verninac, en classe de rhétorique au collège
royal Louis-le-Grand, reçoit son diplôme de bachelier ès
lettres.
1822
23 avril :
Mort de Raymond de Verninac à Aussac en Charente.
25 avril :
Eugène Delacroix expose
pour la première fois
au Salon.
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Son tableau la
Barque de Dante, qui connaît un important retentissement, est acheté par l'État.
Le tableau est inspiré du VIIIe Chant de
l'Enfer de Dante.
Gros qualifie le tableau de « Rubens châtié ». En revanche
Delécluze, défenseur du néo-classicisme, qualifie dans le
Moniteur universel le tableau de « vraie tartouillade ».
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Musée du Louvre, Paris
© Photo RMN |
Adolphe Thiers,
alors jeune critique, écrit dans le Constitutionnel :
« L'auteur a, outre cette imagination poétique, qui est
commune au peintre comme à l'écrivain, cette imagination de
l'art, qu'on pourrait en quelque sorte appeler imagination
du dessin, et qui est tout autre que la précédente. Il jette
ses figures, les groupes, les plie avec la hardiesse de
Michel-Ange et la fécondité de Rubens. Je ne sais quel
souvenir des grands artistes me saisit à l'aspect de ce
tableau ; j'y retrouve cette puissance sauvage, ardente mais
naturelle, qui cède à son propre entraînement.
[...] Je ne crois pas m'y tromper, M. de Lacroix (sic) a reçu le
génie. »
Delacroix est alors avec Géricault l'un des maîtres de la
nouvelle peinture.
3
septembre :
Il commence son
Journal au Louroux (Indre-et-Loire), le jour anniversaire de la mort
de sa mère.
Octobre :
Henriette de Verninac s'installe chez son frère Eugène après
la mort de son mari.
Eugène Delacroix accueille chaleureusement son neveu Charles
de Verninac.
1823
Septembre :
Il habite
au 118, rue de Grenelle.
1824
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Au Salon,
il expose quatre œuvres dont les Scènes des massacres de
Scio.
Octobre :
Il s'installe chez Thalès Fielding au 20 rue Jacob.
23 novembre :
Le domaine de La Boixe est vendu par adjudication.
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Musée du Louvre, Paris
© Photo RMN / T. Le Mage |
1825
Aux dîners
de Mlle Mars Eugène Delacroix fait la connaissance de Cousin et
Thiers.
Son atelier est situé au 14, rue d'Assas.
25 mai :
Il arrive
à Londres où il reste jusqu'à la fin août. Il y retrouve
Bonington, voit des pièces de Shakespeare au théâtre : en
septembre il exécute des lithographies de Macbeth.
Il s'installe au 46 rue de l'Université avec son ami Pierret.
Il rencontre Madame Dalton, ancienne danseuse mariée à un
Anglais.
1826
Mars :
Il
rencontre
Victor Hugo, Sainte-Beuve,
Lamartine et Charles
Nodier.
Il reçoit
la commande de Justinien composant ses Institutes
pour le Conseil d'État (tableau détruit lors de l'incendie
du Palais d'Orsay en 1871).
Il expose La Grèce sur les ruines de Missolonghi.
1827
Au Salon, il expose la
Mort de Sardanapale, véritable
manifeste romantique.
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Victor Hugo se référant à la critique :
« Ne croyez pas que Delacroix ait failli. Son Sardanapale est
une chose magnifique, et si gigantesque qu'elle échappe aux
petites vues. Du reste, ce bel ouvrage, comme beaucoup
d'autres ouvrages grands et forts, n'a point eu de succès
près des bourgeois de Paris sifflets de sots sont fanfares
de gloire. » (lettre à Victor Pavie du 3 avril
1829)
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Musée du Louvre, Paris
© Photo RMN / H.
Lewandowski |
1828
Eugène Delacroix déménage 15 rue de Choiseul et loue un atelier
au 9 passage Saulnier.
Il reçoit
la commande de Justinien composant ses Institutes
pour le Conseil d'État (tableau détruit lors de l'incendie
du Palais d'Orsay en 1871).
Il expose La Grèce sur les ruines de Missolonghi.
1829
Il s'installe au 15, quai Voltaire où il a aussi un atelier.
Il publie dix-sept lithographies illustrant Faust de Goethe dans
la traduction d'Alfred Stapfer.
Charles de Verninac est nommé par le roi, vice-consul. Il obtient
sa licence en droit.
Octobre-novembre :
Eugène Delacroix séjourne à Valmont.
1830
Février :
Bataille d'Hernani. Lors de la première mouvementée, à la Comédie-Française, les « Jeune-France »
romantiques du parterre, au nombre desquels Gérard de Nerval et Théophile Gautier, invectivent
ceux qui dans les tribunes soutiennent les règles
classiques.
27-29 juillet :
Révolution des Trois Glorieuses. Bien qu'enrôlé dans la
garde nationale, Delacroix participe peu à ces
journées.
Dans une lettre à Charles de Verninac, le 17 août 1830, il
écrit : « Que dis-tu de ces événements ? N'est-ce pas
le siècle des choses incroyables ; nous qui l'avons vu, nous
ne pouvons le croire. On a dû d'abord, je suppose, vous
donner des nouvelles très exagérées. Mais si, comme je
pense, vous recevez des journaux français, ils te donneront
une idée assez juste de ce qui s'est passé. Nous avons été,
pendant trois jours au milieu de la mitraille et des coups
de fusil, car on se battait partout. Le simple promeneur
comme moi avait la chance d'attraper une balle, ni plus ni
moins que les héros improvisés qui marchaient à l'ennemi
avec des morceaux de fer emmanchés dans des manches à balai.
Jusqu'ici tout va le mieux du monde. Tout ce qu'il y a de
gens de bon sens espère que les faiseurs de république
consentiront à se tenir en repos. »
1831
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Au Salon, il expose notamment
La
Liberté guidant le peuple,
allégorie de la liberté et de la révolte du peuple inspirée des journées révolutionnaires de 1830, et
L'assassinat de l'évêque de Liège.
Il est décoré de la Légion d'honneur.
Septembre-octobre :
Il séjourne à Valmont
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Musée du Louvre, Paris
© Photo RMN |
Décembre :
Par l'intermédiaire de Mlle Mars, il est engagé dans la mission diplomatique du comte Charles de
Mornay au Maroc, chargé par le gouvernement de Louis-Philippe de
négociations avec le sultan du Maroc Abd er-Rahman.
1832
11 janvier :
Il embarque à Toulon et arrive à Tanger le 24.
15 mars :
Il arrive à Meknès.
5 avril :
La délégation part pour Tanger.
Mai :
Bref séjour à Cadix et à Séville |
Musée Fabre, Montpellier
© Musée Fabre / Cliché
Jaulmes |
9 juin :
Départ pour Oran, Alger et Toulon.
25-28 juin :
Escale à Alger.
D'après des croquis et études réalisés dans
un harem, Delacroix exécutera deux ans plus tard Femmes
d'Alger
5 juillet :
Arrivée à Toulon.
20 juillet :
Au terme d'un voyage de six mois, capital pour son œuvre,
Delacroix est de retour à Paris.
1833
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Delacroix rencontre Jenny Le Guillou
chez Pierret, où elle est femme de journée. Elle sera sa
gouvernante fidèle et dévouée.
Lors d'un bal costumé chez Alexandre Dumas, il fait la
connaissance d'Élisa Boulanger, femme du peintre Clément
Boulanger et future épouse de Monsieur Cavé, directeur des
Beaux-Arts sous Louis-Philippe. Il exécute, à la détrempe,
Le Roi Rodrigue.
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Musée Eugène Delacroix, Paris
© Photo RMN |
30 mai
:
Avant même d'être officiellement chargé de décorer le
salon du Roi, Delacroix écrit à « Monsieur Cavé, Chef de la Division des Belles Lettres, Sciences et Arts, au Ministère de l'Intérieur et du Commerce», afin d'obtenir, par son intermédiaire: «l'autorisation de faire préparer le plafond (...) d'après le procédé de M. Darcet, contre l'humidité. Toute celle qui avait été absorbée antérieurement est encore dans les plâtres puisqu'elle a reparu après cinq couches successives de peinture». (lettre conservée à la Bibliothèque de l'Assemblée nationale).
31 août :
Par arrêté signé de
Thiers, Ministre, Secrétaire d'État au département du Commerce et des Travaux Publics : « M. Delacroix est chargé de l'exécution des peintures du Salon du Roi à la Chambre des députés. Il lui est alloué pour ce travail une somme de trente [cinq/le mot a été rajouté] mille francs payable par acompte selon les degrés d'avancement du travail, et imputable sur les crédits affectés aux travaux de la Chambre ».
Novembre :
C'est le début d'une amitié amoureuse avec
George Sand et d'une
liaison avec Joséphine de Forget.
Il se rend souvent à Champrosay
et se lie avec Frédéric Villot, futur conservateur des
peintures du Louvre.
1834
Au Salon sont exposés les tableaux la Bataille de Nancy
et Femmes d'Alger.
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De cette dernière composition tout
empreinte de sensualité
Baudelaire écrira : « Ce petit poème d'intérieur, plein de
repos et de silence, encombré de riches étoffes et de
brimborions de toilette, exhale je ne sais quel parfum de
mauvais lieu qui nous guide assez vite vers les limbes insondés de la tristesse. »
Et pour Cézanne : « Nous y sommes tous dans ce Delacroix.
Quand je vous parle de la joie des couleurs pour les
couleurs, tenez, c'est cela que je veux dire... Ces roses
pâles, ces coursiers bourrus, cette babouche, toute cette
limpidité, je ne sais pas moi, vous entrent dans l'œil comme
un verre de vin dans le gosier, et on est tout de suite
ivre... Et ça tourne. C'est la première fois qu'on a peint
en volumes depuis les grands... Allez, on a beau dire, beau
faire, il est de la grande ligne. On peut parler de lui sans
qu'il ait à rougir même après Tintoret et Rubens. Delacroix,
c'est le romantisme, peut-être. Il reste la plus belle
palette de France, et personne sous notre ciel, n'a eu plus
que lui le calme et le pathétique à la fois, la vibration de
la couleur. Nous peignons tous en lui. » |
Musée du Louvre, Paris
© Photo RMN |
22 mai :
Son neveu Charles de Verninac meurt à New York, après avoir
contracté la fièvre jaune en Amérique centrale. Delacroix en
est très affecté.
Septembre :
Il fait ses premiers essais de peinture à fresque à Valmont.
1835
Au Salon sont exposés le Prisonnier de Chillon et Les
Natchez.
Février :
Séjour chez les Riesener à Frépillon.
Octobre :
Delacroix s'installe 17, rue des Marais-Saint-Germain (actuelle
rue Visconti).
Décembre :
Ayant achevé les peintures, en grisaille, des pilastres du salon
du Roi représentant les figures des fleuves et des mers qui
baignent la France, il demande des modifications de
l'architecture.
1837
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Au Salon il expose la Bataille de Taillebourg.
Juin :
Inauguration des galeries du musée historique de Versailles.
Décembre :
Achèvement du décor du salon du Roi pour l'ouverture de la session.
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Versailles, Musée national du Château
© Photo RMN |
1838
30 août :
Delacroix est chargé du décor de la
Bibliothèque de la
Chambre des députés.
La décoration comprend
deux hémicycles en cul-de-four et
cinq coupoles comprenant chacune quatre pendentifs
hexagonaux.
Septembre :
Il séjourne à Valmont.
Novembre :
Dans un nouvel atelier, rue Neuve-Guillemin, il forme ses
assistants Gustave Lassalle-Bordes (1815-1886) et Louis de Planet
(1814-1875) pour les décorations
murales.
1839
Au Salon sont exposés Cléopâtre et le paysan et
Hamlet et Horatio au cimetière.
Septembre :
Voyage en Belgique, où il apprécie Rubens, et en Hollande.
1840
Juin :
Il reçoit commande d'un décor mural d'une chapelle de
l'église Saint-Denis du Saint-Sacrement.
3 septembre :
Il reçoit commande du décor de la Bibliothèque du Palais du
Luxembourg.
1841
Exposition au Salon de L'entrée des croisés à
Constantinople, du Naufrage de Don Juan et de la
Noce juive.
Septembre :
Il séjourne à Trouville.
1842
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Delacroix tombe gravement malade, subissant des crises
aiguës de laryngite.
Mars :
Il séjourne à Frépillon chez les Riesener.
Juin :
Il séjourne pour la première fois à Nohant avec
George Sand
et
Chopin.
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Musée du Louvre, Paris
© Photo RMN |
1843
Pendant cette année il travaille à la Bibliothèque du Palais
Bourbon ainsi qu'à celle du Palais du Luxembourg.
Juin :
Il séjourne à Vichy.
Juillet :
Il séjourne une deuxième fois à Nohant
avec
George Sand et
Chopin.
1844
Malgré sa mauvaise santé, Delacroix mène de front quatre
chantiers : la Chambre des députés, la Chambre des pairs,
l'église Saint-Denis du Saint-Sacrement et l'hôtel Lambert.
Mai :
Il achève la Pietà de Saint-Denis du Saint-Sacrement.
Juin :
Il loue une maison de campagne à Champrosay.
Octobre :
Delacroix habite le 54, rue de Lorette.
1845
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Au Salon est exposé Muley Abd er-Rahman, sultan du Maroc,
sortant de son palais de Méquinez, entouré de sa garde et de
ses principaux officiers. Selon Baudelaire : « Ce tableau est
si harmonieux malgré la splendeur des tons, qu'il en est
gris, gris comme la nature, gris comme l'atmosphère de l'été,
quand le soleil étend un crépuscule de poussière tremblante sur
chaque objet. »
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Musée des Augustins, Toulouse
© Daniel Martin |
Juillet-août :
Il séjourne aux Eaux-Bonnes où ses médecins l'envoient en
raison de son état de santé ; il y rencontre son ami
de jeunesse Paul Huet.
Décembre :
Son frère, le général Charles Henry Delacroix, meurt à Bordeaux.
1846
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5 juillet :
Il est promu officier de la Légion d'honneur
Décembre :
La décoration de la Bibliothèque du Palais du Luxembourg est
achevée. Dans la Presse du 1er avril 1846,
Théophile Gautier affirmait au sujet de la coupole centrale
(Les Champs Élysées ou L'Élysée) : « Le sujet
choisi par M. Delacroix est des plus heureux : c'est
l'Élysée des grands esprits comme Dante l'a rêvé et décrit
dans son poème. Ne trouvez-vous pas ingénieux d'avoir placé
ainsi au dôme de la Bibliothèque le séjour tranquille où les
âmes supérieures se reposent la vie ? »
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Coupole de la Bibliothèque du Sénat
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1847
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19 janvier :
Il recommence à tenir son Journal qu'il avait interrompu en 1824 :
« J'écris ceci au coin du feu, enchanté d'avoir été,
avant de rentrer, acheter cet agenda, que je commence un
jour heureux. Puissé-je continuer souvent à me rendre compte
ainsi de mes impressions et à les creuser, en se les
rappelant. »
Mars :
Il rend visite à Corot.
Décembre :
Il achève la décoration de la Bibliothèque du Palais
Bourbon.
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Bibliothèque de l'Assemblée nationale
Photo Laurent Lecat |
1848
Au Salon, il expose Comédiens.
24 février
:
Abdication de Louis-Philippe.
Formation d'un gouvernement provisoire qui proclame la
République.
23 avril :
Élection de l'Assemblée
constituante [Composition
de l'Assemblée constituante].
Juin-juillet :
Delacroix séjourne à Champrosay loin des événements
politiques se déroulant à Paris.
Dans une lettre à George Sand, le 28 mai 1848, il écrit : « Vous
avez bien fait de partir : on vous aurait peut-être accusée
d'avoir fait des barricades. Vous dites fort bien que dans
des temps comme ceux-ci l'esprit ne raisonne pas et que les
coups de fusils ou de baïonnettes deviennent les seuls
arguments qui aient cours. [... Votre ami Rousseau, qui du
reste n'avait jamais vu que le feu de la cuisine, exalte
quelque part dans un accès d'humeur belliqueuse le mot d'un
palatin polonais qui disait à propos de sa turbulente
république [...] : « Je préfère une liberté mêlée de dangers
à une servitude paisible. » J'en suis venu, hélas ! à
l'opinion contraire en considérant surtout que cette liberté
achetée à coups de batailles n'est vraiment pas de la
liberté. »
Août :
Il séjourne chez le comte de Mornay.
Septembre :
La Revue des Deux-Mondes publie son article sur Gros.
Il séjourne de nouveau à Champrosay.
10
décembre :
Élections présidentielles.
Élection de Louis Napoléon
Bonaparte à la présidence de la République.
1849
28 avril :
Il est chargé de la décoration de la chapelle des
Saints-Anges à l'église Saint-Sulpice.
Novembre :
Il apprend la mort de Chopin qui l'affecte.
1850
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8 Mars :
Il reçoit la commande de la décoration de la partie centrale
du plafond
de la galerie d'Apollon, au Louvre.
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Musée du Louvre, Paris
© Musée du Louvre |
Juillet-août :
Il effectue un second voyage en Belgique, où il admire
encore Rubens, et en Hollande, puis se rend en Allemagne.
Dans son Journal, en 1853, Delacroix écrira : « Gloire
à cet Homère de la peinture, à ce père de la chaleur et de
l'enthousiasme dans cet art où il efface tout, non pas, si
l'on veut, par la perfection qu'il a portée dans telle ou
telle partie, mais par cette force secrète et cette vie de
l'âme qu'il a mise partout. »
1851
Août-septembre :
Il séjourne une première fois à Dieppe.
Octobre :
Il achève le décor de la galerie d'Apollon.
Décembre :
Il est chargé de la décoration du salon de la Paix à l'hôtel
de ville de Paris. L'œuvre sera détruite lors de l'incendie
de la Commune.
Il est élu conseiller municipal de Paris.
1852
Il poursuit son travail de décor à l'hôtel de ville et à
Saint-Sulpice.
Juillet-août :
Il séjourne à Champrosay.
Septembre :
Il séjourne à Dieppe. Il note dans son Journal : « J'ai été faire
ma dernière visite à la mer vers trois heures. Elle était du
plus beau calme et une des plus belles que j'ai vues. Je ne
pouvais m'en arracher. [...] C'est d'après cette mer que
j'ai fait une étude de mémoire : ciel doré, barques
attendant la marée pour rentrer. »
1853
Janvier :
Il
fait le portrait d'Alfred Bruyas.
Juin :
Le Moniteur universel publie son article sur Poussin qu'il
considère avec Le Sueur comme l'un des pères de l'art
français.
1854
Février :
Il achève le décor de l'Hôtel de ville.
Mars :
Il séjourne à Champrosay.
Juillet :
La Revue des Deux Mondes publie son article Questions sur le
beau.
Août :
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Il séjourne à Dieppe où il contemple la mer du haut de la falaise.
Le 5 août, il notait dans son Journal : Les vagues de la mer qui comme les rochers « sont divisées elles-mêmes en petites vagues, se subdivisant encore et présentant individuellement les mêmes accidents de lumière et le même dessin. »
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La mer vue des hauteurs de Dieppe
Musée du Louvre, Paris
© RMN / Hervé Lewandowski
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Septembre :
Il séjourne à Angerville, chez son cousin Berryer, avocat
légitimiste.
1855
Il prépare
une rétrospective de son œuvre
à l'occasion de l'Exposition universelle.
Lors de l'Exposition universelle Charles Baudelaire
s'interroge sur la place de l'œuvre de Delacroix : « Que sera
M. Delacroix pour la postérité ? Que dira de lui cette
redresseuse de torts ? Il est déjà facile, au point de sa
carrière où il est parvenu, de l'affirmer sans trouver trop
de contradicteurs. Elle dira, comme nous, qu'il fut un
accord unique de facultés les plus étonnantes ; qu'il eut
comme Rembrandt le sens de l'intimité et la magie profonde,
l'esprit de combinaison et de décoration comme Rubens et Le
Brun, la couleur féerique comme Véronèse, etc. ; mais qu'il
eut aussi une qualité sui generis, indéfinissable et
définissant la partie mélancolique et ardente du siècle,
quelque chose de tout à fait nouveau, qui a fait de lui un
artiste unique sans générateur, sans précédent, probablement
sans successeur, un anneau si précieux qu'il n'en est point
de rechange, et qu'en le supprimant, si une pareille chose
était possible, on supprimerait un monde d'idées et de
sensations, on ferait une lacune trop grande dans la chaîne
historique. »
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Il peint La Chasse aux lions.
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Musée d'Orsay, Paris
© Photo RMN / Gérard Blot |
11-15 septembre :
Il séjourne chez les Verninac à Croze, où il dessine dans un
carnet les paysages autour du château, puis à Strasbourg.
Octobre :
Il séjourne à Dieppe.
Il est promu commandeur de la Légion d'honneur.
1856
Octobre :
Il se rend à Ante-en-Argonne, berceau de sa famille, puis
revient à Champrosay.
Il quitte la rue Notre-Dame de Lorette pour s'installer 6,
place de Furstenberg où il a fait construire un atelier.
1857
10 janvier :
Il
est enfin élu à l'Institut. C'est sa neuvième candidature.
Il projette d'écrire un Dictionnaire des Beaux-Arts.
Août :
Il séjourne à Strasbourg, puis à Plombières.
15 décembre :
Il tombe gravement malade, ce qui le contraint à interrompre
l'œuvre de la chapelle des Saints-Anges à Saint-Sulpice.
1858
Juillet :
Il séjourne à Plombières, affaibli par la maladie.
Août :
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Il achète la maison de Champrosay.
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Jardin de la maison de Delacroix à Champrosay près de la
forêt de Sénart
Musée du Louvre, DAG, Paris
© RMN / Droits réservés
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1859
C'est son dernier Salon. Il y expose notamment la Montée
au Calvaire, L'Enlèvement de Rebecca et Hamlet.
Août :
Il voyage à Strasbourg, puis à Ante-en-Argonne.
Novembre :
Après un court séjour à Champrosay, il travaille à
Saint-Sulpice.
1860
La galerie Martinet organise une rétrospective de son œuvre,
exposant trente-trois peintures dont la Mort de Sardanapale.
Janvier :
La maladie le contraint à nouveau à interrompre son travail.
Juillet :
Il séjourne à Dieppe.
Août-novembre :
Il séjourne à Champrosay.
1861
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Février :
Mort de son cousin Lamey.
Juillet :
Il
achève la
décoration de la chapelle des Saints-Anges à l'église
Saint-Sulpice.
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Lutte de Jacob avec l'Ange
Église Saint-Sulpice, Paris
© RMN / Bulloz |
Août :
Il séjourne à Champrosay.
1862
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Delacroix reprend le thème de Médée comme d'autres
qu'il avait déjà abordés.
Juillet :
Publication par la Revue des Deux Mondes de l'article
sur Charlet.
Septembre :
Voyage à Ante-en-Argonne.
Octobre :
Il se rend à Champrosay, puis séjourne à Angerville.
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Musée du Louvre, département des
Peintures
© RMN / G. Blot |
1863
Son état de santé se dégrade.
26 mai :
Il
part pour Champrosay.
1er juin :
Il revient à Paris en raison d'une crise pulmonaire.
8 juin :
Nouveau séjour à Champrosay.
Juillet :
Il regagne son domicile de la place Furstenberg à Paris, victime d'une
nouvelle crise pulmonaire.
13 août :
Il meurt à 7 heures du soir en tenant la main de Jenny Le
Guillou.
Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.
Éléments de bibliographie : |
-
Eugène Delacroix,
Journal 1822-1863, réédité en 1996.
-
Eugène Delacroix,
Correspondance générale, 5 volumes, 1996.
- Eugène Delacroix,
Dictionnaire des beaux-arts, Hermann, 1996.
- René Huyghe,
« Delacroix ou le combat solitaire »,
Hachette, 1963.
- Maurice Sérullaz,
Les peintures murales de Delacroix, éditions du Temps,
1963.
-
Maurice Sérullaz,
Delacroix, Fayard, 1989.
- Alain Daguerre de Hureaux,
Delacroix, Hazan, 1993.
- Barthélémy Jobert,
Delacroix, Gallimard, 1997.
-
Arlette Sérullaz et Annick Doutriaux,
Delacroix « Une fête pour l'œil »,
Découvertes Gallimard-Réunion des Musée nationaux, 1998.
- Arlette Sérullaz,
Delacroix, collection Le Cabinet des Dessins, Flammarion, 1998.

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