1ère séance : Questions au gouvernement; Article 68 de la constitution (vote solennel); prestation de serment d'un juge; rapprochement familiale pour les détenus condamnés; information des passagers dans les entreprises de transport aérien
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Seine-Maritime (4ème circonscription)
Mandat en cours

Socialiste, radical, citoyen et divers gauche
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1ère séance : Questions au gouvernement; Article 68 de la constitution (vote solennel); prestation de serment d'un juge; rapprochement familiale pour les détenus condamnés; information des passagers dans les entreprises de transport aérien
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Intervention en séance publique
M. Laurent Fabius attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire sur les transmissions familiales d'exploitations agricoles dans le cadre de baux ruraux. L'article L. 331-2 II du code rural précise qu'est soumise à déclaration préalable la mise en valeur d'un bien agricole reçu par donation, location, vente ou succession d'un parent ou allié jusqu'au troisième degré inclus lorsque le déclarant satisfait aux conditions de capacité ou d'expérience professionnelle, que les biens sont libres de location le jour de la déclaration et qu'ils sont détenus par ce parent ou allié depuis plus de neuf ans. Lors de l'exécution d'un bail rural, un agriculteur pouvait transmettre le bien concerné à ses héritiers, notamment pour les terres agricoles, sans que le propriétaire ne puisse demander congé aux personnes concernées. Ce principe garantissait aux exploitants de pouvoir amortir les investissements réalisés et de poursuivre l'exploitation familiale. La circulaire DGFAR/SDEA/2006-5039 permet de considérer que les biens sont libres dès lors qu'un congé est donné ou que le propriétaire le déclare à la préfecture. Dans ces conditions, une reprise peut conduire à un démembrement d'une exploitation, et la faire passer en-dessous du seuil de référence, ou priver une exploitation de bâtiments indispensables, en échappant au contrôle des structures. Cette modification permet aux propriétaires de demander la reprise des biens quelle que soit la date à laquelle ils ont été transmis. Certains agriculteurs exploitant des terres protégées par un bail rural et souhaitant poursuivre leur activité peuvent devoir restituer les terres à échéance du bail et arrêter tout ou partie de leur exploitation. Plusieurs agriculteurs de Seine-Maritime ont alerté sur cette modification importante de leurs conditions de travail. Il lui demande s'il entend réaffirmer qu'un bien non libre n'est pas réprimable, notamment pour les exploitations de surface inférieure à la surface de référence des schémas directeurs.
Voir la réponseIntervention en réunion de commission
Mercredi 25 janvier 2012 - Séance de 10 heures
Intervention en séance publique
M. Laurent Fabius interpelle M. le Premier ministre sur la situation gravissime de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne avec ses 550 salariés et ses nombreux sous-traitants. Les difficultés du groupe, premier raffineur indépendant d'Europe basé en Suisse, s'accumulent. A la suite du refus des banques d'accorder une ligne de crédit essentielle le 27 décembre 2011 à Petroplus, l'avenir de son site seino-marin, déjà fragilisé par l'annonce à l'automne de la fermeture de l'unité d'huile qui toucherait 125 salariés, est très gravement menacée. Il souhaite avec force que le Premier ministre intervienne dans les prochaines heures auprès des banques françaises partenaires de Petroplus et qui ont été largement soutenues dans le passé pour que soient accordées les liquidités indispensables. Il souligne dans ce contexte la duperie que constitue le discours présidentiel sur une prétendue politique industrielle française et l'interroge sur contenu réel du « développement de l'Axe-Seine » alors même que s'accumulent à proximité du fleuve les sinistres industriels, notamment la casse de M-Réal (330 salariés) à Alizay dans l'Eure. Dans ces conditions, il lui demande de se saisir en urgence absolue de la situation de Petroplus Petit-Couronne et de lui préciser les mesures qu'il entend prendre en France et proposer en Europe pour éviter cette nouvelle catastrophe pour l'industrie et l'emploi en Haute-Normandie.
Voir la réponseM. Laurent Fabius appelle l'attention urgente de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur la scandaleuse décision du comité technique paritaire ministériel du 21 décembre 2010 de fixer pour objectif au rectorat de l'académie de Rouen la suppression de 377 postes à la rentrée scolaire 2011. Dans une région qui lutte contre de fortes inégalités sociales et territoriales, cette mesure est dangereuse. Moins d'enseignants et moins de personnels d'encadrement, cela signifie plus d'élèves par classe et moins d'enseignants remplacés en cas d'absence. C'est aussi prendre le risque d'affaiblir la sécurité dans les établissements scolaires. D'un côté, on supprime de fait l'enseignement de matières optionnelles, de l'autre on réduit les possibilités d'aides personnalisées aux élèves les plus en difficulté. Sur l'ensemble du quinquennat au moins 65 000 emplois auront été supprimés dans l'éducation nationale par le Gouvernement. Cette politique reste sourde aux besoins de l'école, des enseignants, des élèves et de leurs parents. Elle ne tient pas compte des conclusions de plusieurs rapports internationaux qui pointent la dégradation de notre école républicaine. Il lui demande de revenir sur cette politique et lui demande de donner enfin à l'école les moyens dont elle a besoin.
Voir la réponseM. Laurent Fabius appelle l'attention de Mme la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi sur la situation des entreprises d'insertion. Les entreprises d'insertion contribuent à la réinsertion durable dans l'emploi de chômeurs en grande difficulté et de personnes parmi les plus fragiles. Le Gouvernement souhaite mettre en place des contrats de performance pour permettre, dit-il, de sécuriser les financements des structures de l'insertion par l'activité économique. Les propositions actuelles font apparaître que les financements de l'État accompagneraient uniquement les sorties positives vers l'emploi des salariés en insertion et non les performances globales et le rôle quotidien de ces structures, dans une période où la conjoncture économique révèle plus de plans de licenciements que de création d'emplois. La mise en place de ces contrats privilégierait l'embauche par les entreprises d'insertion de personnes ayant déjà de l'expérience et de bonnes compétences pour s'assurer un financement durable de l'État, ce qui serait en contradiction avec l'article L. 5132-5 du code du travail qui prévoit pour les entreprises d'insertion d'embaucher des personnes qui cumulent des difficultés sociales et professionnelles. Cette situation pervertirait donc le principe de l'insertion par l'activité économique. Il lui demande de lui indiquer les mesures qu'elle compte prendre pour assurer les entreprises d'insertion d'un financement pérenne leur permettant de salarier les personnes les plus en difficulté.
Voir la réponseM. Laurent Fabius attire l'attention urgente de Mme la ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur les négociations en cours relatives à l'établissement d'une nouvelle réglementation bancaire, dite de Bâle III, et sur leurs conséquences graves sur les collectivités locales. Si une réglementation, compte tenu des leçons à tirer de la crise financière est nécessaire, il apparaît que certaines de ses dispositions pourraient rendre plus difficile et plus coûteux le financement des collectivités territoriales. En effet, cette réglementation pourrait conduire à ce que la Banque centrale européenne ne puisse plus accepter, dans ses opérations de refinancement, des créances dont le montant serait inférieur à 500 000 €. Une grande partie des prêts consentis aux collectivités territoriales - et plus particulièrement les plus petites - est inférieure à ce montant. Dès lors, il est à craindre que les banques ne soient moins incitées à financer nos collectivités et à en renchérir le coût. Parallèlement, cette nouvelle réglementation pourrait exiger des banques de favoriser désormais les financements moins longs et qui génèrent d'eux-mêmes des ressources à leur passif. Or non seulement les prêts consentis aux collectivités territoriales sont parmi les plus longs, mais ce sont aussi ceux qui ne génèrent aucune ressource immédiate puisque les collectivités territoriales déposent leur trésorerie au Trésor public. Enfin, le nouveau ratio minimal de liquidités que les banques devraient respecter exclurait les prêts aux collectivités territoriales de la classe des actifs les plus liquides alors même qu'ils sont parmi les plus sûrs du marché. Ceci, en retour, obligerait les banques à les couvrir désormais par des réserves supplémentaires et à en répercuter le coût sur le taux d'intérêt qu'elles exigent. Alors que nos collectivités territoriales connaissent déjà de sérieuses difficultés de financement liées à la politique du Gouvernement en la matière alors qu'elles assurent la plus grande part de l'investissement public de notre pays, il lui demande d'intervenir d'urgence pour que ces dangers pesant sur le financement des collectivités locales soient écartés.
Voir la réponseM. Laurent Fabius appelle l'attention de M. le ministre du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l'État sur la regrettable diminution des crédits d'impôt consentis aux personnes résidant dans une zone Seveso et devant procéder à des travaux. Pour réduire la vulnérabilité à des aléas technologiques de leur habitation principale, la loi Grenelle II du 12 juillet 2010 accordait aux contribuables un crédit d'impôt sur le revenu de 40 % au titre des dépenses supportées avec un plafond de 30 000 € sur une période de trois années. Cela signifie que 60 % des travaux rendus obligatoires par la loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages étaient déjà à la charge du propriétaire, ce qui est beaucoup. La loi fixe un plafond de travaux équivalant à 10 % de la valeur vénale du bien, un bien immobilier estimé à 150 000 € représente donc un coût de travaux potentiels de 15 000 €. En abrogeant l'article 200 quater C du code général des impôts créé par la loi Grenelle II, un amendement voté par l'Assemblée diminuerait le crédit d'impôt de 40 % à 15 %. Dans l'exemple précité, le ménage serait crédité de 2 250 € au lieu de 6 000 € précédemment. Les personnes visées par cette disposition seraient doublement pénalisées : elles seraient exposées à un risque technologique fort et devraient, dans ces conditions, débourser des sommes beaucoup plus élevées qu'auparavant. Or il s'agit pour ces ménages d'une situation pénible et, en plus, totalement subie. Les crédits d'impôts qui leur sont octroyés ne répondent évidemment pas à une logique de niche fiscale. Avec le vote de cet amendement, le risque est grand que les travaux indispensables à la sécurité des populations ne soient pas réalisés ou le soient à un niveau insuffisant. Dans l'agglomération de Rouen-Elbeuf-Austreberthe qui accueille plusieurs usines Seveso, le nombre des habitations concernées est important et cette réduction des crédits d'impôts, si elle était confirmée, serait totalement injuste et anti-écologique. Il lui demande de revenir sur cette disposition.
Voir la réponseM. Laurent Fabius appelle l'attention très urgente de M. le ministre auprès de la ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, chargé de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, sur la situation très préoccupante de l'équipementier automobile Sealynx (ex-Metzeler), dont le site principal est situé à Charleval, dans l'Eure. Mardi 7 décembre 2010, le tribunal de commerce de Nanterre a placé en redressement judiciaire l'entreprise Sealynx qui, le 3 décembre 2010, s'était déclarée en cessation de paiement, en raison d'un volume de commandes insuffisant. Un délai de six mois a été donné pour redresser l'entreprise et trouver un repreneur. Cette décision intervient moins de deux mois après l'annonce d'un premier plan de restructuration, aujourd'hui annulé du fait de cette situation nouvelle qui prévoyait notamment la suppression de 257 emplois, sur les 736 salariés que compte le site de Charleval spécialisé dans les joints d'étanchéité pour l'automobile. L'évolution de cette entreprise, qui comptait jusqu'à 1 500 salariés il y a dix ans, est un véritable gâchis humain et industriel. Plutôt que d'engager un projet industriel dans la vallée de l'Andelle, les dirigeants de Sealynx, en charge depuis 2007, ont choisi de délocaliser une partie des activités de l'entreprise en Afrique du nord (Maroc, Tunisie) et en Roumanie, avec le soutien et l'accord des grands donneurs d'ordre, PSA et Renault, structurant par ailleurs leur holding de telle sorte qu'une étanchéité juridique a été créée entre les sites français et les sites délocalisés et qu'une part du chiffre d'affaires de l'entreprise a été aspirée par la holding. Le Gouvernement ne s'est jamais donné les moyens de s'y opposer ou de contraindre cet équipementier, alors même qu'il est intervenu pour financer du chômage partiel et que l'État est engagé dans une procédure de revitalisation industrielle de la vallée de l'Andelle. Avec l'annonce du redressement judiciaire de l'entreprise, il apparaît clairement que pouvoirs publics n'ont pas été assez attentifs à l'usage fait des fonds publics et ont été victimes d'un marché de dupes. Pour qu'une solution rapide soit trouvée pour sortir d'une situation qui plonge plusieurs centaines de salariés dans l'inquiétude et qui affecte un territoire à fort potentiel industriel, il lui demande d'agir d'urgence auprès des grands groupes automobiles, Renault et PSA, dont Sealynx est dépendant pour qu'ils redonnent une perspective à cet équipementier, dont le savoir-faire est reconnu et apprécié.
Voir la réponseM. Laurent Fabius appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la situation des emplois de vie scolaire et des auxiliaires de vie scolaire. Ces personnels, sous contrat précaire, accomplissent des tâches indispensables au bon fonctionnement de l'école. La qualité de leur travail est reconnue et appréciée aussi bien par les équipes éducatives que par les familles et les enfants qu'ils accompagnent. À la fin du mois de juin 2009, la plupart de ces contrats arriveront à échéance. Leur non-renouvellement portera atteinte au service public, d'autant plus qu'il s'agit d'enfants en situation difficile, et portera préjudice aux personnels qui se retrouveront, pour une grande part, au Pôle emploi. Il lui demande de lui indiquer en urgence les mesures précises qu'il compte prendre pour maintenir ces emplois essentiels pour la qualité de nos écoles et proposer un avenir aux personnels concernés.
Voir la réponseM. Laurent Fabius, député de Seine Maritime, appelle l'attention de M. le ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique sur les conséquences du principe de pénibilité proposé dans la réforme des retraites sur les personnes parties ou devant partir en préretraite. La prise en compte de la pénibilité dans le calcul de l'âge de départ en retraite est une nécessité de justice sociale. Malheureusement, le projet de loi actuel prévoit de la définir sous un angle médical et individuel qui n'est pas satisfaisant. Ainsi, un habitant de Seine Maritime, après trente-trois années de travail en 3x8, a signé en octobre 2009 avec son entreprise un départ en préretraite à compter du 31 décembre 2010. L'employeur prend à sa charge cette période jusqu'à 60 ans. Si le texte présenté était validé en l'état, cette personne souligne qu'elle ne percevrait aucune rémunération pendant près de deux ans. Elle devrait continuer de travailler alors que son état de santé s'est fragilisé en raison de son activité mais son incapacité de travail serait inférieure à 20 %. Ainsi, cette interprétation de la pénibilité pénaliserait de nombreuses personnes qui ont pu signer un départ en préretraite ces dernières années et ne permettrait pas à toutes celles et tous ceux qui ont commencé à travailler tôt ou exercé un métier pénible de cesser leur activité à 60 ans avec un retraite à taux plein. Il lui demande de revoir les facteurs retenus pour définir la pénibilité afin qu'elle soit déterminée de manière juste et collective, et de permettre aux personnes qui ont signé un départ en préretraite de pouvoir partir à la date initialement prévue.
Voir la réponseM. Laurent Fabius attire l'attention de Mme la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi sur les frais et la mobilité bancaires. Les banques françaises ont mis à disposition de leurs clients un service pour faciliter la mobilité depuis le 1er novembre 2009. Elles se sont engagées à effectuer les formalités administratives à la place des clients, à ouvrir le nouveau compte et mettre en place les virements permanents dans un délai de cinq jours et à fermer l'ancien compte sous dix jours. Malgré ces engagements et la mise en place de cette procédure simplifiée, de nombreux obstacles persistent lorsqu'un client souhaite changer de banque. En Haute-Normandie, il a été mis en évidence que 70 % des conseillers financiers ne présentent pas cette procédure. Dans 25 % des établissements, les clients doivent effectuer eux-mêmes l'ensemble des démarches. Enfin, 25 % des ouvertures de compte sont réalisées après un mois d'attente. Les prix constatés pour les services bancaires classiques ont augmenté de manière significative et supérieure à l'inflation. Ces hausses sont d'autant plus contestables que la dématérialisation a engendré des diminutions de coûts pour les banques. Cette situation paraît inexplicable alors que de nombreux citoyens ont des difficultés financières dues à la situation économique et que l'État avait apporté son soutien au secteur bancaire en 2008 et 2009 à hauteur de 21 milliards d'euros. Il lui demande de lui indiquer les mesures qu'elle compte prendre pour faire respecter les engagements pris par les établissements bancaires sur la mobilité de leurs clients et lutter contre les hausses injustifiées des tarifs.
Voir la réponseIntervention en séance publique
M. Laurent Fabius appelle l'attention de M. le ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique sur la situation des personnes handicapées exerçant une activité professionnelle et bénéficiant de l'allocation aux adultes handicapés. L'AAH a pour objet de garantir un revenu minimum aux personnes en situation de handicap. Actuellement, si une personne qui bénéficie de cette allocation reprend une activité professionnelle et perçoit un salaire, le montant de son aide est diminué. Cette situation n'incite pas à effectuer des recherches pour trouver un emploi puisque la personne ne peut pas profiter d'un complément financier. La reprise d'un travail peut même amener à une baisse des ressources lorsque la personne perd le bénéfice de certaines aides comme la couverture maladie universelle. L'AAH ne devrait-elle pas pouvoir être cumulée avec le salaire pendant une période précise permettant de stabiliser le retour à l'emploi ? Il lui demande de lui indiquer les mesures qu'il compte prendre pour remédier à cette situation.
Voir la réponseM. Laurent Fabius attire l'attention de M. le Premier ministre sur la situation des entreprises PTPM située à Aÿ dans la Marne et Sodimatex située à Crépy-en-Valois dans l'Oise ainsi que de leurs salariés. Ces deux entreprises sont des filiales du groupe Trèves qui a reçu 55 millions d'euros de la part du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles. Cette aide, qui apparaît être la plus importante accordée à ce jour par le FMEA, devait permettre en particulier de préserver 1 900 emplois. Or est annoncée la fermeture des sites de ces deux entreprises, la suppression de 700 emplois du groupe sur tout le territoire français et une poursuite des délocalisations de ses activités. Il lui demande quelles précisions il peut apporter quant aux contreparties demandées aux groupes qui bénéficient de l'aide du FMEA et du FSI et quelles mesures concrètes il compte prendre pour que la politique industrielle du Gouvernement ne subventionne plus les licenciements et les délocalisations mais protège effectivement nos entreprises et l'emploi des salariés.
Voir la réponseM. Laurent Fabius appelle l'attention de Mme la ministre de la santé et des sports sur l'indemnisation des professionnels retraités qui ont participé à la campagne de vaccination du virus de la grippe H1N1. L'arrêté du 4 novembre 2009 relatif à cette campagne de vaccination précise les compensations financières perçues par les personnes volontaires. Pour les infirmiers et médecins retraités, le paiement relève de l'établissement de préparation et de réponse pour les urgences sanitaires (EPRUS) après le contrôle a priori et la validation des demandes par les préfectures et les directions départementales des affaires sanitaires et sociales. De nombreux retraités n'ont toujours pas été indemnisés pour cette mission alors que les centres de vaccinations sont fermés depuis plusieurs mois. Il lui demande de lui indiquer comment elle compte agir pour que les indemnités soient versées dans les meilleurs délais aux professionnels retraités qui ont participé à cette campagne de vaccination.
Voir la questionM. Laurent Fabius appelle l'attention de M. le Premier ministre sur quatre questions de fond auxquelles il lui demande de répondre. Les votants du premier tour des élections régionales - malheureusement trop peu nombreux - se sont prononcés massivement en faveur du maintien des services publics locaux et nationaux, avec les personnels correspondants. Dès lors, le Gouvernement va-t-il suspendre la suppression prévue de milliers de postes, en particulier dans les domaines décisifs de l'enseignement et de la sécurité ? Le besoin d'une plus grande justice, surtout en période de crise, s'est confirmé avec force. Le Président de la République et le Gouvernement vont-ils abandonner leur "bouclier fiscal", ristourne annuelle de plusieurs centaines de millions d'euros réservée surtout aux privilégiés et qui dispense ceux-ci de toute contribution complémentaire, locale ou nationale, face aux efforts indispensables ? Dans un journal paru la veille du premier tour, M. Sarkozy a indiqué à propos de la TVA sociale que le "sujet est bien à l'ordre du jour". Envisage-t-il d'augmenter cette TVA et de combien, au risque d'amputer le pouvoir d'achat et la consommation des Français, donc la croissance et l'emploi ? A-t-il décidé, par discrétion peut-être, de l'annoncer seulement après le deuxième tour de scrutin ? Devant la forte abstention constatée, le Gouvernement continuera-t-il à soutenir, malgré l'évidence, que celle-ci justifie son projet de contre-réforme territoriale ? En quoi la confusion supplémentaire introduite par le "conseiller territorial", ce monstre à deux têtes élu à la fois du département et de la région, deux collectivités aux compétences différentes, inciterait-elle au vote ? Qui peut soutenir que la suppression de la parité hommes-femmes sur les listes régionales contenu dans ce projet constituerait une avancée ? Quant au raisonnement selon lequel, puisque le second tour des élections est défavorable à l'UMP, il conviendrait de le supprimer, n'est-ce pas une excellente définition de l'attrape-gogos anti-démocratique et partisan ? Il souhaite une réponse à ces questions. Il le souhaite notamment au nom des 60,44 % d'électeurs qui, dès le premier tour, se sont, dans sa commune de Grand-Quevilly prononcés en faveur de la liste socialiste. Il le souhaite aussi pour tenter d'éclairer les 9,44 % qui ont voté en faveur de la liste régionale de M. Sarkozy. Il souligne enfin que, faute de réponses convaincantes, beaucoup de Français, frappés par le déni de réalité du Gouvernement devant la sanction sévère du premier tour, n'auront d'autre choix que de s'exprimer encore plus sévèrement au second.
Voir la questionM. Laurent Fabius interroge M. le Premier ministre sur un mystère fiscal et social passé plutôt inaperçu jusqu'ici. Pendant la campagne présidentielle, M. Sarkozy a pris l'engagement, s'il était élu, de baisser de 4 points les prélèvements obligatoires (impôts + cotisations sociales) au cours de son mandat. Cet engagement a été formulé notamment le 22 janvier 2007, réitéré le 8 mars 2007, repris dans l'Abécédaire des propositions de N. Sarkozy. Or le rapport économique, social et financier joint au budget 2008 présenté récemment par le Premier ministre en accord avec le Président de la République contient page 93 un tableau décrivant avec précision les engagements de la France en matière de finances publiques pour les années 2008 à 2012. En 2012, à la fin du quinquennat, le taux de prélèvements obligatoires ne baisse nullement de 4 points. Il ne baisse d'ailleurs non plus ni de trois points, ni de deux points ni même d' un point. Tout au mieux, est-il prévu une baisse de 0,3 point par rapport au taux de 2008 si toutefois la croissance de la France s'élève en moyenne à 2,5 %, et aucune baisse des prélèvements si la croissance atteint 3 %. Ces chiffres reprennent, semble-t-il, ceux communiqués officiellement à la Commission européenne dans le cadre du dépôt du programme de stabilité 2009-2012 prévu par la loi. Au-delà des aspects techniques, cela signifie que, moins de 6 mois après son élection, le Président de la République reconnaît qu'il ne tiendra pas ses engagements globaux en matière de prélèvements fiscaux et sociaux. Il lui demande s'il confirme que l'engagement présidentiel ne sera pas tenu, s'il confirme qu'il s'est donc agi pendant la campagne électorale d'un énorme mensonge fiscal ou s'il a une autre explication crédible à fournir pour cet intéressant constat.
Voir la questionAssemblée nationale
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