- Texte visé : Projet de loi de finances pour 2026, n° 1906
- Stade de lecture : 1ère lecture (1ère assemblée saisie)
- Examiné par : Assemblée nationale (séance publique)
Après le chapitre X quater du titre II de la première partie du livre Ier du code général des impôts, il est inséré un chapitre X quinquies ainsi rédigé :
« Chapitre X quinquies
« Taxe sur l’expérimentation animale
« Art. 302 bis WH – I. – Tout établissement qui utilise des animaux vivants aux fins d’expérimentation dans des procédures de recherches scientifiques ou éducatives s’acquitte d’une taxe au profit de l’État.
« II. – Le fait générateur de cette taxe est constitué par l’utilisation d’un animal, quel qu’il soit, dans le cadre d’une procédure scientifique ou éducative.
« III. – Le montant de cette taxe est de 50 euros par animal utilisé. Le montant est doublé pour chaque utilisation du même animal.
« IV. – Un décret pris en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent article. »
Cet amendement vise à limiter l’utilisation d’animaux
dans les expériences de recherche, et limiter le transport international d’animaux à cettemême fin.
La réglementation européenne relative à l’expérimentation animale et notamment la
directive 2010/63/UE du 22 septembre 2010, n’a pas eu les effets escomptés de réduction,
de remplacement et de raffinement de l’utilisation des animaux à des fins scientifiques et
éducatives en France.
La France fait en effet partie des moins bons élèves de l’Union européenne sur le sujet
(avec l’Allemagne et le Royaume-Uni), alors même que la directive 2010/63/UE se veut
une « étape importante vers la réalisation de l’objectif final que constitue le
remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants à des fins
scientifiques et éducatives ».
D’après les statistiques annuelles publiées par le ministère de l’Enseignement supérieur et
de la Recherche, le nombre d’animaux utilisés à des fins de recherche ne diminue que très
marginalement. Ce nombre a même augmenté pour certaines espèces comme les chiens.
Pourtant de nombreuses méthodes alternatives existent, souvent plus prédictives, plus
robustes et plus sûres statistiquement, tout en étant moins coûteuses. Il s’agit donc d’aider
le modèle français à s’affranchir du modèle de recherche animal, puisque les animaux
sont utilisés dans la majorité des procédures.
Cet amendement vise à inciter à une réelle transition vers un modèle de recherche nonanimal.
En instaurant une taxe de 50 euros par animal utilisé dans le cadre d’une
procédure de recherche scientifique ou éducative, il est ainsi proposé d’inviter les
laboratoires de recherche à se tourner vers des solutions non-animales.
Le fruit de cette taxe pourra notamment être utilisé pour créer un fonds destiné à assurer
une retraite paisible aux animaux utilisés dans le cadre de procédures de recherches
scientifiques ou éducatives.