- Texte visé : Proposition de loi, modifiée par le Sénat, visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victimes du chlordécone, n° 1578
- Stade de lecture : Deuxième lecture
- Examiné par : Commission des affaires sociales
Sous réserve de son traitement par les services de l'Assemblée nationale et de sa recevabilité
À l’alinéa 4, après le mot :
« locale »,
insérer les mots :
« et diversifiée ».
Par cette précision, le groupe parlementaire de La France Insoumise précise que l’objectif d’accompagnement des professionnels de la pêche et de l’agriculture doit s’inscrire dans un plan de diversification des ressources alimentaires.
L’histoire agricole des Antilles françaises est profondément marquée par la période coloniale, qui a imposé un modèle centré sur les cultures d’exportation, principalement la canne à sucre puis la banane. Dès le XVIIe siècle, les terres ont été organisées en « habitations », vastes exploitations gérées par des colons et exploitées par une main-d’œuvre réduite en esclavage, avec pour objectif principal d’alimenter les marchés européens. Cette structuration a orienté l’essentiel des ressources foncières et humaines vers la production de matières premières destinées à l’export, marginalisant la polyculture vivrière pourtant pratiquée par une partie de la population locale.
L’empoisonnement au chlordécone s’inscrit dans cette politique coloniale de la « bananisation » des Antilles, phénomène analysé comme une victoire technique et politique sur la nature, mais aussi comme un facteur de dépendance économique et sociale.
La politique de la monoculture est au cœur des logiques coloniales en ce qu’elle prive les populations du choix de leur alimentation, les oblige à acheter plus cher des produits importés et les soumettent aux risques de nouvelles maladies écologiques.
Ce mode de production agricole est toujours en vigueur au profit d’une poignée de grandes plantations exportatrices. Ainsi, selon le politiste et philosophe, Malcolm Ferdinand, les différents plans chlordécone n’ont pas pour objectif « de toucher aux sources des empoisonnements ».