- Texte visé : Proposition de loi visant à garantir un revenu mensuel à tout nouveau retraité dès l’entrée en jouissance de la pension de retraite, n° 1725
- Stade de lecture : 1ère lecture (1ère assemblée saisie)
- Examiné par : Commission des affaires sociales
Sous réserve de son traitement par les services de l'Assemblée nationale et de sa recevabilité
I.- A l'alinéa 2 après le mot "provisoire" rédiger ainsi la fin de l'alinéa "et ce jusqu'au traitement de son dossier. Le montant de la pension est au moins égal au seuil de pauvreté. Cette pension ne peut donner lieu à la réclamation d'indus."
II.- Gage
Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise vise à relever le montant de la pension provisoire au seuil de pauvreté et à garantir qu'elle ne puisse pas donner lieu à la réclamation d’indus.
Alors que les retards de traitement des dossiers concernent des dizaines de milliers de dossiers chaque année, qu’il faut compter entre 4 et 6 mois en moyenne pour que les services des caisses de retraite traitent un dossier et que le ministère du travail affirmait en réponse à une question écrite que seuls 59% des dossiers de pensions de réversion étaient traités en moins de 90 jours et 81% en moins de 180 jours il est nécessaire de garantir une pension provisoire pour éviter les ruptures de ressources.
Ces délais de traitement peuvent entrainer des situations de grande pauvreté contre lesquelles il est fondamental de lutter. Cependant l'alignement de cette pension provisoire à la baisse sur une allocation inférieure au seuil de pauvreté, l'Aspa, dont le montant maximum mensuel est fixé à 1043,59€ et inférieur au seuil de pauvreté fixé à 1288€, n'est pas souhaitable. Cela pourrait plonger dans une situation de privation financière, matérielle et sociale l'ensemble des retraités pouvant bénéficier d'une pension provisoire. L’Aspa en tant que minima social est un revenu de subsistance qui permet tout juste à ses allocataires de vivre.
Ce relèvement de la pension provisoire ne doit pas entrainer pour les nouveaux retraités dont la pension définitive serait inférieure au seuil de pauvreté la réclamation d’indus qui pourrait les mettre dans une situation de vulnérabilité financière importante. En effet, des personnes ayant anticipé leur départ, déposé leur demande dans les temps avec un dossier complet pourront tout de même se retrouver à rembourser des indus alors même que le retard de traitement du dossier ne leur est pas imputable.
Pourtant le surendettement engendre un stress important, une baisse du pouvoir d’achat et une vulnérabilité financière face aux imprévus. Il entraine de fait une réduction des ressources des personnes concernées alors qu’il s’agira ici de retraités aux pensions particulièrement faibles.
C’est pourquoi cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise vise à relever le montant de la pension provisoire au seuil de pauvreté et à garantir qu'elle ne puisse pas donner lieu à la réclamation d’indus.