XVe législature
Session ordinaire de 2018-2019

Séance du mardi 18 juin 2019

La parole est à M. Alexis Corbière. Monsieur le ministre de l’intérieur, je souhaite vous interroger sur la procédure constitutionnelle qui va durer neuf mois et permettre l’organisation d’un référendum sur la vente d’Aéroports de Paris. La barre démocratique est haute : il faut rassembler 4,7 millions de signatures. Pour les recueillir, vos services ont eu largement le temps de mettre en ligne un outil simple d’utilisation. Pourtant, dès le lancement de la plateforme en ligne, mercredi dernier, les bugs ont été innombrables. Et il aura fallu attendre plusieurs jours pour que vous promettiez d’améliorer les choses. Il a raison ! Malgré cela, dès le premier jour, 126 157 citoyens se sont inscrits, preuve d’un réel intérêt populaire. Il est désormais du devoir du Gouvernement de permettre de passer d’un droit formel à un droit réel. (Applaudissements sur les bancs des groupes FI et GDR ainsi que sur plusieurs bancs des groupes LR et SOC.)
Chaque citoyen doit prendre sa décision en conscience, c’est-à-dire en pleine connaissance de la procédure. Aussi, ceux qui n’ont pas accès à internet doivent pouvoir se rendre dans leur mairie pour signer la pétition.
 
Une campagne d’information doit être déployée. Vous avez su le faire à l’occasion du grand débat, dont la facture s’élève à 12 millions d’euros. « C’est le coût de la démocratie ! » avait déclaré le ministre Lecornu. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?
 
Pour le grand débat national, le Président de la République avait adressé une lettre à tous les Français, diffusée dans la presse écrite et sur les réseaux sociaux. Il a occupé des heures de direct sur les chaînes d’informations en continu, et s’est rendu aux quatre coins de la France. Cette fois-ci, qu’allez-vous demander à l’ensemble des médias, à commencer par le service public d’information ? Allez-vous susciter des débats télévisés et à travers le pays ? Il n’appartient pas seulement aux militants de l’opposition de faire vivre la démocratie, même s’ils le font.
 
D’ores et déjà, beaucoup d’initiatives citoyennes fleurissent, et je remercie les initiateurs du site signons.fr qui les répertorie. Des meetings sont prévus, notamment en Seine-Saint-Denis. Monsieur le ministre, je ne quémande aucune faveur, mais je souhaite que ce nouveau droit soit bien connu de tous. Pour l’instant, le compte n’y est pas. Que comptez-vous faire ?
(Applaudissements sur les bancs des groupes FI, GDR et SOC. – M. Thibault Bazin applaudit.)
  La parole est à M. le ministre de l’intérieur. Il est essentiel que chaque personne souhaitant apporter son soutien à cette proposition de loi, qui a rassemblé différents groupes, puisse le faire dans les meilleures conditions, conformément à ce que la loi organique du 6 décembre 2013 a prévu. Votre question me permet de rectifier un certain nombre de contre-vérités. C’est vous qui dites des contre-vérités ! Ainsi, la publication du nom du signataire dans un délai de cinq jours après la validation du soutien par le Conseil constitutionnel a été remise en cause. C’est pourtant une disposition obligatoire : en cela, le ministère de l’intérieur ne fait qu’appliquer la loi. Nous avons cependant fait en sorte que chaque page soit protégée par un système sécurisé pour éviter toute dérive. Nous avons ainsi veillé à ce que les chiffres publiés ce matin ne puissent conduire à la dénonciation de tel ou tel signataire au moyen de calculs faits par des robots.
Ensuite, la participation doit être large, comme vous le souhaitez. Il appartient à chacun de se prononcer. Nous avons veillé à ce que le site soit opérationnel dès jeudi matin, à partir de minuit. De fait, il fonctionne plutôt bien.
 
Ce n’est pas du tout opérationnel ! Contrairement à ce que vous affirmez, il n’a pas fallu attendre plusieurs jours pour que l’ensemble des difficultés soient résolues : elles l’ont été dans la journée, et elles continueront à l’être au fil de l’eau.
Monsieur le député, vous m’interrogez sur la diffusion de l’information : nous la souhaitons la plus large et la plus libre possible. Bien sûr, nous appliquerons ce que la loi a envisagé.
 
La loi n’envisage pas, elle impose ! Dans chaque mairie du chef-lieu de canton, la commune la plus peuplée, un ordinateur sera mis à disposition, mais aussi des fiches permettant de signer directement. Arrêtez ! C’est du pipeau ! Toutefois, rien n’empêche les autres mairies de France de donner aux citoyens la possibilité de consulter le site et d’apporter son soutien à leurs guichets. C’est le sens de la circulaire que nous avons envoyée.
Enfin, pour ceux qui n’ont pas accès au numérique, nous aurons prévu, par circulaire, un formulaire d’inscription qui permettra à chacun, s’il le souhaite, de s’inscrire, et aux mairies de retranscrire les votes sur internet.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – M. Bruno Fuchs applaudit également.)
 
La parole est à Mme Emmanuelle Anthoine. Ma question s’adresse à M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation. J’y associe mes collègues Fabrice Brun, Dino Cinieri et Michèle Victory.
Samedi dernier, le centre-est de la France a été frappé par de violents et dévastateurs orages de grêle, pluie et vent. M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation est d’ailleurs venu constater les dégâts, et je l’en remercie.
 
Où est-il aujourd’hui ? Les Drômois ont été lourdement affectés par ces intempéries. Nous déplorons quelques blessés, heureusement légers, des habitations endommagées, des voitures cabossées, des commerces et entreprises touchés. Nos concitoyens sont sinistrés, mais ils restent dignes. Dignes et solidaires.
Je tiens à saluer devant vous le travail remarquable de nos sapeurs-pompiers.
(Applaudissements sur tous les bancs.)
 
Le bilan de la catastrophe est dramatique. De nombreux bâtiments ont subi d’importants dégâts – des bâtiments publics et communaux, notamment des écoles, qui ne pourront rouvrir dans l’immédiat, mais aussi des bâtiments agricoles et de nombreuses serres.
 
Les agriculteurs ont, en effet, particulièrement souffert de cet orage. La plupart d’entre eux ne sont pas assurés, faute d’avoir pu payer les primes d’assurance, dont les tarifs ne cessent d’augmenter. Ils ont perdu leurs récoltes. De nombreux arbres fruitiers ont été endommagés, ce qui aura de graves conséquences pour la pérennité de leur activité. Nos agriculteurs sont les poumons de nos territoires, mais ils étouffent. Ils ont donc besoin que nous leur venions en aide.
 
M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation a affirmé qu’aucun agriculteur ne mettrait la clé sous la porte et qu’à ce phénomène exceptionnel devaient correspondre des mesures exceptionnelles de l’État.
 
Eh oui ! Or, pour que cette promesse soit tenable, l’État doit y consacrer des moyens. Le département de la Drôme et la région Auvergne-Rhône-Alpes vont apporter leur soutien aux agriculteurs. Très bien ! L’État aussi doit faire preuve de solidarité.
Au-delà de la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, le Gouvernement peut-il s’engager devant la représentation nationale à créer un fonds qui indemnisera intégralement les pertes subies, tant par les particuliers que par nos agriculteurs désemparés ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
  La parole est à M. le ministre de l’intérieur. Vous l’avez rappelé, le week-end dernier, des intempéries exceptionnelles ont frappé non seulement la Drôme, mais aussi un grand nombre de départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Comme vous, je tiens à remercier celles et ceux qui se sont immédiatement mobilisés, nos forces de sécurité intérieure, nos forces de sécurité civile et nos pompiers, qui ont tout de suite apporté aide et soutien partout où cela était nécessaire. Plusieurs milliers de sorties ont été enregistrées.
 
Quatre dispositifs ont d’ores et déjà été mis en place afin d’accompagner les victimes des différents sinistres que vous avez évoqués.
 
Les vents violents ont d’abord causé des dommages très lourds aux cultures. Je veux vous rappeler que ces dégâts relèvent du régime des calamités agricoles. Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, qui s’est rendu sur place, a rappelé que l’état de calamité agricole serait évidemment déclaré.
 
Et pour la grêle ? Mais cet état ne couvre pas tout. Effectivement, il ne touche pas les dégâts causés par la grêle – laissez-moi terminer, monsieur Cinieri, je vais y venir. Oh, ça va ! Vous avez également évoqué les dommages aux équipements structurants des collectivités. Dès qu’ils seront identifiés, ils seront éligibles aux dotations de solidarité. Nous veillerons à ce que l’État puisse agir en la matière, sous l’autorité des préfets et en lien avec les exécutifs locaux.
S’agissant des dégâts importants occasionnés par la grêle ou le vent, ils sont couverts par la garantie obligatoire « tempête, grêle, neige » à laquelle ont souscrit les particuliers et les entreprises sinistrés. Je rappelle que 70 % des agriculteurs français sont couverts par le régime des assurances. Ces dommages seront donc indemnisés par les assureurs.
 
Le quatrième niveau d’intervention correspond au régime de la catastrophe naturelle, qui permettra aussi de couvrir un certain nombre de sinistres identifiés – mais pas tous. Avec le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, qui se trouve actuellement au Luxembourg – c’est la raison pour laquelle je réponds à sa place –, et le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, nous avons demandé que le comité qui se prononce sur ce sujet se réunisse dès cet après-midi pour étudier les quatre-vingt-dix dossiers déjà déposés par les communes. Nous poursuivrons cette action le 9 juillet.
 
Merci de conclure, monsieur le ministre. Enfin, le ministre de l’agriculture et de l’alimentation a assuré que ses services porteront un suivi particulier à ce sujet. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.)
La parole est à Mme Fadila Khattabi. Madame la ministre du travail, vous venez de présenter aujourd’hui, aux côtés du Premier ministre, les grands axes de la réforme de l’assurance chômage. C’est une réforme nécessaire, dont il faut souligner la cohérence avec la réforme du dialogue social et de la formation professionnelle.
Oui, le Gouvernement a fait le choix courageux d’investir massivement dans les compétences en facilitant l’accès à la formation et à l’apprentissage, tout en donnant aux entreprises plus de souplesse pour embaucher via la réforme du code du travail.
 
Vous massacrez les entreprises du BTP ! Les premiers résultats sont là : le chômage baisse et a même atteint son plus bas niveau depuis dix ans. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LR et GDR.) Ainsi, 93 000 emplois ont été créés au premier trimestre, selon les derniers chiffres publiés par l’INSEE. Oui, nous sommes sur la bonne voie. La campagne des européennes est terminée ! Pour autant, malgré les réformes engagées depuis le début du quinquennat, il nous reste encore beaucoup à faire pour lutter contre le chômage de masse. En réformant notre système d’assurance chômage, nous continuons d’agir en faveur de la justice sociale. Arrêtez ! Nous le savons, il y a urgence. Les recours aux CDD de moins d’un mois ne cessent d’augmenter, faisant peser sur l’Unédic, déjà déficitaire de 38 milliards d’euros, un coût considérable. Cette réalité alarmante enferme des milliers de nos concitoyens dans la précarité. Face à ce constat, le Gouvernement a tenu un engagement fort en instaurant un système de bonus-malus pour les entreprises ayant recours aux contrats courts.
Parce que l’assurance chômage repose sur des droits mais également sur des devoirs, cette réforme doit s’accompagner d’une responsabilisation de tous les acteurs. Parce que l’assurance chômage doit rester un filet de sécurité tout en constituant un véritable tremplin vers l’emploi, la réforme du système doit passer par une réforme des dispositifs d’accompagnement.
 
Compte tenu des défis posés par cette réforme, pouvez-vous nous dire, madame la ministre, quels seront les nouveaux droits et les grands principes qui assureront l’équilibre et l’efficacité du nouveau système ?
(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.)
  La parole est à Mme la ministre du travail. Ce matin, avec le Premier ministre, nous avons reçu les partenaires sociaux... Ils sont tous contre ! …avant d’annoncer les grandes lignes et le détail de la réforme de l’assurance chômage, qui est le troisième pilier de la réforme du marché du travail. Après les ordonnances qui ont donné confiance aux PME pour recruter, après la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel qui visait à développer les compétences en encourageant l’apprentissage et la formation continue, nous nous attaquons donc maintenant à la réforme de l’assurance chômage. À quoi bon, puisqu’il suffit de « traverser la rue » ? Tout doit contribuer à vaincre le chômage de masse, ce mal terrible qui mine la France depuis trente ans et qui place de nombreuses personnes dans une situation de précarité et de vulnérabilité. Au moment même où l’emploi reprend et où les entreprises cherchent des compétences, les règles doivent s’adapter à ce nouveau contexte du marché du travail.
J’en viens aux grandes lignes de cette réforme, qui s’organise autour de quatre axes fondateurs.
 
Le premier axe est la lutte, et même la guerre contre la précarité excessive. Depuis une vingtaine d’années, nous voyons exploser le nombre de CDD et de contrats d’intérim en France.
 
C’est votre choix ! Aujourd’hui, 87 % des embauches se font en contrat très court et 70 % des CDD durent un mois ou moins. Un CDD sur trois couvre même un jour ou moins. C’est un facteur de précarisation absolue,… Pas votre faute ! …dont l’ampleur ne se justifie pas par des raisons économiques. C’est pourquoi nous instaurerons un système de bonus-malus et une taxation des CDD d’usage, les CDDU.
Deuxième axe de la réforme : personne ne doit gagner plus en entrant au chômage qu’en travaillant. Autrement dit, le travail doit toujours payer plus que le chômage. C’est du bon sens ! Nous allons donc modifier les règles qui ne vont pas dans ce sens-là.
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
 
Par ailleurs, nous ne devons laisser personne au bord du chemin. Nous avons donc besoin d’un accompagnement beaucoup plus précoce, beaucoup plus renforcé, beaucoup plus personnalisé de la part de Pôle emploi. Nous nous en donnerons les moyens. Nous agirons aussi dans tous les territoires, dans le cadre de la mobilisation régionale lancée par le Premier ministre, pour lever les freins liés, par exemple, à la garde des enfants ou à la mobilité.
 
Enfin, nous donnerons des droits nouveaux aux démissionnaires. Il sera désormais possible de démissionner pour réaliser un projet d’entreprise.
 
C’est une grande réforme, dont j’espère qu’elle contribuera à lutter contre le chômage.
(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.)
 
La parole est à Mme Huguette Bello. Monsieur le Premier ministre, depuis la libéralisation des marchés et la fin des quotas en octobre 2017, la production sucrière française est en crise. Cette crise risque de s’étendre très vite aux outre-mer, du fait non pas d’un actionnariat cupide, mais de la décision du Gouvernement qui, selon plusieurs sources, envisagerait de ne pas reconduire pour 2020 l’aide compensatoire mise en place pour tenir compte des surcoûts industriels de production.
Approuvée par l’Union européenne et s’élevant à 28 millions pour La Réunion et à 10 millions pour la Guadeloupe, cette compensation, versée aux industriels, a notamment pour objectif de neutraliser les effets de la suppression des quotas pour les planteurs. Malgré leurs divergences, industriels et planteurs s’accordent pour affirmer que la suppression de cette aide structurelle remettrait en cause le maintien même de la filière canne-sucre-rhum-énergie à La Réunion et des 18 300 emplois qu’elle représente.
 
Avec seulement deux usines et un niveau élevé d’innovations, les moyens de production ont en effet déjà atteint leur degré maximal d’optimisation. La fin de la compensation, c’est donc la mise à mort de cette filière.
 
Au moment où débute la campagne sucrière, il est urgent de ne pas laisser l’inquiétude se propager. Personne ne comprendrait une décision unilatérale du Gouvernement, qui contreviendrait à la fois aux engagements de l’État, aux principes exposés par la France à Bruxelles et aux déclarations de soutien du candidat Macron à La Réunion en mars 2017. Personne n’accepterait une telle prise de risques aux conséquences sociales, économiques et environnementales incalculables.
 
Ma question est donc très simple et, aussi, très grave : l’aide compensatoire structurelle de 38 millions figurera-t-elle bien dans le projet de loi de finances pour 2020 ?
(Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI. – Mme Justine Benin et M. Jean Lassalle applaudissent également.)
  Oui ou non ? La parole est à Mme la ministre des outre-mer. Voilà que les ministres viennent en chaussons, maintenant ! Les huissiers devraient l’expulser ! Madame la députée, permettez-moi d’excuser Didier Guillaume, qui est à Luxembourg, retenu au Conseil européen sur les questions agricoles et de la pêche.
Le secteur sucrier, vous l’avez rappelé, fait face, outre-mer comme en métropole, à une situation difficile, liée à la fois à la forte baisse du cours et au contexte de production excédentaire en Europe depuis la fin des quotas, ce qui pèse, bien évidemment, sur la rentabilité des principales entreprises.
 
Le Gouvernement est pleinement mobilisé aux côtés des planteurs, des salariés et des élus des bassins qui, aujourd’hui, sont affectés par cette situation difficile.
(Exclamations sur les bancs du groupe GDR.)
  Zéro mobilisation ! Aujourd’hui, 40 000 emplois sont concernés dans les deux territoires ultramarins que vous avez évoqués. Or le soutien financier est important, vous le savez, madame la députée : 69 millions d’euros au titre du POSEI – Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité – et 90 millions d’aides nationales par campagne sucrière, afin d’accompagner l’industrie, la logistique et les planteurs de canne eux-mêmes. De plus, depuis mai 2017 – c’est ce dont vous avez parlé –, une aide de 114 millions d’euros avait été ajoutée pour trois années, afin d’aider La Réunion et la Guadeloupe, à la suite de la fin des quotas sucriers.
Pour répondre à votre question sur le maintien de cette aide transitoire au-delà des trois années initialement prévues, sachez que le projet de loi de finances pour 2020 est en préparation et que ce sujet est, bien évidemment, débattu entre les différents ministères – faut-il renouveler cette aide à une transition ? Sachez que le Gouvernement est mobilisé, que cette question est au cœur des préoccupations du ministre de l’agriculture et au cœur des miennes, vous le savez.
(Exclamations sur les bancs du groupe GDR.)
  Pourquoi ne répondez-vous pas ? Vous aurez une réponse très rapidement. C’est oui ou c’est non ? Et la prochaine fois, mettez des chaussures !
La parole est à Mme Dominique David. Monsieur le ministre de l’économie et des finances, vendredi dernier, les ministres européens des finances se sont entendus sur la création d’un instrument budgétaire pour la convergence et la compétitivité. Les annonces sont ambitieuses : création d’un budget de la zone euro ; renforcement du mécanisme européen de stabilité ; création d’un filet de sécurité en cas de crise.
Vous avez salué une percée : je crois que le mot est juste. Dans une Europe où les voix des extrêmes résonnent avec toujours plus de force, il fallait battre en brèche les résistances pour poser les bases d’un futur budget européen. C’est ce que vous avez fait. Ce nouveau mécanisme vise à améliorer la compétitivité des États et à rapprocher leurs systèmes économiques à travers de grandes réformes structurelles. Certains dénoncent une politique des petits pas : or c’est un symbole aussi fort que la création de l’Eurogroupe il y a vingt ans.
 
Il faut toutefois aller plus loin. On sait la défiance qui règne aujourd’hui entre les pays du nord et les pays du sud de l’Europe sur la question du sérieux budgétaire et des politiques communes. Pourtant, nous payons tous le prix fort de nos divisions, face à l’hostilité grandissante des grandes puissances mondiales et à leurs politiques commerciales agressives.
 
Comment sortir de ces oppositions ? Comment unir nos forces pour affronter les grands défis qui nous attendent, environnemental, économique, social ? Ne nous trompons pas de combat : le monde ne nous attendra pas !
(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
  La parole est à M. le ministre de l’économie et des finances. Madame la députée, le Président de la République avait promis en 2017 que nous mettrions en place un budget pour la zone euro : eh bien nous aurons, effectivement, d’ici quelques mois, un budget de la zone euro. C’est la décision qui a été prise vendredi à cinq heures du matin par les dix-neuf États membres de la zone euro. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM. – Exclamations  sur les bancs des groupes GDR et FI.)
C’est une nouvelle promesse tenue par cette majorité vis-à-vis des Français.
 
Cet accord prévoit également la mise en place de lignes de précaution, en cas de crise financière, et d’un filet de sécurité – le fameux
backstop  : 60 milliards d’euros pour protéger les dépôts des épargnants français en cas de nouvelle crise financière. C’est une protection que l’Union européenne et la zone euro nous apportent.
 
Et les paradis fiscaux au sein de l’Union européenne ? Ce budget de la zone euro est-il suffisant ? Non. Toutefois, regardons d’où nous venons. Il y a deux ans, lorsque je me rendais à Berlin en tant que ministre des finances, je ne pouvais même pas prononcer les mots « budget de la zone euro ». (« Oh ! » sur plusieurs bancs du groupe LR.) Un an après, nous avons obtenu, avec la chancelière et le Président de la République, un accord franco-allemand de budget de la zone euro. Et, deux ans plus tard, la décision est prise : il y aura un budget de la zone euro. (« Ah ! » sur plusieurs bancs du groupe LR.) C’est une avancée majeure. Heureusement que vous êtes là ! C’est la preuve que l’Europe, portée par le Président de la République, avance. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM. – Exclamations sur les bancs des groupes LR, GDR et FI.)
Je souhaite maintenant que nous en profitions pour avancer dans deux directions. Il faut tout d’abord que ce budget ait des ressources nationales propres, pour qu’il soit à la hauteur de nos ambitions et permette d’investir dans l’innovation, la recherche et les programmes d’infrastructures.
 
Demandez à Mme Loiseau de vous aider ! Elle s’est écrasée en vol ! Ensuite, le mot solidarité ne doit pas être un gros mot dans la zone euro : ce budget doit avoir demain une dimension de solidarité, afin d’aider les pays les plus en difficulté lorsqu’ils font face à une crise économique. La compétition, oui, mais avec de la solidarité : c’est notre vision de l’Europe et c’est celle que nous construisons. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)
La parole est à M. Jean-Marie Sermier. Ma question s’adresse à Mme la ministre chargée des transports. Dans quelques minutes, l’Assemblée se prononcera sur la loi d’orientation des mobilités, dite LOM. Madame la ministre, je me dois d’abord de saluer la qualité des débats parlementaires, ainsi que votre implication personnelle. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)   Mais la LOM devrait répondre aux problèmes de transport du quotidien des Français. Or, de nombreux sujets abordés lors des assises de la mobilité ne trouvent pas de réponse concrète. Légiférer sur les trottinettes, c’est bien, c’est utile, mais ça ne résout pas tout ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
Toute société progresse par le développement des moyens de communication : ainsi va l’histoire des hommes. Aujourd’hui, nos infrastructures et nos moyens de transport doivent être plus propres, plus durables, plus connectés. Hélas, le projet de loi ne répond pas à la question essentielle du financement. Le déficit prévisionnel de l’AFITF, l’Agence de financement des infrastructures de transport de France, s’établit à plusieurs centaines de millions d’euros pour 2019. Si les recettes de la TICPE, la taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers, s’élèvent à 37 milliards pour 2019, seul 1,2 milliard servira à l’investissement dans les infrastructures de communication. Dans ces conditions, comment entretenir les réseaux routiers, fluviaux, ferroviaires dont nous avons tant besoin, en particulier en milieu rural ? Comment mener à bien les grands chantiers indispensables à la modernisation de notre pays ?
 
Par ailleurs, la France sera le seul pays au monde à imposer la fin des moteurs essence et diesel à l’horizon 2040.
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) Cela laisse de nombreux experts dubitatifs, tandis que l’absence d’accompagnement inquiète les salariés de l’ensemble de la filière automobile. (Mme Marie-Christine Dalloz applaudit.)
 
Enfin, les règles d’assouplissement des 80 kilomètres par heure sont incompréhensibles. Les présidents de départements qui le souhaitent pourront repasser à 90 kilomètres par l’heure sur tout ou partie du réseau départemental, de même que les maires pour les voies communales. Aussi, madame la ministre, pourquoi ne pas accepter de donner la même liberté aux préfets pour les routes nationales ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
La parole est à Mme la ministre chargée des transports. Passez la cinquième, madame la ministre ! Monsieur le député, les débats auxquels vous avez activement participé ces deux dernières semaines, lors de l’examen du projet de loi d’orientation des mobilités, ont été particulièrement riches et constructifs. La loi mobilités est d’abord un texte de confiance dans nos territoires : confiance en permettant aux collectivités de mettre un terme aux zones blanches de la mobilité ; confiance en leur donnant des outils adaptés pour répondre en proximité aux besoins de nos concitoyens ; confiance aussi en permettant aux présidents de conseil départementaux d’adapter la vitesse en fonction des spécificités de leur territoire. Mais l’État ne sera pas en reste sur les routes nationales avec le plan de désenclavement de 1 milliard d’euros inscrit dans la programmation, qui permettra également de réduire les temps de trajet sur ces axes.
La loi mobilités consacre également la confiance retrouvée dans la parole de l’État. La programmation des infrastructures constitue une trajectoire d’investissement claire, ambitieuse et réaliste. Dès cette année, l’État est au rendez-vous avec une hausse des crédits de 10 %. Pour les prochaines années, nous avons eu des débats très riches et apporté les premières réponses, qui ont vocation à être finalisées d’ici la loi de finances.
 
La loi mobilités, c’est enfin la confiance dans nos filières industrielles. Inscrire dans la loi la fin de la vente des véhicules à énergies fossiles d’ici 2040 permet de donner de la visibilité à nos filières, que nous soutenons, que nous accompagnons, dans la continuité du plan climat de l’été 2017. Nous respectons ainsi nos engagements climatiques et donnons un formidable espoir aux millions de Français qui souffrent de la pollution.
 
La loi mobilités, c’est une réponse forte aux attentes exprimées dans notre pays et je ne doute pas que nous nous retrouverons autour de ses objectifs.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur quelques bancs du groupe MODEM.)
 
La parole est à M. Jean-Noël Barrot. Ma question s’adresse à Mme la ministre de la justice ; j’y associe ma collègue Laurence Vichnievsky. Hier matin, vers neuf heures trente, deux individus casqués se sont présentés au domicile de la présidente de la cour d’assises de Versailles et l’ont attaquée violemment au visage. Une agression d’une lâcheté inouïe, qui a choqué la communauté des magistrats et, avec elle, toute la nation : nous la condamnons avec la plus grande fermeté. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent longuement.)
Hier, c’est l’institution judiciaire tout entière que l’on a frappée au visage, alors que les magistrats s’acquittent de leur mission dans des conditions difficiles et sans faire parler d’eux. Mais quand on s’en prend à un représentant de l’État, quel qu’il soit, c’est la République que l’on brutalise : ce sont les forces de l’ordre, policiers et gendarmes, régulièrement victimes de violence dans l’exercice de leurs fonctions. Ce sont les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, qui ont bravé tous les dangers pour sauver Notre-Dame des flammes, qui portent secours aux personnes tous les jours et dans tous les territoires ; en 2017, 2 800 d’entre eux ont été victimes d’une agression en intervention.
 
Ce sont les enseignants et les professeurs, tout entiers attachés à leur mission, qui se retrouvent en première ligne face aux situations sociales les plus difficiles, face à des élèves et à des parents qui en font des boucs émissaires. Ce sont les personnels hospitaliers épuisés par les injures, les menaces et les coups : plus de 1 000 agressions signalées en 2018 par les médecins victimes de violences de la part de patients ou d’accompagnateurs, jusqu’aux agressions récentes à l’hôpital Saint-Antoine à Paris.
 
Quand on s’en prend à un professeur, à un pompier, à un policier, à une magistrat, c’est la République tout entière qui est agressée.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. Mme Elsa Faucillon applaudit également.)
 
Madame la ministre, que comptez-vous faire pour sécuriser l’institution judiciaire et ses représentants, face à une agression si violente et gratuite à leur égard, alors que nous leur devons toute notre reconnaissance ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur quelques bancs du groupe MODEM.)
  La parole est à Mme la garde des sceaux, ministre de la justice. Je tiens à remercier l’Assemblée pour le témoignage de soutien qu’elle a manifesté à l’égard de la magistrate blessée grièvement hier dans les conditions que vous avez rappelées. Les premiers éléments ont justifié l’ouverture d’une enquête du chef de tentative d’assassinat par la procureure de la République près le tribunal de grande instance de Versailles. Les auteurs de ce crime sont donc très activement recherchés et trente enquêteurs sont actuellement mobilisés à cette fin.
Le Premier ministre a eu ce matin le fils de la magistrate au téléphone pour prendre de ses nouvelles : elle est grièvement blessée mais hors de danger. Il a exprimé son soutien à la magistrate, à sa famille et également au personnel judiciaire. Je suis moi-même en contact régulier avec le procureur général et le premier président de la cour d’appel de Versailles.
 
L’enquête déterminera si cette personne a été agressée en raison de ses fonctions mais c’est une piste qui ne peut pas être négligée. Soixante agressions visant des magistrats ou des greffiers sont signalées chaque année au ministère de la justice. Nous veillons à accompagner ces personnels victimes de la même manière que nous sommes extrêmement attentifs à l’ensemble des personnels, qu’il s’agisse des policiers, des gendarmes, des professeurs, des sapeurs-pompiers, qui interviennent au service du public. Je rappelle d’ailleurs qu’agresser une personne dépositaire de l’autorité publique constitue toujours une circonstance aggravante ; cela mérite d’être souligné.
 
Nous sommes également très attentifs à accompagner les fonctionnaires en leur accordant la protection fonctionnelle. Pour les magistrats, puisque vous m’interrogez précisément sur eux, au cas par cas, nous veillons à leur accorder une protection singulière ; je pense notamment aux magistrats chargés des procès antiterroristes. De même, dans des circonstances très particulières, ils peuvent bénéficier d’un accompagnement qui leur permet d’assurer leur protection. Voilà, monsieur le député, ce que je souhaitais vous dire ici. Toutes les violences faites à l’encontre des personnes qui exercent une mission de service public sont inacceptables et notre République ne peut pas le tolérer : nous ne le tolérerons pas.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM ainsi que sur plusieurs bancs des groupes SOC et LR.)
 
La parole est à Mme Sophie Auconie. Comme vous, monsieur le ministre, le groupe UDI et indépendants souhaite renforcer fortement la présence des services publics dans les territoires et, en même temps, moderniser l’action publique. Dans une conjoncture marquée par la réduction des dépenses publiques, par des évolutions démographiques et par l’usage de nouveaux modes de relations avec le public, liés notamment aux progrès numériques et technologiques, il s’agit d’un chantier d’ampleur auquel nous devons tous contribuer. Tel est le projet que vous nous avez présenté cette semaine. Une catastrophe ! Cela étant, je veux vous sensibiliser au ressenti des différents acteurs politiques, associatifs, économiques et citoyens quant au projet de redéployer les différents services fiscaux et missions de la direction générale des finances publiques. Selon votre point de vue, ce projet, présenté par un courrier du ministère dont chaque député a pu prendre connaissance la semaine dernière, devra à la fois permettre de répondre aux besoins actuels des usagers et d’améliorer les conditions de travail des agents.
Dans la conjoncture économique et sociale que nous traversons, une telle réforme ne saurait aboutir sans une concertation préalable de tous les élus concernés, nationaux et locaux. C’est ce qui résulte de l’engagement pris par le Président de la République à la suite du grand débat, une ambition d’ailleurs confirmée par le Premier ministre lors de son discours de politique générale.
 
Pouvez-vous nous assurer que ces évolutions seront décidées en adoptant une vision territoriale d’ensemble, en relation directe avec les élus locaux, la population et les agents territoriaux ? Pouvez-vous nous assurer que tout rattachement de ces services aux maisons de services publics sera accompagné d’un financement supplémentaire de l’État ?
 
C’est le grand déménagement des territoires ! Vous avez souhaité, monsieur le ministre, engager une démarche fondamentalement différente privilégiant une réflexion globale, pluriannuelle et concertée : pouvez-vous, en vue de rassurer nos élus locaux et les administrés,…
(Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I. – M. Jean Lassalle applaudit également.) La parole est à M. le secrétaire d’État auprès du ministre de l’action et des comptes publics. Madame la députée, je vous remercie pour cette question qui me permet de revenir sur la situation du réseau des finances publiques – des « perceptions », pour reprendre un terme auquel beaucoup sont attachés.
En un peu plus de douze ans, pas moins de 1200 d’entre elles ont été fermées, dont 700 dans les cinq dernières années, dans le cadre de plans de fermeture annuels annoncés brutalement aux élus des territoires comme aux agents publics.
 
Par vos anciens amis ! Nous avons, Gerald Darmanin et moi,… Votre nouvel ami ! … la volonté d’en finir avec cette méthode.
Nous avons écrit aux directeurs départementaux des finances publiques cette semaine ainsi qu’aux parlementaires et aux préfets pour leur demander d’ouvrir une concertation pendant les quatre mois qui viennent.
 
Pourquoi ? Il y a déjà une carte ! Il y a trois objectifs. Le premier est de multiplier les points de contact entre le public et les services des finances publics. Nous souhaitons qu’à l’issue de la concertation,… La carte est déjà prête ! Ne nous parlez donc pas de concertation ! …il y ait 20 à 30 % de points de contact supplémentaires entre le public et le service des finances publiques. Pipeau ! Le deuxième objectif est de garantir le conseil aux territoires et aux élus locaux. Nous demandons aux directeurs départementaux des finances publiques d’installer des conseillers en gestion locale à l’échelle de chaque intercommunalité pour apporter aux élus un conseil de grande qualité, de proximité et au quotidien. Enfin, le troisième objectif est de rassembler les services d’instruction – ce qu’on appelle parfois en mauvais français les services de back-office – pour réaliser des économies d’échelle et assurer à nos agents une meilleure qualité de vie.
Nous allons travailler pendant quatre mois. La carte dont vous avez été destinataires est, si vous me permettez cette expression, une mise de départ. Nous voulons discuter avec les parlementaires, les organisations syndicales, les présidents d’associations d’élus, les élus locaux pour que cette carte soit achevée dans quatre mois, et qu’elle soit valable pour au moins quatre ans. Cette vision pluriannuelle tranche singulièrement avec la brutalité des décisions annuelles que l’on connaissait jusqu’alors.
 
L’objectif c’est plus de service, plus de stabilité et plus de confiance.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs des groupes SOC, FI et GDR.)
  C’est ça, on y croit !
La parole est à Mme Laurence Dumont. Monsieur le Premier ministre, l’acte II de votre gouvernement est, comme nous le prévoyions malheureusement, la poursuite en pire de ce que vous avez fait pendant deux ans. Vous allez demander toujours plus d’efforts à une majorité de Français tout en continuant à favoriser les plus riches – je pense à la réforme de l’ISF. Il faudrait changer de disque ! Votre réforme de l’assurance chômage repose sur l’idée que derrière chaque chômeur, il y aurait un profiteur, quelqu’un qui ne veut pas travailler. (« Faux ! » sur les bancs du groupe LaREM.) Caricature ! C’est une vision indigne pour celles et ceux qui savent ce qui se passe sur le terrain – salariés de Pôle emploi, associations caritatives ou élus locaux. Au terme de chômeur, je préfère pour ma part celui de demandeur d’emploi, celui qui demande à travailler.
Votre réforme, monsieur le Premier ministre, c’est l’esprit libéral qui la dicte. Vous passez sous silence le fait qu’une personne sur deux n’est pas indemnisée, et que le montant moyen d’indemnisation est de 950 euros par mois. Votre réforme n’est que régression. Votre réforme n’apporte aucun droit nouveau. Pire, 230 000 précaires vont perdre leurs droits et les jeunes souvent confrontés à l’intérim seront les plus touchés.
 
Mais non ! Vous instaurez toujours plus de précarité pour les plus précaires.
Pour feindre d’équilibrer les choses, vous prétendez vouloir taxer les contrats courts. En fait, votre formule n’aura que peu d’effet : elle ne couvre que quelques secteurs d’activité.
 
Plutôt que de maltraiter les chômeurs en leur demandant des efforts considérables, notamment aux plus précaires d’entre eux, vous feriez mieux de répondre aux interpellations de l’association « Territoires zéro chômeur de longue durée ». Ses représentants manifestent aujourd’hui en nombre devant l’Assemblée nationale pour obtenir l’extension de l’expérimentation à de nouveaux territoires et la prolongation de celle qui est en cours dans les dix territoires déjà habilités.
(Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, FI, LT et GDR. – M. Gilles Lurton et M. Francis Vercamer applaudissent également.) Entendez-les plutôt que de vous obstiner dans cette réforme inefficace et surtout injuste. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, FI et GDR.)
  La parole est à Mme la ministre du travail. J’ai conscience que nous avons, le Premier ministre et moi, annoncé beaucoup de choses il y a peu de temps. Tous les éléments ne sont pas encore connus et je vous remercie de votre question qui me permet de montrer à quel point votre accusation  est complètement fausse. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) Assumez ce que vous faites ! Prévoir un accompagnement des chômeurs tel qu’ils n’en ont jamais connu – en particulier des plus précaires d’entre eux –, y consacrer des moyens considérables, avec deux demi-journées au lieu de quarante-cinq minutes dans le premier mois, est-ce une régression sociale ? (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) Il suffit de traverser la rue ! Permettre à ceux qui veulent changer d’entreprise ou de métier de démissionner s’ils ont un projet de création d’entreprise ou de reconversion, est-ce une régression sociale ? (Mêmes mouvements.) Non ! Taxer les contrats courts dont l’abus précarise bon nombre de nos concitoyens, est-ce de la régression sociale ? (Mêmes mouvements.) Permettre aux indépendants, aux agriculteurs, aux commerçants, aux artisans de bénéficier désormais de l’assurance chômage, eux qui, du jour au lendemain, peuvent se retrouver en liquidation judiciaire, est-ce une régression sociale ? (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)
Alors oui, nous nous battons pour l’emploi, contre la précarité et contre le chômage. C’est notre seul credo. C’est l’objet de cette réforme et je vous invite à la regarder beaucoup plus dans le détail.
 
Vous parlez aussi des territoires « Zéro chômeurs ». La loi de 2016 prévoit une expérimentation de cinq ans. Nous soutenons cette expérimentation depuis notre arrivée ;…
 
Pourquoi cette manifestation, alors ? …j’ai même augmenté les crédits qui y sont consacrés dans le budget 2019 pour doubler le nombre de places. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) La loi que vous avez votée prévoyait une évaluation au bout de cinq ans. Cette évaluation est d’ores et déjà en cours et nous pourrons vous en rendre compte dès l’automne afin de voir comment l’expérimentation pourrait être développée.
Tous les fronts sont bons du moment que nous faisons reculer le chômage de masse. C’est notre combat commun : je vous invite à le rejoindre.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)
 
La parole est à Mme Émilie Guerel. Monsieur le secrétaire d’État auprès du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, la France a besoin de citoyens solidaires, responsables et engagés. Ainsi, depuis dimanche dernier, 2 000 jeunes expérimentent le service national universel, le SNU, dans treize départements pilotes. Ils sont, pour deux semaines, les pionniers de la République.
Rapporteure de la mission d’information portant sur le service national universel, je salue la concrétisation de cette promesse de campagne du Président de la République
(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) J’ai, chevillés au corps, l’intégration républicaine, le lien armée-nation, tout autant que l’engagement citoyen.
 
Le service national universel revêt trois ambitions majeures.
 
D’abord, créer un moment de mixité sociale, de cohésion territoriale, de creuset républicain pour la jeunesse autour des valeurs de la République. Ensuite, proposer aux jeunes des formations dans un contexte où les risques ont évolué. Enfin, susciter leur engagement.
 
La première phase, obligatoire, est d’intégration et de cohésion. Elle concerne tous les jeunes, filles et garçons, âgés de 15 à 18 ans et doit transmettre un socle de valeurs communes afin de forger une société de la résilience, qui gomme les fractures au sein d’une jeunesse marquée par les attentats dans notre pays et qui a soif d’engagement. S’engager, c’est donner ce que l’on a de plus cher, son temps, au service d’un intérêt qui nous dépasse : l’intérêt général.
(M. Jean Lassalle applaudit.)
 
Une seconde phase consiste en un engagement volontaire qui peut être réalisé entre 18 et 25 ans et dont la mise en œuvre s’appuie essentiellement sur les dispositifs de volontariat existants.
 
Ainsi, le service national universel nous fait vivre un moment de vibration nationale. Cette expérience, qui ravive l’engagement, a une vocation universelle. Dès lors, comment garantir le caractère obligatoire de ce service citoyen et quels leviers seront utilisés afin que tous les jeunes prennent part à ce moment de creuset républicain ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur plusieurs bancs du groupe UDI et indépendants.)
  La parole est à M. le secrétaire d’État auprès du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse. Il y a deux ans, lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait pris un engagement : mettre en place un service national universel d’un mois afin de renforcer la cohésion républicaine, le lien armée-nation, et pour permettre l’engagement de tous les jeunes au service de la République.
Un certain nombre de travaux ont été réalisés. Je tiens à ce propos à saluer la qualité du rapport que vous avez remis, les travaux de votre collègue Christophe Blanchet, qui se trouve en semaine d’immersion dans le centre SNU de l’Eure dans cet esprit d’évaluation qui caractérise le groupe majoritaire,…
 
Il n’y a pas que la majorité qui fait de l’évaluation ! …ainsi que ceux du général Ménaouine.
Deux ans plus tard, ce dimanche, 2 000 jeunes ont inauguré le service national universel
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Avec Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal, Sébastien Lecornu, nous sommes allés les accueillir – d’autres collègues iront également sur le terrain. Ces jeunes viennent de lycées généraux, professionnels, technologiques, ils sont apprentis, en situation de handicap, décrocheurs… Je tiens à leur rendre hommage, à rendre hommage à ces jeunes pionniers qui se sont engagés dans cette phase pilote du service national universel (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
  Vont-ils aussi marcher au pas ? Que nous disent-ils ? « Je veux renforcer la cohésion dans mon pays, je veux rencontrer des jeunes qui viennent d’autres territoires, d’autres milieux sociaux. » La plupart de ceux que nous avons rencontrés ont pris le train pour la première fois, ont changé de région pour la première fois. C’est un moment d’émancipation, un moment de découverte (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM) qui sera important pour leur orientation, pour leur insertion, car le champ des possibles en sera élargi. On est d’accord au MJS ? Ensuite, ils nous disent : « je veux m’engager, je veux m’engager au service des autres et, pour cela, j’ai besoin que vous m’aidiez à trouver les codes, à trouver le cadre, à trouver les contacts, à découvrir l’engagement car, parfois, je doute de mon utilité ». L’objectif du SNU, c’est bien de montrer à tous les jeunes de France qu’ils sont utiles socialement, qu’ils ont quelque chose à apporter à notre pays.
Le SNU continuera à se déployer dans les années à venir et il montera progressivement en puissance, concrètement. Le Président de la République a demandé que nous allions plus vite que ce qui était prévu, donc, nous sommes en train de travailler à un scénario que nous présenterons dans les mois qui viennent.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et sur plusieurs bancs du groupe MODEM.)
  Garde-à-vous !
La parole est à M. Pierre-Henri Dumont. Monsieur le premier ministre, vous avez annoncé vouloir un débat au Parlement sur l’immigration mais ce n’est pas un débat que les Français attendent, ce sont des mesures concrètes pour la réduire. (Exclamations sur divers bancs.)
Quelle crédibilité avez-vous, alors que votre Gouvernement a battu l’ensemble des records en 2018 : plus grand nombre de titres de séjours délivrés, de clandestins, de demandeurs d’asile, une tendance qui s’amplifie en 2019 alors même que le nombre d’entrées en Europe diminue ? (Protestations sur les bancs du groupe LaREM.)
  S’il vous plaît ! Un peu de calme ! Quelle crédibilité avez-vous lorsque votre majorité instaure une véritable prime à l’illégalité en régularisant plus de 50 000 sans-papiers, en ne limitant pas l’aide médicale d’État et, il y a quinze jours, en rejetant notre amendement visant à supprimer les réductions dans les transports publics pour les clandestins ? (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM, SOC et GDR.) (Se tournant vers les bancs des groupes SOC ,  GDR et FI, Mmes Brigitte Bourguignon, Catherine Kamowski et Cathy Racon-Bouzon : « Et là, vous ne dites rien ? ».)
Quelle crédibilité avez-vous quand vous laissez le système d’asile paralysé par des demandes issues de pays sûrs sans visa comme l’Albanie ou la Géorgie, quand 60 % des demandeurs d’asile en France ont déjà été déboutés d’une demande similaire ailleurs en Europe et quand vous laissez le choix entre asile ou clandestinité, ne reconduisant pas dans leur pays 90 % des déboutés qui squattent des places en centres d’accueil, forçant les autres demandeurs d’asile à dormir dans des campements sauvages aux mains des passeurs ? (Nouvelles exclamations sur les bancs des groupes LaREM, SOC et GDR.)
  Vous feriez un bon porte-parole du Rassemblement national ! Votre proposition de quotas d’immigration ne concerne que l’immigration économique, soit 13 % des arrivées légales, oubliant les autres portes d’entrées, en particulier l’immigration familiale.
Il n’y a pas de droit de l’homme à immigrer dans le pays de son choix : c’est aux Français de décider qui entre et qui réside en France, et c’est donc à leurs représentants de voter des plafonds annuels d’immigration.
(Mêmes mouvements.)
 
La réalité, c’est que nos capacités d’intégration sont dépassées puisque vous êtes incapables de limiter les entrées. Depuis deux ans, Les Républicains font des propositions concrètes pour réduire l’immigration : interdire la régularisation des étrangers entrés illégalement, conditionner l’accès aux prestations sociales à trois années de cotisations, limiter le regroupement familial en augmentant le plafond de ressources, supprimer le droit du sol pour les immigrés illégaux, déterminer l’aide au développement au retour des sans-papiers dans leur pays d’origine.
 
Êtes-vous prêt à enfin écouter votre opposition et à appliquer ces mesures de bon sens pour réduire l’immigration en France ?
(Mêmes mouvements. – Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
  On progresse ! De tels propos sont honteux ! Un peu de calme !
La parole est à M. le ministre de l’intérieur.
 
J’ai bien compris que vous ne posiez pas tant une question qu’une affirmation, celle de la ligne politique que vous semblez défendre (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM) au lieu de contribuer à préparer les conditions du nécessaire débat.
Sur cette question, je pense que nous devons plutôt nous rassembler au lieu de stigmatiser ou d’utiliser un mot comme « squatter ». Quel que soit le statut juridique de celles et ceux qui sont en France, qui quittent la rue pour les places d’hébergement que nous leur proposons, parler de « squatt » n’est pas tout à fait digne
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
  Et parler de « gens qui ne sont rien », c’est digne ? Répondez sur les chiffres ! Nous devons quant à nous être à la hauteur de notre honneur pour accueillir ceux qui doivent être protégés, je pense en particulier à ceux qui demandent le statut de réfugiés.
Vous l’avez dit, l’année dernière, 122 000 personnes sont venues en France et ont demandé la protection de notre pays. C’est l’honneur de la France, c’est l’honneur de l’action politique d’étudier chaque cas pour vérifier si la personne doit ou non être protégée et bénéficier du statut de réfugié
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)
 
Au-delà, il importe d’être plus rapides dans l’examen des dossiers. Je me fixe un délai de six mois à atteindre d’ici la fin de cette année, or ce n’est pas encore le cas. Vous avez évoqué certaines nationalités. Pour les Géorgiens, 441 jours sont nécessaires et c’est inacceptable. Nous devons donc progresser parce qu’il s’agit d’un pays sûr.
 
Nous ne devons pas chercher à nous opposer d’un point de vue quantitatif ou pour dénoncer telle ou telle misère de ceux qui viennent ici mais faire en sorte d’agir à l’international, grâce au codéveloppement, à l’échelon des frontières de l’Union européenne, à l’échelon de celles de la France.
 
Comme nous l’avons fait l’année dernière, nous devons accompagner plus encore celles et ceux qui n’ont pas vocation à rester en France.
 
Ce que nous voulons, c’est un ministre efficace ! Bla-bla ! Leur nombre était en hausse de 14 % l’année dernière et nous devons faire en sorte qu’il augmente encore : ceux qui n’ont pas vocation à rester en France ne doivent pas y rester. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)
La parole est à Mme Michèle Peyron. Monsieur le secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance, jeudi dernier, je vous ai remis, ainsi qu’à la ministre de la santé et des solidarités, Agnès Buzyn, et au ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, mon rapport, intitulé : « Pour sauver la PMI, agissons maintenant ! ».
Durant six mois, j’ai eu la chance de rencontrer des personnels médico-sociaux d’une grande abnégation, qui ont su me faire partager leur amour du métier, de leur métier. Depuis votre nomination et vos différents déplacements, je sais que vous partagez ce sentiment. Néanmoins, cette mission d’évaluation de la politique de prévention maternelle et infantile s’est rapidement transformée en mission de sauvetage.
 
En effet, la situation s’est avérée bien plus inquiétante que nous ne le pensions. Depuis dix ans, les budgets sont en forte diminution, il est très difficile de recruter des médecins, et nous constatons un repli important des missions de prévention de la PMI, qui sont pourtant au cœur de son action.
 
Or, nous le savons, les 1 000 premiers jours de l’enfant sont un moment-clé pour son développement cognitif, physique et psychique et constituent, par ailleurs, une priorité du Gouvernement et du Président de la République. Si la PMI est au cœur de ces 1 000 premiers jours, force est de constater qu’elle périclite. Sans un signal fort et des décisions des pouvoirs publics, elle risque de disparaître dans un certain nombre de départements. Pourtant, nous connaissons son immense intérêt. Au plus près de nos concitoyens, elle est universelle et gratuite et continue malgré tout d’« aller vers », ce qui est le meilleur moyen de lutter contre les inégalités de santé.
 
Nos enfants sont notre avenir. Investir dans la PMI, c’est investir dans l’avenir. C’est pourquoi il est primordial de garantir l’équité dans tous les départements. Monsieur le secrétaire d’État, pouvez-vous nous en dire plus sur les futures mesures qui seront prises par le Gouvernement ?
(Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LaREM.)
  La parole est à M. le secrétaire d’État auprès de la ministre des solidarités et de la santé. Madame la députée, la PMI est une dame respectable de 75 ans. Née dans l’après-guerre, elle est, parmi d’autres institutions, l’un des symboles du modèle social français auquel nous sommes tant attachés. La PMI est une intuition géniale ; c’est un outil de santé globale encastré dans le social, qui fait appel à plusieurs disciplines. Ouverte à tous et gratuite, elle est une utopie concrète qui a permis d’accompagner des générations d’enfants, en leur prodiguant les premiers soins, et de parents, en leur apprenant les premiers gestes.
Mais la PMI est une vieille dame malade. Votre rapport – et je vous félicite pour la qualité du travail que vous avez accompli – le détaille avec précision. Ses missions se sont accumulées au fil du temps, sans cohérence globale. Elle a tendance, dans certains territoires, à se replier sur elle-même. Enfin, elle est confrontée au problème de la baisse de la démographie médicale qui affecte un certain nombre de nos territoires.
 
Or nous avons plus que jamais besoin de la PMI comme d’un certain nombre d’autres acteurs en contact avec la petite enfance. Vous l’avez rappelé, le Président de la République l’a rappelé, c’est au cours de ces 1 000 premiers jours que tout se joue – la santé de l’enfant et son développement cognitif – et que se forgent et se développent les inégalités sociales. Nous devons donc surinvestir cette période comprise entre le quatrième mois de la grossesse et les deux ans de l’enfant. C’est là, en effet, que se situe le cœur de la lutte contre les inégalités de destin. C’est tout l’objet du parcours des « 1 000 jours » auquel nous sommes en train de travailler et dans lequel la PMI doit évidemment trouver toute sa place.
 
Comment donner à celle-ci les moyens de cette ambition ? La PMI doit à la fois redevenir ce qu’elle a été et se transformer pour relever les nouveaux défis auxquels elle est confrontée. Pour redevenir ce qu’elle a été, elle doit se recentrer sur ses missions essentielles, ce qui nécessite probablement de la décharger d’un certain nombre de missions. Pour se transformer, elle doit s’ouvrir vers l’extérieur et articuler son action avec celle des autres professionnels de santé.
 
Et pour les postes vacants, vous faites quoi ? Telle est, madame la députée, notre ambition pour faire de la PMI un des leviers de notre politique de prévention en faveur de l’enfance. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM. – Mme Élodie Jacquier-Laforge applaudit également.)
La parole est à Mme Sandrine Josso. Madame la ministre du travail, la loi du 29 février 2016 a permis de lancer, dans dix territoires, l’expérimentation « Zéro chômeur de longue durée ». Ainsi des entreprises à but d’emploi ont été créées et proposent de nouveaux métiers à des personnes privées d’emploi depuis plus d’un an. Ce dispositif est salué et soutenu par 150 députés, par des milliers d’élus locaux et des demandeurs d’emploi et par de nombreuses associations, notamment le mouvement ATD Quart Monde. Les projets émergent, et ils sont nombreux, comme j’ai pu le constater dans mon territoire, en Loire-Atlantique, à Pontchâteau, une commune de 10 000 habitants.
Après deux ans, 800 CDI ont déjà été créés, sans concurrencer les entreprises et associations existantes. Cette expérimentation devrait faire l’objet d’une nouvelle loi d’ici à la fin de l’année. La volonté est forte. J’ai pu le constater à quatorze heures, aujourd’hui, lors du rassemblement organisé aux Invalides autour de l’association Territoires zéro chômeur de longue durée. De fait, de nombreux territoires se portent candidats. C’est le cas, par exemple, de la communauté de communes de Sud-Corse, dont nous espérons que la candidature aboutira prochainement.
 
Des chômeurs de longue durée sont en désespérance. Ils veulent travailler et ce dispositif est, pour eux, une réelle opportunité. C’est une urgence !
 
Madame la ministre, pouvez-vous nous confirmer que le projet d’extension à de nouveaux territoires de l’expérimentation « Zéro chômeur de longue durée » est bel et bien l’une des priorités de l’exécutif ? Compte tenu de son succès, pouvons-nous envisager la généralisation de ce dispositif, qui permettrait aux territoires et collectivités qui le souhaitent de s’en emparer afin d’accompagner les chômeurs de longue durée et de les aider à retrouver un emploi ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe LT et sur plusieurs bancs du groupe SOC.)
  La parole est à Mme la ministre du travail. Madame la députée, nous nous accordons sur un point : je suis convaincue que nul n’est inemployable et qu’il faut donner une chance à chacun de gagner dignement sa vie par le travail. C’est cette conviction qui a présidé aux choix budgétaires que j’ai faits, en 2019, en faveur du développement de l’expérimentation « Territoires zéro chômeur », des entreprises d’insertion par l’économique, des entreprises adaptées, de l’école de la deuxième chance et de l’Établissement pour l’insertion dans l’emploi – EPIDE. Notre pays, je le crois, recèle de nombreux talents cachés, empêchés, que nous devons aider à s’épanouir et à recouvrer leur dignité par le travail.
L’expérimentation « Territoires zéro chômeur » fait partie de cette palette de solutions. Elle a été lancée, comme vous l’avez rappelé, par la loi du 29 février 2016, qui a prévu qu’elle serait menée pour une durée de cinq ans. Nous pouvons toujours envisager d’accélérer le dispositif, mais nous avons besoin d’une évaluation complète avant de décider, le cas échéant, d’aller plus loin. En attendant, la transformation des dépenses passives en dépenses actives est une bonne idée. Nous avons donc regardé de plus près cette expérimentation – je me suis rendue sur le terrain. Nous avons prévu de doubler le nombre de places en 2019. Pour l’instant, le nombre des bénéficiaires n’est que de 694 bénéficiaires, loin des 1 200 prévus. À dispositif égal, nous en avons donc encore un peu sous le pied, si je puis dire.
 
Par ailleurs, un rapport nous sera remis à l’automne par un comité d’experts indépendants chargés d’examiner si, au-delà des dépenses réalisées pour ce dispositif – mon ministère verse 18 000 euros pour chaque emploi –, il offre bien un retour des dépenses passives, si la concurrence est respectée et si les personnes concernées bénéficient de débouchés.
 
En tout cas, c’est une piste prometteuse, puisque nous constatons une belle mobilisation sociale sur le sujet.
(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.)
 
La parole est à M. Dominique Potier. Avant d’interroger M. le Premier ministre, je voudrais dire la solidarité de tout notre groupe aux paysans, aux maraîchers, aux viticulteurs, aux arboriculteurs de la Drôme. L’argent ne suffira pas, il leur faudra également beaucoup de courage. Nous leur en souhaitons ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC., LaREM et MODEM.)
Monsieur le Premier ministre, nous comprenons l’absence du ministre de l’agriculture qui défend nos intérêts à Luxembourg mais je voudrais vous interroger à propos du foncier, sujet que vous avez singulièrement ignoré lors de votre discours, il y a une semaine.
 
Deux fois promis par le Président de la République, absent de votre discours pour la seconde partie du quinquennat, l’inquiétude peut naître, de même qu’une certaine confusion car le ministre, devant le congrès des jeunes agriculteurs, a annoncé des décrets dans des domaines qui, selon un rapport parlementaire, devraient relever de la loi et donner lieu à des concertations avec la société civile, pour des sujets dont l’Assemblée nationale serait légitime à s’emparer.
 
Selon le dernier observatoire du foncier, outil créé par les SAFER – sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural –, près d’une affaire sur deux échappe complètement à la puissance publique. Le désordre atteint son paroxysme et se traduit par la libéralisation et l’accaparement des terres, ce qui est à l’origine de trois pauvretés : moins de valeur économique, moins de valeur sociale, moins de biodiversité. Il y a urgence à intervenir. Nous avons toutes les bases d’une grande loi foncière. Nous ne vous demandons pas d’agir à la hussarde, dans la confusion ou par décret mais dans la concertation, pour inscrire notre action dans le long terme, comme l’ont fait François Tanguy-Prigent, Edgard Pisani et tant d’autres illustres ministres de l’agriculture.
 
Nous sommes prêts à engager cette démarche d’ouverture mais elle nécessite des mesures d’urgence car, dès que l’on annonce une loi de régulation, on sait que tous ceux qui fraudent accélèrent le mouvement. Nous ne demandons pas que des décrets soient pris à la place de la loi. Nous voulons des mesures d’urgence, prises au nom des pouvoirs exorbitants de l’État, pour prévenir les mauvaises manières et empêcher une dégradation irréversible de la situation.
 
Nous avons besoin d’une démarche claire.
 
Monsieur le Premier ministre, vous n’avez pas parlé du foncier pour la seconde partie du quinquennat mais d’une nouvelle méthode, qui consisterait à écouter l’opposition, à engager le dialogue avec elle, pour tous nous rassembler. Le moment n’est-il pas venu ?
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM et sur les bancs du groupe MODEM.)
  La parole est à M. le ministre chargé des relations avec le Parlement. Vous nous interrogez à propos des mesures relatives à l’avenir du foncier agricole, sujet que vous connaissez bien. Vous nous avez reproché de ne pas avoir explicitement abordé ces questions lors de précédents discours, mais les actes ne manquent pas.
Ainsi, au cours de son discours d’inauguration du salon de l’agriculture, le Président de la République a souligné le fait que l’accès aux terres agricoles freinait le renouvellement des générations d’agriculteurs pour deux raisons : l’artificialisation des sols et la concentration des terres. Il souhaite que des mesures claires soient prises pour faciliter l’installation et l’accès au foncier des jeunes agriculteurs. Ces mesures peuvent être prises par différents outils, sans pour autant relever du domaine législatif.
 
Vous nous demandez de la concertation : vous en aurez puisque la semaine dernière, le ministre de l’agriculture et de l’alimentation a annoncé le lancement d’une large consultation des parties prenantes à ce sujet. L’appel à contributions a été envoyé à l’assemblée permanente des chambres d’agriculture, aux cinq syndicats agricoles, aux SAFER, aux représentants élus, au réseau national des espaces-test agricoles et à certaines associations.
 
Le ministre de l’agriculture attend des parties prenantes que, d’ici fin juin, des contributions écrites avec des propositions de mesures concrètes soient hiérarchisées.
 
Par ailleurs, nous prendrons en compte le travail assez remarquable réalisé par la commission d’information commune sur le foncier agricole, présidée par Jean-Bernard Sempastous, dont vous étiez le co-rapporteur avec Mme Petel. Des mesures relèvent du législatif, d’autres non. Nous avancerons sur cette question.
 
Des réunions de travail seront programmées dès l’été pour étudier la mise en œuvre de propositions issues de cette commission. Je suis convaincu, monsieur Potier, que nous pourrons, tous ensemble, trouver les outils pour assurer le renouvellement des générations, la préservation de notre foncier agricole, richesse inestimable trop souvent sous-estimée. C’est ainsi que nous protégerons notre potentiel alimentaire.
 
Enfin, il conviendra de garantir aux agriculteurs des revenus décents. C’est tout le sens de la politique que nous menons depuis 2017.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)
 
La parole est à M. Jean-Michel Mis. Monsieur le ministre de l’économie et des finances, Facebook a présenté aujourd’hui son projet de monnaie numérique libre. Conçue en partenariat avec vingt-sept groupes, « Libra » devrait entrer en vigueur en 2020.
Cette cryptomonnaie, ovni financier à ce jour, pourra passer outre les frontières géopolitiques et pourra être transférée sans frais via les applications Messenger et WhatsApp partout dans le monde. Ce sont donc plus de 2 milliards d’utilisateurs qui bénéficieront, à terme, de ce nouveau service. Elle pourra, par ailleurs, faire son apparition dans le monde physique, puisque la firme envisage d’installer des machines similaires aux distributeurs de billets, pour échanger des devises contre des jetons de sa cryptomonnaie.
Monsieur le ministre, cette annonce soulève des interrogations d’un point de vue réglementaire, monétaire et politique. La première interrogation est celle de la valeur. Le cours serait indexé sur celui d’un panier de monnaies traditionnelles. Il est facile d’imaginer comment cette cryptomonnaie pourrait s’émanciper de sa fonction de représentation de monnaies traditionnelles et acquérir sa propre valeur d’usage. Il suffirait à Facebook et ses partenaires de proposer un ensemble de services utilisant cette monnaie, ainsi que des ponts avec des services externes.
 
La deuxième interrogation tient au respect de la vie privée et de la protection des données. Depuis mars 2018 et l’explosion de l’affaire Cambridge Analytica, Facebook est, en effet, secoué par des failles à répétition.
La confidentialité entourant les transactions devra se confronter aux risques d’usage illicite, blanchiment, évasion fiscale, financement de la criminalité.
 
Enfin, l’interrogation la plus cruciale est celle de notre souveraineté, celle de l’émergence d’une puissance monétaire capable d’influencer les marchés et de contourner les États. Gardons en mémoire les mots de Peter Thiel, lors du lancement de son système de paiement Paypal, qui voulait en faire une monnaie alternative libre de tout contrôle gouvernemental.
 
Monsieur le ministre, puisque ce sujet n’est pas seulement technologique, mais éminemment politique, quelles mesures le Gouvernement compte-t-il prendre pour pallier les risques liés à l’apparition du Libra et de son corollaire, la société Calibra ?
 
La parole est à M. le ministre de l’économie et des finances. La société Facebook a, en effet, annoncé sa volonté de créer, à partir de 2020, sa propre monnaie numérique. S’il s’agit d’un instrument de transaction, pourquoi pas ? En revanche, elle ne saurait devenir une monnaie souveraine. Une société privée ne peut pas, et ne doit pas, créer une monnaie souveraine qui pourrait entrer en concurrence avec les monnaies des États. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
Il appartient en effet aux banques centrales d’assurer le rôle de prêteur en dernier ressort. Surtout, les États obéissent à l’intérêt général là où les sociétés poursuivent des intérêts privés.
 
J’ai donc demandé à l’ensemble des gouverneurs du G7 de remettre, au cours du G7 Finances qui se tiendra à Chantilly mi-juillet, un rapport relatif aux garanties dont il conviendra d’entourer cette monnaie numérique avant d’autoriser sa circulation. Ces garanties tiendront à la protection des données individuelles, la lutte contre le blanchiment, la lutte contre le financement du terrorisme ainsi que la protection des intérêts économiques et financiers du consommateur.
 
Enfin, cette monnaie permettra à cette société, comme demain à d’autres géants du numérique, d’accumuler à nouveau des millions de données et de se retrouver dans une situation de monopole. Notre détermination à réguler les géants du numérique et à leur imposer au niveau national et demain, espérons-le, au niveau de l’OCDE, une taxation internationale juste et efficace, ne s’en trouve que renforcée. Nous refusons les monopoles. Nous voulons une économie de marché dans laquelle la concurrence puisse jouer pleinement, dans le secteur du numérique comme dans les autres.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)
  Nous avons terminé les questions au Gouvernement. La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à seize heures cinq, est reprise à seize heures vingt.) La séance est reprise.
L’ordre du jour appelle les explications de vote au nom des groupes et le vote par scrutin public sur l’ensemble du projet de loi d’orientation des mobilités (nos 1831, 1974, 1937, 1938, 1942).
Dans les explications de vote, la parole est à M. Bertrand Pancher. Quand on réfléchit bien aux enjeux de l’écologie et du développement durable, on en vient immanquablement à cibler les questions de réchauffement climatique comme priorité de nos actions. C’est le grand enjeu du XXIe siècle : allons-nous, oui ou non, tenir nos objectifs de limitation de nos émissions de gaz à effet de serre, afin de contenir à 2 degrés Celsius l’augmentation de température annoncée ? Alors que l’ensemble des experts prévoient un large dépassement de ces objectifs, avec la menace certaine de cataclysmes à l’échelle mondiale et nationale, comment pouvons-nous y prendre notre part, dans un contexte européen qui n’échappe à personne ? L’Europe, première puissance économique mondiale, a la possibilité de réguler ses modes de production et de consommation énergétiques. Elle le fait, du reste, souvent, et ce texte de loi en est une des illustrations.
Si l’on souscrit à ces enjeux – ce qui est la position des parlementaires de notre groupe Libertés et territoires –, l’on ne peut que s’attarder sur les leviers à mettre en œuvre : des politiques d’incitations générales au changement de nos comportements, mais aussi des politiques sectorielles, par grandes catégories. Il en est deux toutes particulières, où nous ne devons pas « nous rater », sous peine de mentir à l’ensemble de nos concitoyens, et surtout aux jeunes générations, qui subiront de plein fouet les conséquences de nos inactions : le  logement et le transport, qui sont les deux secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre et les plus consommateurs d’énergie.
 
En matière de transport, notre réglementation est essentielle et stratégique. Elle touche l’ensemble de nos concitoyens et de nos territoires, concerne l’emploi et permettra – ou non – de nous projeter dans un avenir serein.
 
L’Union européenne aura déjà fait une grande part du travail en contraignant les fabricants automobiles à réduire de 37,5 % la consommation des voitures en 2030. Le bond est énorme, encore faut-il que cette révolution technologique soit accompagnée sur les territoires par les infrastructures de demain. Ce n’est pas naturellement gagné. C’était l’enjeu, notamment, de cet ambitieux projet de loi.
 
Celui-ci a été précédé par les Assises de la mobilité, concertation ayant réuni pendant près de six mois un bon millier de spécialistes du sujet. Le travail fut de qualité. Pour avoir moi-même conduit un groupe de travail sur les nouvelles mobilités, je peux attester de son sérieux.
 
L’intégralité des propositions faisant consensus ont été intégrées à l’avant-projet de loi que vous aviez préparé, madame la ministre. Les parties prenantes de cette concertation en ont été ravies. Quelle ne fut cependant pas leur surprise – et la nôtre – de constater qu’un quart environ de votre texte avait été supprimé de ce projet à la suite d’arbitrages rendus, au dernier moment, par certains collaborateurs de Matignon et de l’Élysée ! Certains se sont demandé à quoi il pouvait vraiment servir de procéder à d’aussi longues concertations pour rayer d’un trait de plume des propositions pertinentes et demandées. Heureusement, le Sénat a comblé ces lacunes et rétabli un texte qui fut présenté sous une forme plus équilibrée.
 
Lors de l’examen de ce texte en commission des lois, nous nous sommes posé cinq questions. Alliez-vous maintenir, ou non, les principaux ajouts du Sénat – je pense au Conseil d’orientation des infrastructures, à la trajectoire de financement des infrastructures et à la péréquation financière ? Comment traiter le déploiement des 75 000 bornes de recharge électrique ? Allions-nous régler enfin les fractures territoriales en assurant un maillage entre les territoires ruraux et  urbains, dans un contexte où les transports en commun desservent peu les territoires ruraux ? Les nouvelles mobilités révolutionneront bientôt nos habitudes, encore faut-il préparer ces mutations et doter nos territoires de meilleurs atouts. Enfin, comment assurer de bonnes trajectoires financières afin de rénover réellement nos infrastructures et de financer de nouveaux équipements, après dix ans de disette budgétaire ?
 
Vous avez eu l’intelligence, chers collègues, de conserver la quasi-totalité des ajouts du Sénat, et nous vous en remercions. Vous nous avez rassurés, madame la ministre, à propos du déploiement des bornes électriques, avec l’engagement d’un financement à hauteur de 75 %. Le maillage territorial sera assuré grâce au pivot entre le conseil régional et les intercommunalités et il y aura ainsi moins de trous dans la raquette.
 
Nous regrettons, cependant, que les pistes d’affectation de la TICPE, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, au financement de la mobilité en zones peu denses aient été écartées, comme la généralisation de la création d’écotaxes régionales.
 
Bravo, en revanche, pour votre retour sous conditions aux 90 kilomètres-heure.
 
Pour ce qui est, enfin, des financements de nos infrastructures et de leur entretien, la controverse demeure face aux besoins identifiés. Il nous manque 300 millions d’euros sur le budget de l’AFITF, l’Agence de financement des infrastructures de transport de France. Alors, en effet, que la mission Duron a estimé le besoin de notre agence à 3 milliards d’euros, 2,7 milliards seulement lui seront affectés. Il manque également 200 millions d’euros aux amendes de radars.
 
Si, avec tout cela, vous y arrivez quand même, je demanderai au père Noël de glisser dans mes souliers votre livre de magie !
(Sourires.)
 
Les députés de notre groupe politique se réjouissent d’un grand nombre des mesures contenues dans ce texte de loi. De nombreuses dispositions vont renforcer les mobilités et contribuer à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur. Ils regrettent toutefois l’insuffisance de mesures décisives pour financer la mobilité en milieu rural.
 
Une majorité s’abstiendra sur ce texte et une minorité votera favorablement – ce qui sera aussi mon cas. J’ai beaucoup apprécié, madame la ministre, chers collègues, la qualité de nos échanges, en espérant que nous aurons demain à affronter des textes de loi tout aussi intéressants, mais peut-être plus courts.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LT et sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
  La parole est à M. Loïc Prud’homme.