- Texte visé : Texte de la commission sur le projet de loi, après engagement de la procédure accélérée, actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (n°2630)., n° 2695-A0 rectifié
- Stade de lecture : 1ère lecture (1ère assemblée saisie)
- Examiné par : Assemblée nationale (séance publique)
Dans le cadre de l’actualisation de la programmation militaire 2024‑2030, l’État prévoit les crédits nécessaires à la modernisation, à l’adaptation et au maintien en condition opérationnelle de l’aéroport de Castres-Mazamet, afin de permettre son utilisation à des fins militaires, notamment pour les besoins de projection, de soutien logistique et d’entraînement des forces armées, le 8ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (8e RPIMa) étant installé à Castres. À ce titre, un programme d’investissements spécifiques est inscrit dans la trajectoire budgétaire de la présente loi de programmation militaire, en lien avec les collectivités territoriales concernées.
Cet article vise à inscrire le financement du développement de l’aéroport de Castres-Mazamet dans la stratégie de déploiement des infrastructures de la nouvelle programmation militaire.
Les plateformes aéroportuaires secondaires présentent un intérêt stratégique croissant pour notre Armée. Elles permettent une meilleure dispersion des moyens, une réactivité accrue en cas de crise et une complémentarité avec les grandes bases aériennes.
Créé en 1990 afin de contribuer au désenclavement du sud du Tarn, l'aéroport de Castres Mazamet s'inscrivait dès l'origine dans une logique d'aménagement équilibré du territoire, tout en répondant à des besoins étroitement liés à la présence du 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (8e RPIMa) à Castres. Aujourd'hui encore, cette unité majeure de l'Armée de Terre, regroupant près de 2 000 familles sur le bassin castrais, confère à la plateforme aéroportuaire une dimension opérationnelle et stratégique pleinement en cohérence avec les priorités nationales de défense.
L’aéroport de Castres-Mazamet dispose d’atouts opérationnels réels : position géographique, infrastructures existantes, potentiel d’adaptation rapide à des usages militaires, ainsi qu’un environnement favorable à des activités d’entraînement ou de soutien logistique.
L'obligation de service public (OSP) concernant l'exploitation de la ligne Castres-Paris, assurée actuellement par la compagnie Chalair Aviation, arrive à son terme en mai 2026 et doit être renouvelée.
En outre, des travaux doivent être engagés urgemment car l’aéroport est confronté à des non-conformités techniques, susceptibles d’entrainer une restriction significative des activités civiles et militaires du régiment du 8ème RPIMa intimement lié à cette infrastructure.
Le programme d'investissements porté par le Syndicat mixte de l'aéroport Castres-Mazamet (SMARCM), d'un montant global de 7 722 600 € TTC, vise à lever les écarts de conformité identifiés au regard de la réglementation aéronautique en vigueur, rétablir le niveau de certification antérieur à 2017 et à renforcer les capacités opérationnelles de la plateforme pour l'accueil d'avions de plus grande capacité comme l’A 400 M.
Dans un contexte où l'État réaffirme la nécessité de sécuriser les infrastructures stratégiques, l'investissement dans l'aéroport de Castres-Mazamet apparaît comme un levier cohérent de la politique de souveraineté nationale.
Or, le coût de ces travaux ne peut pas être porté uniquement par le syndicat mixte et les collectivités et l’Etat doit se prononcer sur le montant de sa participation.
Cette ligne doit être pérennisée au regard des enjeux d’aménagement de notre territoire, elle est fréquemment utilisée par les entreprises du bassin castrais notamment, et a un fort potentiel de développement avec les travaux qui vont être engagés et la présence du 8ème RPIMa.
Son intégration dans la programmation militaire permettrait :
de renforcer le maillage territorial des infrastructures de défense ;
de soutenir les capacités de projection intérieure et extérieure ;
d’inscrire l’effort de défense dans une logique d’aménagement équilibré du territoire.