Accueil > Histoire et patrimoine > Le salon du Roi > Eugène Delacroix (repères biographiques)

 

Eugène DELACROIX
(1798-1863)

Eugène Delacroix

Eugène Delacroix, d'après un daguerréotype, 1842

© BnF

 

Repères biographiques

1798

26 avril 1798 (7 floréal an VI)

Naissance à Charenton-Saint-Maurice de Ferdinand Victor Eugène Delacroix, fils de Charles Delacroix, ministre plénipotentiaire aux Pays-Bas, puis préfet des Bouches-du-Rhône et de Gironde, et de Victoire, née Œben, fille de l'ébéniste de Louis XV. Il est le quatrième et dernier enfant, après Charles-Henri, qui sera général et baron d'Empire, Henriette, future épouse de Raymond de Verninac, et Henri. On a souvent suggéré qu'Eugène Delacroix était en fait le fils de Talleyrand.

 

1805

 

4 novembre :

Décès de Charles Delacroix à Bordeaux, où il était préfet depuis avril 1803.

 

Victoire Delacroix acquiert le domaine de La Boixe, près de Mansle en Charente, mais le domaine est grevé d'hypothèques.

 

1806

 

Janvier :

Installation à Paris de Madame Delacroix avec sa fille et Eugène au 50 rue de Grenelle.

 

6 octobre :

Eugène Delacroix entre comme interne au Lycée impérial (actuel lycée Louis-le-Grand). Il s'y lie d'amitié avec Achille Piron, son futur biographe. Il est accueilli chez les Riesener ; Henri Riesener est le demi-frère de Madame Delacroix.

 

1807

 

La famille déménage au 114, rue de l'Université.

Henri est tué par un boulet à la bataille de Friedland.

 

1813

 

Eugène Delacroix obtient un quatrième accessit de dessin. Henri Riesener, lui-même élève de David, présente Eugène Delacroix au baron Gérard.

 

Août :

Premier séjour à l'abbaye de Valmont, située près de Fécamp et appartenant à son cousin Auguste Bataille.

 

1814

 

 

Il obtient un premier accessit  de dessin.

 

3 septembre : Mort de sa mère le laissant dans une situation financière très difficile. Victoire Delacroix est enterrée au cimetière du Père-Lachaise. Eugène Delacroix habite chez sa sœur Henriette et son beau-frère Raymond de Verninac, au 114, rue de l'Université.

 

1815

 

1er octobre :

Il entre à l'atelier de Pierre Guérin, sur recommandation de son oncle Henri Riesener, où il reçoit un enseignement académique et fait la connaissance d'Ary Scheffer et de Théodore Géricault.

 

1816

 

16 mars :

Il entre à l'École des Beaux-Arts. Il dessine des académies et copie les maîtres au Louvre tels que Raphaël et Rubens.

Il est initié à l'aquarelle par Charles Soulier et Richard Parkes Bonington.

 

1817

 

Il s'éprend d'Elisabeth Salter, jeune Anglaise au service de Madame de Verninac, et peint son portrait.

 

Mars :

Il participe au concours d'esquisses peintes aux Beaux-Arts.

 

1818

 

Septembre-novembre :

Eugène Delacroix séjourne à la maison des Gardes, au centre de la forêt de Boixe (Charente). Raymond de Verninac avait proposé de racheter le domaine et de verser une rente annuelle aux Delacroix mais ne pourra pas tenir ses engagements.

 

1819

 

Il peint La Vierge des Moissons pour l'église Sainte-Eutrope d'Orcemont, tableau très inspiré de l'œuvre de Raphaël. C'est sa première commande. De Raphaël Delacroix estime que : « Doué de l'invention la plus heureuse, il s'aidait de tous les secours étrangers, retrempait pour ainsi dire son génie aux sources voisines de grandeur et de beauté, et se renouvelait ainsi lui-même par l'étude de l'antique et des grands artistes de l'Italie qui l'avaient précédé. »

 

Août :

Installation des Verninac, qui ne pouvaient rester à Paris, à La Boixe. Eugène Delacroix y demeure jusqu'en novembre. Charles de Verninac est élève au collège royal Louis-le-Grand et Eugène Delacroix, rend compte de la scolarité de son neveu à la mère de celui-ci.

 

Exposition au Salon du Radeau de la Méduse, tableau pour lequel Géricault a fait poser Eugène Delacroix (il s'agit d'un des naufragés placé au-devant, la tête penchée et le bras étendu).

 

1820

 

Il fait des caricatures pour le Miroir, par nécessité financière.

 

Avril :

Il quitte la rue de l'Université et s'installe au 22 rue de la Planche (actuelle rue de Varenne).

 

Août-septembre :

Il séjourne chez son frère le général Charles Delacroix, à La Boixe et à Croze, dans le Lot près de Souillac, propriété familiale des Verninac.

 

1821

 

Juillet-août :

Il exécute une première décoration murale pour la salle à manger de l'acteur Talma.

 

11 août :

Charles de Verninac, en classe de rhétorique au collège royal Louis-le-Grand, reçoit son diplôme de bachelier ès lettres.

 

1822

 

23 avril :

Mort de Raymond de Verninac à Aussac en Charente.

 

25 avril :

Eugène Delacroix expose pour la première fois au Salon.

 

Son tableau la Barque de Dante, qui connaît un important retentissement, est acheté par l'État.

Le tableau est inspiré du VIIIe Chant de l'Enfer de Dante.

 

Gros qualifie le tableau de « Rubens châtié ». En revanche Delécluze, défenseur du néo-classicisme, qualifie dans le Moniteur universel le tableau de « vraie tartouillade ».

 

Eugène Delacroix, la Barque de Dante

Musée du Louvre, Paris

© Photo RMN

Adolphe Thiers, alors jeune critique, écrit dans le Constitutionnel : « L'auteur a, outre cette imagination poétique, qui est commune au peintre comme à l'écrivain, cette imagination de l'art, qu'on pourrait en quelque sorte appeler imagination du dessin, et qui est tout autre que la précédente. Il jette ses figures, les groupes, les plie avec la hardiesse de Michel-Ange et la fécondité de Rubens. Je ne sais quel souvenir des grands artistes me saisit à l'aspect de ce tableau ; j'y retrouve cette puissance sauvage, ardente mais naturelle, qui cède à son propre entraînement.

[...] Je ne crois pas m'y tromper, M. de Lacroix (sic) a reçu le génie. »

Delacroix est alors avec Géricault l'un des maîtres de la nouvelle peinture.

 

3 septembre :

Il commence son Journal au Louroux (Indre-et-Loire), le jour anniversaire de la mort de sa mère.

 

Octobre :

Henriette de Verninac s'installe chez son frère Eugène après la mort de son mari.

Eugène Delacroix accueille chaleureusement son neveu Charles de Verninac.

 

1823

 

Septembre :

Il habite au 118, rue de Grenelle.

 

1824

 

Au Salon, il expose quatre œuvres dont les Scènes des massacres de Scio.

Octobre :

Il s'installe chez Thalès Fielding au 20 rue Jacob.

23 novembre :

Le domaine de La Boixe est vendu par adjudication.

Eugène Delacroix, Scènes des massacres de Scio

Musée du Louvre, Paris

© Photo RMN / T. Le Mage

 

1825

 

Aux dîners de Mlle Mars Eugène Delacroix fait la connaissance de Cousin et Thiers.

 

Son atelier est situé au 14, rue d'Assas.

 

25 mai :

Il arrive à Londres où il reste jusqu'à la fin août. Il y retrouve Bonington, voit des pièces de Shakespeare au théâtre : en septembre il exécute des lithographies de Macbeth.

 

Il s'installe au 46 rue de l'Université avec son ami Pierret.

 

Il rencontre Madame Dalton, ancienne danseuse mariée à un Anglais.

 

1826

 

Mars :

Il rencontre Victor Hugo, Sainte-Beuve, Lamartine et Charles Nodier.

 

Il reçoit la commande de Justinien composant ses Institutes pour le Conseil d'État (tableau détruit lors de l'incendie du Palais d'Orsay en 1871).

 

Il expose La Grèce sur les ruines de Missolonghi.

 

1827

 

Au Salon, il expose la Mort de Sardanapale, véritable manifeste romantique.

Victor Hugo se référant à la critique : « Ne croyez pas que Delacroix ait failli. Son Sardanapale est une chose magnifique, et si gigantesque qu'elle échappe aux petites vues. Du reste, ce bel ouvrage, comme beaucoup d'autres ouvrages grands et forts, n'a point eu de succès près des bourgeois de Paris sifflets de sots sont fanfares de gloire. » (lettre à Victor Pavie du 3 avril 1829)

Eugène Delacroix, la Mort de Sardanapale

Musée du Louvre, Paris

© Photo RMN / H. Lewandowski

 

 

1828

 

Eugène Delacroix déménage 15 rue de Choiseul et loue un atelier au 9 passage Saulnier.

 

Il reçoit la commande de Justinien composant ses Institutes pour le Conseil d'État (tableau détruit lors de l'incendie du Palais d'Orsay en 1871).

 

Il expose La Grèce sur les ruines de Missolonghi.

 

1829

 

Il s'installe au 15, quai Voltaire où il a aussi un atelier.

 

Il publie dix-sept lithographies illustrant Faust de Goethe dans la traduction d'Alfred Stapfer.

 

Charles de Verninac est nommé par le roi, vice-consul. Il obtient sa licence en droit.

 

Octobre-novembre :

Eugène Delacroix séjourne à Valmont.

 

1830

 

Février :

Bataille d'Hernani. Lors de la première mouvementée, à la Comédie-Française, les « Jeune-France » romantiques du parterre, au nombre desquels Gérard de Nerval et Théophile Gautier, invectivent ceux qui dans les tribunes soutiennent les règles classiques.

 

27-29 juillet :

Révolution des Trois Glorieuses. Bien qu'enrôlé dans la garde nationale, Delacroix participe peu à ces journées.

Dans une lettre à Charles de Verninac, le 17 août 1830, il écrit : « Que dis-tu de ces événements ? N'est-ce pas le siècle des choses incroyables ; nous qui l'avons vu, nous ne pouvons le croire. On a dû d'abord, je suppose, vous donner des nouvelles très exagérées. Mais si, comme je pense, vous recevez des journaux français, ils te donneront une idée assez juste de ce qui s'est passé. Nous avons été, pendant trois jours au milieu de la mitraille et des coups de fusil, car on se battait partout. Le simple promeneur comme moi avait la chance d'attraper une balle, ni plus ni moins que les héros improvisés qui marchaient à l'ennemi avec des morceaux de fer emmanchés dans des manches à balai. Jusqu'ici tout va le mieux du monde. Tout ce qu'il y a de gens de bon sens espère que les faiseurs de république consentiront à se tenir en repos. »

 

1831

 

Au Salon, il expose notamment La Liberté guidant le peuple, allégorie de la liberté et de la révolte du peuple inspirée des journées révolutionnaires de 1830, et L'assassinat de l'évêque de Liège.

Il est décoré de la Légion d'honneur.

 

Septembre-octobre :

Il séjourne à Valmont

Eugène Delacroix, la Liberté guidant le peuple

Musée du Louvre, Paris

© Photo RMN

Décembre :

Par l'intermédiaire de Mlle Mars, il est engagé dans la mission diplomatique du comte Charles de Mornay au Maroc, chargé par le gouvernement de Louis-Philippe de négociations avec le sultan du Maroc Abd er-Rahman.

 

1832

 

 

11 janvier :

Il embarque à Toulon et arrive à Tanger le 24.

 

15 mars  :

Il arrive à Meknès.

 

5 avril :

La délégation part pour Tanger.

 

Mai :

Bref séjour à Cadix et à Séville

Eugène Delacroix, Exercices militaires des Marocains

Musée Fabre, Montpellier

© Musée Fabre / Cliché Jaulmes

 

9 juin :

Départ pour Oran, Alger et Toulon.

 

25-28 juin :

 

Escale à Alger.

D'après des croquis et études réalisés dans un harem, Delacroix exécutera deux ans plus tard Femmes d'Alger

 

5 juillet :

Arrivée à Toulon.

 

20 juillet :

Au terme d'un voyage de six mois, capital pour son œuvre, Delacroix est de retour à Paris.

 

1833

 

Delacroix rencontre Jenny Le Guillou chez Pierret, où elle est femme de journée. Elle sera sa gouvernante fidèle et dévouée.

Lors d'un bal costumé chez Alexandre Dumas, il fait la connaissance d'Élisa Boulanger, femme du peintre Clément Boulanger et future épouse de Monsieur Cavé, directeur des Beaux-Arts sous Louis-Philippe. Il exécute, à la détrempe, Le Roi Rodrigue.

Eugène Delacroix, Portrait de Jenny Le Guillou

Musée Eugène Delacroix, Paris

© Photo RMN

30 mai :

Avant même d'être officiellement chargé de décorer le salon du Roi, Delacroix écrit à « Monsieur Cavé, Chef de la Division des Belles Lettres, Sciences et Arts, au Ministère de l'Intérieur et du Commerce», afin d'obtenir, par son intermédiaire: «l'autorisation de faire préparer le plafond (...) d'après le procédé de M. Darcet, contre l'humidité. Toute celle qui avait été absorbée antérieurement est encore dans les plâtres puisqu'elle a reparu après cinq couches successives de peinture». (lettre conservée à la Bibliothèque de l'Assemblée nationale).

 

31 août :

Par arrêté signé de Thiers, Ministre, Secrétaire d'État au département du Commerce et des Travaux Publics : « M. Delacroix est chargé de l'exécution des peintures du Salon du Roi à la Chambre des députés. Il lui est alloué pour ce travail une somme de trente [cinq/le mot a été rajouté] mille francs payable par acompte selon les degrés d'avancement du travail, et imputable sur les crédits affectés aux travaux de la Chambre ».

 

Novembre :

C'est le début d'une amitié amoureuse avec George Sand et d'une liaison avec Joséphine de Forget.

Il se rend souvent à Champrosay et se lie avec Frédéric Villot, futur conservateur des peintures du Louvre.

 

 

1834

 

Au Salon sont exposés les tableaux la Bataille de Nancy et Femmes d'Alger.

De cette dernière composition tout empreinte de sensualité Baudelaire écrira : « Ce petit poème d'intérieur, plein de repos et de silence, encombré de riches étoffes et de brimborions de toilette, exhale je ne sais quel parfum de mauvais lieu qui nous guide assez vite vers les limbes insondés de la tristesse. »

Et pour Cézanne : « Nous y sommes tous dans ce Delacroix. Quand je vous parle de la joie des couleurs pour les couleurs, tenez, c'est cela que je veux dire... Ces roses pâles, ces coursiers bourrus, cette babouche, toute cette limpidité, je ne sais pas moi, vous entrent dans l'œil comme un verre de vin dans le gosier, et on est tout de suite ivre... Et ça tourne. C'est la première fois qu'on a peint en volumes depuis les grands... Allez, on a beau dire, beau faire, il est de la grande ligne. On peut parler de lui sans qu'il ait à rougir même après Tintoret et Rubens. Delacroix, c'est le romantisme, peut-être. Il reste la plus belle palette de France, et personne sous notre ciel, n'a eu plus que lui le calme et le pathétique à la fois, la vibration de la couleur. Nous peignons tous en lui. »

Eugène Delacroix, Femmes d'Alger dans leur appartement

Musée du Louvre, Paris

© Photo RMN

 

 

22 mai :

Son neveu Charles de Verninac meurt à New York, après avoir contracté la fièvre jaune en Amérique centrale. Delacroix en est très affecté.

 

Septembre :

Il fait ses premiers essais de peinture à fresque à Valmont.

 

1835

 

Au Salon sont exposés le Prisonnier de Chillon et Les Natchez.

 

Février :

Séjour chez les Riesener à Frépillon.

 

Octobre :

Delacroix s'installe 17, rue des Marais-Saint-Germain (actuelle rue Visconti).

 

Décembre :

Ayant achevé les peintures, en grisaille, des pilastres du salon du Roi représentant les figures des fleuves et des mers qui baignent la France, il demande des modifications de l'architecture.

 

1837

 

 

Au Salon il expose la Bataille de Taillebourg.

 

Juin :

Inauguration des galeries du musée historique de Versailles.

 

Décembre :

Achèvement du décor du salon du Roi pour l'ouverture de la session.

Eugène Delacroix, La bataille de Taillebourg

Versailles, Musée national du Château

© Photo RMN

 

1838

 

Au Salon, il expose Médée furieuse et Les Convulsionnaires de Tanger.

Eugène Delacroix, Médée furieuse

Palais des Beaux-Arts, Lille

Photo RMN / P. Bernard © RMN

 

 

30 août :

Delacroix est chargé du décor de la Bibliothèque de la Chambre des députés.

La décoration comprend deux hémicycles en cul-de-four et cinq coupoles comprenant chacune quatre pendentifs hexagonaux.

 

Septembre :

Il séjourne à Valmont.

 

Novembre :

Dans un nouvel atelier, rue Neuve-Guillemin, il forme ses assistants Gustave Lassalle-Bordes (1815-1886) et Louis de Planet (1814-1875) pour les décorations murales.

 

1839

 

Au Salon sont exposés Cléopâtre et le paysan et Hamlet et Horatio au cimetière.

 

Septembre :

Voyage en Belgique, où il apprécie Rubens, et en Hollande.

 

1840

 

Juin :

Il reçoit commande d'un décor mural d'une chapelle de l'église Saint-Denis du Saint-Sacrement.

 

3 septembre :

Il reçoit commande du décor de la Bibliothèque du Palais du Luxembourg.

 

1841

 

 

Exposition au Salon de L'entrée des croisés à Constantinople, du Naufrage de Don Juan et de la Noce juive.

 

Septembre :

Il séjourne à Trouville.

 

1842

 

Delacroix tombe gravement malade, subissant des crises aiguës de laryngite.

 

Mars :

Il séjourne à Frépillon chez les Riesener.

 

Juin :

Il séjourne pour la première fois à Nohant avec George Sand et Chopin.

Eugène Delacroix, Frédéric Chopin

Musée du Louvre, Paris

© Photo RMN

 

1843

 

Pendant cette année il travaille à la Bibliothèque du Palais Bourbon ainsi qu'à celle du Palais du Luxembourg.

 

Juin :

Il séjourne à Vichy.

 

Juillet :

Il séjourne une deuxième fois à Nohant avec George Sand et Chopin.

 

1844

 

Malgré sa mauvaise santé, Delacroix mène de front quatre chantiers : la Chambre des députés, la Chambre des pairs, l'église Saint-Denis du Saint-Sacrement et l'hôtel Lambert.

 

Mai :

Il achève la Pietà de Saint-Denis du Saint-Sacrement.

 

Juin :

Il loue une maison de campagne à Champrosay.

 

Octobre :

Delacroix habite le 54, rue de Lorette.

1845

 

Au Salon est exposé Muley Abd er-Rahman, sultan du Maroc, sortant de son palais de Méquinez, entouré de sa garde et de ses principaux officiers. Selon Baudelaire : « Ce tableau est si harmonieux malgré la splendeur des tons, qu'il en est gris, gris comme la nature, gris comme l'atmosphère de l'été, quand le soleil étend un crépuscule de poussière tremblante sur chaque objet. »

Eugène Delacroix, Muley Abd er-Rahman, sultan du Maroc, sortant de son palais de Méquinez, entouré de sa garde et de ses principaux officiers

Musée des Augustins, Toulouse

© Daniel Martin

 

Juillet-août :

Il séjourne aux Eaux-Bonnes où ses médecins l'envoient en raison de son état de santé ;  il y rencontre son ami de jeunesse Paul Huet.

 

Décembre :

Son frère, le général Charles Henry Delacroix, meurt à Bordeaux.

 

1846

 

5 juillet :

Il est promu officier de la Légion d'honneur

 

Décembre :

La décoration de la Bibliothèque du Palais du Luxembourg est achevée. Dans la Presse du 1er avril 1846, Théophile Gautier affirmait au sujet de la coupole centrale (Les Champs Élysées ou L'Élysée) : « Le sujet choisi par M. Delacroix est des plus heureux : c'est l'Élysée des grands esprits comme Dante l'a rêvé et décrit dans son poème. Ne trouvez-vous pas ingénieux d'avoir placé ainsi au dôme de la Bibliothèque le séjour tranquille où les âmes supérieures se reposent la vie ? »

Eugène Delacroix, Bibliothèque du Palais Bourbon

Coupole de la Bibliothèque du Sénat

 

1847

 

19 janvier :

Il recommence à tenir son Journal qu'il avait interrompu en 1824 : « J'écris ceci au coin du feu, enchanté d'avoir été, avant de rentrer, acheter cet agenda, que je commence un jour heureux. Puissé-je continuer souvent à me rendre compte ainsi de mes impressions et à les creuser, en se les rappelant. »

Mars :

Il rend visite à Corot.

 

Décembre :

Il achève la décoration de la Bibliothèque du Palais Bourbon.

Eugène Delacroix, Bibliothèque du Palais Bourbon

Bibliothèque de l'Assemblée nationale

Photo Laurent Lecat

 

1848

 

Au Salon, il expose Comédiens.

 

24 février :

Abdication de Louis-Philippe. Formation d'un gouvernement provisoire qui proclame la République.

 

23 avril :

Élection de l'Assemblée constituante  [Composition de l'Assemblée constituante].

 

Juin-juillet :

Delacroix séjourne à Champrosay loin des événements politiques se déroulant à Paris.

Dans une lettre à George Sand, le 28 mai 1848, il écrit : « Vous avez bien fait de partir : on vous aurait peut-être accusée d'avoir fait des barricades. Vous dites fort bien que dans des temps comme ceux-ci l'esprit ne raisonne pas et que les coups de fusils ou de baïonnettes deviennent les seuls arguments qui aient cours. [... Votre ami Rousseau, qui du reste n'avait jamais vu que le feu de la cuisine, exalte quelque part dans un accès d'humeur belliqueuse le mot d'un palatin polonais qui disait à propos de sa turbulente république [...] : « Je préfère une liberté mêlée de dangers à une servitude paisible. » J'en suis venu, hélas ! à l'opinion contraire en considérant surtout que cette liberté achetée à coups de batailles n'est vraiment pas de la liberté. »

 

Août :

Il séjourne chez le comte de Mornay.

 

Septembre :

La Revue des Deux-Mondes publie son article sur Gros.

Il séjourne de nouveau à Champrosay.

 

10 décembre :

Élections présidentielles.

Élection de Louis Napoléon Bonaparte à la présidence de la République.

 

1849

 

28 avril :

Il est chargé de la décoration de la chapelle des Saints-Anges à l'église Saint-Sulpice.

 

Novembre :

Il apprend la mort de Chopin qui l'affecte.

 

1850

 

8 Mars :

Il reçoit la commande de la décoration de la partie centrale du plafond de la galerie d'Apollon, au Louvre.

Plafond de la galerie d'Apollon, Musée du Louvre

Musée du Louvre, Paris

© Musée du Louvre

 

Juillet-août :

Il effectue un second voyage en Belgique, où il admire encore Rubens, et en Hollande, puis se rend en Allemagne.

Dans son Journal, en 1853, Delacroix écrira : « Gloire à cet Homère de la peinture, à ce père de la chaleur et de l'enthousiasme dans cet art où il efface tout, non pas, si l'on veut, par la perfection qu'il a portée dans telle ou telle partie, mais par cette force secrète et cette vie de l'âme qu'il a mise partout. »

 

1851

 

Août-septembre :

Il séjourne une première fois à Dieppe.

 

Octobre :

Il achève le décor de la galerie d'Apollon.

 

Décembre :

Il est chargé de la décoration du salon de la Paix à l'hôtel de ville de Paris. L'œuvre sera détruite lors de l'incendie de la Commune.

Il est élu conseiller municipal de Paris.

1852

 

Il poursuit son travail de décor à l'hôtel de ville et à Saint-Sulpice.

 

Juillet-août :

Il séjourne à Champrosay.

 

Septembre :

Il séjourne à Dieppe. Il note dans son Journal : « J'ai été faire ma dernière visite à la mer vers trois heures. Elle était du plus beau calme et une des plus belles que j'ai vues. Je ne pouvais m'en arracher. [...] C'est d'après cette mer que j'ai fait une étude de mémoire : ciel doré, barques attendant la marée pour rentrer. »

 

1853

 

Janvier :

Il fait le portrait d'Alfred Bruyas.

 

Juin :

Le Moniteur universel publie son article sur Poussin qu'il considère avec Le Sueur comme l'un des pères de l'art français.

 

1854

 

Février :

Il achève le décor de l'Hôtel de ville.

 

Mars :

Il séjourne à Champrosay.

 

Juillet :

La Revue des Deux Mondes publie son article Questions sur le beau.

 

Août :

Il séjourne à Dieppe où il contemple la mer du haut de la falaise.

Le 5 août, il notait dans son Journal : Les vagues de la mer qui comme les rochers « sont divisées elles-mêmes en petites vagues, se subdivisant encore et présentant individuellement les mêmes accidents de lumière et le même dessin. »

La Mer vue des hauteurs de Dieppe

La mer vue des hauteurs de Dieppe

Musée du Louvre, Paris
© RMN / Hervé Lewandowski

 

Septembre :

Il séjourne à Angerville, chez son cousin Berryer, avocat légitimiste.

 

1855

 

Il prépare une rétrospective de son œuvre à l'occasion de l'Exposition universelle.

 

Lors de l'Exposition universelle Charles Baudelaire s'interroge sur la place de l'œuvre de Delacroix : « Que sera M. Delacroix pour la postérité ? Que dira de lui cette redresseuse de torts ? Il est déjà facile, au point de sa carrière où il est parvenu, de l'affirmer sans trouver trop de contradicteurs. Elle dira, comme nous, qu'il fut un accord unique de facultés les plus étonnantes ; qu'il eut comme Rembrandt le sens de l'intimité et la magie profonde, l'esprit de combinaison et de décoration comme Rubens et Le Brun, la couleur féerique comme Véronèse, etc. ; mais qu'il eut aussi une qualité sui generis, indéfinissable et définissant la partie mélancolique et ardente du siècle, quelque chose de tout à fait nouveau, qui a fait de lui un artiste unique sans générateur, sans précédent, probablement sans successeur, un anneau si précieux qu'il n'en est point de rechange, et qu'en le supprimant, si une pareille chose était possible, on supprimerait un monde d'idées et de sensations, on ferait une lacune trop grande dans la chaîne historique. »

 

Il peint La Chasse aux lions.

Eugène Delacroix, Chasse aux lions

Musée d'Orsay, Paris

© Photo RMN / Gérard Blot

 

11-15 septembre :

Il séjourne chez les Verninac à Croze, où il dessine dans un carnet les paysages autour du château, puis à Strasbourg.

 

Octobre :

Il séjourne à Dieppe.

 

Il est promu commandeur de la Légion d'honneur.

 

1856

 

Octobre :

Il se rend à Ante-en-Argonne, berceau de sa famille, puis revient à Champrosay.

 

Il quitte la rue Notre-Dame de Lorette pour s'installer 6, place de Furstenberg où il a fait construire un atelier.

 

1857

 

10 janvier :

Il est enfin élu à l'Institut. C'est sa neuvième candidature.

 

Il projette d'écrire un Dictionnaire des Beaux-Arts.

 

Août :

Il séjourne à Strasbourg, puis à Plombières.

 

15 décembre :

Il tombe gravement malade, ce qui le contraint à interrompre l'œuvre de la chapelle des Saints-Anges à Saint-Sulpice.

 

1858

 

Juillet :

Il séjourne à Plombières, affaibli par la maladie.

 

Août :

 

Il achète la maison de Champrosay.

Jardin de la maison de Delacroix à Champrosay près de la forêt de Sénart

Jardin de la maison de Delacroix
à Champrosay près de la forêt de Sénart

Musée du Louvre, DAG,  Paris

© RMN / Droits réservés

 

1859

 

C'est son dernier Salon. Il y expose notamment la Montée au Calvaire, L'Enlèvement de Rebecca et Hamlet.

 

Août :

Il voyage à Strasbourg, puis à Ante-en-Argonne.

 

Novembre :

Après un court séjour à Champrosay, il travaille à Saint-Sulpice.

 

1860

 

La galerie Martinet organise une rétrospective de son œuvre, exposant trente-trois peintures dont la Mort de Sardanapale.

 

Janvier :

La maladie le contraint à nouveau à interrompre son travail.

 

Juillet :

Il séjourne à Dieppe.

 

Août-novembre :

Il séjourne à Champrosay.

 

1861

 

Février :

Mort de son cousin Lamey.

 

Juillet :

Il achève la décoration de la chapelle des Saints-Anges à l'église Saint-Sulpice.

Eugène Delacroix, Lutte de Jacob avec l'Ange

Lutte de Jacob avec l'Ange

Église Saint-Sulpice, Paris

© RMN / Bulloz

 

Août :

Il séjourne à Champrosay.

 

1862

 

Delacroix reprend le thème de Médée comme d'autres qu'il avait déjà abordés.

Juillet :

Publication par la Revue des Deux Mondes de l'article sur Charlet.

 

Septembre :

Voyage à Ante-en-Argonne.

 

Octobre :

Il se rend à Champrosay, puis séjourne à Angerville.

Eugène Delacroix, Médée furieuse

Musée du Louvre, département des Peintures

© RMN / G. Blot

1863

 

Son état de santé se dégrade.

 

26 mai :

Il part pour Champrosay.

 

1er juin :

Il revient à Paris en raison d'une crise pulmonaire.

 

8 juin :

Nouveau séjour à Champrosay.

 

Juillet :

Il regagne son domicile de la place Furstenberg à Paris, victime d'une nouvelle crise pulmonaire.

 

13 août :

Il meurt à 7 heures du soir en tenant la main de Jenny Le Guillou.

Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

 

 


Éléments de bibliographie :

    - Eugène Delacroix,

    Journal 1822-1863, réédité en 1996.

    - Eugène Delacroix,

    Correspondance générale, 5 volumes, 1996.

    - Eugène Delacroix,

    Dictionnaire des beaux-arts, Hermann, 1996.

     

    - René Huyghe,

    « Delacroix ou le combat solitaire », Hachette, 1963.

    - Maurice Sérullaz,

    Les peintures murales de Delacroix, éditions du Temps, 1963.

    - Maurice Sérullaz,

    Delacroix, Fayard, 1989.

    - Alain Daguerre de Hureaux,

    Delacroix, Hazan, 1993.

    - Barthélémy Jobert,

    Delacroix, Gallimard, 1997.

    - Arlette Sérullaz et Annick Doutriaux,

    Delacroix « Une fête pour l'œil », Découvertes Gallimard-Réunion des Musée nationaux, 1998.

    - Arlette Sérullaz,

    Delacroix, collection Le Cabinet des Dessins, Flammarion, 1998.

 


 

Voir aussi :

 

 


© Assemblée nationale