XVIe législature
Session ordinaire de 2023-2024

Deuxième séance du mardi 30 janvier 2024

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Deuxième séance du mardi 30 janvier 2024

Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet

Mme la présidente

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    La séance est ouverte.

    (La séance est ouverte à quinze heures.)

    1. Dépôt d’une motion de censure

    Mme la présidente

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    Je vous indique que j’ai reçu aujourd’hui, mardi 30 janvier 2024 à quatorze heures trente, une motion de censure déposée par Mme Mathilde Panot, M. Boris Vallaud, Mme Cyrielle Chatelain, M. André Chassaigne et 146 membres de l’Assemblée nationale, en application de l’article 49, alinéa 2 de la Constitution. (« Ah ! » sur les bancs des groupes RE, Dem, HOR et LR. – Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)
    En application de l’article 153, alinéa 4 de notre règlement, il est pris acte de ce dépôt. La motion de censure sera notifiée au Gouvernement et affichée. La date et l’heure de la discussion et du vote de cette motion seront fixées par la conférence des présidents, que je réunirai.

    M. Pierre Dharréville

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    Bon démarrage !

    2. Déclaration du Gouvernement et débat

    Mme la présidente

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    L’ordre du jour appelle une déclaration du Gouvernement, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution.
    La parole est à M. le Premier ministre. (Mmes et MM. les députés des groupes RE, Dem et HOR se lèvent et applaudissent.)

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Le propre de toute société humaine, c’est de regarder en face l’avenir qui se dessine devant elle, d’interroger son modèle, de puiser en soi les ressources suffisantes pour avancer, de corriger ce qui doit l’être et de construire les bonnes solutions. Une société ne se perd jamais quand elle cherche à avancer. Une société ne se perd jamais quand elle doute ; elle se perd quand le doute l’emporte sur tout le reste, quand le doute glace, quand il fige, quand il conduit à douter non pas de l’avenir qui se dessine, mais de soi-même, de ses forces de ses capacités. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

    M. Sylvain Maillard

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    Il a raison !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Je suis né en 1989, l’année du bicentenaire de la Révolution (Applaudissements ironiques sur quelques bancs des groupes LFI-NUPES et SOC), une année où l’on a cru que la démocratie libérale et le progrès universel triompheraient par eux-mêmes. Ma génération a vu l’inverse se produire. Parce que notre génération, sur tous les continents, voit son monde chamboulé plus fortement encore que tout autre avant elle, elle est en proie au doute – doute sur l’avenir de la Planète ; doute sur son identité ; doute, ici en France, sur qui nous sommes comme peuple et comme nation ; doute sur notre modèle social, nos services publics, notre démocratie.
    Notre responsabilité, celle de chacune et chacun d’entre nous, est de puiser en nous la force d’identifier tous les ressorts pour surpasser ces doutes. Si nous sommes ici réunis, si nous nous engageons par-delà nos divergences et nos désaccords, c’est que nous avons un point commun, partagé par des dizaines de millions de nos concitoyens : nous voyons davantage de raisons d’espérer que de douter ; nous sommes prêts à affronter pour avancer. (« Bravo ! » sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
    Mesdames et messieurs les députés, en m’exprimant face à vous, c’est en réalité à chaque citoyen de notre pays que je m’adresse ; et à travers vous, c’est à chacun de nos concitoyens que je veux le dire : nous ne sommes pas n’importe quel pays.

    Mme Estelle Folest

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    Très bien !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    La France n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais une nation qui subit, ni hier, ni aujourd’hui, ni demain. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

    Mme Raquel Garrido

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    On a subi les 49.3, quand même !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Dans les pires moments de doute, de désarroi, de désunion, elle a montré sa solidité, son supplément d’âme qui fait d’elle une nation à nulle autre pareille.
    En cette année 2024, nous commémorerons les quatre-vingts ans du débarquement, moment de libération d’une France, de soutien à des Français qui, pour la plupart, n’avaient jamais cessé de croire en elle. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    En cette année 2024, nous rouvrirons les portes de Notre-Dame de Paris, alors que l’image rétinienne des flammes reste aussi vive dans l’esprit des Français. (Mêmes mouvements.)
    En cette année 2024, nous accueillerons le monde – un monde bouleversé, un monde divisé. Oui, nous accueillerons le monde à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques. (Mêmes mouvements.)

    M. Benjamin Lucas

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    Mais nous n’accueillerons plus les étudiants étrangers !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    France rime avec puissance. La France, c’est un repère, c’est un idéal, c’est un patrimoine témoin d’une histoire millénaire. C’est un héritage moral, celui de la patrie où sont nés les droits de l’homme, celui d’un modèle social protecteur, envié dans le monde entier. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    M. Benjamin Lucas

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    Et la loi sur l’immigration ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    La France, c’est le pays de la création, que nous soutenons et qui nous fait rayonner ; c’est la patrie de la recherche, à laquelle nous donnons des moyens sans précédent ; c’est la nation de l’innovation qui construit le monde de demain, le monde de 2030. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES.)
    La France, ce sont des jeunes qui osent et qui se lancent. La France, ce sont nos familles et toutes ces mères célibataires qui se battent et qui ne lâchent rien, jamais. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    La France, ce sont nos soignants, nos professeurs, nos forces de l’ordre, tous nos agents publics, nos militaires qui s’engagent pour quelque chose qui les dépasse ; ce sont nos artisans qui font rayonner nos savoir-faire, nos agriculteurs, nos pêcheurs qui travaillent matin, midi et soir pour nous nourrir. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe LR.)
    La France, ce sont nos élus locaux – je suis l’un des leurs depuis dix ans –, qui s’engagent et se donnent corps et âme pour leur territoire ; ce sont nos associations, nos bénévoles.
    La France, ce sont 68 millions de Français de l’Hexagone, des outre-mer et de l’étranger, qui n’ont pas fini de nous surprendre.

    M. William Martinet

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    Ça, c’est sûr !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Dans un monde où tout s’accélère, où tout se transforme, je refuse, avec eux, que notre identité puisse se diluer ou se dissoudre.

    Mme Danièle Obono

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    Quelle identité ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    La France a son rang à tenir, sa voix à faire entendre, sa singularité à imposer. Nous avons une fierté française à maintenir, une fierté européenne à consolider.
    Affronter pour avancer, disais-je. Les difficultés économiques, les bouleversements climatiques, démographiques et géopolitiques ne nous figeront jamais ; ils ne nous conduiront jamais à nous perdre. Ils ne signifient pas la fin de tout, mais le passage d’un monde à l’autre – un passage difficile, un passage douloureux, inquiétant à bien des égards, mais un passage que nous réussirons, j’en suis intimement convaincu. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

    M. Fabien Di Filippo

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    Nous ne sommes pas venus pour entendre des mots-clés, même s’ils sont mis dans le bon ordre !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    À ceux qui veulent y voir notre disparition, je réponds que j’y vois notre renaissance, parce que nous avons une identité et des valeurs. À ceux qui veulent y voir un triangle des Bermudes, je réponds que j’y vois notre cap Horn, parce que nous savons où nous voulons aller et que nous y arriverons. (« Bravo ! » sur les bancs des groupes RE et Dem.) À ceux qui veulent y voir une perte de boussole, je réponds que j’y vois une détermination, parce que j’ai confiance.

    M. Hadrien Clouet

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    Et nous, nous voulons un vote de confiance !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    J’ai confiance parce que je connais le chemin que nous avons parcouru depuis 2017, les tabous que nous avons levés et les obstacles que nous avons franchis. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
    J’ai confiance parce que je connais les Français, leur énergie, leur volonté et leur créativité. J’ai confiance parce que face aux épreuves, aux inquiétudes et aux crises, notre pays s’est toujours relevé. L’épidémie de covid a mis à jour bon nombre de fractures dans notre société ; elle a poussé notre modèle social dans ses retranchements, mais notre pays a tenu, et nous avons protégé nos concitoyens mieux que beaucoup d’autres ne l’ont fait. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Le dérèglement climatique nous frappe plus dur, plus fort et plus souvent ; l’exceptionnel devient la norme, les catastrophes se multiplient, mais notre pays agit avec force, et jamais, dans son histoire, les émissions de gaz à effet de serre n’ont baissé aussi rapidement que l’an dernier. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)
    La guerre en Ukraine a ébranlé l’Europe. Elle a détruit le rêve d’une paix éternelle sur notre continent. Elle nous a rappelé durement que la démocratie était fragile, et la liberté un idéal toujours à défendre, mais notre pays et notre Europe ont montré le visage de la détermination face à l’agresseur et leur solidarité pour le peuple ukrainien.

    M. Louis Boyard

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    Et Gaza ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    L’attaque terroriste monstrueuse en Israël et la guerre au Proche-Orient ont ravivé des plaies et des maux jusque dans notre société (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES), mais notre pays a su se dresser, répondre par le refus de la haine et par l’unité. La crise énergétique, l’inflation, la menace terroriste : les crises se superposent, s’enchevêtrent et s’additionnent ; elles n’offrent aucune solution miraculeuse, mais méthodiquement, avec les Français, nous y répondrons.
    Bien sûr, face à ces crises, pour beaucoup de Français, l’avenir est davantage une crainte qu’une promesse. Encore trop de Français ont le sentiment de perdre le contrôle de leur propre vie. Avec le Président de la République, avec mon gouvernement, je ne m’y résous pas – je ne m’y résoudrai jamais. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Pour tous ces Français, nous allons continuer à affronter pour avancer, pas par de belles paroles, de grandes tirades ou de beaux discours (« Ah ! », rires et applaudissements ironiques sur les bancs du groupe LFI-NUPES),…

    Mme Sophia Chikirou

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    Le commandement du guide suprême Macron !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …mais par des actes – des actes rapides, des actes concrets, de nouveaux changements dans leur vie et sur le terrain.

    Mme Sophia Chikirou

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    Bla bla bla !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Sous l’égide du Président de la République, l’identité même de cette majorité, de ce gouvernement, est de reconquérir notre souveraineté française et européenne. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, LR, Dem et HOR.)

    Mme Sandra Regol

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    Pour faire barrage à l’extrême droite, la grande promesse de l’élection ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Notre promesse aux Français est claire : oui, nous voulons reprendre notre destin en main, en ouvrant une nouvelle page de cette conquête. Nous pouvons nous appuyer sur un bilan concret, tangible et solide.
    En 2017, ma génération n’avait connu que la désindustrialisation qui semblait inéluctable, le chômage de masse qui s’ancrait, l’Europe qui se désunissait, la transition écologique qui rimait avec nécessité plus qu’avec réalité. Au fond, en 2017, la souveraineté de la France et de l’Europe était pour beaucoup un impensé (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et LR) ; pour certains même, il s’agissait d’un gros mot.

    M. Olivier Marleix

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    Pour Macron, c’est un gros mot !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Nous avons assumé de parler de souveraineté ; plus encore, nous avons assumé d’en faire la matrice de notre action, et nous avons agi.
    Nous avons engagé une action résolue pour la souveraineté économique, avec, pour la première fois, le retour de l’industrie sur notre sol – n’en déplaise aux Cassandre. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Il y a désormais plus d’usines qui ouvrent que d’usines qui ferment en France, plus d’emplois industriels qui sont créés que d’emplois industriels qui sont détruits en France – ce n’était pas arrivé depuis trente ans. (Mêmes mouvements.) Notre taux de chômage est descendu à un niveau jamais atteint depuis vingt-cinq ans, et pour la cinquième année consécutive, notre pays est le plus attractif d’Europe pour les investissements étrangers. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et LR.)

    Mme Julie Laernoes

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    Et la lutte pour le climat ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Nous avons engagé une action résolue pour lutter contre le réchauffement climatique et conquérir notre indépendance énergétique (Protestations sur les bancs du groupe Écolo-NUPES), avec une planification écologique inédite dans le monde et une stratégie énergétique pour une énergie plus souveraine et plus durable. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LR.)

    Mme Julie Laernoes

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    Avec le nucléaire ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Nous avons engagé une action résolue pour la souveraineté de nos frontières, avec une loi « immigration » et un pacte « asile immigration » au niveau européen enfin réellement protecteurs de notre pays. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)

    Mme Élisa Martin

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    La honte !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Nous avons engagé une action résolue, qui sera longue, pour que chaque Française et chaque Français puisse garder le contrôle de sa propre vie, pour qu’il ne soit jamais entravé, jamais assigné à résidence, jamais résigné. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LR.)

    Mme Sabrina Sebaihi

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    C’est faux ! Il croit à ses propres mensonges !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Et, bien évidemment, nous avons engagé une action résolue pour la souveraineté agricole de notre pays. Je veux le dire dès le début de cette intervention : notre agriculture est une force, pas simplement parce qu’elle nous alimente au sens propre du terme, mais parce qu’elle constitue l’un des fondements de notre identité et de nos traditions. Nos agriculteurs incarnent des valeurs fondamentales, qui, lorsqu’elles sont bridées, fragilisent notre société : je pense à la valeur travail, au sens de l’effort et à la liberté d’entreprendre. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Notre agriculture est une force et fait notre fierté. Je le dis solennellement : il y a et il doit y avoir une exception agricole française. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)

    Mme Émilie Bonnivard

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    Laurent Wauquiez, sors de ce corps !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Je suis lucide face à l’empilement des normes, face aux décisions qui tombent d’en haut…

    M. Hadrien Clouet

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    Ta nomination, par exemple !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …et parfois d’on ne sait où. (Exclamations continues sur les bancs des groupes RN, LFI-NUPES et LR.) L’agriculture doute, elle aussi, et elle attend des réponses et des solutions. Nous serons au rendez-vous sans aucune ambiguïté.

    Mme la présidente

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    Un peu de silence, s’il vous plaît !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Devant vous, je prends la parole conscient de l’ampleur de la tâche à accomplir. Je veux m’adresser à tous les Français, à ceux qui doutent et à ceux qui espèrent,…

    Mme Sabrina Sebaihi

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    Ils n’espèrent plus rien de vous !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …à ceux qui écoutent et à ceux qui n’y croient plus. Je veux m’adresser à ces Français souvent de la classe moyenne, toujours au rendez-vous de leurs responsabilités, qui ne se plaignent pas alors qu’ils ont souvent le sentiment de subir. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) À ces Français qui ont le sentiment d’avoir tous les devoirs quand d’autres ont tous les droits. (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et LR.)

    Mme Mathilde Panot

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    C’est une honte de dire ça !

    Mme Marine Le Pen

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    Sept ans !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    À ces Français qui ont parfois le sentiment que leur propre pays s’éloigne, qu’ils n’y ont plus vraiment leur place, alors qu’ils en sont le cœur battant. À ces Français de l’entre-deux, trop riches pour bénéficier des aides, mais pas assez pour ne pas compter, qui ont le sentiment que les décisions se prennent sans eux et qu’elles bénéficient toujours aux mêmes. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    Mme Danièle Obono

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    Cela fait sept ans que vous êtes au pouvoir !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    À ces Français qui ont parfois l’impression de vivre dans une France archipel, dont les ponts seraient sur le point de se rompre, ces Français qui espèrent au fond d’eux qu’on parviendra à les réunir. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) À ces Français qui ne demandent pas la lune, mais simplement à pouvoir vivre de leur travail,…

    Mme Anna Pic

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    Et de leur retraite !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …éduquer leurs enfants, se soigner et vivre en sécurité. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Je les entends, je les comprends, et, comme la majorité depuis 2017, je veux leur répondre. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Je le veux avec d’autant plus de détermination que je sais le risque, pour eux, de les laisser céder à des sirènes qui ne conduiraient qu’au chaos,…

    Mme Marie Pochon

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    Mais regardez l’état du pays !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …à la division et à l’effondrement. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)

    M. Julien Bayou

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    La chienlit, c’est vous !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Car je suis lucide : pendant que nous agissons, certains guettent, entretiennent les colères et espèrent en récolter les fruits.
    Mesdames et messieurs les députés, le défi est immense et j’ai conscience que nous ne pourrons pas le relever seuls, avec mes ministres, que je remercie pour leur engagement sans faille. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE, Dem et HOR.) J’ai bien conscience aussi du message très clair exprimé par les Français en 2022. Nous avons une majorité (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES), que je salue et à qui je veux dire ma confiance et ma fidélité.

    Mme Anna Pic

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    Vous n’avez pas de majorité !

    Mme Sophia Chikirou

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    Vous vous alliez avec l’extrême droite !

    M. Sylvain Maillard et M. Benjamin Haddad

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    Écoutez le Premier ministre !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Mais cette majorité est relative et les Français attendent que nous cessions les querelles de principe pour échanger…

    M. Manuel Bompard

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    Par le 49.3 ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …et agir ensemble. Depuis dix-huit mois, sur bien des textes, nous y sommes parvenus. Et aujourd’hui, je le dis à la majorité comme aux oppositions : nous avons la France en partage ; nous avons le devoir commun de transcender les clivages, les désaccords et les divisions pour œuvrer au service des Français. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
    Évidemment, nous ne serons pas d’accord sur tout. Évidemment, nous nous opposerons, dans cet hémicycle et ailleurs. Mais je vous le dis : je ne renoncerai jamais à dialoguer. Ma porte sera toujours ouverte. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Maxime Minot s’exclame.)

    Mme Sandra Regol

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    Il faut nous écouter un peu !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Parce qu’à travers vous, mesdames et messieurs les députés des oppositions, ce sont les voix de millions de Français qui s’expriment – même si je ne suis pas convaincu que ces millions de Français souhaitent que l’on couvre la voix d’un orateur de cris pendant qu’il s’exprime dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale… (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – M. Nicolas Forissier applaudit également.) C’est aussi cela la méthode que je veux pour mon gouvernement : respecter les Français, respecter les oppositions, respecter le Parlement. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)

    M. Olivier Faure

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    Faites-nous voter alors !

    Mme Sabrina Sebaihi

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    Faites un vote de confiance, dans ces conditions !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Je m’y engage et j’en serai le garant. (Bruit.) Ma méthode a toujours été la même. Chaque Français porte une vérité sur notre pays. Nous devons l’écouter et y répondre. Forces politiques, organisations syndicales, élus locaux, Français : depuis ma nomination, j’ai entamé de nombreux échanges, toujours avec franchise et lucidité. Alors, avec vous, je veux faire résonner les mots de nos concitoyens, répondre à leurs inquiétudes et porter leurs espoirs.
    Ma priorité est claire : favoriser le travail pour que ceux qui en sont éloignés s’en rapprochent, en soutenant ceux qui n’ont que le fruit de leur travail pour vivre et qui sont toujours au rendez-vous de leurs responsabilités. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Mon cap est clair : c’est celui de la souveraineté et de l’indépendance à l’échelle individuelle, nationale et européenne. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)

    M. Patrick Hetzel

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    Il y a du boulot !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Ma méthode est claire et reste la même : dire la vérité, même quand ça fait mal, même quand cela nous conduit à remettre en cause nos propres décisions. Dire la vérité, donc, et agir. Agir vraiment, agir maintenant ! (Mêmes mouvements.)
    Parler aux Français, c’est entendre quatre appels à l’action. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LR.) Pour le travail, pour qu’il paie mieux et toujours plus que l’inactivité, partout et pour tous. Pour nos services publics, pour qu’ils soient accessibles et de qualité, partout et pour tous. Pour l’autorité, le civisme et le respect des droits et des devoirs, partout et pour tous.

    M. Sylvain Maillard

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    Très bien !

    M. Benjamin Lucas

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    Avec la mixité à l’école, par exemple ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Pour un environnement plus respirable, partout et pour tous. Et je l’affirme : nous n’avons pas renoncé aux grandes conquêtes et à la création de droits nouveaux. Pour le travail, pour nos services publics et pour le rétablissement de l’autorité dans notre société, pour la transition écologique, nous partons aujourd’hui d’un bilan solide ! Conformément au cap fixé par le Président de la République, nous avons multiplié les actions et les réformes, et je veux rendre ici hommage à l’action déterminante d’Édouard Philippe, de Jean Castex et d’Élisabeth Borne, dont le sens de l’État et la détermination à agir sont des exemples. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Je veux rendre hommage à la majorité, toujours mobilisée pour améliorer le quotidien des Français et je veux saluer tous les parlementaires qui ont accepté de sortir des logiques partisanes pour permettre l’adoption de nombreux textes. (Mêmes mouvements.)

    Mme Michèle Peyron

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    Bravo !

    Mme Sophia Chikirou

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    Merci le 49.3 !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Aujourd’hui, les résultats sont là. Depuis 2017, nous avons montré que le chômage de masse n’était pas une fatalité et nous avons engagé des réformes fortes, trop longtemps repoussées. Nous avons pris les ordonnances travail dès le début du premier quinquennat. Nous avons mené une réforme de l’assurance chômage, une réforme de l’apprentissage, une réforme des retraites. Nous avons lancé le contrat d’engagement jeune (CEJ), baissé les impôts et les charges et engagé une réforme majeure du lycée professionnel. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et LR.)
    Le chômage a baissé de 2 points et 2 millions d’emplois ont été créés. Notre industrie revient avec 100 000 nouveaux emplois industriels et la réouverture de 300 usines ! Le nombre d’apprentis a plus que triplé : ils sont désormais plus de 850 000 dans notre pays et nous visons le million. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et LR.)
    Depuis 2017, nous avons agi massivement pour nos services publics, notamment pour notre santé, avec les 19 milliards du Ségur de la santé, avec une revalorisation historique des salaires des soignants, avec l’augmentation du nombre de places dans les études de médecine, d’infirmier et d’aide-soignant ! (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES et exclamations sur les bancs du groupe LR.)

    Mme Anna Pic

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    C’est merveilleux !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Pour notre école, nous avons engagé des transformations majeures et agi en faveur de l’égalité des chances. Je pense au dédoublement des classes ou encore à l’augmentation du salaire des enseignants, la plus forte depuis trente ans. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)
    Pour notre sécurité, nous avons investi comme jamais par le passé : 10 000 postes de policiers et gendarmes ont été créés lors du premier quinquennat ;…

    Mme Sophia Chikirou

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    Affligeant, ce discours !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …8 500 supplémentaires le seront durant celui-ci ; et nous avons lancé la création de 238 nouvelles brigades de gendarmerie. La sécurité, ça doit être pour tous, y compris dans la ruralité et dans les petites villes. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
    Depuis 2017, pour la planète, nous avons préféré aux grands mots les vrais actes. Nous agissons, et nous agissons plus qu’aucune majorité avant nous ! Avant 2017, les émissions de gaz à effet de serre diminuaient de 1 % en moyenne par an. Au cours du premier quinquennat, elles ont baissé de 2 % en moyenne par an. L’an dernier, pendant les neuf premiers mois de l’année, elles ont baissé de près de 5 %. Voilà le résultat de notre action en faveur de la transition écologique ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)

    M. Sylvain Maillard

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    Eh oui !

    M. Olivier Faure

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    Cela n’a rien à voir avec votre action, vous le savez très bien !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Conformément à l’engagement du Président de la République, nous avons désormais une stratégie complète, secteur par secteur, territoire par territoire : la planification écologique. Nous nous donnons les moyens de réussir et nous investissons cette année 40 milliards d’euros pour la transition écologique !
    Madame la présidente, mesdames et messieurs les députés, nous avons beaucoup fait, mais il reste encore du chemin. Alors, avec mon gouvernement, je suis prêt, je suis déterminé. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Nous devons répondre aux inquiétudes de la classe moyenne et faire en sorte que ceux qui vont travailler puissent vivre dignement de leur travail…

    M. Julien Bayou

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    Augmentez les salaires !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …et gagnent toujours plus que ceux qui ne travaillent pas. Nous devons relever le défi des emplois non pourvus, car il est incompréhensible que le chômage reste autour de 7 % alors qu’il y a encore tant d’entreprises et de filières qui cherchent à recruter partout sur le territoire national. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Nous avons en France un paradoxe. Notre salaire minimum, le Smic, est nettement supérieur à celui de nos voisins, et nous en sommes fiers, mais la part de nos travailleurs proches du Smic est beaucoup plus importante que celle de nos voisins, ce qui est un problème. (M. Jean-Pierre Taite s’exclame.)
    D’abord, nous agirons résolument pour que les branches professionnelles qui continuent à rémunérer au-dessous du Smic remontent ces rémunérations. C’était le cas d’une soixantaine d’entre elles l’été dernier. Grâce à la mobilisation engagée alors, nous sommes descendus à une trentaine à la fin de l’année 2023. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) La revalorisation du Smic au 1er janvier a fait redescendre les bas salaires d’une partie des branches au-dessous du Smic. Je souhaite poursuivre et amplifier la mobilisation pour des résultats rapides, et je n’exclus aucune mesure pour y parvenir. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    M. Olivier Marleix

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    Ça fait cinq ans qu’on en parle !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Ensuite, nous devons faire évoluer un système qui nous a conduits, depuis des décennies, à concentrer nos aides, nos exonérations, au niveau du Smic. Aujourd’hui, pour augmenter de 100 euros le revenu d’un employé au Smic, l’employeur doit débourser 238 euros de plus. (M. Maxime Minot s’exclame.) Quant au salarié, il perd 39 euros de prime d’activité, voit sa CSG – contribution sociale généralisée – et ses cotisations sociales augmenter de 26 euros et pourrait payer l’impôt sur le revenu. Autant le dire, notre système, fruit de réformes successives pétries de bonnes intentions ces dernières décennies, a placé notre monde économique dans une situation où il n’y a quasiment plus aucun intérêt pour quiconque à augmenter un salarié au Smic. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LR.) On ne peut accepter une France dans laquelle beaucoup sont condamnés à rester proches du Smic toute leur carrière. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    M. Erwan Balanant

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    Très bien ! C’est ça le sujet !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    La progression salariale doit toujours permettre de récompenser l’effort et le mérite. Alors oui, j’assume de le dire : il faut désmicardiser la France.

    M. Laurent Croizier

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    Bravo !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Dès le prochain projet de loi de finances, en nous appuyant sur les propositions des parlementaires, des partenaires sociaux et sur un certain nombre de travaux d’experts, nous commencerons à réformer le système.
    Dans le même temps, nous devons continuer de baisser les charges qui pèsent sur la classe moyenne. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Après la suppression de la taxe d’habitation et de la redevance télé, après la baisse de 5 milliards d’euros des premières tranches de l’impôt sur le revenu, nous tiendrons l’engagement du Président de la République de procéder à une nouvelle baisse d’impôts de 2 milliards d’euros. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Cette baisse sera financée et la solidarité nationale devra s’exercer pour nos classes moyennes.
    Valoriser le travail, ce n’est pas seulement agir pour les salariés. Nous agirons aussi pour nos fonctionnaires, qui permettent à l’État d’avancer et s’engagent au service de l’intérêt général, en intégrant leur mérite et leurs efforts à leur rémunération.

    M. Jean-Pierre Taite

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    Pourquoi ne l’avez-vous pas encore fait ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Un projet de loi sera déposé dès le second semestre de cette année. (Mêmes mouvements.) Nous agirons pour nos indépendants, nos commerçants, nos artisans, nos agriculteurs. En 2026, nous aurons réformé l’assiette sociale des indépendants, soit davantage de droits à la retraite sans payer plus de cotisations. Tel est l’engagement de la majorité. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Deuxième objectif : pour réussir, je veux déverrouiller l’accès au travail, déverrouiller notre société. Je veux permettre à tous ceux qui le peuvent de travailler, avec en tête les droits et les devoirs de chacun : le droit d’être mieux accompagné, grâce à la réforme de France Travail, mais aussi le devoir de chercher un emploi. Dans dix-huit départements, nous avons lancé une expérimentation qui conditionne le revenu de solidarité active (RSA) à quinze heures d’activité pour l’insertion. Je vous annonce que nous généraliserons ce dispositif à tous les départements de France d’ici au 1er janvier 2025. (Mêmes mouvements.)
    De plus, nous devons aller plus loin dans la réforme de l’assurance chômage. Une négociation a été lancée en faveur de l’emploi des seniors, de la prévention de l’usure professionnelle des parcours et des reconversions. Nous souhaitons qu’elle aboutisse à un résultat ambitieux. Mais la situation économique évolue. Parce que nous gardons notre objectif de plein emploi et que nous devons inciter toujours plus à la reprise du travail, je serai extrêmement attentif à l’évolution de la trajectoire financière de l’assurance chômage. Si cette dernière dévie, je n’hésiterai pas, comme la loi le permet, à demander aux partenaires sociaux de remettre l’ouvrage sur le métier, sur la base d’une nouvelle lettre de cadrage à l’ambition très claire : inciter toujours plus à la reprise du travail, sans tabou. (Mêmes mouvements.)
    Nous assumerons également de combattre toutes les trappes à inactivité, notamment en rendant les droits effectifs. Nous avons été capables de faire le prélèvement à la source. Nous serons capables de mener à bien le chantier de la solidarité à la source (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR), pour éviter les démarches inutiles et garantir la pleine justice sociale : que chacun touche l’intégralité de ce à quoi il a droit.

    M. Erwan Balanant

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    Alors, elle est où la gauche ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Combattre les trappes à inactivité, c’est – je l’assume – rendre les droits effectifs pour chacun grâce à la solidarité à la source mais c’est aussi assumer de réinterroger notre modèle. Je pense notamment à l’allocation de solidarité spécifique qui prolonge l’indemnisation du chômage et permet, sans travailler, de valider des trimestres de retraite. Or nous avons une conviction forte et cohérente : nous considérons que la retraite doit être le fruit du travail. Par conséquent, nous proposerons la suppression de l’allocation de solidarité spécifique et sa bascule vers le RSA. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Chercher un modèle social plus efficace et moins coûteux, ce n’est pas un gros mot mais un impératif.
    Déverrouiller le travail, c’est aussi l’adapter aux nouvelles aspirations de nos concitoyens. C’est un fait : le rapport au travail a changé. Je mesure, dans ma génération comme dans les autres, les changements de mentalité et les nouvelles attentes s’agissant des horaires, de la disponibilité ou encore de l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Ces aspirations ne doivent pas être niées. Elles ne doivent pas être caricaturées non plus. Au risque de décevoir certains ici, personne, dans notre pays, ne demande un droit à la paresse. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Mme Danièle Obono proteste.)
    Ces aspirations doivent être regardées pour ce qu’elles sont. Notre rapport au travail, c’est notre rapport au temps et à l’équilibre personnel. On ne peut pas appliquer les mêmes calques, génération après génération. Les attentes changent, les technologies évoluent et font apparaître de nouvelles fractures – par exemple entre ceux qui peuvent télétravailler et ceux qui ne le peuvent pas.

    M. Erwan Balanant

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    Très bien !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Aussi les conditions de travail doivent-elles évoluer également et l’État doit-il donner l’exemple. (Mme Maud Petit applaudit.)
    Comme ministre délégué chargé des comptes publics, j’avais décidé d’expérimenter dans mon administration, non pas la semaine de quatre jours mais la semaine en quatre jours, sans réduction du temps de travail.

    Mme Danièle Obono

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    Et la charge de travail ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    À certains endroits, je l’avoue, il y a eu peu de candidats ; à d’autres, ils sont nombreux à avoir choisi d’arriver plus tôt le matin et de partir plus tard le soir pour travailler un jour de moins. Comme Premier ministre, je demande à l’ensemble de mes ministres d’expérimenter cette solution dans leurs administrations centrales et déconcentrées. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    M. Patrick Hetzel

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    Ils ont l’air ravis !

    M. Erwan Balanant

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    Alors, les écolos, vous n’applaudissez pas ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Oui, l’État doit donner l’exemple s’agissant de l’organisation du travail, notamment pour toutes ces personnes qui travaillent dur et se sentent invisibles. Je pense notamment aux personnes chargées du ménage, qu’on oblige parfois à passer des heures dans les transports en commun au milieu de la nuit, juste pour éviter qu’elles travaillent en même temps que les salariés et croisent les agents présents dans les bureaux. (Mme Danièle Obono s’exclame.) Là aussi, je veux que l’État montre l’exemple et donc que, désormais, au sein de l’État, les personnels d’entretien de l’administration qui le souhaitent puissent travaillent aux mêmes horaires que tout le monde, c’est-à-dire aux horaires de bureau. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    Mme Marie-Pierre Rixain

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    Bravo !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Oui, nous devons mieux prendre en compte notre rapport au temps. Nous continuerons donc à avancer dans le chantier du compte épargne-temps universel,…

    Mme la présidente

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    Chers collègues, je vous demande un peu de silence ! Il y a un brouhaha continu. Je vous demande de baisser d’un ton.

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Madame la présidente, je pense qu’ils ont compris que je ne m’arrêterai pas malgré leurs hurlements. Je peux donc continuer sans difficulté. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)
    Je parlais donc du compte-épargne universel, véritable sac à dos social qui doit permettre à ceux qui le souhaitent de travailler beaucoup plus à certains moments de leur vie, lorsqu’ils le peuvent, notamment quand ils sont jeunes et n’ont pas encore de responsabilité familiale, pour pouvoir travailler moins à d’autres moments de leur vie pour développer un projet ou s’occuper de leur famille ou d’un proche qui en a besoin. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Déverrouiller notre économie, c’est aussi conquérir de nouvelles libertés, refuser le principe de rente (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES)

    Mme Anna Pic

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    Franchement, c’est une plaisanterie !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …et être capable de continuer à transformer et à libérer. Un projet de loi en ce sens, qui sera examiné au printemps, permettra notamment de déverrouiller certaines professions comme les syndics ou encore les ventes en ligne de médicaments par les pharmacies. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)
    Nombre d’entre vous me l’ont dit : s’il est un secteur qu’il faut déverrouiller, c’est bien le logement.

    Mme Sabrina Sebaihi

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    Il n’y a pas de ministre !

    M. Patrick Hetzel

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    C’est pour ça que vous n’avez pas de ministre sur ce sujet !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Le problème du logement est clair : il tient à la fois à l’offre et à la demande. Or pouvoir se loger, acquérir son logement, c’est pour tant de Français le projet d’une vie et l’assurance d’une retraite sereine. En lien avec les élus locaux, nous répondrons à cette crise du logement en créant un choc d’offres avec cinq solutions immédiates. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LR.)

    M. Jocelyn Dessigny

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    Il est où, le ministre du logement ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Tout d’abord, nous allons simplifier massivement les normes : revoir les DPE, les diagnostics de performance énergétique, simplifier l’accès à MaPrimeRénov, faciliter la densification, lever les contraintes sur le zonage et accélérer les procédures.
    Ensuite, nous désignerons dans deux semaines vingt territoires engagés pour le logement. Nous y accélérerons toutes les procédures comme nous avons su le faire dans le cadre de l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, avec comme objectif d’y créer 30 000 nouveaux logements d’ici trois ans. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Nous n’hésiterons pas à procéder à des réquisitions pour des bâtiments vides,…

    Mme Sabrina Sebaihi

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    Vous réquisitionnez les logements étudiants !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …notamment des bâtiments de bureaux. Nous l’avons déjà fait et nous continuerons à le faire.
    Nous continuerons aussi à soutenir le monde du logement social. Nous avons agi pour lui en maintenant le taux du livret A, en versant 1,2 milliard d’euros pour leur rénovation énergétique et en prévoyant des plans de rachat massif. (M. Jérôme Guedj proteste.) Nous voulons également répondre aux causes structurelles de la crise du logement social, notamment le coût élevé du foncier, en proposant un nouveau prêt de très long terme, soit 2 milliards distribués par la Banque des territoires.
    Quatrièmement, nous contribuerons aussi à faire évoluer le secteur du logement social pour inciter les élus à développer de nouveaux programmes. Ainsi, je vous annonce que nous donnerons aux maires la main pour la première attribution dans les nouveaux logements sociaux construits sur leur commune – une mesure qui était attendue par les élus locaux. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    Mme Nadia Hai

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    Excellent !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Enfin, nous engagerons un chantier de réflexion visant à faire en sorte que le logement social soit davantage accessible aux classes moyennes. Vous le savez, d’ici à 2025, toutes les communes soumises à la loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains, dite loi SRU, devront compter au moins un quart de logements sociaux sur leur territoire. Nous proposerons – et nous mettrons cette idée au débat – d’ajouter dans ce calcul, pour une part, les logements intermédiaires, accessibles à la classe moyenne. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Je veux donc désmicardiser pour promouvoir le travail, déverrouiller pour libérer la croissance mais je veux aussi débureaucratiser la France. Je veux alléger le fardeau des règles et des normes qui pèse sur ceux qui créent nos très petites, petites et moyennes entreprises – les TPE et PME –, sur tous ces Français qui travaillent sans compter et créent de l’activité et de l’emploi.

    M. Patrick Hetzel

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    Vous venez seulement d’arriver au pouvoir, c’est vrai !

    Mme Sophia Chikirou

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    Et les cabinets de conseil ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Il a été évalué que, chaque année, nous perdions 60 milliards à cause des démarches et des complexités de notre quotidien. Aussi engagerons-nous après l’été une nouvelle étape de la réforme du droit du travail avec un objectif clair : libérer les énergies de nos TPE et PME, simplifier considérablement leur quotidien et leur permettre de négocier certaines règles directement, entreprise par entreprise.
    Cependant, cet élan de simplification ne doit pas se limiter au travail.
    Partout dans notre pays, les Français me racontent combien les normes les oppressent, les brident, les empêchent de faire et d’avancer.

    M. Pierre Meurin

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    Il est temps de s’en rendre compte !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Je pense évidemment à nos agriculteurs mais aussi à tous les petits patrons ainsi qu’à nos élus locaux qui croulent sous les règles et les procédures administratives. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.) À ce jour, le nombre de mots pour dire des normes, sur Légifrance, s’élève à 44,1 millions, quasiment deux fois plus qu’il y a vingt ans. À tous les échelons, il faut débureaucratiser la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Mme Nicole Le Peih se lève pour applaudir.)
    Nous évaluerons avec les Français, les professionnels et les élus les normes qui peuvent être supprimées ou simplifiées. Nous regarderons les démarches qui peuvent être améliorées. Tous les sujets sont sur la table. Mon seul objectif est de libérer les Français dans leurs initiatives, de les laisser vivre et respirer.
    Supprimer des normes, c’est possible.

    M. Benjamin Lucas

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    Supprimez déjà la réforme des retraites !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Vendredi dernier, j’ai annoncé la suppression de dix premières normes nationales pour nos agriculteurs – beaucoup d’autres normes suivront. Au niveau local, en Haute-Garonne, au terme de quelques réunions qui se sont toutes tenues la semaine dernière, le préfet et les agriculteurs se sont accordés sur l’abrogation de quatre arrêtés préfectoraux. Cette logique est étendue dès cette semaine à l’ensemble des départements français. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Simplifier les démarches, c’est possible. Je vous annonce que, dès cette année, chacun pourra enfin porter plainte en ligne, partout dans le territoire. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
    Simplifier pour éviter la gabegie, c’est possible. Je vous annonce une règle générale simple : tous les organes, organismes et autres comités qui ne se sont pas réunis au cours de ces douze derniers mois seront supprimés par règle générale. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Enfin, des pans entiers de notre économie demandent des simplifications encore drastiques, notamment pour accélérer le retour de notre industrie. Car des délais trop longs, c’est moins de projets, donc moins d’emplois et de croissance.
    Quand un investisseur veut implanter un projet en Europe, quelque chose lui saute aux yeux : en France, il faut dix-sept mois en moyenne pour implanter un projet industriel, en Allemagne deux fois moins. On ne peut pas continuer ainsi. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    M. Laurent Croizier

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    Bravo !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Avec le projet de loi relatif à l’industrie verte, nous avons marqué une première étape.

    M. Fabien Di Filippo

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    On attend la liste des résultats !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Je vous annonce que nous déposerons un deuxième projet de loi sur ce même sujet, qui prévoira notamment de demander à la CNDP, la Commission nationale du débat public, de concentrer ses travaux uniquement sur les projets d’envergure nationale. Nous gagnerons ainsi six mois dans les procédures, au profit des autres projets. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    La bureaucratie qui recule, c’est la liberté qui avance. Je veux libérer les Français des contraintes qui les freinent et sont autant de boulets pour notre économie.

    M. Benjamin Lucas

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    Quel discours ringard : Il a 90 ans !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Déverrouiller, désmicardiser, débureaucratiser :…

    Mme Raquel Garrido

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    La bureaucratie est à l’Élysée !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …oui, mais avec un seul objectif, réarmer notre pays. (« Ah ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES, Écolo-NUPES et SOC.) Je veux le dire d’emblée : le préalable du réarmement de la France, c’est la responsabilité budgétaire. Nous devons faire preuve d’une responsabilité exemplaire dans nos finances publiques. Il y va de notre souveraineté, de la survie de notre modèle social (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem) et de la protection des plus fragiles et des classes moyennes qui seraient les premières victimes des coupes massives et des hausses drastiques auxquelles nous serions contraints si nous ne tenions pas notre trajectoire de réduction de nos déficits et de notre dette.
    Je le dis : pour nous, les meilleurs moyens de réduire nos déficits resteront le travail et la croissance. Or, pour certains, la croissance est un gros mot. Ils n’ont alors que le mot « taxer » à la bouche. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et LR.) Tout y est passé, parmi les propositions parlementaires de ces deux dernières années – en tant que ministre chargé du budget, j’étais aux premières loges. D’aucuns ont ainsi voulu taxer les heures supplémentaires des ouvriers, le patrimoine des retraités et même les successions des petits agriculteurs. À ceux-là je le réaffirme : quand on taxe tout, très vite il n’y a plus rien à taxer et alors on ne taxe plus rien du tout ! (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    M. Sébastien Jumel

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    Taxez juste les riches !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Je vous confirme que nous tiendrons le même cap : repasser sous les 3 % de déficit public d’ici à 2027 grâce à plus de croissance, à plus d’activité, à la maîtrise de nos dépenses – non pas grâce à trop d’impôts – et aussi à des économies de structure. (M. Jean-René Cazeneuve applaudit.)
    Nous mettrons toutes nos forces dans la bataille. Nous allons poursuivre et renforcer les revues de dépenses auxquelles tous les ministères et tous les secteurs de l’action publique seront associés. Les premières propositions d’économies pour le prochain projet de loi de finances – PLF –, issues de ce travail, seront annoncées dès le mois de mars. Je souhaite qu’elles donnent lieu, très vite, à des échanges avec la représentation nationale.

    Mme Raquel Garrido

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    À coups de 49.3 ! Il sera voté, le PLF ?

    Mme Charlotte Leduc

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    Et l’évasion fiscale ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Ce réarmement que nous construisons avec le Président de la République a un objectif prioritaire : assurer notre souveraineté. Alors oui, nous continuerons à renforcer notre souveraineté nationale et européenne car nos frontières doivent être respectées. La lutte contre l’immigration illégale doit continuer à s’intensifier. Il faut assumer d’accueillir moins pour accueillir mieux. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.) Nous continuerons à déployer la border force, lancée dans les Alpes-Maritimes, qui a déjà permis plusieurs dizaines de milliers d’interpellations à la frontière italienne.

    Mme Élisa Martin

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    Quelle honte !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Je tiendrai l’engagement de ma prédécesseure de réformer l’aide médicale de l’État. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)

    M. Benjamin Lucas

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    Avec l’extrême droite ! Vous devriez avoir honte !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Nous le ferons avant l’été par voie réglementaire avec une base qui est connue : le rapport de Claude Evin et Patrick Stefanini.
    Défendre notre souveraineté nationale, c’est aussi donner les moyens nécessaires à nos armées pour protéger notre territoire et nos valeurs. Nos militaires se battent au péril de leur vie pour défendre notre pays et notre République. Dans le cadre de la loi de programmation militaire, nous tiendrons nos engagements vis-à-vis d’eux. En deux quinquennats, nous aurons doublé le budget du ministère des armées. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Avec vous toutes et tous, je veux rendre hommage aux femmes et aux hommes de nos armées, à ceux qui sont tombés pour nous défendre. Leur sacrifice nous oblige. Notre reconnaissance est infinie. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent. – Mmes et MM. les membres du Gouvernement se lèvent également.)
    Notre souveraineté, c’est aussi notre capacité à répondre aux besoins de nos concitoyens. Sur ces fondements, nous allons donc réarmer nos services publics. Ils ont toujours été une fierté et doivent le rester – ou, pour certains d’entre eux, le redevenir.
    Nous allons continuer à réarmer notre système de santé. Avec vous, je veux rendre hommage à tous les soignants de France. Chacun à son poste, chacun dans sa spécialité, ils sont les visages de l’engagement, de l’accompagnement, de l’attention et de l’humanité. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent. – Mmes et MM. les membres du Gouvernement se lèvent également. – Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
    Aujourd’hui, quel est le problème ? Malgré le travail de nos soignants, le temps médical manque. Nos compatriotes ne trouvent pas suffisamment de médecins et les délais aux urgences se rallongent.
    Cela se traduit par la désertification de notre pays, et par la saturation de nos hôpitaux, en particulier des urgences. L’objectif est clair : plus de temps médical.
    Premier pilier : agir pour qu’il y ait plus de médecins devant les Français. Les effets de la suppression du numerus clausus ne se feront pas sentir immédiatement. Aussi, nous devons mettre en œuvre des solutions fortes, et tout de suite. C’est pourquoi, comme l’a annoncé le Président de la République, nous procéderons à la régularisation des médecins étrangers exerçant sur notre territoire. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem ainsi sur plusieurs bancs du groupe HOR.) C’est pourquoi aussi, je vous l’annonce, je nommerai un émissaire chargé d’aller chercher à l’étranger des médecins qui voudraient venir exercer en France. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) Nous devons aussi trouver les moyens de faire revenir nos jeunes Français qui sont partis étudier la médecine à l’étranger (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) Nous devons également, et c’est ce qu’a proposé le député Neuder, mieux reconnaître l’expertise et la volonté des soignants non médecins qui ont fait beaucoup d’études et qui ont une vraie expérience : une infirmière anesthésiste, qui a un bac + 5, plusieurs années de carrière et d’expérience, doit pouvoir, si elle le souhaite, entrer directement au moins en troisième année de médecine pour lui permettre de devenir médecin. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem ainsi que sur plusieurs bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe LR.)
    Deuxième pilier : agir pour qu’il n’y ait aucun territoire oublié. Nous avons, depuis 2017, déployé le service d’accès aux soins – le SAS : il permet un progrès notable dans l’accès aux soins non programmés, je l’ai vu encore récemment à Dijon. Dès cet été, chaque département devra être doté d’un service d’accès aux soins,…

    Mme Caroline Fiat

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    Faites-le maintenant !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …composé de professionnels organisés pour assurer la permanence des soins. Et dans les départements où il n’y aurait toujours pas de service d’accès aux soins et de réponse satisfaisante, je suis prêt à aller plus loin, prêt à restaurer des obligations de garde pour les médecins libéraux en soirée ou le week-end, dans leur cabinet, à l’hôpital ou en maison de santé. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem ainsi que sur plusieurs bancs du groupe HOR.)

    M. Sébastien Peytavie

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    Régulez l’installation !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Troisième pilier : libérer les médecins de certaines tâches pour qu’ils se concentrent sur le soin. Nous poursuivrons les chantiers déjà engagés, notamment s’agissant de l’attractivité de tous les métiers du soin. Nous allons à cet effet accélérer le passage de 6 000 à 10 000 assistants médicaux, ce qui permettra aux médecins de pouvoir se consacrer davantage aux patients et moins aux formalités administratives. Cela représentera deux millions et demi de consultations de plus disponibles tous les ans pour les patients. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem.)
    Par ailleurs, nous allons poursuivre notre action en faveur de l’hôpital. Les moyens du Ségur de la santé ne sont pas encore arrivés partout : de telles lourdeurs, de telles lenteurs, sont insupportables. Cela changera rapidement.

    Mme Raquel Garrido

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    Dommage que le Gouvernement ne l’ait pas fait avant !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Enfin, il y a encore aujourd’hui trop de rendez-vous médicaux qui ne sont pas honorés. Pour les médecins, il est insupportable d’avoir chaque jour des patients qui ont un rendez-vous et qui ne se présentent pas ; pour les Français, il est insupportable de savoir que des millions d’heures sont perdues alors qu’ils attendent parfois des mois pour un rendez-vous. Je souhaite que s’applique un principe simple, qui se traduise par des mesures claires dès cette année : quand on a un rendez-vous chez le médecin et qu’on ne vient pas sans prévenir, on paye ! (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe LR.)
    Protéger nos concitoyens, c’est aussi les accompagner à tous les âges et à toutes les étapes de la vie. Le Gouvernement continuera à agir pour l’enfance, notamment l’enfance en danger, à bâtir une société où chacun peut vieillir dignement et comme il l’entend en facilitant le maintien à domicile de ceux qui le souhaitent et en améliorant le quotidien en Ehpad. Le défi humain et financier est immense, mais nous avancerons ensemble, mesdames, messieurs les députés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
     
    Mais parler de santé, c’est trop souvent oublier la santé mentale. Or le mal-être, les dépressions et les pensées suicidaires ont beaucoup progressé chez nos jeunes. Je veux faire de la santé mentale de notre jeunesse une grande cause de notre action gouvernementale au travers, là aussi, de mesures claires et immédiates. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE, sur de nombreux bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe HOR.)
    Tout d’abord, il s’agit de réformer le dispositif MonSoutienPsy. Il faut être lucide : il partait d’une bonne intention, mais n’a pas donné les résultats escomptés, il faut avoir le courage de le reconnaître même si c’est nous qui l’avons instauré. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem.) Je vous annonce donc que le dispositif va être rénové de fond en comble : nous allons augmenter le tarif de la consultation remboursée pour limiter au maximum le reste à charge pour les jeunes patients et leurs familles, et pour lever tous les verrous, nous permettrons aussi aux jeunes d’avoir accès directement à un psychologue sans nécessairement passer par un médecin. (Vifs applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem.)
    De plus, nous allons mailler le territoire de maisons départementales des adolescents. Il y en a cinquante aujourd’hui : je souhaite qu’il y en ait une par département. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem.)
    Les infirmières scolaires sont des relais essentiels auprès des élèves en matière de santé, notamment de santé psychologique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – M. Stéphane Peu se lève et applaudit également.) Elles accomplissent un travail remarquable, accompagnant les jeunes avec disponibilité, écoute et soin. Il faut recruter davantage d’infirmières scolaires et mieux reconnaître leur engagement. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem. – Mme Soumya Bourouaha applaudit aussi.) Aussi, je vous annonce que, grâce à un amendement issu des groupes de la majorité qui a permis un budget supplémentaire dans le dernier projet de loi de finances,…

    M. Erwan Balanant

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    Exactement !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …je pourrai leur verser en mai prochain une prime exceptionnelle de 800 euros et revaloriser leur salaire de 200 euros net par mois à compter de cette date ! (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Je demande également au Gouvernement de travailler à des revalorisations pour les autres personnels sociaux et sanitaires en milieu scolaire.
    Renforcer nos pouvoirs publics, c’est aussi agir pour notre école.

    Mme Marine Le Pen

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    Vous l’avez fait cinq mois et demi !

    M. Inaki Echaniz

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    Changez de ministre !

    M. Matthias Tavel

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    Dégagez Oudéa-Castéra !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Je veux ici rendre hommage à nos professeurs : ils s’investissent tous les jours au service de notre école, de nos élèves, donc de notre pays. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent longuement. – Mmes et MM. les membres du Gouvernement se lèvent également.) J’ai souvent dit ma fierté d’être leur ministre, et, comme Premier ministre, je n’oublie rien de ce que nous leur devons et je serai toujours à leurs côtés. (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

    Plusieurs députés du groupe Dem

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    Oh ! Respect !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Je l’ai dit sur le perron de l’hôtel de Matignon, dès mes premières minutes comme Premier ministre : « L’école est la mère des batailles. » (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

    Mme Véronique Louwagie

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    Oh, ça va !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    S’agissant de l’école, il faut là aussi partir de la réalité des faits, et pas uniquement des classements internationaux. Il suffit d’écouter ce que nous disent les Français, notamment les parents et les grands-parents : pour eux, ces dernières décennies, le niveau a baissé, et bien que le nombre d’heures d’absence remplacées a triplé ces derniers mois, le compte n’y est toujours pas. Que nous disent les professeurs ? Qu’ils croient en leur métier, mais que celui-ci est de plus en plus difficile à exercer, qu’ils ont parfois peur d’enseigner des pans entiers de notre Histoire et de notre littérature ! (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.) Que nous disent les jeunes qui envisagent de devenir enseignants ? Que la formation initiale telle qu’elle est organisée ne correspond pas à leurs attentes et freine leur vocation. Nous allons continuer à répondre à toutes ces interrogations.
    Pour élever le niveau des élèves, j’avais lancé le choc des savoirs, et le dispositif doit maintenant se déployer.

    M. Benjamin Lucas

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    Ça se passe comment à Stanislas ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Le choc des savoirs, c’est assumer que tout le monde ne progresse pas au même rythme, que tout le monde n’a pas les mêmes facilités ou les mêmes difficultés. La décision du redoublement sera désormais à la main de l’équipe pédagogique, et les groupes de niveaux commenceront à se mettre en place, dès cette année, dans nos collèges. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem.) Car une école du passage automatique où l’on se glisse de classe en classe, d’année en année, sans que soit vérifié si on a le niveau pour passer dans la classe supérieure, c’est une école où tout le monde stagne et où le niveau baisse. J’assume de porter une école des savoirs, de l’exigence et de l’excellence, une école où chacun apprend à son rythme. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem. – Mme Anne Le Hénanff applaudit également.) Améliorer les savoirs, c’est évidemment aussi agir sur la question des remplacements. Nous évaluerons le Pacte enseignant et, si de nouvelles mesures s’imposent, nous les prendrons ! Veiller au niveau des élèves, c’est réagir face aux nouveaux défis qui le menacent. Les écrans sont une catastrophe éducative et sanitaire en puissance. Nous avons d’ores et déjà interdit le portable au collège. (M. Cyrille Isaac-Sibille applaudit.) Et, comme l’a annoncé le Président de la République, nous travaillerons à mieux réguler pour nos enfants l’usage des écrans dans et en dehors de l’école. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.) J’ajoute qu’une école des savoirs, c’est aussi une école qui permet de se projeter dans l’avenir : désormais, tous les élèves de seconde devront faire un stage de deux semaines. Nous continuerons ainsi à rapprocher l’école de l’entreprise, des métiers, des administrations et des associations. (Mêmes mouvements.)
    Une école qui fonctionne, c’est une école où nos professeurs sont mieux formés : nous réformerons la formation initiale des enseignants pour construire les écoles normales du XXIe siècle ; cette réforme sera présentée d’ici au mois de mars. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe HOR.)
    Une école qui marche, c’est aussi une école où les élèves sont heureux. Or trop longtemps, le bien-être des élèves est resté un impensé et les résultats, nous les connaissons : ce sont notamment les drames du harcèlement. Notre stratégie contre le harcèlement, qui a permis de briser des tabous majeurs, est très concrète : désormais, c’est l’élève harceleur qui doit quitter l’école, plus l’élève victime qui subissait ainsi la double peine. Je suis fier de ce changement ! (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem.)
    Le bien-être à l’école, c’est aussi donner toute leur place aux élèves en situation de handicap. Bâtir une société inclusive est au cœur des priorités de mon gouvernement. Cela vaut dans tous les domaines et j’y suis très attentif. Nous accompagnerons nos concitoyens en situation de handicap en toutes circonstances, nous leur simplifierons la vie et prendrons intégralement en charge le remboursement des fauteuils roulants de ceux qui en ont besoin, comme on s’y est engagé. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem.) Nous agirons partout en ce sens et particulièrement à l’école. Depuis des années, l’État et les collectivités se renvoient la balle sur la prise en charge des AESH – les accompagnants des élèves en situation de handicap – à la pause du midi. Résultat : dans beaucoup d’endroits, personne ne finance… Et la conséquence, c’est une double défaite : des élèves pas suffisamment bien accompagnés au moment du repas, et des AESH qui ne peuvent faire un temps complet pour améliorer leur rémunération. Il faut sortir de cette situation où chacun se renvoie la balle, et je prends une décision claire : l’État prendra ses responsabilités et financera désormais l’accompagnement des enfants en situation de handicap sur le temps du déjeuner (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem ainsi que sur de nombreux bancs du groupe HOR), en lieu et place des collectivités locales. (Mêmes mouvements.) C’est un enjeu de solidarité, de dignité et de reconnaissance.
    Réarmer notre école, c’est réaffirmer nos valeurs. Car je crois que la transmission du savoir est impossible sans respect de l’autorité, sans respect de nos valeurs républicaines, au premier rang desquelles la laïcité ! On ne négocie pas avec la République ! On l’accepte et on la respecte en entier, sans « mais », sans la moindre exception ! (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent longuement.) C’est pourquoi le Gouvernement soutient l’expérimentation de l’uniforme à l’école,…

    M. Thomas Ménagé

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    Copyright !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …symbole d’égalité républicaine. Et comme l’a annoncé le Président de la République, si cette expérimentation est concluante, nous généraliserons l’uniforme en France à la rentrée 2026. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)
    Je tiens à dire également que je ne peux pas me résoudre à ce que des professeurs craignent d’aborder certains chapitres du programme. À la moindre entorse à notre pacte républicain, il y doit y avoir des décisions fortes et des sanctions fermes. Et cela doit conduire à revoir l’échelle des sanctions dans nos établissements scolaires pour ne rien laisser passer ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE, sur plusieurs bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe HOR. – M. Alexandre Vincendet applaudit également.)
    Mesdames, messieurs les députés, réussir le réarmement civique, c’est au cœur des priorités de mon gouvernement. Nous devons faire respecter l’autorité partout : dans les classes, dans les familles, dans les rues. Ce respect s’apprend à l’école, je l’ai dit, mais il passe aussi par les familles. Les violences de juillet dernier ont profondément marqué notre pays. Parmi les émeutiers, des jeunes, des très jeunes parfois, semblaient avoir déjà coupé les ponts avec notre société ; ils ne respectent plus leurs parents et pour eux, la violence semble un moyen comme un autre de tromper l’ennui. Je ne me résoudrai pas à ce qu’on préfère attendre avant de donner une lourde peine alors que bien souvent, c’est très tôt qu’il aurait fallu agir. Il faut disposer de sanctions adaptées pour les mineurs de moins de 16 ans car on ne peut pas aujourd’hui prononcer à leur encontre de peine de travaux d’intérêt général. Je vous annonce que nous créerons des travaux d’intérêt éducatif, qui seront leur équivalent et décidés plus facilement que les peines d’intérêt général. (Applaudissements sur les bancs du groupes RE et sur de nombreux bancs du groupe Dem.) Cela fera partie de la révision de l’échelle des sanctions dans nos établissements scolaires que j’évoquais il y a un instant. Dès le plus jeune âge, il faut en revenir à un principe clair : « tu casses, tu répares ; tu salis, tu nettoies ; tu défies l’autorité, on t’apprend à la respecter » ! (Mmes et MM. les députés des groupes RE et Dem ainsi que plusieurs députés du groupe LIOT se lèvent et applaudissent longuement. – Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

    M. Stéphane Peu

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    Il faut réparer tout ce que vous avez cassé !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Nous responsabiliserons aussi davantage les parents. Dans le cadre du projet de loi sur la justice des mineurs, le Gouvernement soutiendra l’instauration de travaux d’intérêt général pour les parents de jeunes délinquants quand ils se seront totalement et volontairement soustraits à leurs obligations et à leur responsabilité parentale. Mais je le dis : il est hors de question d’accabler certaines familles. Quand on est une mère seule à élever plusieurs enfants dans un quartier, on peut être totalement dépassée par les évènements, et on n’est pas toujours responsable de la dérive de ses enfants. Pour elle, au contraire, cette dérive est un échec et une douleur terribles. Nous devons l’aider. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE, sur plusieurs bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe HOR.) Et je ne me résous pas à voir, d’un côté, des familles dépassées par les événements, avec des enfants qui ne respectent pas nos règles et qui sont violents, et, de l’autre, 50 000 places d’internat disponibles. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) Nous y répondrons ! Désormais, quand un jeune sera sur la mauvaise pente, plutôt que de le laisser plonger dans la délinquance, on proposera aux parents de le placer en internat en lui en facilitant l’accès, y compris financier. Nous allons ainsi le couper de ses mauvaises fréquentations et lui offrir un cadre, un enseignement et une chance. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem.)
    Le réarmement civique, c’est bien entendu aussi le respect de la loi.
    Nos concitoyens attendent de nous que nous agissions encore et toujours contre les violences, les trafics, les cambriolages – contre l’insécurité du quotidien et la délinquance. Ils demandent de l’ordre dans nos rues. Tout n’est pas qu’une question de moyens : les moyens, il faut les mettre au service d’une stratégie plus offensive encore. Comme l’a annoncé le Président de la République, nous allons doubler la présence policière dans les rues d’ici à 2030. Nous allons mener des actions coordonnées de tous les services de l’État – forces de l’ordre, éducation, services sociaux – dans certains quartiers. Tel est le sens des forces d’action républicaine que nous déploierons dès la fin du mois de février dans trois premiers territoires : à Maubeuge, à Valence et à Besançon.
    Contre l’insécurité, nous nous sommes fixé deux priorités : la lutte contre les stupéfiants et celle contre la délinquance du quotidien, en particulier les cambriolages. Nous allons encore monter d’un cran dans notre combat contre la drogue, en appliquant un nouveau plan de lutte contre les stupéfiants. Notre stratégie de harcèlement et de pilonnage des dealers porte ses fruits :…

    Mme Sandra Regol

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    N’importe quoi !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …nous avons réussi à faire disparaître un quart des points de deal. Nous la poursuivrons donc, avec dix opérations « place nette » par semaine. Nous devons aussi frapper les dealers au porte-monnaie et leur couper les vivres. C’est pourquoi nous allons geler les avoirs des trafiquants de drogue identifiés. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    Le réarmement civique passe par une justice plus rapide et plus efficace. Ensemble, nous allons envoyer un message clair : l’impunité, c’est fini !

    Mme Marie Pochon

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    Le message n’est pas très clair…

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Nous avons décidé d’accorder à notre justice des moyens exceptionnels. Ils seront au rendez-vous, afin que les délais soient réduits. Nous allons améliorer le fonctionnement de la justice, avec plus de magistrats, plus de greffiers, une organisation plus respectueuse de nos concitoyens, et une nouveauté : désormais, les Français ne seront plus convoqués dans des créneaux pouvant courir sur une demi-journée entière, mais dans un créneau horaire bien défini. C’est aussi par ce type de mesures et de preuves de respect que l’on renoue le lien entre la justice et les justiciables. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
    Enfin, le réarmement civique, c’est le renforcement de l’unité républicaine de la jeunesse, c’est permettre à tous les jeunes de France de faire nation. Tel est le rôle du service national universel (SNU). (M. René Pilato s’exclame.) Je lance les travaux en vue de sa généralisation à la rentrée scolaire 2026. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)
    Parler des services publics, c’est aussi parler des territoires. Chacun n’a pas les mêmes défis, les mêmes attentes, les mêmes besoins. Demain, j’évoquerai longuement, devant le Sénat, ma stratégie les concernant. Toutefois, comme vous êtes les élus d’une circonscription et, pour beaucoup d’entre vous, des élus locaux – tout comme moi –, je vais d’ores et déjà vous indiquer nos intentions en la matière.
    Mon gouvernement sera toujours à l’écoute des territoires et des élus locaux ; toutes les solutions se construiront avec eux, et je peux vous assurer que nous chercherons toujours des solutions adaptées aux réalités du terrain, en ayant recours à la différenciation et à l’adaptation des normes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.) Nous continuerons à avancer dans cette direction. Tel est le sens de la mission confiée à Éric Woerth, qui remettra ses propositions dans les prochains mois.
    Nous chercherons, ensemble, un chemin pour une autonomie de la Corse dans la République, comme s’y est engagé le Président de la République. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.) Évoquant la différenciation, j’ai une pensée pour les territoires d’outre-mer, où elle s’impose tout particulièrement. (Applaudissements sur certains bancs du groupe RE.) Y réarmer nos services publics y est peut-être encore plus crucial, plus vital qu’ailleurs. Ils sont un atout déterminant pour notre pays : il y a dans chacun l’enthousiasme de notre jeunesse, la détermination à réussir l’avenir.

    M. Frédéric Maillot

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    Leurs représentants ne sont pas là où vous regardez !

    M. Sébastien Jumel

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    Tournez-vous plutôt de ce côté-ci, monsieur le Premier ministre !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Mais ils concentrent aussi tous les défis : ceux de la vie chère, de l’emploi, de la sécurité, de la santé, de l’école, de la lutte contre l’immigration illégale et de la transition écologique. Chacune de nos politiques publiques doit prendre en compte leurs spécificités – j’y tiens. Pour faire face aux défis exceptionnels auxquels ce territoire est confronté, nous déposerons un projet de loi relatif à Mayotte. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
    Je souhaite que le processus politique en cours en Nouvelle-Calédonie aboutisse. J’y veillerai : vous examinerez dans quelques semaines un projet de loi constitutionnel relatif à l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. (Mêmes mouvements.)
    Mesdames et messieurs les députés, je propose qu’ensemble, nous accélérions encore la transition écologique. Le dérèglement climatique, ce ne sont pas seulement quelques degrés de plus, ce sont des vies détruites par les intempéries, des exploitations agricoles menacées – et, avec elles, notre capacité à nous nourrir –, des maisons et des immeubles menacés par la montée des eaux, fissurés par les mouvements des sols. Face à ces constats, certains voudraient une écologie de la brutalité. Pour eux, l’écologie doit être punitive,…

    Mme Julie Laernoes

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    C’est l’inaction qui est punitive !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …douloureuse, passer par la désignation de boucs émissaires et par la décroissance. La décroissance, c’est la fin de notre modèle social, c’est la pauvreté de masse. Jamais je ne l’accepterai. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe Écolo-NUPES.)

    Mme Julie Laernoes

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    Vous n’avez rien compris !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    On ne fera pas l’écologie contre le peuple. Au contraire, il faut entendre les inquiétudes des Français, de tous les Français. Il faut entendre les agriculteurs, qui travaillent et s’inquiètent de l’avenir de leur métier. Il faut entendre les élus locaux, qui veulent développer leurs communes. Il faut entendre les millions de Français, des villes moyennes, des petites communes et de la ruralité, pour qui la voiture est gage de travail et de liberté. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR ainsi que sur certains bancs du groupe LR.)

    M. Laurent Croizier

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    Bravo !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Faire l’écologie sans le peuple, c’est paver le chemin aux crises sociales, aux renoncements. Au contraire, nous allons continuer à bâtir ensemble une écologie populaire (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES), une écologie à la française, avec les Français et pour les Français. C’est le sens de la planification écologique, qui protégera la biodiversité et permettra une réduction radicale de nos gaz à effet de serre – une baisse de 55 % d’ici à 2030 ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.)
    Une écologie populaire, c’est une écologie où chacun agit à la hauteur de ses moyens. C’est pourquoi l’État sera exemplaire. Nous continuerons d’aider les entreprises à participer activement à cet effort. Je suis fier que les cinquante sites industriels les plus émetteurs, qui représentent à eux seuls 10 % des émissions de gaz à effet de serre en France, se soient tous engagés à réduire ces émissions de près de moitié d’ici à 2030. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.) Je vous annonce que nous lancerons une initiative similaire visant les cinquante sites qui mettent le plus d’emballages en plastique sur le marché. (Mêmes mouvements. – Mmes Clémence Guetté et Christine Arrighi s’exclament.)
    Une écologie populaire, c’est une écologie des solutions. Le Président de la République s’était engagé à lancer une offre de véhicule électrique pour moins de 100 euros par mois : cet engagement est tenu et le succès au rendez-vous. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.) Le Président de la République s’était engagé à développer les RER métropolitains et à investir massivement dans le ferroviaire : cet engagement aussi, nous le tiendrons. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
    Une écologie populaire, c’est une écologie de la croissance et de l’emploi.

    Mme Julie Laernoes

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    Non, vous n’avez rien compris !

    M. Laurent Croizier

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    Le chômage, ce n’est pas l’écologie, enfin !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Le retour de l’industrie, les investissements en faveur de la décarbonation grâce à France 2030, les métiers de la rénovation thermique ou le secteur de l’économie circulaire montrent que la transition écologique regorge d’opportunités, de secteurs en croissance, de filières nouvelles. Oui, nous ferons rimer climat avec croissance ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – M. Nicolas Forissier applaudit également.)
    Une écologie populaire, c’est une écologie qui se construit au plus près des réalités des Français et des territoires. Des concertations sont en cours, partout en France, aux côtés des élus locaux. Nous donnerons à chacun les moyens d’en engager, et je souhaite que le financement des plans locaux de transition écologique soit établi partout, d’ici à l’été.
    Une écologie populaire, c’est une écologie qui protège et qui préserve notre souveraineté. Grâce à la sobriété, aux énergies renouvelables, au nucléaire, nous allons assurer notre indépendance énergétique. Je veux le dire sans ambiguïté : le nucléaire est une fierté française. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Exclamations sur ceux des groupes RN, LR et GDR-NUPES.) Il constitue un atout majeur pour notre pays. J’assume pleinement d’être à la tête d’un gouvernement pro-énergie nucléaire, avec une majorité pro-énergie nucléaire qui le soutient. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Mme Marie-Christine Dalloz et M. Nicolas Forissier applaudissent également.) Nous allons continuer à faire monter en puissance notre parc, investir massivement dans les programmes ; le réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville sera opérationnel cette année. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

    M. Jean-François Coulomme

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    Il l’a dit !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    C’est aussi grâce au nucléaire que nous pouvons garantir les meilleurs prix aux Français. Nous protégerons mieux les consommateurs et régulerons les prix de l’électricité afin qu’ils se rapprochent des coûts de production. Nous continuerons à développer les énergies renouvelables, parallèlement au développement du nucléaire. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, ainsi que sur quelques bancs des groupes Dem et HOR.)
    Enfin, bâtir une écologie populaire, c’est répondre aux aspirations de la jeunesse. Réussir la transition écologique est le défi de notre génération. La jeunesse veut s’engager, participer, aider. Elle le fait déjà beaucoup, mais elle se demande comment être utile pour la planète. C’est pourquoi nous lancerons un service civique écologique, qui rassemblera d’ici à la fin du quinquennat 50 000 jeunes prêts à s’engager concrètement pour le climat. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
    J’ajoute que nous devons réduire nos émissions et protéger notre biodiversité, mais aussi nous adapter au dérèglement climatique. Nous adapter, c’est nous préparer. C’est veiller à ce que chacun, même parmi les plus fragiles, soit prêt à affronter les ravages de ce dérèglement. Nous présenterons dès ce trimestre un nouveau plan d’adaptation au changement climatique. Il comprendra des solutions adaptées à chaque territoire, notamment outre-mer. (Mêmes mouvements.) Enfin, je vous annonce que nous ferons évoluer le régime de catastrophe naturelle pour le moderniser et éviter que certains assureurs n’abandonnent les territoires présentant le plus de risques. (Mêmes mouvements.)
    Je l’ai déjà évoqué, mais j’y reviens : nous devons mener notre réarmement agricole. Produire et protéger pour assurer notre souveraineté, voilà mon approche. Depuis 2017, nous avons engagé ce combat pour la souveraineté et pour le revenu. Tel était le sens des plans de filières ; des lois du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et du 18 octobre 2021 visant à protéger la rémunération des agriculteurs, dites lois Egalim ; du Varenne de l’eau. Nous avons débloqué 250 millions d’euros pour trouver des solutions alternatives aux produits phytosanitaires : il s’agit d’un effort inédit. Au sein de l’Union européenne, nous avons toujours été moteurs pour ce qui concerne la réciprocité et les clauses miroirs, que nous ferons respecter. (Mêmes mouvements. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

    M. Fabien Roussel

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    Avec quels moyens ?

    Un député du groupe LFI-NUPES

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    Et l’accord de libre-échange entre Union européenne et Nouvelle-Zélande ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Produire, c’est donner du temps à nos agriculteurs pour qu’ils passent plus de temps dans leurs champs et moins devant leurs écrans. Produire, c’est être souverain : je souhaite que l’objectif de souveraineté alimentaire soit clairement inscrit dans la loi. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    M. Sébastien Jumel

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    Et les pêcheurs ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Il faut aussi protéger, notamment contre les crises climatiques et sanitaires. Le Gouvernement l’a toujours fait, lors du gel, des sécheresses,…

    M. Maxime Minot

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    Et la crise aviaire ?

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    …de la grippe aviaire, ou encore en opérant une réforme de l’assurance récolte sans précédent, avec un budget historique. Nous continuerons à le faire. Il faut protéger contre la concurrence déloyale : je continuerai à mener avec détermination le combat pour la réciprocité et pour les mesures miroirs. Ce combat doit se mener à l’échelle de l’Europe, comme nous l’avons fait s’agissant des médicaments vétérinaires.
    Nous devons néanmoins aller plus loin, changer de logique. J’assume de dire que tout ne sera pas réglé en quelques semaines, que les chantiers sont complexes et que, pour certains, il faudra travailler encore. J’assume aussi d’apporter des réponses rapides partout où c’est possible.
    Concrètement, s’agissant de l’application des lois Egalim, dès la semaine dernière, 100 inspecteurs de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) supplémentaires ont commencé leurs contrôles sur le terrain, qui seront deux fois plus nombreux qu’auparavant. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.) Cette vague de contrôles est sans précédent.
    S’agissant de la trésorerie des exploitants, nous avançons. Dès février, la moitié du remboursement de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) sera versée aux exploitants, ce qui représentera par exemple 733 euros pour une exploitation utilisant 7 000 litres de gazole non routier (GNR).

    M. Vincent Descoeur

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    Vous vouliez supprimer la détaxe !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Dès la semaine prochaine, le 5 février précisément, un guichet pour la prise en charge des frais vétérinaires relatifs à la maladie hémorragique épizootique (MHE) sera ouvert. Les premières indemnisations seront versées à la fin du mois de février. Le taux de prise en charge a été réévalué à 90 %.
    D’ici au 15 mars, toutes les aides au titre de la politique agricole commune (PAC) seront versées sur les comptes bancaires des exploitants. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Quelques députés du groupe RE, continuant d’applaudir, se lèvent.) Nous travaillerons avec les régions pour que les aides à l’installation des jeunes agriculteurs, dont certains les attendent depuis plus d’un an, soient versées au cours des prochaines semaines. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – M. Nicolas Forissier applaudit également.)

    Plusieurs députés du groupe LR

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    Il serait temps !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    La semaine dernière, le fonds d’urgence pour la Bretagne a été doublé. S’agissant de la simplification, j’ai évoqué tout à l’heure le travail mené sur les dix premières normes ainsi qu’au niveau local. Nous allons le poursuivre et nous irons plus loin encore. Tout ce que nous pouvons faire dès maintenant, nous le ferons. Je peux d’ores et déjà vous dire que nous avons avancé ces derniers jours, dans la discussion et l’échange avec les agriculteurs et leurs représentants. Pour les éleveurs, nous avons instauré un dispositif fiscal afin de leur permettre de faire face à l’inflation, notamment en matière de prix des bêtes : nous le renforcerons, afin de les protéger toujours davantage. Concernant Egalim, toutes les amendes infligées à l’industrie et à la grande distribution seront désormais utilisées pour soutenir financièrement les agriculteurs. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

    M. Sébastien Jumel

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    Il faut un plan de soutien à la filière laitière !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Quant aux viticulteurs, ils souffrent, alors même que notre filière viticole est notre fierté : elle fait rayonner la France.

    M. Sébastien Jumel

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    Le lait, c’est meilleur pour la santé !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Nous allons donc débloquer d’ici à la fin de la semaine de nouveaux moyens, avec un fonds d’urgence pour soutenir les viticulteurs, particulièrement en Occitanie. (Mêmes mouvements.)
    Par ailleurs, je lance aujourd’hui un grand plan de contrôle de la traçabilité des produits. L’objectif est clair : garantir une concurrence équitable, notamment que les normes appliquées à la production des agriculteurs français soient aussi respectées par les marchandises étrangères.
    Sur le plan européen, nous avons trois priorités : il s’agit des jachères, des importations ukrainiennes, notamment de volailles, et de l’accord avec le Marché commun du Sud, le Mercosur. Le Gouvernement et le Président de la République lui-même sont très fortement mobilisés sur ces sujets.

    Une députée du groupe LFI-NUPES

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    Votez contre, alors !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Au sujet des jachères, nous avons réuni une coalition de vingt-deux pays et nous sommes près d’aboutir à une nouvelle prolongation de la dérogation. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.) Nous ne nous laisserons pas faire. Nous prendrons les mesures nécessaires pour éviter toute surtransposition, d’où qu’elle vienne.
    Je le sais, nous ne sommes pas au bout du chemin. Il y aura de nouvelles conquêtes dans les jours qui viennent – je pense notamment aux jeunes agriculteurs et à la transmission des exploitations –, mais nous agissons vite, fort, avec détermination et respect pour nos agriculteurs. (Exclamations et rires sur les bancs du groupe RN.)

    M. Vincent Descoeur

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    N’oubliez pas les éleveurs !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Réarmer la France, c’est continuer à conquérir de nouveaux droits. Le Président de la République a fait de l’égalité entre les femmes et les hommes la grande cause de ses quinquennats. Elle sera au cœur des engagements de mon gouvernement. C’est le sens de la réforme du congé parental annoncée par le Président de la République. Aujourd’hui, ce congé ne laisse pas assez de revenus aux familles ; bien souvent, il est inégalement réparti dans le couple et éloigne durablement les femmes de l’emploi. Il y a là une inégalité que, comme toutes les inégalités, nous devons combattre : le congé parental sera transformé en un congé de naissance de six mois, mieux rémunéré, que les parents pourront se répartir entre eux.
    Conquérir de nouveaux droits, c’est reconnaître et défendre sans relâche le droit des femmes à disposer de leur corps. Nous inscrirons le droit à l’interruption volontaire de grossesse au sein de notre texte fondamental : la Constitution. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)
    Conquérir de nouveaux droits, enfin, c’est être aux côtés de nos concitoyens jusqu’au bout de la vie. La fin de vie est sans doute l’une des questions les plus intimes et délicates qui soient. C’est se pencher sur son histoire, repenser aux souffrances endurées par certains, s’interroger sur soi-même, sur ce que l’on voudrait face à l’insupportable, à l’irréversible, à l’irréparable. On ne peut légiférer sur la fin de vie qu’avec une grande prudence, une grande retenue et un grand respect. Aujourd’hui, nos compatriotes nous appellent clairement à revoir notre droit. C’est une demande des familles, une demande des malades. C’est un appel grave, auquel nous devons répondre. Nous y répondrons. Nous renforcerons considérablement les unités de soins palliatifs, avec une unité par département. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.) Avant l’été, nous examinerons un projet de loi concernant l’aide active à mourir. Ce débat animera notre société, je le sais. Je souhaite qu’il puisse se tenir dans une volonté d’équilibre et dans le respect des convictions de chacun.
    Mesdames et messieurs les députés, je viens de tracer les grandes orientations que suivra mon gouvernement.

    Mme Sabrina Sebaihi

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    C’est terrifiant !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    En suivant ce chemin, je propose aux Français d’avoir pleinement le contrôle sur leur vie. Je souhaite que la France retrouve pleinement la maîtrise de son destin, qu’elle soit pleinement souveraine. Une souveraineté industrielle, technologique et numérique, créatrice d’innovations et d’emplois. Une souveraineté énergétique, qui nous protégera des crises, protégera l’environnement et garantira des prix plus bas aux Français.

    Une députée du groupe Écolo-NUPES

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    Ça ne protégera personne !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Une souveraineté agricole, qui nous permettra de nourrir notre pays avec les meilleurs produits et d’assurer l’avenir de notre agriculture – j’aurai des annonces supplémentaires à faire à ce sujet dans les tous prochains jours. Une souveraineté culturelle, où notre création et notre patrimoine sont soutenus, où notre exception culturelle est protégée, où la culture, enfin, est accessible à tous.
    Je parle de souveraineté nationale, mais c’est aussi par l’Europe que nous parviendrons à la consolider. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Depuis 2017 et le discours de la Sorbonne du Président de la République, l’Europe a changé. Elle a surmonté les crises et pris ses responsabilités. C’est grâce à l’Europe que nous avons pu avoir des vaccins face à l’épidémie. (Protestations sur les bancs des groupes RN et LR. – « Mais si ! » sur les bancs du groupe RE.) Grâce à l’Europe, nous avons bénéficié d’un plan de relance massif. Grâce à l’Europe, nous soutenons l’Ukraine depuis le premier jour de l’agression russe. Grâce à l’Europe, nous avons imposé des normes aux géants du numérique. Grâce à l’Europe, nous avons instauré un impôt minimal sur les sociétés multinationales pour lutter contre l’optimisation fiscale. Grâce à l’Europe et au pacte sur la migration et l’asile, nous contrôlerons mieux nos frontières.

    M. Frédéric Boccaletti

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    La blague !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Un pacte que je résume en une phrase : nous contrôlerons enfin qui peut entrer dans l’espace Schengen et qui ne le peut pas. Grâce à l’Europe, aussi, nous investissons massivement dans certains secteurs stratégiques et pour notre industrie.
    Ceux qui prônent la fin de l’application des traités sont les partisans d’un Frexit déguisé qui affaiblirait la France. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR, dont les députés se lèvent.) Moins d’Europe, c’est moins de puissance pour la France. (Sourires sur les bancs du groupe RN. – Applaudissements sur les bancs du groupe RE.) Je ne prendrai qu’un exemple, qui fera mal à certains ici : le Brexit. Ses partisans promettaient des jours heureux à l’économie britannique et au peuple anglais. La semaine dernière, à cause du Brexit, les derniers hauts-fourneaux de Grande-Bretagne ont fermé. (Exclamations sur les bancs du groupe GDR-NUPES.) On ne produit plus d’acier au Royaume-Uni. En France, au contraire, notamment grâce aux investissements de l’Europe, l’industrie revient ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Qui étaient en France les premiers partisans du Brexit ? Quel parti a baptisé, dans les villes qu’il dirige, des rues « du Brexit », s’est affiché avec le leader du camp du Brexit ? Le Rassemblement national ! (Exclamations.)
    L’Europe est l’éternel bouc émissaire de ceux qui, faute de pouvoir diriger un pays, veulent détruire tout un continent. Pas un Français ne pense que nous pouvons nous passer d’Europe. Pas un Français, non plus, ne pense que l’Europe a pleinement su trouver sa juste place dans sa vie. Les Français ont raison. Tout n’est pas parfait, il reste des chantiers à mener, mais les faits sont là : avec l’Europe, notre puissance est démultipliée. (M. Fabien Roussel a un geste de dépit et fait non de la tête.) Et, ces dernières années, nous avons commencé à la changer. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)
    Je le dis solennellement, alors qu’il est minuit moins une dans le siècle : face aux impérialismes, les masques devront tomber. On peut vouloir changer l’Europe dans l’intérêt du pays, comme nous le faisons. On ne peut pas vouloir sortir de l’Europe, sauf à avoir d’autres intérêts, à servir un autre pays, une autre puissance. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR, dont les députés se lèvent. – M. Jean-Victor Castor s’exclame.)

    Mme Nadia Hai

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    Ça fait mal, la vérité !

    M. Gabriel Attal, Premier ministre

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    Voilà les grands principes qui guideront mon action, celle de mon gouvernement, pour la France et pour les Français – notre France qui n’a jamais perdu son ambition de grandeur, ces Français qui n’ont jamais manqué à leurs devoirs. Les axes que je vous ai présentés sont une réponse aux enjeux de la nation, probablement pas la seule, mais celle qui reflète l’ambition que nous portons, avec le Président de la République. Ils correspondent aussi aux rêves qu’une génération avait désappris : trouver un emploi stable, acheter un logement, fonder une famille, ne faire de sacrifices qu’acceptables en vue de l’ascension des enfants, aimer les paysages, une culture commune, une société libre et tenue. Dans une époque si difficile, il n’y a pas de réponse simple, mais il y a des espoirs tranquilles à raviver.
    J’assumerai toujours de débattre avec vous. Je respecterai toujours vos opinions, vos propositions.

    M. Sébastien Jumel

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