- Texte visé : Projet de loi de finances pour 2026, n° 1906
- Stade de lecture : 1ère lecture (1ère assemblée saisie)
- Examiné par : Assemblée nationale (séance publique)
- Mission visée : Sport, jeunesse et vie associative
Sous réserve de son traitement par les services de l'Assemblée nationale et de sa recevabilité
Modifier ainsi les autorisations d'engagement et les crédits de paiement :
| (en euros) | ||
| Programmes | + | - |
| Sport | 0 | 7 220 000 |
| Jeunesse et vie associative | 7 220 000 | 0 |
| Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030 | 0 | 0 |
| TOTAUX | 7 220 000 | 7 220 000 |
| SOLDE | 0 | |
Le service civique occupe une place déterminante dans les territoires d’Outre-mer, et particulièrement en Polynésie française. Il représente une véritable opportunité pour la jeunesse locale en lui permettant de s’impliquer concrètement dans la vie citoyenne, d’acquérir une première expérience professionnelle, de se former et de renforcer sa confiance en elle. Depuis l’instauration du dispositif en 2010 en Polynésie française, près de 7 916 jeunes ont pu en bénéficier, dont 1 090 pour la seule année 2024. Par ailleurs, 36 % des jeunes Guadeloupéens ont, eux aussi recours au service civique, contre seulement 10 % en France hexagonale.
Au-delà des bénéfices individuels, ce programme participe au dynamisme des communes et des associations, qui profitent d’un renfort humain essentiel pour mener à bien leurs missions de service public.
La disparition progressive et constatée du service civique dans les territoires ultramarins, liée à la diminution des ressources financières allouées par l’État — notamment dans le cadre du dernier projet de loi de finances qui prévoit une réduction de 20 % du budget entre la Loi de finances 2025 et le PLF 2026 — met en danger l’équilibre actuel. Cette évolution est d’autant plus alarmante que, pour de nombreuses communes, remplacer les volontaires par des agents rémunérés est financièrement impossible. Parallèlement, la précarité affecte un nombre croissant de jeunes ultramarins qui disposent de 12 % de chances en moins d’obtenir un emploi par rapport aux jeunes de France hexagonale. Restreindre l’accès au service civique reviendrait donc à affaiblir un outil essentiel d’émancipation et d’inclusion, indispensable pour lutter contre la vulnérabilité de notre jeunesse. En Polynésie française, en 2024, les bénéficiaires du service civique comptaient 5 % d’étudiants, 30 % de jeunes en situation de décrochage scolaire et 84 % de demandeurs d’emploi.
Le rôle du service civique dans les Outre-mer est essentiel, et l’objet de cet amendement est de garantir des financements au moins égaux à ceux de 2025 pour les territoires ultramarins.
Aussi est-il proposé de procéder aux mouvements de crédits suivants :
– Abonder de 7.220.000 euros en CP et en AE le programme 163 « Jeunesse et vie associative » ;
– Diminuer, en conséquence, de 7.220.000 euros en CP et en AE le programme 219 « Sport ».