Fabrication de la liasse

Amendement n°CF2085

Déposé le mercredi 7 janvier 2026
Discuté
Non soutenu
(vendredi 9 janvier 2026)
Photo de monsieur le député Peio Dufau

Peio Dufau

Membre du groupe Socialistes et apparentés

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Photo de madame la députée Colette Capdevielle

Colette Capdevielle

Membre du groupe Socialistes et apparentés

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Photo de monsieur le député Inaki Echaniz

Inaki Echaniz

Membre du groupe Socialistes et apparentés

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Photo de monsieur le député Michel Castellani

Michel Castellani

Membre du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires

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Photo de monsieur le député Paul-André Colombani

Paul-André Colombani

Membre du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires

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Photo de monsieur le député Denis Fégné

Denis Fégné

Membre du groupe Socialistes et apparentés

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Photo de monsieur le député Paul Molac

Paul Molac

Membre du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires

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Modifier ainsi les autorisations d'engagement et les crédits de paiement :

(en euros)
Programmes+-
Patrimoines00
Création00
Transmission des savoirs et démocratisation de la culture60 0000
Soutien aux politiques du ministère de la culture060 000
TOTAUX60 00060 000
SOLDE0
Exposé sommaire

Le présent amendement propose d’augmenter la contribution du ministère de la Culture à l’Office

Public de la Langue Basque de 60 000 euros.

Le présent amendement s’inscrit dans une série de 3 amendements qui visent à renforcer la

contribution de l’État à l’Office Public de la Langue Basque par un abondement total de 200 000

euros répartis entre différents programmes contributeurs, portant ainsi le financement total de l’État

à 1 160 000 euros.

Les langues régionales constituent un élément essentiel du patrimoine de la France (art. 75-1 de la

Constitution). Leur préservation relève d’une responsabilité partagée entre l’État et les collectivités

territoriales. La langue basque, parlée par environ 20 % de la population du Pays Basque nord,

demeure aujourd’hui dans une situation critique car en dessous du seuil de 30 % de locuteurs que

l’UNESCO définit comme indispensable à la survie d’une langue.

Depuis la création de l’Office Public de la Langue Basque (OPLB) en 2004 — groupement d’intérêt

public réunissant l’État, la Région Nouvelle-Aquitaine, le Département des Pyrénées-Atlantiques et

la Communauté d’Agglomération du Pays Basque — une dynamique positive s’est enclenchée. En

effet, le projet de politique linguistique adopté à l’unanimité de ses membres en 2006 a pour

objectif de former des locuteurs bilingues complets, à savoir, des personnes maîtrisant parfaitement

les langues française et basque.

Les études sociolinguistiques montrent que, pour la première fois, alors que la population augmente,

la perte de locuteurs est enrayée.

Grâce à l’action coordonnée avec les acteurs qui œuvrent pour la revitalisation de la langue basque,

la transmission de la langue a progressé : les réseaux scolaires bilingues et immersifs se sont

développés dans l’enseignement public, privé et associatif, jusqu’à concerner aujourd’hui un enfant

sur deux en maternelle.

La société basque manifeste également une forte demande pour l’apprentissage et l’usage de la

langue, dans la vie publique et le monde professionnel. Une enquête réalisée par l’IFOP en 2025

confirme ce désir collectif : la grande majorité des habitants du Pays Basque (91%), mais aussi une

part importante de l’opinion publique française (77%) sont favorables à la « reconnaissance

officielle » de l'euskara. Cette attente sociétale renforce la légitimité d’une politique publique

ambitieuse et concertée.

La mission parlementaire conduite par les sénateurs Max Brisson et Karine Daniel a rappelé la

fragilité persistante des langues régionales et la nécessité d’un engagement financier renforcé pour

garantir la pérennité de ces patrimoines vivants et l’accès à leur enseignement.

Afin de franchir une nouvelle étape, qualitative et quantitative et d’atteindre l’objectif de 30 % de

locuteurs bascophones d’ici 2050, l’OPLB et ses membres ont élaboré en 2023 une projection

budgétaire détaillée, chiffrant à 2,6 millions d’euros supplémentaires par an les besoins minimaux,

soit 650 000 € par membre.

Or, malgré ce diagnostic partagé, l’État n’a annoncé qu’une hausse de 100 000 € de sa participation,

ne couvrant même pas l’inflation, très en deçà des besoins réels. Cette incapacité à répondre aux

besoins identifiés met en péril les progrès réalisés depuis vingt ans, fragilise les acteurs locaux et

menace le consensus politique et social bâti autour de la revitalisation linguistique.

L’État doit être conscient du rôle moteur qui doit être le sien dans le renforcement de la politique

linguistique en faveur de la langue basque. Conforter sa part dans le budget de l'Office constitue un

investissement stratégique pour la diversité linguistique et culturelle de l’Hexagone, ainsi qu’un

gage d’équité territoriale, en appui des efforts conséquents également déjà assumés par les

collectivités locales.

Pour respecter les règles de recevabilité, nous proposons de redéployer 60 000 euros en

autorisations d’engagement et crédits de paiement dévolus à l’action n° 7 « Fonctions de soutien du

ministère » du programme 224 « Soutien aux politiques du ministère de la culture » pour les

affecter au bénéfice de l’action n° 3 « Langue française et langues de France » portée par le

programme 361 « Transmission des savoirs et démocratisation de la culture ». Néanmoins, cette

compensation vise seulement à respecter les règles de recevabilité budgétaire et nous demandons au

gouvernement d'effectuer l'abondement de crédits qui s'impose.