
En vertu de la loi organique du 15 avril 2009 prise sur le fondement du nouvel article 39 (alinéa 3) de la Constitution, la plupart des projets de loi doivent désormais faire l'objet d'une étude d'impact. Les documents qui rendent compte de cette étude d'impact sont déposés sur le bureau de la première assemblée saisie en même temps que les projets auxquels ils se rapportent. Ils doivent notamment définir « les objectifs poursuivis par le projet de loi », recenser « les options possibles en dehors de l'intervention de règles de droit nouvelles » et évaluer les conséquences économiques, financières, sociales et environnementales des dispositions envisagées.
Cette réforme traduit une volonté de mieux éclairer les choix faits en matière de législation, d'améliorer la qualité de la loi et de remédier au désordre normatif. Elle illustre le rôle nouveau que le Parlement entend jouer en matière d'évaluation.
Le mécanisme ainsi mis en place peut d'autant moins être ignoré que la contestation de la conformité d'une étude d'impact à la loi organique peut conduire la Conférence des présidents de l'assemblée devant laquelle le projet de loi a été déposé à s'opposer à l'inscription de celui-ci à l'ordre du jour. C'est la raison pour laquelle le Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques (CEC), mis en place à l'Assemblée nationale sur le fondement du nouveau Règlement, a jugé nécessaire de confier à deux de ses vice-présidents le soin de faire le point sur la question.
Le rapport présenté par MM. Claude Goasguen et Jean Mallot a été adopté par le Comité lors de sa réunion du 5 novembre 2009. Il rappelle les fondements de la démarche de l'évaluation préalable depuis ses prémices jusqu'à son aboutissement en 2008-2009, présente la manière dont les études d'impact se mettent aujourd'hui en place et formule, enfin, un certain nombre de propositions qui portent sur leur présentation et sur leur contenu ainsi que sur les procédures à mettre en œuvre. Il débouche sur une « grille d'analyse » qui est destinée à permettre de contrôler de façon cohérente et harmonisée la conformité des études d'impact à la loi organique.
La gestion par la performance est un élément fondateur de la modernisation de l'État, engagée par la loi organique relative aux lois de finances (LOLF).
Cette réforme ambitieuse, voulue par le Parlement, exige, pour produire sespleins effets, un effort de longue haleine, véritable révolution culturelle. Les administrations se sont fortement mobilisées, mais la tâche est plus difficile dans certains ministères.
Après trois ans de gestion par la performance depuis le 1er janvier 2006, lacommission des Finances a voulu dresser collectivement un premier bilan. Les rapporteurs spéciaux ont donc rencontré les responsables de programme pour débattre de deux questions :
-la performance a-t-elle été au rendez vous depuis 2006 et sinon, pourquoi ?
-le Parlement a-t-il, pour en juger, disposé des informations nécessaires etsinon, comment les améliorer ?
Le présent rapport expose les conclusions de chaque rapporteur, précédées de la synthèse réalisée par les quatre membres de la mission d'information sur la LOLF, représentant toutes les sensibilités politiques de l'Assemblée nationale.
Des lignes de force se dégagent. Les rapporteurs spéciaux attendent dans l'ensemble une stabilisation de la carte des objectifs et des indicateurs, aprèsle rodage initial ; ils souhaitent que les documents budgétaires soient enrichis de commentaires remettant les chiffres en perspective. Ils appellent au renforcement de l'articulation entre performance et processus budgétaire. Ils tracent des pistes pour diffuser la culture de performance, afin de mobiliser l'ensemble des acteurs, au delà des responsables de programme.
Beaucoup a déjà été accompli, mais des progrès restent à faire pour parachever la réforme, vers un État efficace et exemplaire.
| ORDRE DU JOUR DE LA SÉANCE PUBLIQUE DU MERCREDI 25 NOVEMBRE 2009 — à 15 heures et 21 heures 30 : JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES VIDÉO DE LA SÉANCE PUBLIQUE VIDÉO DES RÉUNIONS DE COMMISSION ET DE MISSION D'INFORMATION 20E ANNIVERSAIRE DE LA CONVENTION INTERNATIONALE DES DROITS DE L’ENFANT ABONNEMENT AU SUIVI PERSONNALISÉ |

En quelques mois, la communauté internationale a pris la mesure de l'importance de la lutte contre les paradis fiscaux. En novembre 2008, la traduction concrète des annonces du G20 paraissait encore relever d'une certaine naïveté. Pourtant, les États ont semblé vouloir saisir, ces derniers mois, l'opportunité qui leur était offerte en ces temps de crise pour jeter les bases d'une régulation des paradis fiscaux. Les avancées réalisées permettent d'espérer la disparition des zones d'ombres. Néanmoins, il convient de rester prudent. Si les travaux engagés tant par l'OCDE que par la Commission européenne ont permis des avancées certaines, ils n'ont pas attaqué le coeur du système, c'est-à-dire le secret. Leurs travaux ont plus régulé la concurrence fiscale, sans parvenir d'ailleurs à la maîtriser, qu'accru la transparence. C'est donc un véritable renversement de perspective qui doit s'opérer aujourd'hui afin de donner la priorité, non pas à la provenance des fonds et activités, mais à leur environnement réglementaire et fiscal. C'est dans ce contexte que la commission des Finances a créé, le 22 décembre 2008, une mission d'information sur les paradis fiscaux, composée de représentants de chaque groupe politique. Au terme de ses travaux, la mission d'information a acquis la conviction que la France doit, maintenant que le contexte international s'y prête et en concertation avec ses partenaires, plaider en faveur d'un renforcement de la régulation financière et bancaire et des moyens de contrôle. À cette fin, elle propose 30 mesures concrètes. Certaines doivent être prises à un niveau international, et notamment communautaire. D'autres relèvent du droit interne.