Question écrite n° 10999 :
Explosion de frais d'inscription à l'Université Toulouse II - Jean Jaurès

17e Législature

Question de : M. Hadrien Clouet
Haute-Garonne (1re circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire

M. Hadrien Clouet attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur le montant exorbitant des frais d'inscription pour les étudiants du Master Intervention sociale, solidarités et sociologie (MISS) de l'université Toulouse II - Jean Jaurès. En effet, les étudiants retenus pour le Master MISS ont vu leur formation universitaire reclassée en formation continue. Conséquence directe de cette décision unilatérale de l'université, le montant de leurs frais d'inscription est porté à plus de 1 000 euros, contre 254 euros pour les étudiants des autres masters classés en formation initiale. Cela représente une somme quatre fois supérieure à celle qui était annoncée lors de l'inscription. Pour certaines et certains, ces frais ne sont pas soutenables et mettent en péril leur possibilité de suivre cette formation. Double peine, la période des candidatures étant clôturée, toute réinscription ou réorientation est impossible avant l'année universitaire suivante. Et ce, sans compter les démissions professionnelles de jeunes salariés en CDI, abandonnant statut, contrat et salaire pour suivre un cursus qui les ruine. Les étudiants concernés déplorent ne pas avoir été informés par les services de l'université entre juin 2025, date de validation de leur dossier, et la date de la rentrée, où ils ont appris la nouvelle. Ils ont donc saisi l'université afin de trouver une solution rapide, laquelle leur conseille de formuler un recours gracieux. Cette non-réponse pose un problème plus grave : faute de règlement des frais d'inscription dans les temps impartis, les étudiants en incapacité de payer les 1 000 euros seront radiés du master. Des responsables administratifs prétendent que les frais d'inscription du MISS sont calculés sur la base du coût horaire réel et que plusieurs aides d'État seraient disponibles pour réduire les frais d'inscription. Toutefois, l'ensemble de ces aides sont conditionnées, chaque étudiant inscrit n'y a pas accès et, quand bien même celles-ci pourraient être activées, les frais d'inscription resteraient toujours en-deçà des frais d'inscription d'autres masters aux caractéristiques similaires. C'est une véritable rupture dans le principe d'égalité entre les étudiants que doit garantir chaque université publique sur le territoire. On peut supposer que le reclassement du MISS en formation continue est un moyen de compenser les coupes budgétaires drastiques que subit l'établissement. Pour autant, il n'est pas acceptable que des renflouements de trésorerie s'opèrent aux frais des usagers. Le budget prévisionnel 2026 prévoit une baisse de 1 milliard d'euros alors que l'université publique ne fonctionne déjà plus que grâce à la bonne volonté et au dévouement des personnels administratifs et des personnels chargés d'enseignement et de recherche. L'ensemble des gouvernements sous la présidence Macron n'a eu de cesse, par la voie des ministres successifs de l'enseignement supérieur et de la recherche, de discréditer continuellement l'université publique française par des campagnes de communication indignes. Comment oublier, par exemple, l'enquête sur un prétendu « islamogauchisme » à l'université ? Ces campagnes de caniveau ont sciemment été orchestrées pour abaisser l'image de l'université publique dans l'opinion et rendre acceptable l'ensemble des coupes budgétaires. Dans son communiqué daté du 28 octobre 2025, France Universités dénonce la sous-dotation publique qui met en danger le modèle universitaire, dont les frais de fonctionnement progressent sans aucune indexation des enveloppes allouées. Aujourd'hui, les personnels et usagers de l'université sont épuisés par ces renoncements de l'État qui ont des conséquences directes sur leurs études pour les uns, sur leur activité professionnelle et carrière pour les autres. Leur mobilisation a été massive les 10 et 18 septembre 2025. Ils demandent des moyens à hauteur des besoins pour l'université. Les étudiants du MISS de l'UT2J demandent d'être traités comme leurs camarades des autres masters de formation initiale, avec des frais d'inscription équivalents. Afin que cette décision comptable ne soit pas un énième coup de massue payé par les étudiants précaires, il lui demande quand il compte intervenir directement auprès de l'université de Toulouse afin d'aboutir à une solution rapide pour les étudiants concernés.

Réponse publiée le 22 septembre 2026

L'offre de formation de l'Université Toulouse-II comprend le master « Intervention sociale, solidarités et sociologie » (MISS), proposé à la fois en formation initiale et en formation continue, cette dernière s'adressant notamment aux publics en reprise d'études. L'établissement n'impose pas aux étudiants de s'inscrire dans l'une ou l'autre, leur inscription dépendant de leur situation individuelle. Dans le cadre d'une inscription en formation initiale, les droits de scolarité s'élèvent à 254 € pour l'année universitaire 2025-2026. Ce montant est fixé réglementairement par l'arrêté du 19 avril 2019 modifié relatif aux droits d'inscription dans les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace et s'applique aux inscriptions en master effectuées au titre de la formation initiale. En revanche, les tarifs applicables dans le cadre de la formation continue sont déterminés par le conseil d'administration de l'université, sur proposition de son président, en tenant compte du coût global de la formation continue, évalué chaque année, conformément à l'article D. 714-62 du code de l'éducation. S'agissant des cycles de formation initiale ouverts au public de la formation continue, la tarification doit être déterminée de manière à ce que les ressources supplémentaires résultant des conventions de formation professionnelle permettent de couvrir les coûts additionnels de structure et de gestion ainsi que les coûts pédagogiques liés aux aménagements particuliers d'enseignement. Des exonérations peuvent toutefois être accordées par le président ou le directeur de l'établissement aux stagiaires dont les frais de formation ne font pas l'objet d'une prise en charge au titre de la formation professionnelle. Dans ce cas, le stagiaire doit acquitter une redevance minimale dont le montant est fixé par le conseil d'administration. L'Université Toulouse-II a ainsi mis en place plusieurs dispositifs d'accompagnement à destination des personnes qui autofinancent leur formation, notamment des exonérations partielles pouvant atteindre 80 % en fonction de la situation sociale de l'intéressé, des possibilités de paiement échelonné ainsi que la mobilisation de dispositifs de financement, notamment par France Travail ou au titre du compte personnel de formation. Le statut de stagiaire de la formation continue concerne les adultes engagés dans une démarche de reconversion professionnelle, de développement des compétences ou de reprise d'études, qu'ils soient salariés, travailleurs indépendants ou demandeurs d'emploi. Il est notamment accessible aux personnes exerçant une activité professionnelle et souhaitant bénéficier de modalités d'enseignement adaptées leur permettant de poursuivre leur formation parallèlement à cette activité. L'inscription sous le régime de la formation continue n'implique ainsi pas, par elle-même, de cesser son activité professionnelle, les enseignements pouvant faire l'objet d'aménagements destinés à permettre leur articulation avec celle-ci. Ces aménagements, liés aux caractéristiques propres au statut de stagiaire de la formation continue, impliquent des modalités administratives, financières et pédagogiques spécifiques ainsi qu'une organisation des parcours adaptée aux contraintes des stagiaires. Ils génèrent des coûts supplémentaires qui justifient une tarification distincte de celle applicable à la formation initiale. Plusieurs dispositifs ont néanmoins été mis en place afin de limiter le reste à charge des stagiaires qui financent eux-mêmes leur formation, notamment lorsqu'ils exercent parallèlement une activité professionnelle.

Données clés

Auteur : M. Hadrien Clouet

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enseignement supérieur

Ministère interrogé : Enseignement supérieur, recherche et espace

Ministère répondant : Enseignement supérieur, recherche et espace

Dates :
Question publiée le 18 novembre 2025
Réponse publiée le 22 septembre 2026

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