- Texte visé : Projet de loi de finances pour 2026, n° 1906
- Stade de lecture : 1ère lecture (1ère assemblée saisie)
- Examiné par : Assemblée nationale (séance publique)
- Mission visée : Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales
Sous réserve de son traitement par les services de l'Assemblée nationale et de sa recevabilité
Modifier ainsi les autorisations d'engagement :
| (en euros) | ||
| Programmes | + | - |
| Compétitivité et durabilité de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt | 0 | 0 |
| Sécurité et qualité sanitaires de l'alimentation | 100 000 000 | 0 |
| Conduite et pilotage des politiques de l'agriculture | 0 | 100 000 000 |
| Allègements du coût du travail en agriculture (TODE-AG) | 0 | 0 |
| TOTAUX | 100 000 000 | 100 000 000 |
| SOLDE | 0 | |
Contamination des milieux aquatiques, des sols, de l'air, empoisonnement des pollinisateurs, les conséquences environnementales de l’usage des pesticides sont majeures. Les agriculteurs sont les premières victimes de l’utilisation de produits phytosanitaires : un tiers de leurs cancers serait dû à l'usage des pesticides. La transition vers des systèmes agricoles plus économes en produits phytosanitaires est devenue aujourd’hui un enjeu stratégique pour notre souveraineté alimentaire, pour la santé publique et pour la préservation de la biodiversité.
Cette transition ne pourra réussir qu’en s’appuyant sur la recherche, l’innovation et l’accompagnement concret de nos agriculteurs, qui sont les premiers concernés et souvent les premiers engagés et qui, partout sur nos territoires, montrent une réelle volonté de faire évoluer leurs pratiques lorsque des solutions fiables, efficaces et soutenables leur sont proposées.
Depuis quinze ans, les différents programmes visant à réduire l’usage des pesticides ont permis des avancées, mais peinent encore à se traduire par une diffusion à grande échelle des pratiques alternatives. Ce constat tient notamment à un manque d’investissements suffisants dans la recherche publique, qu’elle soit fondamentale ou appliquée, et dans l’expérimentation au plus près des réalités de terrain. Les agriculteurs ne demandent qu’à être soutenus dans ces transitions : ils prennent des risques, adaptent leurs pratiques, innovent, et sont pleinement engagés dans la recherche de solutions durables.
Pour accélérer cette dynamique, il est indispensable d’investir davantage dans les leviers qui permettront demain de réduire notre dépendance aux pesticides chimiques : sélection variétale adaptée aux terroirs et au changement climatique, amélioration de la santé des sols, développement de méthodes de lutte biologique, optimisation des systèmes de culture, ou encore approfondissement des connaissances sur les dynamiques parasitaires. Ces travaux sont essentiels pour offrir aux exploitations des alternatives robustes, économiquement viables et opérationnelles.
Le présent amendement propose ainsi d’augmenter de 100 millions d’euros les crédits de la recherche publique sur les alternatives aux pesticides, en abondant le programme 206 « Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation ». Par coordination et conformément aux exigences de l’article 40 de la Constitution, il procède à une minoration technique des crédits du programme 215 "Conduite et pilotage des politiques de l'agriculture", dont nous demandons que le Gouvernement lève le gage.
Investir dans la recherche, c’est donner aux agriculteurs les moyens de réussir la transition agroécologique sans fragiliser leurs exploitations. C’est faire le choix d’une agriculture française innovante, compétitive et résiliente.