2ème séance : PLF 2012 (nouvelle lecture) (suite) ; Voies navigables de France
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Calvados (1ère circonscription)
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Socialiste, radical, citoyen et divers gauche
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M. Philippe Duron attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur la situation alarmante en Syrie due à la répression décidée par le Gouvernement de Damas. Depuis le début de l'année et en écho aux mouvements sociaux successifs en Tunisie, en Égypte et en Libye, les manifestations se multiplient, auxquelles le régime de Bachir Al Assad répond par la violence et l'emprisonnement. Le peuple syrien est poussé par un irrépressible désir de liberté exprimé à travers le pays par des manifestants réclamant une transformation en profondeur du régime politique. Ils aspirent à la démocratie, à la liberté, à la défense des Droits de l'Homme et au-delà à une meilleure gouvernance visant à lutter contre la corruption. La répression a entraîné plus de 850 morts, de 8 000 arrestations injustifiées et des milliers de réfugiés dans les pays voisins, notamment plus de 9 600 personnes qui vivent dans quatre camps gérés par la Turquie avec le Croissant Rouge turc. Il estime qu'il serait souhaitable de prendre en considération la souffrance de ces réfugiés, dans la mesure où ces victimes fuient leur pays non par choix mais par extrême nécessité. Il lui demande si un dispositif adapté aux réfugiés, accompagné de moyens financiers conséquents, pourrait être envisagé afin d'atténuer cette catastrophe humanitaire. La logique de protection nécessiterait d'être alors substituée à la logique de contrôle.
Voir la réponseM. Philippe Duron attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur la situation des bénévoles sous contrat d'engagement éducatif. Les accueils collectifs à caractère éducatif pour les mineurs (ACM), qui dépendent de diverses associations, font part de leurs craintes quant à la tenue du contrat d'engagement éducatif mis en place par le Gouvernement en 2006, qui définissait le statut des accompagnateurs volontaires. La loi du 23 mai 2006 relatif au volontariat associatif et à l'engagement éducatif et le décret du 28 juillet 2006 clarifiaient au regard du droit du travail, la situation des volontaires occasionnels des centres de vacances et de loisirs. Or, le 14 octobre 2010, la Cour de justice de l'Union européenne a décrété non conforme au droit européen du travail, le volontariat de l'animation occasionnelle en raison de l'absence de temps de repos journalier de 11 heures. Il attire son attention sur le fait que les jeunes volontaires font de cette expérience d'animation et de responsabilités un tremplin pour leur vie professionnelle et contribuent à une mission éducative et sociale d'intérêt général. Ce volontariat est un vecteur de lien social et un instrument d'éducation collective. L'intérêt des séjours de loisir est de favoriser l'engagement de plus de 700 000 jeunes volontaires, qui permettent aux quelques 7 millions d'enfants et d'adolescents dont certains en situation de handicap, de partir en vacances. L'obligation de rémunérer les accompagnateurs au-delà de l'indemnité de bénévole actuellement versée, aura comme conséquence de contraindre les ACM à augmenter le tarif des séjours de vacances et, par voie de conséquence, de dissuader certaines familles en situation précaire d'y inscrire leurs enfants. Les différentes associations souhaitent que soit reconnu un volontariat de l'animation occasionnelle afin de l'inscrire définitivement dans le domaine de l'engagement volontaire et non du travail salarié. À ce titre, il semble possible de créer un statut de volontaire occasionnel, qui serait dérogatoire au code du travail afin d'assurer la pérennité des centres d'accueil de loisir. Il souhaite connaître les intentions sur ce sujet.
Voir la réponseIntervention en séance publique
Intervention en séance publique
M. Philippe Duron attire l'attention de M. le ministre de la fonction publique sur le décret n° 2004-1547 du 30 décembre 2004, qui permet aux fonctionnaires de catégorie C comptant au moins dix ans de service effectif d'être inscrits sur une liste d'aptitude établie après examen professionnel et recrutés en qualité de rédacteur stagiaire. Ces procédures de promotion interne s'inscrivent dans une logique de promotion sociale de fonctionnaires expérimentés, aptes à évoluer vers des fonctions plus élevées, des missions et des responsabilités différentes. Malheureusement, de nombreux agents répondant pourtant aux conditions de promotion se voient refuser l'accès au grade convoité. Les possibilités d'avancement et de promotion interne sont donc durablement saturées, dans un contexte de départ en retraite pourtant favorable aux évolutions de carrière des fonctionnaires. Par ailleurs, le décret n° 2006-1462 du 28 novembre 2006 confirme l'esprit du décret précédemment cité. Le décret n'a cependant ouvert cette possibilité que jusqu'au 1er décembre 2011. Or, à ce jour, de nombreux agents des collectivités locales ont réussi l'examen et risquent d'en perdre le bénéfice si la voie d'accès est fermée à partir de décembre 2011. Il lui demande, par conséquent, s'il envisage de prendre des mesures afin de pérenniser au-delà de cinq ans cette voie d'accès au grade de rédacteur. Les examens professionnels toute catégories confondues et toutes filières confondues, sauf celui concernant le rédacteur territorial, sont valables à vie. Il semble discriminatoire que l'admissibilité à cet examen soit traitée différemment. Il souhaite connaître sa position à ce sujet et s'il pense proroger la durée de validité de l'examen professionnel de rédacteur territorial au-delà du 1er décembre 2011.
Voir la questionM. Philippe Duron attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur la situation des enfants d'origine haïtienne qui ont été adoptés par des familles françaises. Ces familles, dans le désir sincère de considérer leurs enfants adoptés comme faisant totalement partie de la famille, aimeraient pouvoir les adopter sans restriction. Il s'avère qu'actuellement, ces familles peuvent obtenir une adoption simple alors qu'ils voudraient pouvoir opter pour une adoption pleine et entière. Le Gouvernement d'Haïti a signé la convention de La Haye du 29 mai 1993 relative à l'adoption des enfants mais il semble que le parlement haïtien ne soit pas enclin à ratifier cette adhésion à la convention de La Haye. Par ailleurs, il semblerait que des tribunaux français ont autorisé l'adoption pleine et entière alors que la situation des familles françaises est la même pour tous. Ceci a eu pour effet de générer une grande incompréhension chez les parents qui doivent se contenter d'une adoption simple. Il souhaite connaître son avis sur ce sujet et lui demande s'il peut intervenir auprès de son homologue haïtien afin d'envisager une solution satisfaisante pour tous.
Voir la questionM. Philippe Duron attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur les mesures appliquées dans l'académie de Caen pour la dotation horaire des établissements scolaires. La règle de « bonus-malus»établie par l'inspection académique du Calvados, pour le calcul de la dotation horaire des collèges choque et pose question aux pédagogues et aux familles. Cette règle consiste à diminuer la dotation horaire des collèges qui auront un taux de redoublement supérieur à 2,5 %. Le motif invoqué serait que le redoublement est inefficace et gonfle inutilement les dotations horaires des établissements qui les autorisent au détriment de tous les autres. Cette gestion comptable de la scolarité des élèves est tout à fait contestable. Un élève en difficulté à qui le conseil de classe conseille le redoublement, connaît le plus souvent des difficultés réelles. Quelles en sont les origines ? Une scolarité chaotique, des lacunes antérieures qui obèrent l'acquisition de nouvelles connaissances, des erreurs d'orientation. Il est souvent difficile de déterminer les origines exactes des difficultés rencontrées par un adolescent. Ce qui est certain, c'est que tous ne progressent pas au même rythme. Sanctionner le collège tout entier n'est ni compréhensible ni acceptable. Avant de sanctionner un établissement où le redoublement paraît excessif, ne faudrait-il pas conduire une analyse sérieuse du collège concerné, de la population scolaire, des conditions d'exercice de l'équipe pédagogique. Pour pallier l'échec scolaire encore trop important et coûteux pour la Nation, les pédagogues ont fait depuis longtemps la démonstration qu'il convenait de mettre en place un accompagnement adapté pour remettre l'élève dans un cursus normal. Il lui demande si une telle mesure ne risque pas de pénaliser les collèges qui accueilleront des enfants issus de milieux fragiles ? il lui demande s'il ne croit pas qu'elle conduise certains établissements à réduire leurs exigences pour obtenir une dotation horaire plus confortable ? Enfin, il s'interroge sur la légalité d'une telle mesure. La décision de l'inspecteur d'académie intervient en février 2011, alors que le nombre de redoublements constaté porte sur des décisions prises en fin d'année scolaire 2009- 2010. L'effet rétroactif d'un tel règlement peut surprendre. Il lui demande s'il cautionne une telle mesure. Dans le cas contraire, quelles mesures, ses services pensent-ils pouvoir prendre afin que les sanctions, en terme de dotation horaire, déjà prises dans l'académie de Caen ne pénalisent pas les établissements et les élèves concernés.
Voir la réponseM. Philippe Duron attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur les difficultés rencontrées par les jeunes au cours de leur orientation scolaire. En 2011, 39 % des jeunes ne se sentent pas libres de choisir leur orientation et 25 % des 15-30 ans affirment regretter leur choix de parcours scolaire. Ces données chiffrées révèlent les grandes difficultés rencontrées par les jeunes en matière d'orientation et les faiblesses du dispositif d'accompagnement des jeunes dans leurs choix d'avenir. Un quart des actifs de 15 à 25 ans est aujourd'hui sans emploi. L'absence, la faiblesse ou l'inadéquation de la préparation d'un projet professionnel sont la première cause du chômage des jeunes en France. Le décrochage scolaire touche chaque année environ 150 000 jeunes, qui quittent le système scolaire sans aucune qualification, notamment parce qu'ils n'ont pas trouvé une formation adaptée à leur profil et à leurs envies. La nomination d'un délégué à l'information et à l'orientation auprès du Premier ministre, le 23 juin 2010, qui a pour objectif de coordonner les actions de l'État afin de faire bénéficier chaque élève d'une orientation réussie et de faire coïncider les dispositifs d'orientation avec les besoins du marché du travail, a certes facilité l'accès à de nombreuses sources d'information. Cependant, il existe toujours une insuffisance en termes d'accompagnement des jeunes par des professionnels de l'orientation, qui, au contraire de l'entourage familial ou des enseignants, disposent d'une connaissance complète et actualisée de l'offre de formation et des débouchés. Il lui demande quelles mesures il envisage afin de permettre à chaque jeune de construire son projet scolaire et professionnel avec l'aide de professionnels et s'il est favorable à une modification en ce sens de la loi n° 2009-1437 du 24 novembre 2009 relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie.
Voir la réponseIntervention en réunion de commission
Mardi 15 novembre 2011 - Séance de 17 heures 30
Intervention en réunion de commission
Mercredi 9 novembre 2011 - Séance de 9 heures 30
Intervention en séance publique
Intervention en réunion de commission
Mercredi 26 octobre 2011 - Séance de 9 heures 30
M. Philippe Duron attire l'attention de Mme la secrétaire d'État auprès du ministre du travail, de l'emploi et de la santé, chargée de la santé, sur le malaise grandissant des sages-femmes. Le 12 mai dernier, les étudiants sages-femmes ont manifesté aux côtés des sages-femmes professionnelles pour dénoncer l'absence d'amélioration de leurs conditions de travail et de leur formation, à l'heure où elles doivent pourtant faire face à de nouvelles délégations de compétences. Les sages-femmes occupent un rôle essentiel à tous les niveaux de la grossesse, depuis l'examen prénatal jusqu'au suivi médical de la femme enceinte, à l'accouchement et à ses suites. Des responsabilités nouvelles sont également dévolues à ces professionnels de la santé, comme la prise en charge de la contraception ou le suivi gynécologique de prévention. Cet élargissement de leur champ de compétences doit aujourd'hui être pris en compte. Les sages-femmes réclament donc une autonomie de leur formation initiale au sein de l'université, au même titre que les médecins et les dentistes, qui leur permettrait d'acquérir une meilleure reconnaissance professionnelle. Elles souhaitent également une évolution de leur statut - avec la reconnaissance de leur niveau d'étude (bac +5) - ainsi qu'une revalorisation de leur salaire et des cotations de leurs actes médicaux. Il lui demande quelles dispositions le Gouvernement compte prendre afin de répondre aux demandes légitimes des 24 000 sages-femmes qui exercent dans notre pays.
Voir la réponseM. Philippe Duron attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la cohésion sociale sur les difficultés rencontrées par certaines personnes handicapées quant à l'inégalité de leur traitement face au handicap. Il se fait ici l'écho des préoccupations exposées par l'association des paralysés de France. La prestation de compensation du handicap (PCH), introduite par la loi handicap du 11 février 2005, était initialement prévue pour tous les ayants droit. Or il s'avère que les conditions d'accès à la PCH soulèvent quelques interrogations quant à son attribution. En effet, une personne âgée de plus de soixante ans, ne peut percevoir la PCH si elle n'a pas enclenché les procédures adéquates de demande de la PCH avant sa soixantième année. De ce fait, deux personnes atteintes du même handicap ne perçoivent pas les mêmes prestations selon la date (antérieure ou postérieure à l'âge de soixante ans) de l'exécution de leur première demande, donc de l'âge respectif auquel elles ont été victimes du handicap. Il lui demande si cette situation n'est pas due à une application erronée de la loi et quelles mesures ses services envisagent de mettre en place pour remédier à cette inégalité face à la prise en charge du handicap.
Voir la questionM. Philippe Duron attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la cohésion sociale sur le financement de l'APA (l'allocation personnalisée d'autonomie). L'APA répondant aux besoins particuliers de chaque bénéficiaire a succédé à la PSD (prestation spécifique dépendance) qui datait de 1997. Mais alors que la PSD ne concernait que 135 000 personnes, l'APA a très rapidement vu exploser le nombre de bénéficiaires, passés de 891 000 en 2005 à 1 136 000 personnes à la fin de l'année 2009. En effet, alors que la PSD portait sur les personnes présentant un fort degré de dépendance (GIR 1 à 3), l'APA concerne aussi les personnes considérées comme moyennement dépendantes. L'APA est depuis son origine financée par les départements chargés de mettre en oeuvre le dispositif. Mais le législateur a prévu dés le départ, s'agissant d'une prestation universelle, un concours financier au titre de la solidarité nationale, donc de l'État. Durant les deux premières années, cette participation s'élevait à peu près au tiers du coût total (environ 840 millions d'euros sur 2,5 milliards d'euros par an). Mais en 2004, les conséquences de la canicule estivale amènent à revoir le dispositif. Le Gouvernement engage une amélioration de cette prise en charge tant en ce qui concerne les personnes âgées que les personnes handicapées. La loi n° 2004-626 du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l'autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées énonce donc que « cette réforme sociale repose sur la prise en charge globale de la dépendance ». Le Gouvernement créé une Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (la CNSA) et met en place un financement spécifique affecté à cette prise en charge. Ce financement repose notamment sur une « solidarité active », sous forme de la journée de travail supplémentaire (lundi de Pentecôte, au départ) et, en contrepartie, d'une contribution des employeurs. Cette solidarité est élargie aux revenus du patrimoine et des placements. Mais il s'avère rapidement que la contribution de l'État gérée par la CNSA est loin d'être suffisante, mettant en péril l'équilibre budgétaire de nombreux départements et les conduisant à augmenter le montant des impôts locaux. En ce qui concerne le département du Calvados, la part prise en charge par la solidarité nationale dans le financement de l'APA a été de 29,82 % en moyenne entre 2007 et 2009. Le concours de la CNSA n'a couvert que 16 790 321,82 euros au lieu de 20 127 686,74 euros en 2009. En 2008, les compensations ont été de 17 409 164,54 euros alors qu'elles auraient du être de 18 130 845,69 euros. En 2007, les compensations ne sont élevées qu'à 15 998 238,75 euros au lieu de 18 637 920,52 euros. À titre prévisionnel, pour l'année 2010, sans disposer encore du compte administratif, le manque à gagner pour notre département s'élèverait à 3 238 676,28 euros. A l'échelle nationale, l'apport de l'État versé par la CNSA aux départements au titre de l'APA couvre seulement 30 % des prestations (45 % pour ce qui est de la PCH). Dans le cas de l'APA, la part de la dépense prise en charge par la solidarité nationale décroît régulièrement : sur la période 2002-20010, la dépense APA des conseils généraux a été multipliée par trois pendant que celle de l'État augmentait de 90 %. Cet écart devrait encore s'accroître sur les prochains exercices : le taux de couverture par l'État des dépenses APA, qui était de 43 % en 2002, a été de 28,5 % pour l'année 2010, laissant aux départements une charge nette de 3,8 milliards d'euros. Ce taux de couverture est désormais légèrement inférieur à l'engagement pris au moment de la création de l'APA, qui prévoyait que l'État finance 50 % du surcoût de l'APA par rapport à la PSE, soit un tiers de la dépense totale. Face à cette dégradation du financement par l'État, d'une prestation dont les avancées sociales étaient de bonne augure et compte tenu de l'actuel projet du Gouvernement face au problème soulevé par la dépendance, il exprime son inquiétude. Le 16 juin 2011, le Gouvernement affirme qu'il restera dans le cadre de la solidarité nationale et qu'il veillera à ne pas faire payer la dépendance d'aujourd'hui aux générations futures. Il lui demande donc de lui indiquer les mesures envisagées par le Gouvernement afin d'alléger la charge financière subie par les départements.
Voir la questionM. Philippe Duron attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la cohésion sociale sur la loi handicap de février 2005, et en particulier sur les dispositions relatives à l'"accessibilité des personnes handicapées dans les bâtiments publics et privés". L'article 41 du chapitre III dit "Cadre bâti, transports, et nouvelles technologies", de ladite loi handicap de février 2005, impose qu'en matière d'accessibilité concernant les constructions neuves, aucune contrainte technique ne puisse être opposée. Mais les articles 14 bis et 14 ter de la loi Paul Blanc, adoptée par le Sénat le 28 juin 2011, prévoient des dérogations, notamment si « un décret en Conseil d'État, pris après avis du Conseil national consultatif des personnes handicapées, fixe les conditions dans lesquelles des mesures de substitution peuvent être prises afin de répondre aux exigences de mise en accessibilité prévues à l'article L. 111-7 lorsque le maître d'ouvrage apporte la preuve de l'impossibilité technique de les remplir pleinement du fait de l'implantation du bâtiment, de l'activité qui y est exercée ou de sa destination ». Il lui demande si ces mesures dérogatoires induites par loi Paul Blanc n'ont pas pour effet de rendre caduque la belle avancée sociale que la loi de février 2005 a su porter.
Voir la questionM. Philippe Duron attire l'attention de Mme la secrétaire d'État auprès du ministre du travail, de l'emploi et de la santé, chargée de la santé, sur la dégradation de l'accès aux soins en France. Depuis plusieurs années, les dépassements d'honoraires augmentent et les déserts médicaux se généralisent, en milieu rural comme dans certains quartiers urbains défavorisés. Les dépassements d'honoraires des médecins spécialistes ont augmenté de 6,4 % par an ces dix dernières années, selon les chiffres de l'assurance maladie. En 2010, leur montant a atteint 2,5 milliards d'euros. Le Calvados compte un médecin pour 1 886 patients contre un médecin pour 811 patients dans les Hautes-Alpes. Actuellement, 9 millions de nos concitoyens renoncent à se soigner pour des raisons financières (soit 20 % de plus qu'en 2007). C'est la conséquence d'une politique de transfert des dépenses de l'assurance maladie vers les assureurs complémentaires. La réforme de 2004 de l'assurance maladie a ainsi conduit à l'instauration de franchises et à un transfert de charges vers les complémentaires, remettant en cause progressivement un des principes fondateurs de la sécurité sociale, à savoir la solidarité entre biens portants et malades. Cette politique mène à l'exclusion du système de soins d'une partie de la population, alors même que la France est réputée pour son excellence dans certains domaines, tels que la chirurgie de pointe et la médecine nucléaire. Ni la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, ni la proposition de loi modifiant la loi HPST, actuellement en discussion au Parlement, n'apportent de solutions viables à ces difficultés d'accès aux soins. Notre système de santé tend ainsi à devenir de plus en plus inégalitaire, ce qui va à l'encontre de l'alinéa 11 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, précisant « [qu']Elle [la Nation] garantit à tous [...] la protection de la santé. ». Le respect des principes de solidarité nationale face à l'augmentation des dépenses de santé doit être garanti, notamment via une mutation profonde des modes de rémunération des médecins, un système de régulation de l'installation de tous les professionnels de la santé et une revalorisation de l'hôpital public. Il lui demande quelles mesures le Gouvernement compte mettre en oeuvre pour limiter les inégalités d'accès aux soins.
Voir la questionM. Philippe Duron attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la cohésion sociale sur les conditions en termes d'accessibilité des personnes malentendantes et sourdes aux services téléphoniques. Rendre la société accessible à toutes les formes d'handicap est l'un des piliers de la loi du 11 février 2005 sur l'insertion sociale des personnes handicapées, notamment les personnes malentendantes ou sourdes. Il souligne que le téléphone représente, pour elles, un sur-handicap dans leurs vies professionnelles et privées. Le 10 juin 2008, le Président de la République et le Gouvernement se sont engagés lors de la conférence nationale du handicap à lancer le premier centre relais de communications téléphoniques, en temps réel, entre une personne sourde et son interlocuteur entendant, et à développer l'accessibilité téléphonique pour les personnes sourdes ou malentendantes. Le 10 février 2010, son prédécesseur et sa secrétaire d'État lancèrent un plan de 52 millions d'euros, dont l'une des mesures prévoit la création de centres relais téléphoniques adaptés en utilisant la technologie de la visio-interprétation. Ce plan prévoyait l'accès téléphonique à l'ensemble des modes de communication utilisés par les personnes sourdes (LSF, LPC et transcription écrite), un mode de financement non basé sur une facturation du service aux seuls usagers sourds et une complémentarité et lisibilité des services aux utilisateurs avec les services spécifiquement professionnels offerts par l'AGEFIPH et le FIPHFP. Ce plan comprenait une phase de test budgétée, qui s'est terminée en décembre 2010 sans que les centres relais téléphoniques, aujourd'hui opérationnels, soient financés, mettant ainsi en danger un certain nombre d'associations, de SCOP, dont les salariés risquent de ne plus être payés. Il lui demande ce que ses services comptent mettre en oeuvre afin que les engagements pris par le Gouvernement ne restent pas sans action.
Voir la questionIntervention en réunion de commission
Mercredi 16 mars 2011 - Séance de 17 heures 10
M. Philippe Duron attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi et de la santé sur la situation financière des associations de soutien et d'accompagnement aux personnes handicapées. Le directeur du Foyer Léone Richet, situé à Caen, ville dont il est le maire et le député, l'interpelle à propos des difficultés financières rencontrées par la structure qu'il gère. Ce foyer accueille des hommes et des femmes âgés de 18 à 30 ans au moment de leur admission. Ces personnes, pour être accueillies, doivent être reconnues handicapées par la Cotorep/CDPAH. Dans le cas de ce foyer, ces personnes souffrent de troubles de l'organisation de la personnalité : psychoses et séquelles de psychoses infantiles, schizophrénies, névroses graves. La finalité de ce foyer est, dans un premier temps, de soulager la souffrance des personnes accueillies puis de les conduire vers une plus grande autonomie voire une autonomie totale afin qu'elles deviennent ou redeviennent des adultes autonomes, capables de gérer leur vie quotidienne. Les associations comme celle qui gère le foyer Léone Richet, remplissent une fonction sociale reconnue. Elles sont suivies par les autorités administratives compétentes puisque placées sous l'autorité de l'ARS qui garantit la pertinence de leur travail ainsi que l'adéquation de la réponse apportée au regard de la situation des personnes concernées. Concernant ces structures, la loi 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale et médicosociale avait fait l'objet d'un consensus au sein du Parlement. Elle prévoit une adaptation des financements en fonction des thérapies proposées par chacune d'elle. En effet, la loi du 2 janvier 2002 prévoit de diversifier les règles de tarification, par l'introduction d'une base juridique permettant des tarifications adaptées à la nature de chaque catégorie d'établissements : dotations globales, forfaits, maintiens du prix de journée, modulation des tarifs en fonction de l'état des personnes. La loi prévoit aussi que le financement des actions sociales et médico-sociales évolue pour prendre en compte les nouvelles modalités de prise en charge des personnes, les établissements concernés devant s'engager avec les financeurs en introduisant les contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens. Le foyer Léone Richet a effectué les démarches introduites par la loi. Il a su s'adapter au personnel qu'il reçoit - mais les financements n'ont pas suivi, mettant ainsi en péril la qualité de la prise en charge des personnes accueillies. Il lui demande ce que ses services pensent pouvoir mettre en oeuvre afin qu'il y ait adéquation entre les financements de ces établissements et l'évolution des thérapies proposées par ces établissements.
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