Question écrite n° 3953 :
Transferts de détenus et effectif des établissements pénitentiaires pour mineurs

17e Législature

Question de : Mme Monique Griseti
Bouches-du-Rhône (1re circonscription) - Rassemblement National

Mme Monique Griseti alerte M. le ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice, sur les problématiques liées aux transferts des détenus mineurs et à leurs répercussions sur les conditions de travail et d'accompagnement dans les établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM). Lors de sa visite de l'établissement pénitentiaire pour mineurs de Marseille, situé dans le quartier de la Valentine, Mme la députée a constaté l'engagement remarquable des agents pénitentiaires, en coopération avec la protection judiciaire de la jeunesse, les services sociaux, sanitaires et les magistrats. Ces professionnels s'efforcent d'assurer un suivi éducatif et réintégratif auprès d'un public souvent marqué par une grande violence. Parmi leurs initiatives figurent la réintégration scolaire et l'exposition des jeunes à des institutions telles que les armées pour favoriser leur insertion républicaine. Cependant, cette mission essentielle est compromise par des insuffisances en effectifs, tant au sein des personnels pénitentiaires que de la magistrature. Ce manque criant entraîne des difficultés spécifiques concernant les transferts des mineurs devant les juges : faute de personnel suffisant, ces déplacements ne peuvent être organisés, contraignant les juges à recourir à des visioconférences. Cette pratique limite la possibilité pour les magistrats d'évaluer pleinement les situations individuelles, de dialoguer directement avec les jeunes, et d'exercer leur discernement dans les meilleures conditions pour rendre des décisions judiciaires adaptées. De plus, le déficit en magistrats disponibles pour se déplacer dans ces établissements accentue les tensions et entrave le bon fonctionnement des missions éducatives et répressives. Les acteurs de la justice des mineurs, rencontrés lors de cette visite, ont unanimement exprimé leur inquiétude quant à cette situation qui compromet la réinsertion des jeunes et fragilise l'autorité de la justice dans les EPM. Face à ces constats préoccupants, elle lui demande quelles mesures concrètes il entend mettre en oeuvre pour renforcer les effectifs dans les établissements pénitentiaires pour mineurs afin d'assurer des transferts réguliers et sécurisés des détenus vers les magistrats ; augmenter les moyens alloués à la magistrature, notamment pour les juges spécialisés dans la justice des mineurs ; garantir que les jeunes pris en charge par ces établissements puissent bénéficier d'un accompagnement éducatif et judiciaire de qualité, condition essentielle pour leur réintégration. Il est impératif que l'État assume pleinement sa responsabilité envers cette jeunesse en grande difficulté, afin de préserver les missions essentielles des EPM et de restaurer leur bon fonctionnement. Elle souhaite connaître ses intentions à ce sujet.

Réponse publiée le 30 juin 2026

Le ministère de la Justice poursuit son engagement afin d'améliorer les conditions de travail des personnels pénitentiaires, ainsi que les conditions de détention des personnes placées sous main de justice (PPSMJ) mineures. Au 30 avril 2026, le taux de couverture des postes de personnel de surveillance au sein de l'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Marseille s'élève à hauteur de 89,25 %, soit 7,2 équivalents temps plein (ETP) vacants sur un organigramme de référence en prévoyant 67. Il se situe légèrement au-dessus de la moyenne nationale, qui s'élève à 87,86 %, mais légèrement en-dessous des autres EPM du territoire : l'EPM de Quiévrechain présente un taux de 90,90 %, celui du Rhône de 89,70 %, celui de Porcheville de 100,9 %, celui d'Orvault de 87,01 % et celui de Lavaur de 90,90 %. Toutefois, les mobilités en cours permettront de rétablir des effectifs adaptés. En effet, trois postes de surveillants seront pourvus au 1er juillet 2026 parmi les 6,2 ETP non occupés et le poste d'encadrement vacant au 30 avril 2026 sera pourvu au 1er septembre 2026. Les postes d'officiers sont à ce jour tous pourvus. Malgré les efforts engagés pour combler la vacance d'effectif, l'EPM présente un taux d'absentéisme élevé. A hauteur de 33,4 % en 2025, celui-ci est en effet supérieur de 19 points au taux d'absentéisme de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Marseille (14,4 % en 2025) et de 23 points au niveau national (10,5 % en 2025). Cette situation fait peser un risque de désorganisation importante et peut conduire à une usure professionnelle liée à un recours trop fréquent au rappel des agent présents. La lutte contre ces phénomènes est donc essentielle pour le bon fonctionnement des services, en particulier en matière de prise en charge des personnes détenues mineures. Dans ce contexte, la DGAP a lancé le 16 avril 2026, un groupe de travail visant à définir un plan national de valorisation de l'engagement, afin de réduire l'absentéisme et promouvoir l'engagement, associant les DISP et chefs d'établissements. Il a pour objectif de partager les bonnes pratiques et concevoir des règles, des axes de travail à décliner localement et des indicateurs qui seront pertinents, adaptés, compris et acceptés socialement. Le dernier regroupement du groupe de travail s'est tenu le 6 mai 2026.

Données clés

Auteur : Mme Monique Griseti

Type de question : Question écrite

Rubrique : Lieux de privation de liberté

Ministère interrogé : Justice

Ministère répondant : Justice

Dates :
Question publiée le 11 février 2025
Réponse publiée le 30 juin 2026

partager