XVIe législature
Session ordinaire de 2023-2024

Deuxième séance du mardi 19 décembre 2023

partager
Deuxième séance du mardi 19 décembre 2023

Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet

Mme la présidente

  • partager

    La séance est ouverte.

    (La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

    1. Dépôt d’une motion de censure

    Mme la présidente

  • partager

    J’informe l’Assemblée que j’ai pris acte aujourd’hui, mardi 19 décembre 2023, à dix-sept heures, du dépôt par Mme Mathilde Panot, Mme Cyrielle Chatelain, M. André Chassaigne, M. Boris Vallaud et 145 membres de l’Assemblée nationale d’une motion de censure, en application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, la Première ministre ayant engagé la responsabilité du Gouvernement sur l’adoption, en lecture définitive, du projet de loi de finances pour 2024.
    La conférence des présidents fixera la date et les modalités de sa discussion.

    2. Contrôler l’immigration, améliorer l’intégration

    Commission mixte paritaire

    Mme la présidente

  • partager

    L’ordre du jour appelle la discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, du projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration (no 2008).

    Présentation

    Mme la présidente

  • partager

    La parole est à M. Florent Boudié, rapporteur de la commission mixte paritaire. (De nombreux membres du groupe RE se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs du groupe HOR. – M. Laurent Croizier applaudit également.)

    M. Florent Boudié, rapporteur de la commission mixte paritaire

  • partager

    Madame la présidente, monsieur le ministre, monsieur le président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République,…

    Plusieurs députés des groupes RN et LR

  • partager

    Il n’est pas là !

    M. Florent Boudié, rapporteur

  • partager

    …madame la corapporteure de la commission mixte paritaire (CMP) pour l’Assemblée, mes chers collègues, il me revient de présenter les conclusions de la commission mixte paritaire dont les travaux se sont terminés il y a quelques heures.
    En déniant, la semaine dernière, à notre hémicycle, le droit de débattre du projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, en rejetant la possibilité d’un débat sur les parcours d’intégration des étrangers, en rejetant tout débat sur les mesures de fermeté, qui visent, en particulier, 4 000 personnes non expulsables, alors même qu’elles ont commis des actes graves, contraires à nos principes, notre assemblée a remis le sort de la discussion entre les mains de la commission mixte paritaire.

    Mme Caroline Parmentier

  • partager

    Non, c’est le choix du Gouvernement !

    M. Florent Boudié, rapporteur

  • partager

    Cela s’appelle le bicamérisme. Le texte adopté par le Sénat a été replacé au cœur des discussions, et c’est sur cette base que nous avons dû travailler. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)

    M. Nicolas Sansu

  • partager

    Et avec le programme de Le Pen !

    M. Florent Boudié, rapporteur

  • partager

    Ce texte nous convenait-il ? Non. Les débats en commission des lois en témoignaient. Dès lors que nous souhaitions un texte pour les Français, pour notre pays, la seule voie acceptable, lorsque les chambres entrent en dialogue, était celle du compromis.

    M. Ugo Bernalicis

  • partager

    Vous avez préféré le reniement au retrait !

    M. Florent Boudié, rapporteur

  • partager

    À l’instar de ce que nous avions décidé à une large majorité en commission, nous avons supprimé les dispositions relatives à l’aide médicale de l’État (AME), dans l’attente d’un débat rationnel et construit dans les prochains mois.
    Nous avons abouti à un compromis s’agissant des étudiants étrangers, des étrangers malades et des prestations sociales non contributives, ainsi que sur les dispositions relatives au droit de la nationalité, supprimées pour l’essentiel et corrigées pour celles qui demeurent.
    Nous avons adopté un dispositif d’accès au séjour pour les étrangers en situation irrégulière exerçant une activité dans un métier en tension. À l’issue de ce texte, il y aura donc, pour la première fois sous la Ve République, un dispositif légal de régularisation dans les métiers en tension. Comme nous le souhaitions en commission des lois – et comme c’était le cas dans le projet de loi initial –, ces régularisations se feront en totale autonomie entre l’employeur et le demandeur de titre de séjour. C’est une façon de rompre le lien de subordination, parfois même d’esclavagisme contemporain, qui entrave un certain nombre de personnes en situation irrégulière.
    Je me réjouis d’une décision historique, et cela en dépit de tous les commentaires autour du texte : l’interdiction de la rétention administrative des mineurs. Celle-ci sera interdite dans tous les locaux de rétention administrative français, jusqu’à 18 ans. (Mme Blandine Brocard applaudit.) C’est une décision à nulle autre pareille en Europe, et elle était pour nous essentielle.
    À l’article 13, essentiel pour préserver l’ordre public et assurer le respect des principes de la République, nous avons sécurisé juridiquement le dispositif – c’est le moins que nous pouvions faire –, les ajouts du Sénat l’ayant fragilisé. Le texte final correspond à la rédaction qui avait été adoptée par la commission des lois.
    Sur un sujet important, celui du lien entre la délivrance de visas, l’aide publique au développement (APD) et la coopération en matière migratoire, nous avons abouti à une rédaction bien plus satisfaisante que celle du Sénat.
    Je me réjouis aussi des dispositions renforçant la protection des étrangers et permettant de mieux lutter contre l’écosystème qui entoure les personnes en situation irrégulière : réseaux de passeur, marchands de sommeil… Toutes les victimes de conditions indignes d’hébergement qui déposeront plainte auront droit à un titre de séjour temporaire.

    M. Nicolas Sansu

  • partager

    Pas sûr !

    M. Florent Boudié, rapporteur

  • partager

    Aux articles 19, 20 et 21, des dispositions très techniques mais tout à fait essentielles ont été adoptées. Je pense au rapprochement de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) des demandeurs d’asile. Ce seront désormais des agents de l’Ofpra qui, dans chaque territoire, assisteront les demandeurs pour choisir la langue de l’entretien, établir le récit sommaire de la demande d’asile, prolonger cette demande, dans le cadre d’une instruction qui respectera les droits des demandeurs et prendra en considération les douleurs qu’ils ont pu éprouver au cours de leur parcours de migration.

    M. Nicolas Sansu

  • partager

    Le RN rigole !

    M. Florent Boudié, rapporteur

  • partager

    Je voudrais pour terminer évoquer un élément important : le titre VI, qui concerne les territoires ultramarins. Je tiens à remercier mon collègue rapporteur Olivier Serva, qui, grâce au dialogue qu’il a mené avec les territoires concernés, a permis des avancées significatives. Le texte qui vous est soumis contient des dispositions essentielles pour les territoires d’outre-mer.

    M. Davy Rimane

  • partager

    C’est faux !

    M. Florent Boudié, rapporteur

  • partager

    Après tant de débats,…

    Mme Sandra Regol

  • partager

    Je croyais qu’il n’y en avait pas eu ?

    M. Florent Boudié, rapporteur

  • partager

    …de discussions et parfois de désaccords, je vous invite, mes chers collègues, à adopter ce projet de loi. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et HOR.)

    Mme la présidente

  • partager

    La parole est à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer. (De nombreux membres des groupes RE et HOR se lèvent et applaudissent vivement. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem. – Huées sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – MM. Manuel Bompard et Jean-François Coulomme font signe aux membres des groupes RN et LR de se lever.)
    Chers collègues, merci de laisser le ministre s’exprimer.

    M. Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur et des outre-mer

  • partager

    Madame la présidente, monsieur le président de la commission des lois,…

    M. Emeric Salmon

  • partager

    Ça y est, il est là !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …monsieur le rapporteur, mesdames et messieurs les députés, ce texte nous aura appris une chose : il n’y a pas d’opposition constructive en France ;…

    Mme Raquel Garrido

  • partager

    Pas de majorité constructive, surtout !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …il n’y a que des opposants qui se détestent entre eux. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)
    Vous avez fui le débat.

    Plusieurs députés du groupe RN

  • partager

    C’est faux !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Qu’il s’agisse de la NUPES ou du Rassemblement national, vous avez fui le débat.

    M. Michaël Taverne

  • partager

    Mais oui, bien sûr !

    M. Inaki Echaniz

  • partager

    Les LR aussi ont voté la motion de rejet !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Vous avez refusé de remplir votre fonction de parlementaire, qui est de débattre. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, Écolo-NUPES et RN.)

    Mme Raquel Garrido

  • partager

    Laissez parler Mme Le Pen !

    Mme Marie-Charlotte Garin

  • partager

    C’est ça ! Enfonce le clou !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Vous saviez que par cette petite manœuvre politicienne,…

    M. Jérôme Guedj

  • partager

    Et la démission en carton-pâte, c’est quoi ?

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …vous ne rejetiez pas le texte proposé par le Gouvernement – d’ailleurs, vous ne proposiez rien d’autre –,…

    M. Michaël Taverne

  • partager

    Si !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …vous rejetiez le débat…

    Mme Anna Pic

  • partager

    Non, le texte !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …et envoyiez le texte élaboré au Sénat directement en commission mixte paritaire.

    Mme Marine Le Pen

  • partager

    Après le vingt-troisième 49.3 !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Mesdames et messieurs les députés de la NUPES, par trois fois, la gauche – à laquelle ma famille et mon territoire ont cru (Vives exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES) –…

    M. Jean-François Coulomme

  • partager

    Vous en avez d’autres, comme ça ?

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …avait déjà trahi les aspirations du peuple.

    M. Emeric Salmon

  • partager

    Eh oui ! Ils ne sont pas à la hauteur !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Vous les aviez trahies concernant la laïcité, en vous acoquinant avec le communautarisme de M. Mélenchon. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et HOR et sur quelques bancs du groupe Dem. – M. Jean-Yves Bony applaudit aussi.)

    M. Meyer Habib

  • partager

    Et le Hamas !

    M. Nicolas Sansu

  • partager

    Et vous ? Vous allez voter avec le RN !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Vous les aviez trahies concernant le travail, en ne valorisant pas les ouvriers et les employés. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
    Vous les aviez trahies concernant la police, en ne soutenant pas les forces de l’ordre.
    Et maintenant, vous les trahissez concernant la morale, en quémandant les voix du Rassemblement national et en vous levant pour applaudir avec ses membres. (Mêmes mouvements.) Que plus jamais vous ne donniez de leçons de morale !
    Vous pouvez m’attaquer si vous le souhaitez,…

    Mme Sandra Regol

  • partager

    C’est vous qui nous attaquez ! Cessez d’inverser les rôles !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …et attaquer la majorité,…

    Mme Marie-Charlotte Garin

  • partager

    C’est le texte que nous attaquons !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …en définitive, on n’attaque que ceux qui comptent. Pour paraphraser Hugo, écouter vos diatribes, c’est contempler les latrines de sa renommée. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
    Le texte que nous proposons…

    Mme Marie Pochon

  • partager

    Et qui sera voté par le RN !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …a le mérite de permettre la régularisation des travailleurs sans papiers. Je suis fier d’être le ministre de l’intérieur du seul gouvernement qui, sous l’impulsion du Président de la République, aura inscrit dans la loi de la République la régularisation de tous ceux qui travaillent dans notre pays sans avoir de papiers. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)

    Mme Sandra Regol

  • partager

    C’est faux ! Ce sera au cas par cas !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Aucun président de la République, aucun gouvernement, aucune majorité n’avait mis fin à cette hypocrisie – pas même François Mitterrand en 1981. Régularisons ceux qui travaillent : cela représentera 10 000 régularisations supplémentaires dès l’année prochaine.

    M. Olivier Faure

  • partager

    N’importe quoi ! Ce n’est pas dans le texte !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Ce sera l’acquis de cette majorité et de ce texte. (Mêmes mouvements.)
    Est fou celui qui fait le délicat alors que la majorité va mettre un terme à la rétention des enfants dans les centres de rétention administrative (CRA), mesure que tout le monde réclame depuis cinquante ans ! (Mêmes mouvements.) Nous, nous ne nous payons pas de mots, ni de tracts, ni de discours sur les plateaux de télévision. Nous, nous changeons concrètement la vie. Nous régularisons et nous interdisons le placement des enfants dans les centres de rétention. Vous pouvez boucher vos oreilles, mais c’est ce texte qui permet de régler ce problème. (Mêmes mouvements.)
    Mais il n’y a pas que cela dans le texte. Il comprend aussi, et nous l’assumons, des mesures de fermeté contre les délinquants étrangers. Qui ici peut soutenir que nous devons rester sans réagir face à des criminels,…

    M. René Pilato

  • partager

    Des criminels au Gouvernement, oui !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …face à des personnes qui sont sur notre sol et qui nous attaquent, qui attaquent des professeurs, qui attaquent des policiers, qui attaquent des jeunes attablés aux terrasses des cafés ? La gauche, ce n’est pas n’importe quoi, c’est le soutien au travail et c’est la fermeté, comme l’ont montré depuis longtemps Georges Clemenceau et Bernard Cazeneuve. Pardon de vous le dire : vous n’êtes pas à la hauteur de la situation ; vous êtes incapables de protéger les Français. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.)

    M. Maxime Minot

  • partager

    Et vous, alors ?

    Mme Raquel Garrido

  • partager

    C’est vous qui êtes nul comme ministre de l’intérieur !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Ce projet de loi a été présenté par le Gouvernement il y a plus d’un an. Il comportait initialement vingt-sept articles. À l’issue de la commission mixte paritaire, vingt-six ont été validés.

    Mme Sandra Regol

  • partager

    Il n’y a plus rien de vous, il n’y a que des mesures LR et RN. Bravo !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Le seul qui manque, c’est l’article 4, qui portait sur l’accès immédiat au marché du travail des demandeurs d’asile.

    Mme Marine Le Pen

  • partager

    C’est bien, ça !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Tous les autres ont été validés…

    M. Fabien Roussel

  • partager

    Par Marine Le Pen !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …et figurent dans le texte qui vous est soumis aujourd’hui.
    La majorité a défendu quelques idées simples : que le texte ne traiterait pas de l’aide médicale – et le texte n’en traite pas (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – M. Laurent Croizier applaudit également) ; que l’hébergement d’urgence ne serait pas supprimé – et il ne l’est pas (Mêmes mouvements. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES) ; que le titre de séjour « étranger malade » pour les malades du sida ne serait pas supprimé – et il ne l’est pas (Mêmes mouvements) ; qu’il n’y aurait pas de resserrement des conditions d’application du droit du sol – et il n’y en a pas. (Mêmes mouvements.)

    M. Nicolas Sansu

  • partager

    C’est faux !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Ne vous en déplaise, le travail effectué sous la houlette de la Première ministre, du rapporteur général et du président de la commission des lois…

    M. Ugo Bernalicis

  • partager

    Quel mytho !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …a abouti à un texte certes imparfait, mais qui mérite d’être adopté afin d’assurer la protection des Français, la régularisation des travailleurs sans papiers, l’interdiction de la rétention des mineurs dans les CRA et la simplification du droit. (Mêmes mouvements.)
    Vous agissez comme des sophistes qui refusent tout débat contradictoire et ne font que des procès. Napoléon disait qu’en amour… (Exclamations sur divers bancs.)

    M. Maxime Minot

  • partager

    Laisse Napoléon où il est !

    Mme la présidente

  • partager

    S’il vous plaît, chers collègues !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Pendant quinze jours, nous n’avons pas pu débattre. Souffrez que, pendant quelques minutes, quelqu’un d’autre qu’un membre de la NUPES s’exprime dans cette assemblée !
    Napoléon disait qu’« en amour, la seule victoire, c’est la fuite ». Manifestement, pour les oppositions, la seule victoire, c’était la fuite du débat. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)

    M. Benjamin Lucas

  • partager

    Sarkozy en carton-pâte !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Mesdames et messieurs les parlementaires, un de mes illustres prédécesseurs, Georges Clemenceau (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – M. le rapporteur applaudit également), disait – cette phrase va vous intéresser : « On reconnaît un discours de M. Jaurès à ce que tous les verbes sont au futur. » (Vives exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et SOC.) Nous, nous écrivons les discours au présent : c’est cette majorité, celle du Président de la République, qui permet des régularisations, qui lutte contre les étrangers délinquants et, ne vous en déplaise, qui prend ses responsabilités face aux Français.

    M. Stéphane Peu

  • partager

    Macron, sors de ce corps !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Qu’est-ce qui fait monter les extrémistes ? (« C’est vous ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) C’est l’absence de solutions, l’absence de problèmes ! Ne nous faites plus jamais de leçons de morale, vous qui vous levez à l’unisson avec le Rassemblement national !

    Mme Raquel Garrido

  • partager

    Pourquoi vous adressez-vous à nous ? Parlez à l’extrême droite, ce sont vos alliés !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Passons maintenant au coq de Chantecler : Marine Le Pen. Quand Mme Le Pen fait cocorico, elle pense que le soleil se lève ! (M. David Valence applaudit.)

    M. Jean-Philippe Tanguy

  • partager

    C’est le cas !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Madame Le Pen, vos sénateurs ont voté contre le texte du Sénat voilà un mois ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE et sur quelques bancs des groupes Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

    Mme Marine Le Pen

  • partager

    Ils ont bien fait !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Ils estimaient que le texte n’était pas suffisant, pas assez dur, qu’il ne réglerait rien. Aujourd’hui, c’est le texte du Sénat moins quinze mesures symboliques et vous votez pour ! Pour qui nous prenez-vous ? (Mêmes mouvements. – Mme Marine Le Pen mime un nageur en difficulté.)

    Mme Estelle Folest

  • partager

    Exactement !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Madame Le Pen, vous avez dit pendant des semaines, des mois, des années, que vous ne voteriez aucune mesure de régularisation des sans-papiers. Pourtant, vous vous apprêtez à voter 10 000 régularisations par an. Bravo ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE et sur quelques bancs des groupes Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

    M. Jean-Philippe Tanguy

  • partager

    Surprise !

    M. Emeric Salmon

  • partager

    Vous voulez qu’on vote contre ?

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Savez-vous, madame Le Pen, vous qui n’avez pas voté la fin de l’état d’urgence lié à la menace terroriste, que vous votez pour l’hébergement des étrangers en situation irrégulière ? Êtes-vous au courant ?

    M. Emeric Salmon

  • partager

    Il ne va pas bien !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Madame Le Pen, êtes-vous au courant que vous votez pour des cours gratuits à tous les étrangers qui veulent entrer en France ?

    M. Pierre Dharréville

  • partager

    Vous voulez convaincre qui, exactement ?

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Madame Le Pen, êtes-vous au courant que le texte accorde un titre de séjour à tous ceux qui dénoncent un marchand de sommeil ? (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe GDR-NUPES.)

    Mme Marine Le Pen

  • partager

    Vous me faites de la peine !

    M. Jocelyn Dessigny

  • partager

    C’est votre texte, monsieur le ministre !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Madame Le Pen, vous rendez-vous compte que vous votez pour le titre de séjour « étranger malade » destiné aux malades du sida ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE et sur quelques bancs des groupes Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

    Mme Marine Le Pen

  • partager

    Il faut aller faire dodo maintenant !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Vous rendez-vous compte que vous votez contre la suppression de l’aide médicale de l’État ? Madame Le Pen, vous êtes une mauvaise joueuse ; dans votre vie politique, vous n’avez réussi à faire que des petits coups. Vous n’êtes pas prête pour le pouvoir, et c’est tant mieux ! (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    M. Michaël Taverne

  • partager

    Et vous, vous n’êtes pas au niveau !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Madame Le Pen, vous vous inscrivez dans la lignée de l’extrême droite des années 1930 et 1940 (M. Roger Vicot s’exclame) : toujours en avance pour la capitulation, jamais pour la victoire ou pour le travail ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR et sur les bancs des commissions. – Plusieurs députés du groupe RE, quelques députés du groupe Dem et M. le rapporteur se lèvent pour applaudir. – Protestations sur les bancs du groupe RN.)

    M. Jocelyn Dessigny

  • partager

    Certains ne se lèvent pas dans les rangs de la majorité ! Ils ne sont pas tous d’accord !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Les protestations de Mme Le Pen montrent que j’ai touché juste. Tant mieux ! Nous n’avons pas peur du débat ; c’est vous qui l’avez refusé. Permettez donc que je vous dise vos quatre vérités. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
    Oui, nous avons construit un texte avec le Sénat. Oui, nous avons conclu un accord sur la base du texte du Gouvernement,…

    M. Maxime Minot

  • partager

    Vous avez surtout pris une bonne gifle !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …complété par de nombreuses mesures introduites au Sénat. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, LR et GDR-NUPES.)

    M. Pierre Cordier

  • partager

    Non, pas du tout !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    C’est tout à fait vrai. Oui, le Sénat a fait des efforts ; il a supprimé de nombreux articles qu’il avait introduits et en a modifié de nombreux autres.

    M. Benjamin Saint-Huile

  • partager

    Merci, le Sénat !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Nous nous félicitons de l’esprit de responsabilité du Sénat. Si quelques articles importants méritent sans doute que le Conseil constitutionnel s’en saisisse,…

    M. Pierre Dharréville

  • partager

    Lesquels ?

    M. Arthur Delaporte

  • partager

    C’est un aveu !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …je me réjouis que le Président de la République ait lui-même annoncé la saisine du Conseil constitutionnel, le juge de paix de notre État de droit. Ce texte n’est certes pas parfait, mais il nous permet de prendre nos responsabilités. Il contient des avancées considérables…

    Un député du groupe GDR-NUPES

  • partager

    Quelles avancées ?

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …et suscite, je le sais, des réserves chez certains. J’espère que les députés de la majorité seront nombreux à le soutenir, pour montrer aux Français que nous prenons nos responsabilités. La politique est toujours un art difficile quand on exerce le pouvoir avec responsabilité.

    M. Emeric Salmon

  • partager

    Ah bah tiens !

    M. Ugo Bernalicis

  • partager

    Qui veut une caserne ?

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Oui, nous allons simplifier le droit des étrangers : en faisant passer le nombre de procédures en contentieux de douze aujourd’hui à trois demain, nous divisons leur nombre par quatre !

    M. Jean-Pierre Taite

  • partager

    On ne comprend rien !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Demain, nous pourrons accepter ou refuser plus vite les demandes. Nous devons à tous les étrangers qui croient en la France d’accepter ceux qui respectent la République et de reconduire à la frontière ceux qui ne la respectent pas. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
    Nous allons mettre fin à l’action insupportable des passeurs (M. Andy Kerbrat s’exclame), ces trafiquants qui exploitent des femmes et des enfants et les mènent à la mort dans la Méditerranée et dans la Manche. Vous les soutenez manifestement en ne votant pas les dispositifs visant à ce que ces faits ne constituent plus un délit, mais un crime, et à ce qu’ils ne soient plus passibles de cinq ans de prison, mais de vingt ans de prison.

    M. Emeric Salmon

  • partager

    On le vote ou pas ?

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    On doit voter ce texte quand on veut des mesures fortes (M. Roger Vicot s’exclame) contre ces marchands de mort qui promettent la lune à des enfants et prennent leur argent avant de les faire monter sur des canots de sauvetage !
    Oui, le texte contient des avancées considérables…

    M. Sébastien Peytavie

  • partager

    La préférence nationale ?

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …pour la lutte contre les marchands de sommeil.

    M. Jean-Pierre Taite

  • partager

    Comme les Ouzbeks !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Ceux d’entre vous qui ont été maires savent que des enfants, des femmes, des vieillards et des handicapés vivent dans des logements privés insalubres, que personne n’inspecte. Grâce au texte, la pénalisation sera au rendez-vous ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

    M. Maxime Minot

  • partager

    Arrête ton show !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Enfin un délit, enfin une condamnation !

    Mme Sophia Chikirou

  • partager

    Arrêtez vos blagues !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Enfin, nous donnerons un titre de séjour aux sans-papiers qui dénoncent leurs conditions indignes d’hébergement, comme nous en donnons à ceux qui subissent la prostitution ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)
    Oui, le texte subordonne l’obtention d’un titre de séjour pluriannuel à la réussite à un examen de français ; c’est d’ailleurs bien normal, car cet examen de français obligatoire a été instauré par presque tous les pays voisins !

    M. Sébastien Peytavie

  • partager

    Ils ont un examen de français ? Il faut passer un examen de français pour résider en Angleterre ?

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    En échange, nous proposons des cours de français gratuits. Pour la première fois, nous obligerons les employeurs à créer une forme de « 1 % intégration » en laissant leurs employés suivre ces cours pendant les heures de travail. Ce n’est pas après une heure et demie de RER pour aller nettoyer des bureaux et une heure et demie pour revenir qu’on dira à la dame : « Il faut aller à la préfecture à 14 heures. » (Mme Estelle Folest applaudit.)
    Oui, le texte vise également à protéger les forces de l’ordre. Il donnera aux policiers et aux gendarmes les mêmes moyens qu’aux douaniers et leur permettra d’inspecter les véhicules qu’ils contrôleront à la frontière. Il permettra de décliner l’avancée européenne considérable – refusée, d’ailleurs, par le Rassemblement national – qu’est l’asile à la frontière, c’est-à-dire l’enregistrement des étrangers à la frontière.
    Au niveau national comme au niveau européen, le Rassemblement national veut des problèmes et pas de solutions, car s’il y a plus de problèmes, il recueillera plus de voix, alors que nos solutions répondent aux contraintes, aux difficultés et aux demandes des Français ! (Applaudissements sur certains bancs du groupe RE. – Mme Estelle Folest applaudit également.)

    M. Emeric Salmon

  • partager

    Il ne manque pas de culot !

    M. Ugo Bernalicis

  • partager

    Ne te fatigue pas, ils vont la voter, votre loi !

    M. Aurélien Pradié

  • partager

    Gardez votre énergie pour le remaniement, vous allez vous épuiser ! Riester se ménage, lui : il roupille. (M. Franck Riester, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, sourit.)

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Ce texte n’est pas parfait, mais il traduit l’exigence de responsabilité des hommes et des femmes de bonne volonté qui répondent à l’appel du peuple. Il résulte aussi de la majorité relative au Parlement. Les débats ont été longs, les insultes nombreuses et les anathèmes innombrables, mais nous n’avons jamais utilisé le 49.3 !

    M. Pierre Dharréville

  • partager

    Il ne faut jamais dire jamais !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Nous avons toujours été ouverts au débat, et c’est vous qui l’avez refusé. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem. – Protestations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

    Mme Marie Pochon

  • partager

    Et les retraites, alors ?

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Il y a des moments où l’on se dit que la politique n’est pas un métier facile. (« Oh ! » sur les bancs du groupe RN.)

    M. Jean-Philippe Tanguy

  • partager

    Quel homme !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Lorsque les Français se déplacent un dimanche pour voter pour vous, ils attendent que vous preniez vos responsabilités.

    M. Aurélien Pradié

  • partager

    Du bicarbonate pour M. Houlié !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Je suis élu comme vous et, dans ces circonstances particulières, je tiens à affirmer que ce n’est pas nous qui désarmerons les policiers et les gendarmes. (« Ah ! » et rires sur les bancs du groupe RN.) Ce n’est pas nous qui refuserons de régulariser les personnes qui travaillent ou de dépenser 100 millions d’euros pour améliorer l’intégration des étrangers.

    M. Fabien Roussel

  • partager

    Ce n’est pas au niveau !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Nous considérons que notre responsabilité consiste à donner au ministère du logement, au ministère de l’intérieur, au ministère de la santé et au ministère du travail les moyens de mieux intégrer les étrangers qui veulent s’adapter et d’expulser ceux qui ne respectent pas les règles.

    M. Maxime Minot

  • partager

    C’est grâce aux Républicains !

    Mme Clémence Guetté

  • partager

    Vous devez partir !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Le bon sens commande de régulariser le serveur du restaurant, l’aide-cuisinier ou encore le travailleur agricole, à tel point que même le groupe Rassemblement national a déposé un amendement tendant à régulariser, dans les circonscriptions du Rassemblement national, les sans-papiers travaillant dans le secteur de l’agriculture. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE. – Mme Estelle Folest applaudit également.)

    M. Emeric Salmon

  • partager

    Mensonge !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Vous irez voir le compte rendu !

    M. Emeric Salmon

  • partager

    Mensonge !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    J’avais compris que vous n’aviez pas lu le texte,…

    M. Emeric Salmon

  • partager

    Non, vous n’avez pas compris !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …mais pas que vous n’aviez pas lu vos propres amendements. J’en suis désolé…
    Aujourd’hui, chacun doit prendre ses responsabilités et nous les prenons. Nous irons au vote, en repoussant la motion de rejet préalable déposée par La France insoumise, sauf si, bien sûr, l’alliance de circonstance de la semaine dernière se répète – mais je crois qu’elle a déjà été suffisamment mortifère. (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

    M. Éric Coquerel

  • partager

    Oh, ça va !

    Mme Sophia Chikirou

  • partager

    Vous devriez démissionner !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Nous affirmons fièrement que le texte sera voté sans les voix du Rassemblement national,…

    M. Frédéric Boccaletti

  • partager

    Ce n’est pas vous qui décidez !

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    …dont nous ne tiendrons pas compte en dénombrant les votes. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem et sur quelques bancs du groupe HOR. – M. le rapporteur applaudit également. – Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
    Contrairement à vous, mesdames et messieurs de la NUPES, nous assumons devant les Français qu’il n’y aura pas de texte s’il ne recueille pas la majorité des voix sans le Rassemblement national ; cela s’appelle le sens de l’honneur ! (De nombreux députés du groupe RE et plusieurs députés des groupes Dem, HOR et LIOT se lèvent et applaudissent. – Vives protestations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

    Motion de rejet préalable

    Mme la présidente

  • partager

    J’ai reçu de Mme Mathilde Panot et des membres du groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale une motion de rejet préalable déposée en application de l’article 91, alinéa 5, du règlement.
    La parole est à Mme Mathilde Panot. (Les députés du groupe LFI-NUPES, ainsi que M. Philippe Brun, se lèvent et applaudissent. – Plusieurs députés des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES applaudissent également.)

    M. Aurélien Pradié

  • partager

    Merci pour la dernière motion de rejet, c’était parfait !

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    Certains votes font figure de points de bascule. C’est le cas du vote de ce projet de loi sur l’immigration, qui se heurte à l’histoire longue de notre pays. Ce texte défigurerait la France. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
    Ce soir, la question posée à chacune de nos consciences est la suivante : souhaitons-nous, oui ou non, faire échec à une loi directement inspirée du programme de Jean-Marie Le Pen ? (Mêmes mouvements. – M. Arthur Delaporte applaudit également.) Préférence nationale appliquée aux prestations sociales, déchéance de nationalité, remise en cause du droit du sol… Ce soir, il s’agit de rappeler que la France n’est ni une langue, ni une religion, ni une couleur de peau, mais l’appartenance commune à la devise républicaine Liberté, Égalité, Fraternité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES, dont plusieurs députés se lèvent, et sur quelques bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) Le droit du sol, depuis sa création en 1515, est un élément fondamental de notre histoire longue comme peuple de France : les personnes qui naissent dans notre territoire, si elles y ont vécu cinq ans, ont le droit de devenir françaises. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)
    Collègues macronistes, rendez-vous à l’évidence : vos lignes rouges ont été franchies. À l’heure où la faim disloque notre pays, où la vie chère plonge des millions de personnes dans la pauvreté et dans la solitude et où le nombre d’enfants à la rue explose, le peuple français n’obtiendra aucun droit grâce à ce texte. Le projet de loi ne lui fera gagner aucun droit, mais contient des attaques sans précédent contre tous les droits. (Mêmes mouvements.)

    M. Pierre Dharréville

  • partager

    Elle a raison !

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    Il attaque le droit de se soigner en remettant en cause l’aide médicale de l’État. (« C’est faux ! » sur plusieurs bancs du groupe RE.) Parce que les épidémies et les maladies ne demandent pas leurs papiers aux individus avant de faire leur œuvre, 3 500 médecins annoncent qu’ils désobéiront si l’AME est supprimée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
    Il attaque le droit de se loger en instaurant la préférence nationale pour les aides au logement et en supprimant l’inconditionnalité de l’hébergement d’urgence. (« C’est faux ! » sur plusieurs bancs du groupe RE.) Si le texte était adopté, il faudrait ainsi présenter ses papiers pour être mis à l’abri par le 115. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
    Il attaque le droit des enfants, consacré par la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), en mettant fin à l’universalité des allocations familiales.

    M. Fabien Di Filippo

  • partager

    Vous devriez aller vivre quelques mois à l’étranger, cela vous ouvrirait les yeux !

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    Il attaque le droit de vivre en famille par la restriction du regroupement familial, le droit à la vie digne ou encore le droit à une justice équitable.
    Quant à l’instauration d’une caution pour les étudiants étrangers, elle marginalise notre pays. La France se rabougrirait à refuser à des étudiants venus d’autres nations la richesse du partage des connaissances et de la formation (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs des groupes Écolo-NUPES et GDR-NUPES), par laquelle grandissent la vie des idées, les connaissances techniques et les créations culturelles dans le monde entier.
    La recherche et l’enseignement universitaires ont une portée universelle : celle du savoir, de l’intelligence commune mise au service de notre pays et de l’humanité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur plusieurs bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) Les étudiants qui viennent en France apportent beaucoup à notre pays et reçoivent tout autant de lui : c’est une expression concrète de la fraternité humaine. Dix-huit présidents d’université vous appellent à rejeter cette mesure. (Mêmes mouvements.)

    M. Rémy Rebeyrotte

  • partager

    Vous avez empêché le débat !

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    La grandeur de la France républicaine nous impose aujourd’hui de faire un choix décisif. La grandeur de la France, c’est d’avoir partagé avec le monde entier la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en affirmant l’égalité des êtres humains sans distinction d’origine, d’appartenance ou de croyance. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES, dont plusieurs députés se lèvent, et sur plusieurs bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)
    La grandeur de la France, c’est d’avoir formulé le principe suivant dans la Constitution du 24 juin 1793 : « Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année, y vit de son travail ou acquiert une propriété ou épouse une Française ou adopte un enfant ou nourrit un vieillard ; tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis à l’exercice des droits de citoyen français. » (Mêmes mouvements.) Telle est la longue histoire de la France qui vient aujourd’hui à notre rencontre, en raison des circonstances politiques qui ont donné naissance à ce texte, mais avant tout en interpellant nos consciences.
    Collègues, certains votes font figure de points de bascule. René Char écrivait que nous étions « en cours de chute ». L’examen de ce texte nous plonge dans un vertige comme seule l’histoire peut nous en faire éprouver. La France a déjà refusé par trois fois au Rassemblement national de gouverner le pays. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES. – Mme Francesca Pasquini applaudit également.)

    M. Grégoire de Fournas

  • partager

    Et à vous, combien de fois ?

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    Collègues macronistes, nous sommes vos opposants, mais ce soir la République et la France sont en jeu ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES, dont les députés se lèvent, rejoints par quelques députés des groupes SOC et Écolo-NUPES.)
    Collègues Les Républicains, où est l’héritage du général de Gaulle ?

    M. Laurent Jacobelli

  • partager

    Pas chez vous !

    M. Xavier Breton

  • partager

    Vous n’êtes pas qualifiée pour en parler !

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    Jacques Chirac a-t-il battu Jean-Marie Le Pen pour que vous repreniez son programme vingt ans après ? Allez-vous acter la disparition de la droite républicaine ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

    M. Ian Boucard

  • partager

    Elle est où, la gauche républicaine ?

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    La France se construit par l’unité de son peuple et l’attachement aux principes de la République. En ce jour, nous ne devons pas penser à notre appartenance partisane : par ce vote, nous sommes appelés à défendre l’identité républicaine de la France et à écouter nos consciences de citoyens, de députés qui ont l’honneur de représenter le peuple et d’exprimer sa souveraineté.

    M. Rémy Rebeyrotte

  • partager

    Vous interdisez le débat !

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    La rationalité humaine est au cœur de la discussion républicaine ; elle en est la base même. En votre for intérieur, par les voies où la raison se fraie un passage vers nos convictions profondes, vous savez que cette loi est une violence insupportable faite aux principes que nous avons en commun.

    M. Rémy Rebeyrotte

  • partager

    Honteux !

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    Parce que frapper l’étranger, c’est se préparer à se frapper soi-même. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) La dégradation des droits pour certains prépare immanquablement la dégradation des droits pour tous, quand elle ne l’accompagne pas d’un même mouvement terrible. Rien ne peut prévaloir. Nul intérêt n’est plus grand que celui que vous devinez clairement. Le projet de loi bafoue les principes qui unissent le peuple de la République française. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
    Il n’est pas venu le jour où le pays cédera à la division, se tournera contre quiconque est différent et plongera dans une culture de la haine qui ne nous ressemble en rien. La France ne se reconnaît ni dans le reniement du droit du sol, ni dans le tri entre étudiants nationaux et internationaux, ni dans la préférence nationale, une idée qui se présente à nous comme une insulte à notre histoire commune. La France ne peut se reconnaître dans ce texte, pas davantage que les Français ! (Mêmes mouvements. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
    L’histoire longue vient à notre rencontre et nous appelle à prendre une décision à la hauteur de ce que nous sommes collectivement. Rejeter ce texte, c’est honorer notre histoire collective et nous porter à sa hauteur.
    Collègues, certains votes font figure de points de bascule. « Ose penser par toi-même », nous enjoint Emmanuel Kant.

    M. Rémy Rebeyrotte

  • partager

    Oui, c’est ça, et sans débattre !

    Mme Caroline Abadie

  • partager

    Chiche !

    M. Aurélien Pradié

  • partager

    On n’y arrivera pas, même en faisant des efforts !

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    Ayons, comme nous y invite ce grand philosophe, le courage de faire usage de notre entendement. Pensons et décidons en nous rappelant l’histoire longue de notre pays, éclairés par ces Lumières qui, même si elles donnent parfois l’impression de vaciller, ne cessent d’éclairer tant notre pays que l’humanité tout entière. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)
    Ce soir, sachons répondre à l’appel des principes républicains ; nous les avons partagés par-delà nos frontières, mais nous devons d’abord les respecter en leur sein. La République souffre de voir un tel projet de loi présenté dans cet hémicycle. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)

    M. Xavier Breton

  • partager

    Elle souffre de vos excès, la République !

    Mme Mathilde Panot

  • partager

    Collègues, certains votes font figure de points de bascule. Nous parlons à ce pupitre « en cours de chute », mais, à l’issue de ce vote, la République peut sortir grandie et ravie de s’être défendue de tomber dans un abîme de déraison et d’injustice. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs des groupes SOC et Écolo-NUPES.)
    La République peut sortir grandie si vous écoutez le conseil d’un grand poète, emprisonné au Maroc, puis exilé en France, Abdellatif Laâbi : « J’atteste qu’il n’y a d’être humain / que Celui qui combat sans relâche / la Haine en lui et autour de lui / Celui qui, / dès qu’il ouvre les yeux le matin, / se pose la question : / Que vais-je faire aujourd’hui / pour ne pas perdre ma qualité et ma fierté / d’être homme ? » (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES, dont les députés se lèvent, rejoints par plusieurs députés des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

    Mme la présidente

  • partager

    La parole est à M. le ministre.

    M. Gérald Darmanin, ministre

  • partager

    Madame la présidente Panot, je vous ai écoutée attentivement et j’ai identifié une grande différence entre nos deux discours : moi, j’ai refusé les voix du Rassemblement national. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Vives exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

    M. Laurent Croizier

  • partager

    Bravo !

    Mme la présidente

  • partager

    Nous en venons aux explications de vote sur la motion de rejet préalable.
    La parole est à M. Philippe Pradal.

    M. Philippe Pradal (HOR)

  • partager

    Chers collègues de la NUPES, permettez-moi de m’interroger sur l’opportunité de cette motion de rejet préalable. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) D’ici une heure et demie, ceux qui veulent s’opposer au projet de loi auront l’occasion de le faire par un vote franc – massif s’ils le souhaitent. Un peu de patience !
    Après nous avoir privés de deux semaines de débat pendant lesquelles nous aurions pu discuter projet contre projet, vous souhaitez maintenant priver chaque groupe de cinq malheureuses minutes à la tribune pour exprimer sa position sur les conclusions de la commission mixte paritaire et prendre ses responsabilités.
    Le groupe Horizons et apparentés s’opposera fermement à cette motion de rejet préalable. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur plusieurs bancs du groupe RE.)

    Mme la présidente

  • partager

    La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.

    M. Aurélien Pradié

  • partager

    Merci pour la motion de rejet, c’était parfait !

    Mme Cyrielle Chatelain (Écolo-NUPES)

  • partager

    Nous l’avons tous expérimenté, comme celles et ceux qui nous regardent : quand on est dans l’urne, on est seul avec soi-même. (Rires et exclamations sur les bancs des groupes RN et LR. – « Non, dans l’isoloir ! » sur de nombreux bancs.)

    M. Aurélien Pradié

  • partager

    C’est compliqué de rentrer dans l’urne !

    Mme la présidente

  • partager

    Mes chers collègues, laissez les orateurs exposer la position de leur groupe !

    Mme Cyrielle Chatelain

  • partager

    Chacun sait que son vote l’engage et engage notre avenir collectif. Le 10 avril 2022, les écologistes n’ont pas tremblé et n’ont pas hésité. D’une voix ferme, ils ont très clairement appelé à voter pour Emmanuel Macron. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Comme des millions de Français, j’ai fait prévaloir mes convictions et mon attachement à la République, et j’ai voté pour Emmanuel Macron. (M. Emmanuel Taché de la Pagerie fait mine d’applaudir.)

    M. Julien Odoul

  • partager

    Bravo !

    M. Emeric Salmon

  • partager

    Bien fait pour vous ! Assumez : c’est vous, les cocus de la République !

    Mme Cyrielle Chatelain

  • partager

    Aujourd’hui, des millions de Français se sentent trahis et honteux d’avoir voté ainsi. Vous aviez comme seul mandat de défendre nos valeurs – liberté, égalité, fraternité – et de faire barrage aux idées du Rassemblement national. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) Décompter les voix du Rassemblement national n’effacera pas le contenu de votre loi !
    Chers collègues de la majorité, si vous votez pour ce texte, vous votez pour l’inscription de la préférence nationale dans la loi et pour les idées du Rassemblement national ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES. – Acclamations et applaudissements sur les bancs du groupe RN.) 

    Plusieurs députés des groupes LFI-NUPES et SOC

  • partager

    Voilà le résultat, regardez !

    Mme Cyrielle Chatelain

  • partager

    Il n’y a pas de mandat impératif : votre loyauté, vous la devez d’abord et avant tout à votre conscience, puis à vos électeurs. Emmanuel Macron vous a peut-être convoqués dans son bureau, mais il doit rendre des comptes à ses électeurs : il n’y aura plus de barrage républicain si vous cédez au Rassemblement national ! Si vous salissez la République, que défendrez-vous ? (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES, dont de nombreux députés se lèvent.) Nous sommes fermes quant à nos valeurs : liberté, égalité, fraternité ! Chers collègues, faites de même et votez avec votre conscience ! (Mêmes mouvements. – M. Rémy Rebeyrotte désigne les deux extrémités de l’hémicycle.)

    Mme la présidente

  • partager

    La parole est à Mme Elsa Faucillon.

    Mme Elsa Faucillon (GDR-NUPES)

  • partager

    Monsieur le ministre, vous ne savez même plus qui vous devez convaincre : c’est assez pathétique. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes GDR-NUPES et Écolo-NUPES.) Vous instillez le venin du désordre et de la haine. Nous prenons nos responsabilités et nous rejetterons avec force ce texte de la honte.
    Voter ce projet de loi, c’est intégrer dans le droit la préférence nationale (Acclamations et applaudissements sur les bancs du groupe RN), attenter au droit du sol, rétablir la déchéance de nationalité et supprimer des droits à des enfants français, nés sur le sol français de parents étrangers !
    Ce texte inscrit dans le droit une idéologie mortifère, qui distingue les étrangers des nationaux, ceux qui pourraient se réclamer de la patrie et ceux qui ne le pourraient pas. La France, ce n’est pas ça ! Le droit du sol comme l’hospitalité sont depuis des siècles les fondements de notre nation. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES, LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)
    Vous poussez à la désobéissance civile, mais, que vous le vouliez ou non, les médecins continueront de soigner toutes et tous, les professeurs d’enseigner à toutes et tous, les travailleurs sociaux d’accompagner toutes et tous. (Mêmes mouvements.) Parce que telle est notre nation !
    Nous voterons pour cette motion de rejet préalable avec la gravité de celles et ceux qui redoutent que l’irréparable soit commis (Protestations sur les bancs du groupe RN) ; de celles et ceux qui espèrent jusqu’au bout que le déshonneur ne s’ajoute pas à la compromission. (M. Stéphane Rambaud mime un violoniste.) L’irréparable : voilà le résultat de cette folle volonté de faire passer coûte que coûte un texte pour lequel vous n’avez pas de majorité et qui, dès le début, portait les germes de la honte !
    La honte est maintenant totale : toutes les lignes rouges ont été franchies ! Vous avez cédé à tout pour trouver un accord avec la droite, alignée sur les propositions du Rassemblement national. (Les députés des groupes GDR-NUPES, LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES, à l’exception de Mme Delphine Batho, se lèvent pour applaudir longuement. – Acclamations sur les bancs du groupe RN.)

    M. Laurent Marcangeli

  • partager

    Et alors ?

    Mme Elsa Faucillon

  • partager

    Quelle déchéance ! Quelle faute historique d’offrir ainsi un plateau d’argent à l’extrême droite, à l’heure de la fièvre populiste et fasciste qui gangrène nos démocraties. L’histoire nous regarde : cessez cette folie !

    Mme la présidente

  • partager

    La parole est à M. Bertrand Pancher.

    M. Bertrand Pancher (LIOT)

  • partager

    Le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires a toujours été guidé par la recherche de mesures efficaces et justes : efficaces, parce que nos concitoyens sont de plus en plus désabusés par la politique et croient de moins en moins en la parole publique ; justes, parce que les valeurs de la République sont fondamentales à nos yeux, en particulier l’idéal de fraternité.
    Depuis le début de l’examen du projet de loi, notre groupe a souligné l’importance de présenter un texte équilibré, sans angélisme ni extrémisme.

    M. Ian Boucard

  • partager

    C’est le cas ! Merci les LR !

    M. Bertrand Pancher

  • partager

    Nous avons œuvré en ce sens en commission en prévoyant la régularisation des travailleurs sans papiers dans les secteurs en tension, le maintien de l’AME, l’interdiction du placement des enfants dans des centres ou des lieux de rétention administrative et l’intégration par l’apprentissage de la langue.
    Le texte qui nous est soumis ce soir s’éloigne, dans son esprit comme dans sa rédaction, de son objectif premier. Comme les Français, nous aurions souhaité un vrai débat ; nous en avons été privés en séance, en première lecture.
    Le groupe LIOT fait le constat amer que le projet de loi est…

    M. Ian Boucard

  • partager

    De droite !

    M. Bertrand Pancher

  • partager

    …désormais source de grandes fracturations politiques. Les Français sont médusés devant ces intrigues d’un autre temps, menées dans le cadre d’une CMP opaque…

    M. Maxime Minot

  • partager

    Ce n’est pas parce que vous n’y siégez pas qu’elle est opaque !

    M. Bertrand Pancher

  • partager

    …qui ne traduit ni la représentativité de l’Assemblée nationale, ni la diversité des Français. C’est un échec collectif. Notre démocratie est malade. (M. Philippe Brun applaudit.)
    Dès la publication du texte de la CMP, nous avons appelé le Gouvernement et le Président de la République à rouvrir dès à présent le chantier relatif à ce projet de loi afin de travailler dans la sérénité à l’élaboration d’un texte qui garantira l’unité du pays autour de l’enjeu essentiel de l’immigration. Ce serait le bon sens.
    Nous avons besoin de plus de transparence, de débats, de concertation en amont et de recherche de consensus. La promesse initiale d’un texte coconstruit avec notre groupe rassembleur n’a finalement pas pu être tenue. Comme le disait Stefan Zweig, « l’opinion, c’est la masse, la conviction, c’est l’homme. » (« Bravo ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)

    Mme Sophia Chikirou

  • partager

    Très bonne citation !

    M. Bertrand Pancher

  • partager

    C’est en application de cette maxime que les députés de notre groupe se prononceront en conscience sur cette motion de rejet et sur l’ensemble du texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT et sur quelques bancs du groupe GDR-NUPES.)

    M. Ian Boucard

  • partager

    On n’a pas compris ce que vous allez voter !

    Mme la présidente

  • partager

    La parole est à Mme Marie Guévenoux.

    Mme Marie Guévenoux (RE)

  • partager

    Madame Panot monte au perchoir et donne des leçons de dignité et de républicanisme (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES)

    M. Sylvain Maillard

  • partager

    Eh oui !

    Mme Marie Guévenoux

  • partager

    …alors même que, depuis leur élection, les membres du groupe La France insoumise donnent une image indigne de cette assemblée et de la République. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE et sur quelques bancs du groupe Dem. – M. Philippe Gosselin applaudit également. – M. Sébastien Delogu s’exclame.)
    Nous avons entendu les orateurs des groupes qui composent la NUPES : on se demande dans quelle mesure l’incompétence ne le dispute pas à la bêtise. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.) De votre point de vue, ce texte était trop à droite. Vous avez donc voté une motion de rejet préalable avec les députés du Rassemblement national…

    Mme Caroline Parmentier

  • partager

    Bravo !

    Mme Marie Guévenoux

  • partager

    …pour que le texte reparte au Sénat et nous nous retrouvons aujourd’hui dans une situation de blocage que vous dénoncez ! (M. Laurent Croizier applaudit. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.