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Le Guide de la visite

du Palais Bourbon et de l'Hôtel de Lassay

L'HISTOIRE RÉSUMÉE DU PALAIS BOURBON

L'HISTOIRE RÉSUMÉE DE L'HÔTEL DE LASSAY

LA VISITE DU PALAIS BOURBON ET DE L'HÔTEL DE LASSAY :

- La Rotonde d'Alechinsky
- La Galerie des fêtes
- Galerie Morny, dite Galerie des tapisseries
- Hôtel de Lassay
- Salon du départ
- Salon des éléments
- Grand salon (ou salon de la musique)
- Salon des saisons
- Salon des jeux
- Vestibule central
- Salle à manger
- Salle des pas perdus (ou salon de la paix)
- Salle des Quatre colonnes
- Salon Delacroix ou salon du Roi
- Salon Casimir Perier
- Cour d'Honneur
- Sphère commémorant la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
- Salon Pujol
- Corridor Pujol
- Vestibule de la Bibliothèque
- Bibliothèque
- Salle des Conférences
- Corridor de liaison jouxtant la salle des séances
- La Salle des séances ou l'Hémicycle
- La Salle Empire
- La Salle des Gardes dite « Fosse aux Lions »

L'HISTOIRE RÉSUMÉE DU PALAIS BOURBON

La demeure princière
Le Palais Bourbon et l'Hôtel de Lassay furent édifiés de 1722 à 1728 pour Louise-Françoise de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan et épouse du petit-fils du Grand Condé, sur des terrains que lui aurait conseillé d'acheter son « ami » Armand de Madaillan de Lesparre, marquis de Lassay.

De la Révolution à l'Empire
Confisqué comme bien d'émigré et déclaré propriété de la Nation en 1791, le palais « ci-devant Bourbon » allait être affecté à divers services de l'administration militaire, puis à la commission des Travaux publics et à l'Ecole centrale des travaux publics, future École polytechnique.
La Constitution de l'an III instituait le bicamérisme. Un décret de la Convention du 18 septembre 1795 affectait le Palais-Bourbon au Conseil des Cinq-Cents.
Les architectes Jacques-Pierre Gisors et Emmanuel-Chérubin Leconte aménagèrent une salle des séances en forme d'hémicycle que le Conseil des Cinq-Cents inaugura le 21 janvier 1798. Le bureau du Président et la tribune de l'orateur datent de cette époque.
Pour masquer le détestable effet que produisait le comble de la salle des séances au-dessus d'un palais du XVIIIe siècle, les questeurs firent présenter à l'Empereur en 1806 un projet de façade du côté du pont de la Concorde, conçu par Bernard Poyet.

De la Restauration à la Deuxième République
Avec la Restauration, le prince de Condé voulut récupérer son bien. Ce fut facile pour l'Hôtel de Lassay qui avait conservé un usage d'habitation ; ce fut impossible pour le Palais-Bourbon qui restait « provisoirement affecté à la Chambre des députés ». Le prince dut se résigner à le louer à la Chambre par un bail de trois ans, passé le 16 avril 1816, pour 142.000 francs.
Après sa mort en 1818, son fils, Louis-Joseph-Henri, duc de Bourbon, estimant que le « provisoire » avait assez duré, refusa de reconduire le bail. A la suite de longues et difficiles discussions, il consentit à vendre à l'Etat la partie occupée par la Chambre au prix de 5 250 000 francs par contrat passé le 22 juillet 1827.
Dès 1824, la salle des séances était dans un état alarmant. En 1826, elle menaçait ruine. L'année suivante, Jules de Joly présenta son plan : reconstruction de la salle des séances, aménagement de trois salons pris sur la cour d'honneur et installation d'une grande bibliothèque dont la décoration fut confiée à Delacroix. Les députés prirent possession du nouvel hémicycle le 22 novembre 1832 et l'occupent encore aujourd'hui presque dans le même état.
Quelques modifications furent apportées à la grande façade : le sculpteur Corrot a représenté au fronton La France sur son trône, entre la Force et la Justice appelant à elles toutes les élites pour concourir à la confection des lois : deux bas-reliefs furent sculptés, l'un représentant Les arts par Pradier, l'autre L'instruction publique par Rude.
Après la mort du duc de Bourbon, l'Hôtel de Lassay fut acheté le 14 avril 1843. La même année, Jules de Joly entreprit des travaux d'aménagement qui consistaient à l'exhausser d'un étage pour y installer les appartements privés du Président et construire une véritable galerie de communication avec le Palais-Bourbon.

De la Troisième République à nos jours
Pendant la guerre de 1870, l'Assemblée quitta Paris pour aller provisoirement à Bordeaux, avant de s'installer à Versailles. Ce n'est qu'en 1879 qu'elle reprit possession du Palais-Bourbon. Pendant l'Occupation, le palais fut réquisitionné par divers services de l'administration nazie et le 25 août 1944, alors que la division Leclerc assiégeait le palais, un incendie éclata dans les réserves de la bibliothèque et détruisit 25 000 volumes.

 LA VISITE DU PALAIS BOURBON ET DE L'HÔTEL DE LASSAY

ROTONDE D'ALECHINSKY


Les fresques de la rotonde, point de contact entre le Palais-Bourbon, la Galerie des fêtes et l'Hôtel de Lassay, ont été exécutées par Pierre Alechinsky en 1992, à la demande du Président de l'Assemblée. Elles s'articulent autour du thème défini par l'inscription du poète Jean Tardieu : « les hommes cherchent la lumière dans un jardin fragile où frissonnent les couleurs. »

LA GALERIE DES FÊTES

A l'origine, le Palais-Bourbon et l'Hôtel de Lassay sont séparés par une prairie ; dès 1799, une modeste galerie en bois réunit les deux édifices. En 1845, l'architecte Jules de Joly entreprend la construction de la Galerie des Fêtes, habile transition entre les XVIIIe et XIXe siècles, entre Présidence et Assemblée.
Cinq larges fenêtres ouvrent sur le jardin de la Présidence à droite ; à gauche, par autant de baies, la salle communique avec la Galerie des Tapisseries, ajoutée en 1860 par le duc de Morny. Avec ses peintures de François-Joseph Heim, ses tentures rouges et ses ors, elle mérite bien d'accueillir depuis des décennies les invités illustres de l'Assemblée.

GALERIE MORNY DITE GALERIE DES TAPISSERIES

« Beaucoup d'amateurs possèdent des tableaux, quelques-uns ont un cabinet, bien peu une galerie [...] La galerie, c'est le musée au petit pied d'un amateur de qualité. M. le duc de Morny a une galerie. Cette galerie, dont l'inauguration fut marquée par un bal somptueux en mai 1861, renfermait une cinquantaine de tableaux des plus grands maîtres des écoles flamande, italienne, espagnole et française, mais aussi des sculptures et de précieux objets d'art. La vente publique, après la mort de Morny, représenta plusieurs millions de francs. Les toiles furent remplacées grâce aux réserves du musée du Luxembourg. Après le retour des chambres à Paris en 1879, on y accrocha six tapisseries de la manufacture de Beauvais et trois des Gobelins.

L'HISTOIRE RÉSUMÉE DE L'HÔTEL DE LASSAY

Louise-Françoise, « légitimée de France », fille de Louis XIV et de Mme de Montespan, avait épousé Louis, Duc de Bourbon, petit-fils du Grand Condé. Veuve à trente-sept ans, elle se lia à Armand de Madaillan de Lesparre, Marquis de Lassay. Le Marquis de Lassay avait acquis une portion de terrain sur la rive gauche en 1719 et persuada la Duchesse de Bourbon d'y faire construire un palais dans le goût du Grand Trianon ; il avait posé une simple condition : « je demanderai aux architectes quelques moments perdus pour élever furtivement auprès du Palais-Bourbon, un hôtel petit, simple, modeste dont le mérite sera pourtant de rappeler, comme le strass donne l'idée du véritable diamant, le séjour de ma princesse ».
Les travaux commencèrent en 1722. Lassay avait choisi l'architecte Giardini ; mort la même année, il fut remplacé par Cailleteau, dit Lassurance, qui devait décéder deux ans plus tard. Jean Aubert pris la succession. La construction était terminée en 1728.
A la différence du Palais-Bourbon, l'Hôtel de Lassay ne comprenait qu'un seul corps, sans ailes ; il était précédé, non pas d'une cour d'honneur, mais d'une longue avenue, plantée de marronniers et bordée de bâtiments -à droite, cuisines et communes, à gauche, écuries et remises- et se terminant par une simple cour.
On entrait dans l'Hôtel par un vestibule qui s'ouvrait sur un grand salon donnant sur la terrasse du côté de la Seine. A droite et à gauche, les appartements étaient composés de quatre chambres principales, avec antichambres et cabinets particuliers. Le joyau était la grande galerie qui occupait toute la profondeur, c'est-à-dire onze mètres, et dans laquelle Lassay exposait sa précieuse collection de toiles des écoles Flamande, italienne et espagnole.
A la mort du Marquis en 1738, son fils -qui aurait été aussi l'amant de la Duchesse !- hérita de l'Hôtel. Sa veuve, qui ne l'habitait pas, le donna à son petit neveu, Louis-Léon de Brancas, comte de Lauraguais, auquel le Prince de Condé, qui occupait le Palais de sa grand-mère, la racheta pour en faire son « château ». Il y fit exécuter d'importants travaux de décoration intérieure, notamment dans la grande galerie qu'il consacra à la gloire du Grand Condé.
Bien qu'il ait émigré dès le 18 juillet 1789, Condé faisait encore procéder à des travaux en 1790.
Tous ses biens furent confisqués en 1791 et l'Hôtel de Lassay fut affecté, en 1794, à l'Ecole centrale des travaux publics, future Ecole polytechnique. La grande galerie fut transformée en amphithéâtre et plus salons en salle de classe.
Condé récupéra l'Hôtel à son retour d'émigration et le loua à la représentation nationale. Celle-ci put l'acquérir en 1843, le Conseil de tutelle du Duc d'Aumale ayant décidé de le vendre. L'Hôtel de Lassay, après d'importants travaux et notamment l'exhaussement d'un étage devient alors la résidence du Président de l'Assemblée nationale.

SALON DU DÉPART

Sous l'Ancien régime, comme sous la Restauration, ce salon a toujours été un cabinet de travail. Aujourd'hui, il est ainsi désigné parce que le Président part de là pour se rendre dans l'hémicycle. Il examine auparavant les principaux points inscrits à l'ordre du jour. Au moyen de la sonnerie placée sur le bureau, l'ouverture imminente de la séance est annoncée dans l'enceinte du palais
Le président sort dans la grande galerie, précédé de deux huissiers, suivi du secrétaire général de l'Assemblée, et est accueilli à la rotonde par le commandant du détachement de la garde républicaine qui lui rend les honneurs. Heim a peint dans les dessus de porte La médiation, L'éloquence, La politique. La tapisserie des Gobelins, tissée dans l'atelier d'Audran à la fin du XVIIIe siècle, représente L'école d'Athènes d'après la peinture de Raphaël
La République
d'Aubé faisait partie d'un projet de monument qui devait être érigé à la gloire de l'Assemblée nationale constituante à Versailles pour le premier centenaire de la révolution française. Sur le piédestal de la colonne devait figurer la sculpture de Dalou représentant la séance du 23 juin 1789.
Le bureau qui porte la marque du mobilier du château de Versailles, avait été réquisitionné en 1794 pour le Comité de salut public. Les sièges de Grohé et le candélabre de Crozatier datent du milieu du XIXe siècle. Le tapis d'époque Louis XIV, fait partie d'une série de 93 exécutés par la manufacture de la Savonnerie pour la grande galerie du Louvre.

SALON DES ÉLÉMENTS

Salon des

Situé à l'emplacement d'une chambre à coucher au XVIIIe siècle, puis d'une salle de billard sous la Restauration, ce salon doit son nom aux dessus de porte peints par Heim et représentant Le feu, L'eau, L'air et les sciences, La terre et les arts du feu. Les meubles de Grohé et la cheminée de Seguin sont du XIXe siècle.
Le groupe des Trois grâces, fondu par Barbedienne, est une reproduction d'une partie du monument funéraire d'Henri II par Germain Pilon

GRAND SALON

Grand salon

Jules de Joly n'a pas modifié les proportions de cette pièce qui, sous l'Ancien régime et sous la Restauration, fut toujours le Grand salon. Les dessus de porte de Heim évoquent Le concert, Le concert champêtre, La lecture, La danse et une allégorie de la Paix
Comme dans les précédents, les meubles de Grohé, la cheminée de Seguin, les candélabres et la pendule, non signés, sont du XIXe siècle.

SALON DES SAISONS

Salon des saisons

Le thème des dessus de porte de Heim a donné son nom à ce salon dont le mobilier et les sculptures sont du XIXe siècle.

SALON DES JEUX

Salon des jeux

Ce salon occupe une partie de la fameuse galerie dans laquelle le marquis de Lassay avait exposé sa collection de tableaux des écoles flamandes, italienne et espagnol.
Au XVIIIe siècle, le prince l'avait consacrée à la gloire du Grand Condé et décorée de quatre tableaux représentants les batailles de Rocroi et de Nordlingen, par Le Paon, de Fribourg et de Lens, par Casanova. Il doit aujourd'hui son nom aux dessus de porte de Heim dans lesquels sont représentés Le jeu de boules, La main chaude, L'escarpolette, Le saut de mouton, Colin-maillard, Le volant.
Dans ce salon, tous les mardis, se réunit la Conférence des présidents, composée du Président, des vice-présidents, des présidents de commission permanente, des présidents de groupe et du ministre chargé des relations avec le Parlement, afin d'établir l'ordre du jour de l'Assemblée pour la semaine en cours et les deux suivantes.

VESTIBULE CENTRAL



Depuis l'origine jusqu'à nos jours, l'hôtel de Lassay a conservé son entrée par le vestibule central précédé d'un large perron et emmarchement, autrefois sur plan circulaire. Le décor actuel résulte d'une écriture, par le sculpteur Guibert en 1770, de trophées en bas-reliefs dans les partitions architecturales conservées d'arcature entre pilastres et niches d'imposte. Le vestibule est la seule pièce qui n'ait pas été remaniée dans son volume par les grands travaux du XIXe siècle.

SALLE À MANGER

Au début du XVIIIe siècle, l'actuelle grande salle à manger était divisée en deux pièces égales : une chambre vers l'Est et une antichambre ouvrant sur le vestibule.
En 1772 , Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, fait supprimer le cloisonnement entre ces deux pièces pour y aménager la salle à manger, éclairée par deux baies centrales, sur un plan ovale ménageant une coursive au nord. Le « ciel » du plafond en décaissé est dû au peintre Deruelle.
Des éléments de décor du XVIIIe siècle ont été conservés, complétés ou copiés : bustes de femme en gaine portant girandole, dessus de porte.

SALLE DES PAS PERDUS (ou salon de la paix)

Les deux bronzes (Paetus et Arria, et Laocoon) qui ornent la salle proviennent du château de Marly. A l'ouverture de la première séance de l'après-midi, pour se rendre dans l'hémicycle, le Président de l'Assemblée traverse le salon de la Paix, au son des tambours, entre une double haie de gardes républicains et en présence du public qui montera ensuite dans les tribunes de l'hémicycle assister à la séance publique. Ce lieu a conservé l'aspect qui était le sien à l'époque de Louis-Philippe. Le motif central du plafond, oeuvre d'Horace Vernet, symbolise la Paix ; les deux sujets à gauche et à droite représentent les génies de la vapeur sur terre et sur mer. Cette salle est l'une des plus empruntées du Palais, les journalistes peuvent y circuler et rencontrer les parlementaires.

Horace Vernet et les peintures de la salle des Pas Perdus

Au tiers du XIXe siècle, le Palais-Bourbon est en grand chantier : l'ancien hémicycle des architectes Gisors et Leconte, remanié par Poyet, a été démoli en 1829. Le roi Louis-Philippe a prêté serment, en 1830, dans une salle provisoire, cependant que l'architecte Jules de Joly entreprend la construction d'une nouvelle salle des Séances, des salons attenants et de la bibliothèque.
L'accueil enthousiaste fait aux décors peints par Eugène Delacroix dans le salon du Roi encourage l'État à poursuivre une politique de commande aux artistes les plus reconnus du temps.
Peintre quasi officiel de Louis-Philippe (en 1827, il a déjà réalisé pour le Louvre une composition murale), Horace Vernet est en 1838 chargé de la décoration peinte du plafond de la salle des pas perdus, tandis que sont attribuées à François-Joseph Heim celle de la salle des Conférences, à Abel de Pujol celle de la salle de la Distribution, et à Delacroix celle de la grandiose bibliothèque. Les voussures de la salle des pas perdus sont réalisées en partie avec l'aide d'un élève. Partageant son temps entre cette oeuvre et les grandes commandes du Roi pour la suite des « Batailles » au Château de Versailles, Horace Vernet n'achèvera les travaux qu'en janvier 1847. Les critiques ne seront pas enthousiastes, reprochant au peintre « le désagréable accouplement de certaines allégories mythologiques avec ce que la science et l'industrie modernes ont de plus matériel et de plus tangible ». Laissons le peintre se défendre lui-même : « Depuis longtemps, je fais de vains efforts pour accoutumer les yeux à une innovation qui ramènerait la vérité, et qui, sans changer la poésie de l'Ecriture, lui apporterait au contraire des ressources nouvelles (...) Suis-je ou non dans le vrai ? A cet égard, ma conviction est entière, et je suis persuadé que plus on examinera les motifs de ma croyance, plus elle fera de prosélytes ».
La restauration des toiles et peintures murales d'Horace Vernet a été l'une des priorités du programme décennal adopté par l'Assemblée nationale en 1996 pour sauvegarder le patrimoine national.

SALLE DES QUATRE COLONNES

Cette salle doit son nom à son architecture caractéristique. Les parlementaires la traversent pour aller des salles de réunion vers l'hémicycle, à l'est, empruntant le couloir de liaison jouxtant la cour d'honneur et conduisant à la bibliothèque. Dans une niche a été placée une statue en marbre de la République sculptée par Armand Martial en hommage aux morts de 1939. Précédemment la place était occupée par une statue de Montesquieu désormais placée dans le jardin des Quatre Colonnes. Au mur, en face de la République, une table de marbre porte les noms des députés morts pour la France pendant la guerre de 1914-18. L'ensemble, dont la partie supérieure est ornée du coq gaulois et le centre d'une main de justice, surmontant le faisceau de lances, sur lequel s'accrochent une épée et des guirlandes de feuilles de chêne, est dû à Constant-Ambroise Roux. Dans chacun des angles de la salle se trouvent des statues de Brutus, Solon, Lycurgue et Caton d'Utique. Ces statues ornaient, avec deux autres placées dans le vestibule de la bibliothèque mais détruite dans un incendie en 1961, la salle du Conseil des Cinq-cents avant la reconstruction de la salle des séances. Comme la salle des Pas Perdus, la salle des Quatre Colonnes est un lieu de rencontre entre journalistes et députés et la coutume veut qu'une entrevue entre un homme politique et un journaliste ne soit jamais interrompue par un tiers. De part et d'autre du passage vers l'hémicycle, on peut voir, à droite, le buste d'Albert de Mun et à gauche, celui de Jean Jaurès. Dans le jardin qui conduit à l'Hôtel de Lassay, on aperçoit la statue de Charles de Montesquieu.

SALON DELACROIX (ou salon du ROI)

Le peintre Eugène Delacroix fut choisi en 1834 par Adolphe Thiers, alors ministre de l'intérieur, pour décorer ce lieu conçu par Jules de Joly, architecte de la Chambre des députés.
Ce choix suscita quelques remous mais très rapidement, on assistait au retournement de l'opinion, séduite par cette réalisation remarquable. On peut voir au plafond et sur la frise voisine la représentation des thèmes de la Justice, de la Guerre, de l'Industrie et de l'Agriculture.
Sur les pilastres sont personnifiés les mers et les fleuves de France : l'Océan, la Méditerranée, la Seine, le Rhône, la Garonne, la Saône, la Loire et le Rhin. Autrefois, le Roi Louis-Philippe venait officiellement ouvrir les sessions de l'Assemblée dans ce salon et siégeait sur un trône installé dans la niche en arrondi, usage auquel la République a évidemment mis fin. Aujourd'hui, en raison de sa situation par rapport à l'hémicycle, le salon Delacroix est emprunté par les députés siégeant à gauche.

SALON CASIMIR PERIER

Les éléments de bronze, qui la décorent, ont donné son nom à la porte monumentale de ce salon : la porte de bronze. Ce métal sacré, symbole d'invulnérabilité et d'immortalité, dont la résonance amplifie vers l'extérieur les paroles qui lui parviennent, magnifie, comme dans l'Antiquité, l'entrée du vestibule du temple des lois, par laquelle arrivent aujourd'hui les ministres.
Au-dessus de cette porte et en face, les tympans, sculptés par Triquetti, inscrits chacun dans un fronton semi-circulaire entouré d'une guirlande de feuilles d'acanthe et de feuillages, figurent la Loi vengeresse et la Loi protectrice.
Au fond, le bas-relief du sculpteur Dalou représente la fameuse séance du 23 juin 1789 au cours de laquelle Mirabeau lança la célèbre apostrophe : « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes ». Fondu en bronze d'un seul jet par Gonon pour commémorer le centième anniversaire de la Révolution, il pèse 3 tonnes 7, mesure 6 mètres 50 sur 2 mètres 30 et comporte 67 figures dont 50 en haut relief. Les niches abritent les statues de Mirabeau, de Bailly, de Portalis, de Tronchet, du général Foy et de Casimir Perier.



Mirabeau


Bailly


Portalis


Tronchet


Le général Foy


Casimir Perier

COUR D'HONNEUR

La Cour d'Honneur de l'Assemblée nationale, mise à part ses proportions, n'a plus grand chose à voir avec celle du Palais de la Duchesse de Bourbon.
Les bâtiments qui l'entourent, remaniés en 1830 par Jules de Joly dans l'esprit néoclassique, censé symboliser l'idéal de justice et d'équilibre venant présider aux travaux de l'Assemblée, furent ensuite surélevés d'un étage.

Sphère commémorant la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen

Cour d'Honneur

La sphère monolithe de granit noir des droits de l'homme, oeuvre de Walter de Maria, placée en 1989 en haut des rampes du fer à cheval, commémore le bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Inaugurée le 11 décembre 1990, cette sculpture répond à l'esprit de 1789 qui prônait « les formes pures au service de la Patrie ».
Des parterres de verdures ont heureusement remplacé les voitures qui y stationnaient et qui disposent maintenant de trois sous-sols de parking sous la Cour d'Honneur .

SALON PUJOL

Ce salon, symétrique du salon Delacroix, est l'oeuvre d'Abel de Pujol qui l'a décoré en trompe-l'oeil. Les peintures traitées en grisaille représentent les capitulaires de Charlemagne, la loi salique et la charte de 1830. En raison de sa situation par rapport à l'hémicycle, les députés siégeant à droite ont coutume de s'y rencontrer. Autour des quatre tables rondes - comme autour de celles du salon Delacroix - au cours de chaque suspension de séance, les députés se regroupent, rencontrent leurs secrétariats, les membres des cabinets des ministres. C'est le moment des ultimes négociations, de la mise au point des derniers amendements et de la version définitive des textes qui seront soumis à l'Assemblée.

CORRIDOR PUJOL

Le passage entre le salon Pujol et le vestibule de la Bibliothèque a été réaménagé. Au mur un tableau signé d'Olivier Debré intitulé « Les Tilleuls ».

VESTIBULE DE LA BIBLIOTHÈQUE

Cette grande pièce, symétrique à la Salle des Quatre-colonnes, était autrefois un vestibule du Palais du prince de Condé. Elle a servi tout au long de l'histoire à différents usages et a reçu de ce fait de nombreuses décorations et plusieurs appellations successives (vestiaires des députés, salle des Distributions, Salle des Drapeaux, Salon Mazeppa). Actuellement ses vitrines présentent deux intéressantes collections : les bustes de Daumier et les bustes de Marianne. Deux oeuvres complètent sa décoration : un tableau de René Rousseau-Decelle (1881-1964) intitulé « Une séance à la chambre (ou Jaurès à la tribune) » et un tableau de Charles Louis Lucien Muller (seconde moitié du XIXe siècle) représentant « Lanjuinais à la tribune de la Convention, agressé par les Montagnards et défendu par les Girondins le 2 juin 1793 ».

BIBLIOTHÈQUE

Conçue en 1830 par l'architecte Jules de Joly, à qui l'on doit également l'hémicycle et les trois salons attenants, la bibliothèque est célèbre pour ses plafonds peints par Eugène Delacroix entre 1838 et 1847.
A chaque cul-de-four, les deux grandes peintures représentent respectivement Orphée, porteur d'avenir, enseignant aux Grecs les arts de la paix, et Attila, porteur de mort, ravageant l'Italie et les arts. Les cinq coupoles rappellent les classifications adoptées dans les bibliothèques et illustrent les activités de l'esprit : la législation au centre, la philosophie et la théologie de part et d'autre, la science et la poésie aux extrémités.
Riche de 700 000 volumes, dont 70 000 dans cette salle même, la bibliothèque possède des pièces rares comme l'exemplaire original du procès de Jeanne d'Arc (celui de l'évêque Cauchon), le manuscrit de la Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau, un manuscrit illustré aztèque, une Constitution annotée par Maximilien Robespierre, etc ...
Lieu de travail pour les députés, les fonctionnaires de l'Assemblée et les collaborateurs des groupes ou des députés, la bibliothèque est ouverte, sur autorisation, aux chercheurs spécialisés.

SALLE DES CONFÉRENCES

Construite par Jules de Joly à l'emplacement de la salle à manger du Prince de Condé, elle a été décorée en 1839 par François-Joseph Heim. La cheminée d'Antonin Moine est surmontée d'un buste de la République de Clésinger. Deux tapisseries illustrent des épisodes de l'Illiade : l'une, « Briséis rendue à Achille », a été tissée à Bruxelles d'après des cartons de Rubens, l'autre, « la colère d'Achille », est un excellent exemple des productions de la Manufacture des Gobelins au XVIIIe siècle. La décoration de la salle est complétée par cinq tableaux, représentants le Président Molé pendant la Fronde, Thiers proclamé libérateur du territoire, les portraits d'Aristide Briand, de Léon Gambetta et d'Henri Brisson, une statue d'Henri IV, réplique en plâtre du bronze du sculpteur Raggi et quatre bustes de Alphonse de Lamartine, Dupont de l'Eure, Louis-Eugène Cavaignac et Ernest Picard.
Dans cette salle, lieu de lecture et de correspondance réservé aux parlementaires, se trouve le « piano », meuble constitué de casiers au nom des députés qui peuvent ainsi y trouver leurs messages.

COULOIR DE LIAISON JOUXTANT LA SALLE DES SÉANCES

L'accès aux deux entrées de l'hémicycle se fait par ce couloir qui, longeant les salons Pujol, Casimir Perier et Delacroix, relie la Salle des Conférence à la Salle des Pas perdus.
Autour de l'entrée gauche de l'hémicycle sont accrochés, un tableau de 1849 intitulé La Marseillaise et représentant Rouget de l'Isle chantant pour la première fois la Marseillaise chez Dietrich, Maire de Strasbourg, et trois figures et allégories de la République dont deux sont signées de Thomas Couture (1815-1879) et d'Hippolyte Flandrin (1809-1864).
L'entrée droite de l'hémicycle est encadrée par une allégorie de la République de Pierre Nicolas Legrand de Lérant (1758-1829) qui figurerait la République écrasant les privilèges ou le triomphe de la déesse Raison et un portrait, peint par Jean-Louis Laneuville en 1798, de Jean-Baptiste Desmolin (1751-1843), député du Gers et membre du Conseil des Cinq-Cents, en costume officiel de député dessiné par David.

LA SALLE DES SÉANCES OU L'HÉMICYCLE

Construite entre 1828 et 1832 par Jules de Joly, l'actuelle salle des Séances remplace le premier hémicycle conçu par Gisors et Leconte pour le Conseil des Cinq-Cents. Jules de Joly conservera le parti d'origine en maintenant un plan en hémicycle ainsi que les colonnades. Le fauteuil du Président, décoré par Lemot et Michallon, ainsi que le bas-relief de la tribune de l'orateur, dû également à Lemot, datent du Conseil des Cinq-Cents. L'Histoire y est représentée écrivant les hauts faits proclamés par la Renommée. La tapisserie a été tissée aux Gobelins d'après une fresque de Raphaël, « L'École d'Athènes », que l'on peut voir au Vatican.
Dans les niches, deux statues de Pradier représentent la liberté et l'ordre public. Chacun des 577 députés a son siège numéroté dans les travées aux côtés de ses collègues membres du groupe politique auquel il appartient, à la gauche ou à la droite du Président selon les groupes. Devant chaque place de député se trouve le petit clavier de commande du vote électronique. Les deux premiers rangs des deux travées centrales accueillent les membres du Gouvernement, accompagnés, lors des débats techniques, de leurs collaborateurs (les commissaires du Gouvernement).

LA SALLE EMPIRE ET LA SALLE DES GARDES

Dirigeons-nous, à présent, vers la salle Empire et la salle des Gardes....
La salle Empire, en réalité le salon de l'Empereur, date de la construction de la façade monumentale. Napoléon y revêtait les insignes impériaux avant la séance d'ouverture de la session. Par la suite, seul Louis XVIII l'utilisa plusieurs fois à l'occasion du même événement.
Les peintures « indiquant les victoires remportées » ont été restaurées en 1970. Cette salle est désormais affectée aux journalistes parlementaires.
La salle des Gardes ou « Fosse aux lions » a perdu tout son décor d'origine. Elle abrite cependant deux tableaux qui ornaient l'ancienne salle des Conférences : la mort de Socrate par Peyron, Oedipe et Antigone par Thévenin.
La chasse aux lions par Andrieu est une copie d'un tableau de Delacroix. Sainte-Clotilde demande à Dieu la guérison de son fils par Duvidal de Montferrier est un bel exemple de la peinture troubadour. Le degré de 29 marches, conçu non seulement pour donner à la façade « un style noble », mais aussi pour la rendre visible de la place de la Concorde au-dessus du pont, constituait l'entrée solennelle et principale de l'Assemblée. Cet accès fut peu à peu abandonné après la Révolution de 1848 quand les grilles furent posées, mais celles-ci n'empêchèrent pas les citoyens de manifester leur joie lors de la proclamation de la République le 4 septembre 1870.

L'Assemblée nationale vous remercie de votre visite et espère vous accueillir prochainement.

Voir aussi :

L'histoire du Palais Bourbon et de l'Hôtel de Lassay

Un palais pour la démocratie

La place du Palais Bourbon

Les peintures de Delacroix dans le salon du roi

Les peintures de Delacroix à la Bibliothèque

Voir aussi la rubrique Rubrique Les députés Rubrique Connaissance de l'Assemblée nationale Rubrique Juniors Rubrique Archives de la XIème législature