- Texte visé : Proposition de loi, adoptée par le Sénat, après engagement de la procédure accélérée, visant à faciliter la mise en œuvre des objectifs de « zéro artificialisation nette » au cœur des territoires, n° 958
- Stade de lecture : 1ère lecture (2ème assemblée saisie)
- Examiné par : Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire
Après l’alinéa 12, insérer l’alinéa suivant :
« 9° Un représentant de l’agence de l’eau mentionné à l’article L. 213‑8‑1 du code de l’environnement. »
L’objet de cet amendement de repli est de veiller à ce que la conférence régionale de gouvernance de la politique de réduction de l’artificialisation des sols intègre en plus des acteurs publics traditionnels (État, région, intercommunalité, communes) un représentant de l’agence de l’eau.
En effet, l’artificialisation des sols pose des difficultés hydrologiques majeures. En particulier :
- L’imperméabilisation des sols et la présence des réseaux et ouvrages souterrains influencent fortement le cycle de l’eau à l’échelle locale et globale en milieu urbanisé, et renforce les risques d’inondation ;
- Les sols artificialisés, hors sols scellés, de par les phénomènes de compaction peuvent aussi avoir, à l’échelle locale, un impact sur l’accès à l’eau pour la végétation ;
- Les sols revêtus favorisent la dégradation de la qualité des eaux de ruissellement urbaines, qui se chargent en polluant au contact des espaces artificialisés, et contaminent ensuite les écosystèmes.
De plus, l’artificialisation se heurte à l’absence d’eau de certains territoires : s’il s’agit de construire de nouveaux lotissements pour accueillir de nouveaux habitants, mais que la collectivité a déjà du mal à fournir assez d’eau potable aux habitants présents, l’artificialisation va conduire à une pression accrue sur la ressource qui pourrait rapidement faire défaut. C’est pourquoi le préfet de l’Ardèche a récemment interdit ou réduit la délivrance des permis de construire dans 22 communes d’Ardèche en raison du manque d’eau, par exemple.
Étant donné ce lien entre artificialisation des sols et disponibilité de la ressource en eau, la participation d’un représentant de l’agence de l’eau à cette conférence régionale apparaît indispensable, pour que la planification territoriale prenne systématiquement en compte les enjeux hydriques.
Tel est l’objet de cet amendement.