1ère séance : Questions au Gouvernement; Commémoration de tous les morts pour la france (Vote solennel)
Assemblée Nationale
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Eure (4ème circonscription)
Mandat en cours

Socialiste, radical, citoyen et divers gauche
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Voir le document Voir le dossier législatifIntervention en réunion de commission
Mardi 17 janvier 2012 - Séance de 16 h 45
Intervention en réunion de commission
Mardi 10 janvier 2012 - Séance de 17 h 00
Intervention en séance publique
M. François Loncle interroge M. le ministre de la culture et de la communication sur la désignation arbitraire des dirigeants de certaines grandes institutions culturelles. Imposée par le Président de la République, la nomination d'une conseillère politique de l'Élysée à la présidence de l'établissement public du château de Versailles suscite une grande perplexité. Dans son discours de candidature à l'élection présidentielle, en janvier 2007, le futur chef de l'État annonçait l'avènement d'une « démocratie irréprochable » où les nominations se décideraient « en fonction des compétences » et non « en fonction des connivences et des amitiés ». Il proposait même de soumettre à l'Assemblée nationale l'attribution de « certains postes ». Il semble donc que la direction de Versailles, mais aussi celle de la Villa Médicis, des Archives de France ou de l'Institut du monde arabe, n'appartiennent pas à cette catégorie particulière. Il souhaite connaître les « compétences extraordinaires » que l'ancienne conseillère politique du Président de la République peut faire valoir pour diriger le château de Versailles. Quelles sont ses lettres de noblesse qui la prédisposeraient à régner sur le château de Louis XIV ? Suffit-il d'avoir dirigé la rédaction d'un hebdomadaire politique et de côtoyer un chef d'État pour acquérir l'expérience nécessaire à la gestion d'une importante administration culturelle ? Exigeant une formation, des diplômes et des qualifications spécifiques, le métier de conservateur peut-il être exercé par une journaliste, même de droite ? Il aimerait savoir si les prestigieuses institutions culturelles appartiennent au domaine réservé du Président de la République qui en userait comme bon lui semble pour récompenser ses serviteurs et ses courtisans. Il souhaite qu'il lui indique si d'autres parachutages spectaculaires se produiront avant les prochaines échéances électorales parmi le personnel de l'Élysée ou au sein du Gouvernement, si le conseiller à la communication du chef de l'État prendra bientôt la tête de France Télévisions, si son conseiller spécial dirigera l'ENA, si le ministre de l'intérieur sera casé à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, si le secrétaire d'État chargé du commerce, de l'artisanat, des PME, du tourisme, des services, des professions libérales et de la consommation se verra attribuer le château de Voltaire à Ferney.
Voir la questionM. François Loncle attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés, sur les implications juridiques de l'article 133 de la loi n° 2009-526 du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures. En effet, dans un arrêt rendu le 16 février 2011, la Cour de cassation a mis en exergue la dépénalisation du délit d'abandon de famille inscrit à l'article 227-3 du code pénal modifié par le texte de la loi suscitée. L'arrêt relève que « le non-paiement d'une prestation compensatoire allouée par un jugement de divorce échappe désormais aux prévisions de l'article 227-3 du code pénal ». Avant l'entrée en vigueur de la loi, le code pénal réprimait le non-paiement des pensions alimentaires dans tous les cas de figure, se référant en particulier aux articles du code civil relatifs au mariage, au divorce, à la filiation. Sous couvert de simplification du droit, la loi du 12 mai 2009 a supprimé la référence à tous ces articles du code civil, ne maintenant que la référence à l'autorité parentale. Les contributions aux charges du mariage, les pensions alimentaires et prestations compensatoires sont dorénavant exclues de la pénalisation. C'est ce que la Cour de cassation relève comme suit : « l'article 133, III, de la loi du 12 mai 2009, a remplacé, au premier alinéa de l'article 227-3 du code pénal, les références aux titres V, VI, VII, et VIII du livre premier du code civil par la seule référence au titre IX du livre premier du même code, lequel ne concerne que l'autorité parentale ; il s'ensuit que le non paiement d'une prestation compensatoire échappe désormais aux prévisions de l'article 227-3 du code pénal ». Il lui demande donc de bien vouloir réintroduire d'urgence dans la loi la pénalisation du non-paiement des pensions alimentaires et prestations compensatoires et de prendre des mesures en faveur des personnes ayant eu à plaider pendant la période transitoire.
Voir la questionM. François Loncle attire l'attention de M. le ministre auprès de la ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, chargé de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, sur le fait qu'au cours des prochaines années, les traditionnels boîtiers EDF devraient être remplacés par 35 millions de « compteurs électriques communiquants » baptisés Linky et déjà expérimentés dans quelques localités françaises. Imposé par une directive européenne aux États-membres de l'UE, ce compteur Linky vise à favoriser les économies d'énergie. Cette nouvelle installation soulève, cependant, des interrogations. Son coût est évalué à 4 milliards d'euros censés être pris en charge par ERDF qui est la filiale d'EDF s'occupant de la distribution d'électricité en France. Les pouvoirs publics ont assuré que « la fabrication et l'installation du compteur ne seront pas facturés au consommateur d'électricité ». Or les frais supplémentaires d'ERDF seront couverts par le tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité (Turpe) qui, lui, est acquitté par tout consommateur. C'est pourquoi il lui demande de lui confirmer que l'abonné n'aura pas, d'une manière ou d'une autre, à payer le coût d'installation de ces nouveaux appareils, estimé entre 120 et 240 euros. Il souhaite aussi savoir pourquoi le compteur Linky affiche uniquement le volume de consommation d'électricité et n'indique pas la dépense en euros. Il aimerait enfin connaître les résultats des expérimentations réalisées en Indre-et-Loire et dans le Rhône et il lui demande quel est l'impact de l'installation de ces compteurs, d'une part, sur la consommation d'électricité dans ces deux départements et, d'autre part, sur la facture des usagers.
Voir la questionM. François Loncle attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur la crise libyenne qui a mis en évidence de profondes divergences au sein de l'Union européenne et a révélé au grand jour la cruelle absence de toute défense européenne. Un an après sa mise en application, le traité de Lisbonne a fait la triste démonstration de ses limites en matière de politique étrangère et de sécurité. Ce traité a créé un service européen d'action extérieure fort de 5 000 fonctionnaires et dirigé par une haute représentante qui a également à sa disposition un état-major militaire et une cellule de gestion de crise. Tout ce dispositif humain et matériel s'est distingué par une insigne incurie, alors que l'affaire libyenne offrait à l'Europe de la défense une opportunité de se manifester et de se profiler, d'autant plus que les États-unis choisissaient de demeurer en retrait. Il s'agissait d'un test majeur qu'il convenait de réussir. Or la « politique de sécurité et de défense commune » a lamentablement échoué. La haute représentante se fait principalement remarquer par le fait qu'elle demeure incompétente, invisible, inaudible, inefficace. L'Union européenne a étalé ouvertement ses désaccords : les États membres ont été incapables de définir une ligne politique cohérente, se partageant entre les partisans d'une intervention, les abstentionnistes et les opposants. Même les pays les plus engagés, notamment la France et le Royaume-uni, n'ont pas été en mesure de mobiliser des moyens suffisants et adéquats pour conduire des opérations militaires et ont été contraints de recourir aux capacités de l'OTAN. Le projet d'opération humanitaire de l'UE, baptisée Eufor Libya et destinée à aider la population de Misrata, a encore accru les divergences européennes. C'est pourquoi il lui demande d'expliciter les contradictions de la politique européenne de la France. En annonçant en mars 2009 le retour de notre pays dans le commandement intégré de l'OTAN, le président de la République avait proclamé son ambition de créer une véritable défense européenne. Il voudrait savoir pourquoi la France n'a, en l'occurrence, pris aucune initiative depuis deux ans pour que l'Union européenne se dote de capacités militaires. Il souhaite également connaître les raisons pour lesquelles la France a, dans l'affaire libyenne, ignoré superbement les procédures de concertation prévues par le traité de Lisbonne et a plutôt cherché à se mettre en avant, au lieu de privilégier un consensus européen.
Voir la questionM. François Loncle à M. le ministre auprès de la ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, chargé de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, sur la divulgation par WikiLeaks de plus de 250 000 documents du département d'État américain suscite, dans le monde entier, un très vif intérêt et provoque aussi des polémiques quant à son opportunité. En tout cas, cette masse d'archives très récentes fournit maints renseignements sur les objectifs et les modalités de la diplomatie poursuivie par les États-unis. Elle éclaire de nombreuses facettes des affaires internationales. Chaque citoyen peut directement appréhender certains aspects de la politique extérieure contemporaine de la première puissance mondiale. Tout en appelant au sens de responsabilité les médias qui publient ces documents, il le prie de prendre toutes les mesures nécessaires pour que cesse le boycottage des sites français hébergeant WikiLeaks, dans la mesure où aucune action judiciaire n'a été engagée contre WikiLeaks, aussi bien aux États-unis qu'en Europe, et que WikiLeaks ne contrevient pas, en France, aux dispositions de la loi informatique et libertés. Il lui demande de condamner la chasse aux internautes, qui est l'apanage de régimes répressifs, et de défendre la liberté d'information.
Voir la questionM. François Loncle attire l'attention de M. le Premier ministre sur le fait que le Président de la République aime se déplacer régulièrement à l'étranger, soit pour entreprendre une visite officielle soit pour participer à des réunions internationales. Ces voyages lui sont certainement très profitables et instructifs, car ils ouvrent de nouveaux horizons, permettent d'appréhender d'autres réalités, d'approfondir ses connaissances géographiques, historiques et culturelles. Néanmoins, l'attitude du chef de l'État doit être exempte de tout reproche, car il fait figure, aux yeux des populations étrangères, de premier ambassadeur de la France. C'est souvent à travers sa personne qu'est jugé notre pays. C'est pourquoi il lui demande de veiller au comportement du Président de la République à l'étranger, afin que celui-ci n'oublie pas la dignité qui sied à sa fonction. Il insiste notamment sur le respect par le Président de la République d'un principe de décence auquel ses cinq prédécesseurs n'ont jamais dérogé, à savoir : ne jamais aborder à l'extérieur des questions de politique intérieure. Or le Président de la République ne cesse, au cours de conférences de presse ou de déclarations publiques, de multiplier les références à des affaires domestiques, voire évoquer des scandales internes qui ne concernent nullement les Portugais, les Coréens ou les Américains lorsqu'il se trouve dans leur pays. Il souhaite également qu'il rappelle au Président de la République qu'il doit manifester la plus élémentaire courtoisie à l'égard de ses hôtes étrangers, en évitant d'arriver en retard aux réunions internationales, en ne partant pas prématurément, en respectant les traditions culinaires des pays visités, en ne paraissant pas s'ennuyer lors des cérémonies officielles, en n'ayant pas des altercations ou des gestes inappropriés à l'égard de ses homologues auprès desquels il risque de passer pour « impulsif », « susceptible » ou « autoritaire ». Il en va de la réputation de la France.
Voir la questionM. François Loncle attire l'attention de M. le secrétaire d'État chargé des affaires européennes sur le soutien financier de l'Union européenne à la recherche en matière de techniques sécuritaires. Elle apporte notamment une contribution importante au projet « Indect » qui, coordonné par la Pologne, mobilise 17 universités et entreprises de notre continent. Ce projet vise au développement de systèmes de reconnaissance visuelle automatique des objets et des individus. En dehors des problèmes techniques qu'il soulève, ce projet pose des questions éthiques, dans la mesure où il risque de mettre en place un vaste système de surveillance de la population. Il tente ainsi de définir des modèles comportementaux, afin de pouvoir repérer d'éventuels suspects. Dans ce but a été adressé à plusieurs centaines de policiers polonais un questionnaire leur demandant, par exemple, de préciser comment se reconnaît un voleur, un dealer, un drogué, un pédophile, un terroriste, un hooligan. Il lui demande de lui indiquer si le Gouvernement français ou des institutions françaises participent, d'une manière ou d'une autre, à ce programme. Il souhaite obtenir des détails sur l'état d'avancement de ce projet et savoir si celui-ci sera installé dans notre pays. Il voudrait enfin connaître les garanties qui sont prévues pour protéger le droit des personnes et la vie privée.
Voir la questionM. François Loncle interroge M. le ministre de la défense sur le porte-avions Charles-de-Gaulle. Depuis sa mise en service en mai 2001, le porte-avions Charles-de-Gaulle ne cesse de défrayer la chronique, en raison de ses pannes à répétition. Embarquant 1 950 marins et 30 aéronefs, ce navire de surface à propulsion nucléaire - le seul à jamais n'avoir été construit en Europe occidentale où il est aussi le plus grand vaisseau lancé depuis un demi-siècle - devait être le fleuron de la marine nationale. Or sa carrière, récente, constitue une accumulation de déboires. Alors qu'il avait déjà coûté 3 milliards d'euros, il a fallu effectuer une rallonge pour augmenter la surface du pont d'envol. Quelques mois avant son lancement, l'hélice de bâbord se brise. Cinq mois après sa mise à l'eau, des taux anormalement élevés de radioactivité sont enregistrés et des vibrations près de l'hélice tribord rendent inhabitables la poupe. Puis, la présence de gaz toxique provoque l'évanouissement de deux marins. Outre la trop grande opacité des vitres de la passerelle, des condenseurs usés prématurément, une peinture trop corrosive, des électropompes en surchauffe et des presses de frein des catapultes défectueuses, ce porte-avions nécessite un entretien plus long et plus onéreux que prévu, ce qui a des implications graves pour la défense de la France et les engagements de celle-ci sur des théâtres d'opérations extérieurs. À peine remis en service après dix-huit mois d'indisponibilité pour entretien et réparation (IPER), le Charles-de-Gaulle est presque aussitôt arrêté, en mars 2009, en raison d'un défaut de conception sur la ligne d'arbre, comme l'avait alors relevé un rapport parlementaire. Dernier incident en date de cette longue litanie, c'est, le 13 octobre 2010, le dysfonctionnement d'une soupape de sécurité du circuit de propulsion arrière qui a contraint le porte-avions à retourner à son port d'attache de Toulon où il est immobilisé pour plusieurs semaines, ce qui lui interdit, une fois de plus, de remplir sa mission de quatre mois dans l'Océan indien. Depuis son grand carénage, le Charles-de-Gaulle n'a navigué que 234 jours, ce qui paraît bien peu par rapport à son budget de fabrication, d'exploitation et de réparation. Il lui demande si une évaluation globale, aussi bien financière que technique, de la mise en service de ce porte-avions a été effectuée, si des mesures ont été prises pour remédier aux multiples pannes l'affectant et si des sanctions ont été prises à l'égard des responsables de ce programme. Il voudrait également connaître, dans le détail, les coûts supplémentaires occasionnés par ces fréquentes réparations et savoir à la charge de quel budget ils ont été imputés, cela probablement au détriment d'autres investissements majeurs.
Voir la questionM. François Loncle attire l'attention de M. le secrétaire d'État chargé des affaires européennes sur la redondance de certaines institutions européennes. Depuis 2007, l'Union européenne s'est dotée à Vienne d'une Agence des droits fondamentaux dont il est légitime de contester l'utilité, dans la mesure où elle fait doublon avec le Conseil de l'Europe, première organisation européenne fondée en 1949 et regroupant 47 États. La création de cette agence a aussitôt alimenté les craintes sur les risques de « chevauchement » avec l'action accomplie par le Conseil de l'Europe qui détient en l'occurrence une expertise et une expérience irremplaçables. Comme cette agence a tendance à s'étendre et à empiéter sur les attributions du Conseil de l'Europe, une divergence d'interprétation des normes européennes concernant les droits de l'Homme devient de plus en plus vraisemblable, au risque d'entraîner un affaiblissement de la protection des individus. Il le prie de veiller à ce que soit garantie la primauté du Conseil de l'Europe en matière des droits de l'Homme et que celle-ci soit clairement reconnue par l'Agence des droits fondamentaux. Il lui demande enfin de fournir des précisions sur les moyens financiers et humains dont bénéficie cette agence, ainsi que sur les procédures existantes pour évaluer son travail.
Voir la questionM. François Loncle attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, sur les hausses tarifaires de l'électricité consécutives à l'adoption en ses termes actuels de la loi portant nouvelle organisation du marché de l'électricité (loi NOME). En effet, depuis déjà plusieurs années, l'augmentation des prix de l'électricité pèse sur les entreprises. Ainsi en 2009, les tarifs moyens ont progressé de près de 10 %, soit deux fois plus que prévu. Cette hausse s'est accompagnée d'une dégradation des relations commerciales entre EDF et certains de ses clients. L'article 4 de la loi prévoit que les PMI ayant recours au tarif transitoire d'ajustement au marché de l'électricité (Tartam) ne pourront proroger leur contrat au-delà du 31 décembre 2010, ce qui entraînera pour elles une augmentation des tarifs de 20 %. L'alignement progressif prévu jusqu'en 2015 des tarifs réglementés sur le prix du Tartam, prévu au même article, aura pour conséquence d'augmenter les prix de 20 % à 30 % pour la plupart des entreprises. Ces dispositions ne sont pas compatibles avec la santé économique de nos PME-PMI. C'est pourquoi il lui demande d'intégrer à la loi le calcul transparent du coût de l'électricité nucléaire et de pérenniser les tarifs réglementés pour l'ensemble des entreprises.
Voir la questionM. François Loncle indique à M. le ministre de l'éducation nationale que l'actuel Président de la République française semble éprouver maintes difficultés à pratiquer la langue française. Il multiplie les fautes de langage, ignorant trop souvent la grammaire, malmenant le vocabulaire et la syntaxe, omettant les accords. Lorsqu'il s'exprime en public, le Président de la République croit judicieux de maltraiter, volontairement ou involontairement, la langue française et il s'aventure parfois à employer des termes et formulations vulgaires. Afin de remédier sans délai à ces atteintes à la culture de notre pays et à sa réputation dans le monde, il lui demande de bien vouloir prendre toutes les dispositions nécessaires pour permettre au Président de la République de s'exprimer au niveau de dignité et de correction qu'exige sa fonction.
Voir la questionM. François Loncle attire l'attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur le projet gouvernemental de remise en cause du décret d'actes infirmiers. Cette décision, si elle était prise dans le cadre du vote de la loi « Patient Territoire Santé », conduirait à une déréglementation de la profession et ouvrirait l'exercice de certains actes à des personnels moins qualifiés et non diplômés. Il ne s'agit pas, pour les représentants des infirmiers, de figer la profession mais de la faire évoluer dans le respect élémentaire des règles de dialogue et de concertation avec les acteurs de la santé. La démographie sanitaire exige de réelles réformes et une meilleure coopération entre les professions réglementées, mais les mesures ne pourront pallier au problème de fond si elles sont imposées aux professionnels et aux patients dans l'urgence et sans concertation. Aussi il lui demande de retirer cet article du texte qui sera présenté au Parlement à la rentrée et de poursuivre les discussions générales entamées avec les représentants des infirmiers avant toute décision imposée sur ce dossier.
Voir la questionM. François Loncle attire l'attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse et des sports sur les problèmes d'accès aux soins relevés dans notre système de santé par l'association Médecins du monde, forte de ses vingt ans d'expérience et de ses 120 programmes dans vingt-huit de nos villes. Ainsi, restreignant l'esprit d'universalité de la couverture maladie universelle pour l'accès aux soins des plus démunis, la loi a réservé l'aide médicale d'État (AME) aux seules personnes en situation irrégulière. Cela entraîne non seulement des retards de soins, mais aussi des refus de soins de la part des médecins. En 1998, la loi contre les exclusions prévoyait la création de 500 permanences d'accès aux soins (PASS) dans les hôpitaux pour garantir l'accès aux soins des plus démunis. Depuis, 369 PASS ont été effectivement créées, et parmi celles-ci une centaine seulement répond aux critères d'accessibilité et de fonctionnement prévus par les circulaires. Par ailleurs, deux lois, de 1998 et de 2004, prévoient la protection dans un délai inférieur à un mois de tous les enfants exposés au risque de saturnisme dans les logements insalubres. Aujourd'hui, la majorité des enfants exposés (estimés à 85 000) ne sont ni repérés ni dépistés, et quand ils le sont les mesures de protection restent le plus souvent lettre morte ou leur mise en oeuvre prend plusieurs années. En outre, depuis 1993, les lois, décrets et circulaires visant à renforcer le contrôle de l'immigration se sont multipliés, jusqu'à aboutir ces dernières années à une véritable chasse aux sorcières des personnes sans papiers, qui peuvent se faire arrêter jusque dans les hôpitaux. Des étrangers gravement malades se font expulser vers des pays où ils ne peuvent se faire soigner, au mépris des lois qui les protègent. Un autre problème concerne les personnes atteintes de pathologies psychiatriques graves, vivant dans la rue et n'ayant pas accès aux soins. Leur nombre ne cesse d'augmenter (on estime à 25 % les sans-abris atteints). Les structures existantes, débordées et inadaptées aux besoins spécifiques de ces populations, ne sont plus capables de les suivre. Cette impuissance conduit à remettre dans la rue de nombreux malades mentaux, sans ressources et sans aucune possibilité de suivi médical. C'est pourquoi, soutenant les propositions de Médecins du monde, il lui demande de tout mettre en oeuvre pour créer un seul système de couverture maladie pour toutes les personnes résidant en France et vivant en dessous du seuil de pauvreté, et donc d'intégrer l'AME dans la CMU ; pour donner aux hôpitaux les moyens d'accueillir et de prendre en charge tous les malades, en particulier les plus démunis en ouvrant une permanence d'accès aux soins dans chaque hôpital ; pour lancer une campagne nationale de dépistage et de protection immédiate des enfants intoxiqués au plomb ; pour répondre aux besoins en santé mentale des personnes sans abri en développant des unités mobiles de psychiatrie et en donnant les moyens à la psychiatrie publique de les accueillir ; pour garantir aux étrangers gravement malades et ne pouvant accéder aux soins dans leur pays d'origine la non-expulsion, la régularisation et l'accès aux soins sans restriction.
Voir la questionM. François Loncle attire l'attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse et des sports sur l'évolution des dépenses des établissements publics et privés de santé en 2006 figurant au rapport de la commission des comptes de la sécurité sociale. Ce rapport fait en effet apparaître très clairement que les crédits destinés aux établissements publics ont été de 190 millions inférieurs à l'ONDAM prévu initialement dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Dans le même temps, les dépenses relatives aux cliniques privées ont été de 170 millions supérieures aux objectifs initiaux. Depuis 2005, les hôpitaux publics et les établissements commerciaux étant financés sur une enveloppe unique « établissements de santé », toute diminution de dépenses d'un secteur s'effectue au profit de l'autre. Ce transfert de crédit ne peut s'expliquer par une augmentation de part de marché du secteur privé dans la mesure où l'activité des hôpitaux est elle-même en progression. Par ailleurs, aucune étude ne montre une dégradation de l'état de santé de la population. Les dépenses du secteur privé ont donc bel et bien dérapé au détriment du financement du secteur public. Alors que les établissements publics sont confrontés depuis plusieurs années à un sous-financement chronique, on ne peut accepter ce transfert de financement vers le secteur privé qui n'a pas les mêmes missions et obligations de service public. Aussi il lui demande si ces chiffres ne devraient pas la mener à prendre d'urgence des mesures appropriées pour éviter le dérapage des dépenses du secteur privé et rééquilibrer l'ONDAM « établissements de santé » au bénéfice du service public de la santé.
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