- Texte visé : Texte de la commission sur le projet de loi, après engagement de la procédure accélérée, relatif à la protection des enfants, (n°2841 rectifié et lettre rectificative n°, 3000)., n° 3018-A0
- Stade de lecture : 1ère lecture (1ère assemblée saisie)
- Examiné par : Assemblée nationale (séance publique)
Compléter l’alinéa 3 par la phrase suivante :
« Lorsque l’audition du mineur est réalisée par un officier de police judiciaire, elle est confiée, dans toute la mesure du possible, à un officier de police judiciaire spécialement formé au recueil de la parole des enfants victimes et aux conséquences psychotraumatiques des violences, notamment sexuelles. »
Le présent amendement vise à garantir que, lorsque l'audition d'un mineur intervient dans le cadre de la procédure d'ordonnance de protection de l'enfant et qu'elle est réalisée par un officier de police judiciaire, elle soit confiée, dans toute la mesure du possible, à un officier spécialement formé au recueil de la parole des enfants victimes et aux conséquences psychotraumatiques des violences, notamment sexuelles.
Les violences subies par les enfants, en particulier lorsqu'elles sont sexuelles, incestueuses ou commises dans un contexte d'emprise, entraînent des conséquences psychotraumatiques susceptibles d'altérer leur capacité à relater les faits de manière linéaire ou spontanée. Une audition inadaptée peut conduire à une sous-évaluation du danger, compromettre l'évaluation de la situation de l'enfant et accroître son traumatisme.
Les recommandations de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) soulignent l'importance d'un recueil de la parole adapté aux besoins spécifiques des enfants victimes. De nombreux professionnels de la protection de l'enfance et de la justice insistent également sur la nécessité de confier ces auditions à des enquêteurs disposant de compétences spécifiques.
Le présent amendement ne crée aucune nouvelle procédure ni aucune obligation générale de formation. Il prévoit uniquement que, lorsque cela est possible, l'audition soit confiée à un officier de police judiciaire déjà spécialement formé, afin d'améliorer la qualité du recueil de la parole de l'enfant et de renforcer l'effectivité de l'ordonnance de protection.
Cet amendement a été élaboré avec l'association Face à l'inceste.