XVe législature
Session ordinaire de 2021-2022

Séance du mercredi 09 février 2022

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion, en nouvelle lecture, de la proposition de loi visant à démocratiser le sport en France (nos 4930, 4994).
Cet après-midi, l’Assemblée a commencé la discussion des articles de la proposition de loi, s’arrêtant à l’article 2.
L’amendement no 34 de Mme Emmanuelle Ménard n’est pas défendu.
La parole est à M. Michel Larive, pour soutenir l’amendement no 71.
Par cet amendement de précision, nous souhaitons restreindre l’utilisation des équipements sportifs des collèges et des lycées aux étudiants des établissements publics d’enseignement supérieur. D’une part, ces équipements sont généralement occupés par les élèves et les associations sportives de l’établissement : on déplore plutôt un manque d’équipements que des gymnases vacants.
D’autre part, en cas de sous-utilisation, ces équipements sportifs doivent être proposés aux étudiants fréquentant des établissements publics. Dès lors qu’ils sont financés par les collectivités territoriales, ils devraient en effet être destinés à des étudiants qui ne bénéficient pas d’installations suffisantes dans leurs établissements, eux-mêmes financés par les régions.
La parole est à Mme Céline Calvez, rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, pour donner l’avis de la commission. Vous voulez revenir à la rédaction que l’Assemblée nationale avait adoptée en première lecture. Toutefois, l’objectif de la proposition de loi étant d’inciter le maximum de personnes à utiliser les équipements sportifs, exclure certains étudiants de cet usage serait dommageable. Avis défavorable. Il ne s’agit pas d’exclure ! La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée de l’éducation prioritaire, pour donner l’avis du Gouvernement. Il est défavorable. La parole est à M. Michel Larive. Il ne s’agissait pas d’exclure, mais de restreindre. Nos débats étant intégralement retranscrits, je tenais à le préciser.
(L’amendement no 71 n’est pas adopté.)
(L’article 2 est adopté.)
Les amendements nos 94 et 93 de Mme la rapporteure sont de coordination.
(Les amendements nos 94 et 93, acceptés par le Gouvernement, successivement mis aux voix, sont adoptés.)
(L’article 2 bis , amendé, est adopté.)
Je suis saisie de deux amendements, nos 72 et 105, pouvant être soumis à une discussion commune et tendant à rétablir l’article 2 quinquies , supprimé par la commission.
Sur les amendements nos 105 et 108, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public.
Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
La parole est à M. Michel Larive, pour soutenir l’amendement no 72.
Il vise à rétablir la version adoptée par le Sénat en première lecture. Nous soutenons en effet l’obligation d’inclure des installations sanitaires – comprenant notamment des vestiaires et des douches – dans les nouvelles constructions de bâtiments constituant un lieu de travail. Une telle mesure favoriserait la pratique sportive dans les entreprises, mais aussi l’usage du vélo pour effectuer les trajets entre le domicile et le travail.
La construction d’une unique douche n’a pas de sens dans les grandes entreprises. Le décret en Conseil d’État initialement mentionné à l’alinéa 5 de l’article précisera les obligations qui s’imposeront à chaque entreprise en fonction de la taille des locaux et du nombre de travailleurs attendus.
La parole est à M. Régis Juanico, pour soutenir l’amendement no 105. Je serai bref, afin de profiter des conditions favorables de vote qui prévalent actuellement dans l’hémicycle. (Sourires.) Je plaisante, bien évidemment.
J’évoquais cet après-midi les mesures que nous pourrions prendre pour favoriser l’activité physique et sportive en milieu professionnel, en particulier dans les entreprises. À ce titre, l’amendement adopté par le Sénat me semblait intéressant, même s’il était peut-être incomplet. Il prévoyait d’imposer, pour toute construction nouvelle – je rappelle en effet que les bâtiments industriels ou tertiaires existants n’étaient pas concernés par le dispositif –, l’installation d’équipements spécifiquement dédiés aux travailleurs.
Les salariés qui effectuent le trajet entre leur domicile et leur travail à vélo, par exemple – la proportion de ces « vélotaffeurs » atteignait 6 % en 2020 et est appelée à augmenter encore à l’avenir, tant l’usage du vélo connaît une forte progression –, mais aussi ceux qui pratiquent une activité physique au cours de la journée, comme une séance de footing ou de marche nordique pendant la pause méridienne, doivent pouvoir disposer d’équipements au sein de l’entreprise. Leur lieu de travail doit donc être pourvu de douches ou de vestiaires – il me semble relativement cohérent de les construire ensemble.
C’est pourquoi il me paraît pertinent de présenter à nouveau cet amendement, pour tenter de faire progresser les conditions matérielles offertes aux salariés pratiquant une activité physique.
Quel est l’avis de la commision sur ces deux amendements ? Avec ces amendements, vous vous inscrivez dans la lignée du Sénat, qui voulait appeler notre attention sur l’importance des douches et des vestiaires pour encourager la pratique quotidienne d’une activité physique – vous avez cité le vélo, le jogging et la marche nordique.
Nous estimons qu’il est possible d’encourager les entreprises à se munir de telles installations. C’est d’ailleurs ce que nous faisons depuis la loi du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021, en accordant des avantages fiscaux aux employeurs qui mettent à la disposition de leurs salariés des équipements à usage collectif dédiés à la réalisation d’activités physiques et sportives, comme une salle de sport, des vestiaires, des douches ou du matériel sportifs. Plutôt que d’imposer à toutes les entreprises de mettre à disposition de ces équipements, nous les y incitons par une exonération de charges.
Plus globalement, il importerait, avant de valider le principe d’une telle obligation, de mieux documenter la corrélation entre la présence de ces installations et la pratique sportive : une telle obligation permettrait-elle d’impulser une augmentation de l’activité physique ? Nous n’en sommes pas certains, la concertation avec le monde professionnel n’ayant pas été assez poussée. Je rappelle que nos collègues Maud Petit et Aude Amadou rendront d’ici quelques jours un rapport sur ce thème.
Ce sera trop tard ! C’était d’ailleurs à l’initiative de Maud Petit que nous avions supprimé la disposition introduite par le Sénat, précisément parce que la concertation doit encore être menée et parce que la corrélation entre l’obligation que vous appelez de vos vœux et la hausse de l’activité physique et sportive en entreprise reste à démontrer. Avis défavorable. Quel est l’avis du Gouvernement ? Même avis. La parole est à M. Belkhir Belhaddad. Il est vrai que la difficulté soulevée par notre collègue Juanico est d’importance : la question des équipements constitue le socle du développement des pratiques sportives, y compris en milieu professionnel. Je souscris donc totalement au principe qui sous-tend l’amendement.
Malgré tout, je crois que la réflexion n’est pas suffisamment mature. Nous ne pouvons pas contraindre des entreprises à entamer des travaux du jour au lendemain. Il convient également d’attendre de connaître les propositions qui seront formulées par nos collègues Petit et Amadou en matière d’équipements sportifs dans les entreprises.
Toutefois, j’estime que la situation actuelle peut être optimisée, notamment grâce à la mutualisation des équipements sportifs. Chacun sait que certains équipements ne sont pas utilisés, parfois faute d’être identifiés : le chef du service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Moselle m’expliquait par exemple, il y a quelques jours, que soixante-dix équipements du département – dont des douches et des vestiaires – n’étaient quasiment pas utilisés pendant des journées entières. Il reste donc des progrès à faire en matière de mutualisation, en attendant de progresser plus rapidement – peut-être – en matière de construction de douches et de vestiaires.
La parole est à Mme Maud Petit. Je veux rassurer M. Juanico : ce n’est pas parce que le rapport n’a pas encore été remis que nous nous opposons à votre amendement – lequel est, il est vrai, beaucoup mieux travaillé que celui qui avait été proposé par le Sénat. Simplement, cette mesure, si elle est peut-être nécessaire, ne me semble pas suffisante : il faut véritablement consulter les différents acteurs concernés pour proposer un dispositif beaucoup plus étoffé.
(L’amendement no 72 n’est pas adopté ; en conséquence, l’article 2 quinquies demeure supprimé.) Je mets aux voix l’amendement no 105.
(Il est procédé au scrutin.) Voici le résultat du scrutin :
Nombre de votants 38
Nombre de suffrages exprimés 33
Majorité absolue 17
Pour l’adoption 5
Contre 28
(L’amendement no 105 n’est pas adopté ; en conséquence, l’article 2 quinquies demeure supprimé.)
La parole est à M. Régis Juanico, pour soutenir les amendements nos 106 et 107, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée. Nous abordons l’article relatif aux plans sportifs locaux et aux catégories d’acteurs qui participeront à leur création dans les territoires. Je l’indiquais tout à l’heure : l’enseignement supérieur fut, pendant ces deux années de crise sanitaire, le grand oublié des politiques de promotion de l’activité physique et sportive. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir expliqué à Frédérique Vidal – de nombreux autres collègues de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, ici présents, pourront en témoigner – que les étudiants, isolés et fragilisés sur les plans physique et psychique, devaient absolument avoir accès à des cours d’activité physique en plein air durant cette période.
Je crois beaucoup à cette solution. L’enseignement supérieur dispose de ressources formidables, qu’il s’agisse des enseignants et des étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS), des services universitaires des activités physiques et sportives (SUAPS) ou encore de la Fédération française de sport universitaire. Il faut mobiliser toutes ces compétences.
C’est pourquoi l’amendement no 106 vise à préciser que des représentants des étudiants et des enseignants des établissements d’enseignement supérieur doivent participer à l’élaboration des projets sportifs locaux.
L’amendement no 107 vise quant à lui à prévoir que, parmi les représentants des établissements d’enseignement supérieur, figure au moins un représentant des étudiants.
Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ? Vous avez énuméré les personnes qui auront toute leur place parmi les représentants de l’enseignement supérieur appelés à participer à l’élaboration des plans sportifs locaux. J’estime préférable d’en rester à une formule générique et d’évoquer « les représentants des établissements d’enseignement supérieur », plutôt que de vouloir préciser qui seraient ces représentants. Avis défavorable.
(Les amendements nos 106 et 107, repoussés par le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
(L’article 3 est adopté.)
La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 121. Pour rappel, en première lecture, nous avions intégré, à l’article 3, sur proposition du Gouvernement, la mention des alliances éducatives territoriales, qui auront vocation à être créées dans le cadre des plans sportifs locaux que nous venons d’instituer. En nouvelle lecture, la commission a décidé de rétablir cette disposition supprimée par le Sénat. Nous avons toutefois bien compris qu’il y manquait une précision : en plus des alliances éducatives créées dans le cadre des plans sportifs locaux, il convient de conserver, à l’article L. 552-2 du code de l’éducation, la mention selon laquelle l’État et les collectivités territoriales favorisent la création d’associations sportives dans les établissements du premier degré.
Les alliances éducatives que nous proposons de créer constituent donc bien une option supplémentaire, qui s’ajoute à la possibilité de créer des associations sportives dans les écoles primaires. Ces dernières peuvent recevoir, pour ce faire, l’aide de l’Union sportive de l’enseignement du premier degré (USEP) ou de l’Union générale sportive de l’enseignement libre (UGSEL) qui les accompagnent pour rédiger les statuts, fournir une ingénierie pédagogique ou offrir un appui juridique et assurantiel. Ces associations ne sont cependant présentes que dans une école sur quatre. Nous estimons qu’il faut les encourager, tout en offrant aux écoles qui intégreront un plan sportif local la possibilité de rejoindre une alliance éducative, et ainsi de proposer des projets sportifs, mais aussi culturels ou de santé. Il n’est pas question de laisser l’une ou l’autre de ces solutions de côté, mais plutôt d’offrir des bases juridiques à l’ensemble d’entre elles.
Quel est l’avis du Gouvernement ? Madame la rapporteure, votre amendement réaffirme la possibilité de créer des associations sportives sur le territoire et réintroduit l’idée d’une union des acteurs éducatifs, faisant écho à l’alliance éducative que nous souhaitons déployer.
Je comprends les inquiétudes qu’a suscitées au sein de l’USEP, dont nous connaissons parfaitement le rôle essentiel, l’amendement adopté en commission, mais celui-ci propose une solution d’équilibre. Avis favorable.
(L’amendement no 121 est adopté.) La parole est à M. Régis Juanico, pour soutenir l’amendement no 108. Que faisons-nous des associations sportives scolaires dans le premier degré ? La question est essentielle. Le problème est réglé pour le second degré grâce à l’Union nationale du sport scolaire (UNSS), où 25 % des collégiens sont licenciés, soit un ordre de grandeur assez proche du premier degré, même si le chiffre de 25 % évoqué par Mme la rapporteure renvoie, lui, aux écoles dans lesquelles l’USEP est présente.
L’amendement vise à généraliser la création d’associations sportives scolaires dans le premier degré. Dans un rapport remis au Premier ministre en 2016, qui traitait du sport à l’école, Pascal Deguilhem, l’un de nos anciens collègues, et moi-même proposions déjà de les rendre obligatoires au sein des établissements. Mais si, dans le second degré, l’UNSS bénéficie de moyens humains et financiers importants – les enseignants d’éducation physique et sportive (EPS) disposent, dans leur temps de travail, souvent le mercredi après-midi, de trois heures rémunérées pour ces activités –, il n’y a rien de tel dans le premier degré. Il faut donc compter sur le bénévolat, sur le volontariat et sur la formation des professeurs des écoles, même si elle est aujourd’hui très insuffisante en matière d’activités physiques et sportives – elle a même reculé. Je crois donc nécessaire d’utiliser la clé d’entrée que nous proposons. L’USEP, je le répète, n’est peut-être présente que dans 25 % des écoles, mais cela peut être amélioré, et il faut passer par des associations sportives.
Quant aux alliances éducatives territoriales, elles dépassent la question sportive et l’objet du projet de loi : elles concernent aussi la culture, des projets artistiques et citoyens. J’ai peur que le développement des activités physiques et sportives soit dilué dans la masse ; aussi préférons-nous rendre obligatoire, comme l’avait fait le Sénat, la création d’une association sportive dans chaque établissement du premier degré.
Quel est l’avis de la commission ? Au Sénat, cette obligation n’avait été adoptée qu’en commission. Au vu des dynamiques créées par les associations en général, et les sportives en particulier, on pourrait penser que l’idée est bonne. Toutefois, comme vous l’avez dit vous-même, les conditions dans les écoles ne sont pas les mêmes que dans les établissements du second degré, où la présence d’une association sportive est obligatoire et où les professeurs d’EPS peuvent se consacrer à l’organisation d’activités physiques dans le cadre de l’UNSS. De plus, nous n’avons pas encore trouvé la solution pour éviter que, dans le premier degré, l’obligation ne repose sur les directeurs et les directrices d’école.
En adoptant l’année dernière la proposition de loi de Mme Cécile Rilhac, qui créait la fonction de directeur d’école, nous voulions tout faire pour soulager ces derniers de la pression qui pèse sur leurs épaules ; nous ne souhaitons pas, aujourd’hui, adopter une mesure dont tout le poids retomberait sur eux.
Autrement dit, à la question de la création obligatoire d’associations sportives dans le premier degré, monsieur Juanico, nous répondons : pourquoi pas ? Mais tant que nous ne disposons pas des solutions juridiques et matérielles qui permettent de garantir que cela ne reposera pas uniquement sur les directeurs et les directrices d’école, notre avis sera défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ? Même avis. La parole est à Mme Cécile Rilhac. J’abonde dans le sens de Mme la rapporteure. Il faudrait une association sportive dans chaque école, j’en suis tout à fait d’accord ; mais, malheureusement, le premier degré ne dispose pas de l’assise juridique sur laquelle s’appuie l’UNSS dans le second degré.
Si nous rendions les associations sportives obligatoires, il faudrait donc trouver, dans chaque école, un acteur pour les soutenir et les animer, et nous savons très bien comment cela se passerait ; ce serait une fois de plus le directeur d’école, alors même que, comme le rappelait Mme la rapporteure, nous avons exprimé notre souhait, à travers une loi récemment adoptée, de ne pas le charger de missions supplémentaires – nous avions fortement insisté sur ce point en débattant de l’article 1er.
En l’absence de statut juridique de l’école primaire qui pourrait permettre aux associations sportives de se structurer comme elles le sont dans le second degré, nous préférons donc privilégier les alliances éducatives. Nous espérons néanmoins pouvoir vous donner rendez-vous dans quelques années pour voter ce statut des établissements du premier degré.
Très bien ! Je mets aux voix l’amendement no 108.
(Il est procédé au scrutin.) Voici le résultat du scrutin :
Nombre de votants 54
Nombre de suffrages exprimés 54
Majorité absolue 28
Pour l’adoption 6
Contre 48
(L’amendement no 108 n’est pas adopté.) La parole est à M. Michel Larive, pour soutenir l’amendement no 73. Il vise le même objectif que l’amendement précédent. J’entends ce qui vient d’être dit, mais cela ne me satisfait pas du tout : ce n’est pas parce que l’on n’a pas les moyens de faire quelque chose qu’il faut y renoncer. Tout au contraire, il faut s’en donner les moyens. Il manque une assise juridique, dites-vous ; nous sommes-là pour la créer ! Les moyens manquent par rapport aux établissements du second degré et à l’UNSS ; il nous appartient de les créer. La question des moyens ne doit pas constituer un frein. Quel est l’avis de la commission ? Comme pour l’amendement précédent, avis défavorable. Quel est l’avis du Gouvernement ? Même avis. La parole est à Mme Caroline Fiat. J’écoute avec attention, mais il y a des choses que je n’arrive pas à comprendre. Pour faciliter l’accès au sport, M. Juanico, à travers l’amendement no 107, vous a proposé de faire participer les étudiants ; et à présent vous refusez… Mais non ! J’ai lu les amendements. Je sais que pour beaucoup d’entre vous ici, je ne suis qu’une bac - 2, mais je sais encore lire.
Vous refusez donc l’aide des étudiants pour l’accès au sport et, quelques minutes plus tard, lorsqu’on veut que tous les enfants scolarisés dans le premier degré puissent faire du sport, vous répondez qu’on n’a pas les moyens !
Bien sûr, madame Rilhac, il ne faut pas que l’obligation prévue pèse sur les seuls directeurs, mais, ça tombe bien, nous sommes à l’Assemblée nationale. Ne pouvons-nous pas trouver le moyen de l’éviter ? N’existe-t-il pas, dans toutes les communes de France, une association sportive susceptible d’aider nos écoles à donner accès au sport à tous les élèves ?
Non ! Monsieur Minot, pour une fois, nous sommes en désaccord. Tout à fait ! C’est rare, alors je le signale. Et ça vous fend le cœur ! En tant que mère qui élève seule deux enfants, je puis vous dire que, lorsque le gamin rentre à la maison et demande s’il peut faire du foot, on additionne le prix de la licence, de l’équipement et de tout le reste avant de lui répondre que non, il n’en fera pas car ça dépasse le budget. Si l’école primaire peut permettre d’accéder à la demande de cet enfant, pourquoi lui refuser la pratique du sport avec des étudiants en STAPS qui joueront le rôle d’éducateurs sportifs, avec la bonne volonté de bénévoles d’associations sportives qui ne demandent qu’à amener les jeunes vers le sport ? C’est possible : il suffit que, sur ces bancs, nous ayons envie de donner un accès au sport à nos enfants. La parole est à M. Fabien Di Filippo. Je ne suis pas d’accord du tout avec ce type de proposition. Je suis évidemment partisan de la démocratisation du sport, d’autant qu’un grand nombre d’enfants, surtout au sortir du confinement, n’ont pas ou n’ont pas repris d’activités sportives. L’école peut-elle constituer une passerelle vers le monde sportif ? Si les associations peuvent intervenir durant certains créneaux du temps consacré au sport au sein des écoles, avec des éducateurs qualifiés, c’est possible ; mais comment croire qu’il existe dans la ruralité des capacités d’encadrement qui pallieraient le fait que les enfants ne puissent adhérer aux associations ?
Beaucoup de communes et de territoires ont prévu des dispositifs pour faciliter les choses quand il y a des problèmes de revenus, quand on a affaire à des familles nombreuses. Chez nous, c’est le système de la carte verte, mais cela porte d’autres noms ailleurs. Il s’agit de permettre à tous les enfants de pratiquer une activité sportive, mais cela doit passer par le monde associatif : vous ne pouvez pas faire autrement. C’est dans le monde associatif que l’on trouve encore le peu de bénévoles dont nous disposons et les encadrants qualifiés, parce que l’accès au sport ne doit pas se faire dans n’importe quelles conditions – sinon, c’est avec les copains, sur le terrain de jeu du coin, dans le cadre du sport du sport loisir.
Attention aux fausses bonnes idées parce que, avec moins de moyens que ce que demande cette mesure, on pourrait faire beaucoup plus pour nos associations et pour faciliter l’accès au sport.
Très bien ! La parole est à Mme Cécile Rilhac. Vous avez raison, madame Fiat. L’objectif est bien de permettre à tous les enfants d’accéder à une pratique sportive pendant le temps de l’école primaire. Nous prétendons seulement que cela ne se fera pas en passant par les seules associations scolaires de l’enseignement du premier degré et l’USEP, mais bien en mutualisant les moyens car, dans toutes les communes, on trouve des associations sportives. Roxana Maracineanu, ministre déléguée chargée des sports, vient ainsi de lancer avec ses services le dispositif Une école - Un club ; il repose sur des alliances éducatives et des conventions que, grâce à la loi relative aux directeurs d’école, ces derniers pourront signer plus facilement.
La mutualisation des moyens humains et les échanges de bonnes pratiques auront lieu, mais ils ne passent pas obligatoirement par un seul type d’association, mais bien par le regroupement de plusieurs associations qui permettent aux enfants d’accéder à une pratique, comme c’est déjà le cas aujourd’hui.
La parole est à M. Régis Juanico. J’entends dire que cette mission retombera sur les directeurs d’école mais, si l’on veut faire les choses dans l’ordre, il faut désigner un référent – une enseignante où un enseignant dans l’école élémentaire – pour coordonner les missions liées au sport scolaire. Notre rapport de 2016 le montre, nous avons la chance, en France, d’avoir 10 à 20 % des professeurs des écoles qui, passés par la filière STAPS, ont donc pratiqué une activité physique et sportive à un niveau universitaire. Il est donc hors de question que tout cela retombe sur les directeurs d’école.
Le problème se pose en revanche de la continuité du sport scolaire entre l’école élémentaire, le collège et le lycée où, avec l’UNSS, la création d’une association sportive est obligatoire. Autrement dit, si nous ne mettons pas en place le même modèle dans le primaire, le risque est d’ouvrir la porte à d’autres associations. Vous invoquez les alliances éducatives territoriales – expression avec laquelle, je l’ai dit en première lecture, j’ai beaucoup de mal –, mais elles ne garantiront en rien la présence d’une association sportive dans chaque établissement du premier degré ; surtout, elles ouvrent la voie à la concurrence et, à travers elle, à un certain nombre de sociétés à but lucratif.
(L’amendement no 73 n’est pas adopté.)
(L’article 3 bis B, amendé, est adopté.)
L’article 3 ter a été supprimé par la commission.
La parole est à M. Régis Juanico, pour soutenir l’amendement no 109, tendant à rétablir cet article.
Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés dispose que, « dans le cadre du projet éducatif territorial, les établissements scolaires participent, en collaboration avec les acteurs du territoire, à l’élaboration d’un parcours sportif favorisant la pratique d’une activité physique et sportive, notamment à travers le sport scolaire et le sport associatif ».
Il est précisé que les établissements d’enseignement supérieur y participent également. Je reviens à la question de l’enseignement supérieur : dans le cadre des projets éducatifs territoriaux, il est important de valoriser les parcours sportifs de nos étudiants, en particulier dans le cursus académique.
Quel est l’avis de la commission ? Les projets éducatifs territoriaux ont un rôle essentiel, mais votre amendement tendrait à les complexifier alors même que nous venons de créer les plans sportifs locaux et les alliances éducatives territoriales. Avis défavorable. Quel est l’avis du Gouvernement ? Même avis.
(L’amendement no 109 n’est pas adopté ; en conséquence, l’article 3 ter demeure supprimé.)
L’amendement no 38 de Mme Marie-France Lorho est défendu.
(L’amendement no 38, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.) La parole est à M. Régis Juanico, pour soutenir l’amendement no 110. Cet amendement vise à préciser que les programmes scolaires doivent comporter l’enseignement du savoir-rouler – à vélo –, notion à mes yeux fondamentale. On ne peut pas se limiter à l’enseignement du savoir-nager, d’autant que ce texte ne mentionne que la notion d’« aisance aquatique ». Le savoir rouler est certes déjà mentionnée dans la loi d’orientation des mobilités (LOM), mais il s’agit ici de rappeler l’importance de cet apprentissage. Quel est l’avis de la commission ? L’amendement est satisfait. Vous l’avez dit vous-même, cher collègue, l’enseignement du savoir-rouler est déjà inscrit dans le code de l’éducation, à travers la loi d’orientation des mobilités. L’avis est donc défavorable. Quel est l’avis du Gouvernement ? Même avis, pour la même raison. La parole est à Mme Emmanuelle Ménard. Il y a de la colle sur les bancs de la majorité ? C’est quoi cette remarque ? C’est pour vous inciter à faire du sport ! (Sourires sur les bancs du groupe LR.) Monsieur Minot, seule Mme Ménard a la parole. Le savoir-rouler en ville est une question qui me tient très à cœur, et je souscris donc aux remarques de mon collègue Juanico. Autant on insiste toujours sur l’apprentissage de la natation à l’école, autant l’apprentissage du vélo est censé incomber plutôt aux parents. Pourtant, apprendre à un enfant à circuler à vélo en ville et sur route peut s’avérer extrêmement compliqué, et il est bien que des professionnels puissent aussi s’en charger dans le cadre du temps scolaire – ou, à tout le moins, périscolaire. À Béziers, nous essayons de développer cet enseignement dans le cadre des centres de loisirs en demandant aux clubs cyclistes qui ont des formateurs adaptés de prendre en charge les enfants.
J’insiste sur cette question, car elle me paraît extrêmement importante : un enfant doit savoir nager comme il doit savoir rouler à vélo, avant que le jeune adulte ne sache conduire une voiture. Cet enseignement me semble faire partie des apprentissages de la vie ; afin de montrer l’importance qu’on y attache il serait donc bienvenu de l’inscrire noir sur blanc dans cette proposition de loi, même s’il est déjà mentionné dans le code de l’éducation.
La parole est à Mme Caroline Fiat. Je fais partie d’une génération que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ; à l’école primaire, on apprenait à faire du vélo sur une piste cyclable, à Verdun, avec un moniteur qui nous enseignait les stops, les feux de circulation, etc. L’amendement de notre collègue Régis Juanico me paraît d’autant plus important que tous les nouveaux moyens de locomotion qui arrivent dans nos vies, comme les trottinettes électriques ou tous ces petits véhicules dont j’ai oublié le nom, qui roulent tout seuls et qui font très peur à ceux qui ne sont pas de la même génération que leurs utilisateurs. Les gyropodes, par exemple ? Ces petits véhicules, les enfants les reçoivent en cadeau à Noël, et ils leur permettent de rouler à une vitesse assez rapide sur les trottoirs comme sur les pistes cyclables, parfois dans le sens opposé à la circulation. Il faut en tenir compte. Nous sommes à l’Assemblée nationale, au cœur de Paris, et, j’en suis certaine, nous avons tous vu des scènes nous faisant redouter, un jour, un mort sur la voie publique. Je trouve que l’amendement de notre collègue est un amendement de bon sens. Absolument ! Il n’y a pas mieux que l’âge de l’enfance pour apprendre les dangers de la route,… C’est l’évidence. …et c’est pourquoi je vous invite tous à voter cet amendement qui, je le répète, est de bon sens. La parole est à Mme la rapporteure. L’article L. 312-13-2 du code de l’éducation dispose que « l’apprentissage de l’usage du déplacement à vélo en sécurité […] est organisé dans un cadre scolaire, périscolaire ou extrascolaire ». Je confirme donc que cet amendement est satisfait.
(L’amendement no 110 n’est pas adopté.)
(L’article 3 quater est adopté.)
(Les articles 3 quinquies , 3 septies et 3 octies sont successivement adoptés.)
La parole est à M. Fabien Di Filippo, pour soutenir l’amendement no 63, tendant à supprimer l’article 4. Je formulerai deux objections de fond.
Tout d’abord, on a tendance, notamment sous cette législature, à vouloir de plus en plus administrer le sport – ce qui est vrai aussi dans d’autres domaines. La création de l’Agence nationale du sport en témoigne. Or le sport vit très bien par lui-même, dans le cadre associatif ou dans un autre cadre ; il véhicule des valeurs qui se suffisent à elles-mêmes. Mais, après avoir réduit peu à peu les soutiens aux associations – les exemples foisonnent depuis ces dernières années –, on veut maintenant suradministrer les objectifs fixés pour les écoles et, bientôt, pour nos associations. Cela ne va pas. De plus, cet article crée des conférences régionales du sport (CRS), strate administrative supplémentaire qui polluera la politique sportive menée dans les associations et dans les collectivités.
D’autre part, cet article repose sur le concept complètement poreux et flou de « savoirs sportifs fondamentaux ». On pourrait débattre toute la nuit pour en trouver une définition.
La belote, est-ce un « savoir sportif fondamental » ? Cela pourrait aller jusque là, en effet.
Quels sont donc, disais-je, ces « savoirs sportifs fondamentaux » ? Courir, nager et rouler à vélo ? On pourrait y ajouter ce qui relève de la précision – le tir à l’arc par exemple. C’est sans fin. Les programmes d’éducation physique et sportive sont déjà cohérents, comme l’est le travail des associations par discipline, piloté par les fédérations. Et on va plaquer là-dessus des contraintes administratives qui seront totalement contre-productives !
Quel est l’avis de la commission ? Il ne s’agit pas de créer une strate supplémentaire. Avis défavorable. Quel est l’avis du Gouvernement ? Même avis. Bravo pour l’argumentation ! La parole est à M. Belkhir Belhaddad. M. Di Filippo n’a pas tout à fait compris, je crois, le sens de cette réforme, non plus que le nouveau paradigme mis en place avec l’Agence nationale du sport et sa déclinaison territoriale au travers des conférences régionales du sport et des conférences des financeurs. Nous n’instaurons pas une strate supplémentaire, comme il le disait à l’instant, mais uniquement un espace d’échanges et de collaboration entre l’ensemble de l’écosystème à l’échelle d’une commune, d’une intercommunalité ou d’un bassin de vie, et ce afin d’envisager une politique sportive dans sa globalité : le sport scolaire, le sport en entreprise, le choix d’un équipement sur un territoire, le choix de tel type de bassin pour tel type de public, etc. En de telles matières les décisions doivent se prendre à ce niveau de proximité, c’est-à-dire à l’échelle d’un espace de coopération qui n’existe pas aujourd’hui, un espace absolument nécessaire et complémentaire de ce que nous avons déjà lancé. La parole est à M. Fabien Di Filippo. Je ne partage pas du tout ce point de vue. Par le passé, les structures de coopération étaient encore plus nombreuses qu’aujourd’hui et avec des moyens. Les collectivités ont la compétence en matière sportive et d’autres structures accompagnent aussi les investissements dans ce domaine. Ainsi, le CNDS, le Centre national pour le développement du sport, accompagnait de nombreux investissements. Le nouveau dispositif revient à orienter les projets territoriaux et, in fine , à conditionner leur financement à un schéma plaqué sur nos territoires. C’est un dessaisissement de nos collectivités au regard de leur autonomie de fonctionnement, mais aussi des associations, et, que vous le vouliez ou non, une structure supplémentaire qui s’ajoutera à toutes celles qui existent déjà.
Les collectivités n’ont pas attendu ce nouveau dispositif pour organiser leurs activités en matière sportive de manière concertée, quitte à en transmettre la compétence à leur intercommunalité, et les associations s’organisent de plus en plus entre elles dans le cadre d’un schéma intercommunal. Pourquoi faut-il toujours créer des structures où siègent des représentants de l’administration qui finissent par influencer les politiques menées ? Ce n’est pas du tout la philosophie du sport telle qu’elle s’est construite dans notre pays. Je suis par principe tout à fait opposé à tous ces schémas administratifs qui en viennent à contrôler tous les pans de nos activités.
(L’amendement no 63 n’est pas adopté.) La parole est à Mme Anne Brugnera, pour soutenir l’amendement no 82. Il vise à associer les représentants des universités aux conférences régionales des sports, notamment pour leurs apports à la recherche en STAPS. Quel est l’avis de la commission ? C’est déjà le cas aux termes de l’article R. 112-40 du code de l’éducation qui, issu d’un décret de décembre 2020, prévoit que le collège des représentants de l’État dans chaque conférence nationale du sport inclut « un président ou directeur général d’établissement d’enseignement supérieur […] désigné par le recteur de région académique, ou son représentant ». L’amendement étant ainsi satisfait, je vous invite à le retirer. Quel est l’avis du Gouvernement ? Même avis.
(L’amendement no 82 est retiré.) La parole est à M. Régis Juanico, pour soutenir l’amendement no 111. J’ai beaucoup apprécié que la rapporteure ait dit tout à l’heure, quand j’évoquais les négociations annuelles portant sur la qualité de vie au travail dans les entreprises, que, plus on prévoit de champs dans la négociation avec les partenaires sociaux, plus on l’affaiblit. Or, si nous votons l’article 4 en l’état, les conférences régionales du sport auront à s’emparer de treize thèmes !
Il faut que les conférences nationales du sport soient complémentaires de l’Agence nationale du sport et de l’action du ministère, et déclinent de façon cohérente la gouvernance partagée dans les territoires – au moins au niveau régional, sachant qu’il y a aussi les conférences des financeurs et les plans sportifs locaux.
Treize thèmes, disais-je, dont les savoirs sportifs fondamentaux ! D’où mes amendements précédents. Je sais bien que le savoir-rouler et le savoir-nager sont déjà mentionnés dans le code de l’éducation, mais on vient d’y ajouter l’« aisance aquatique », forme tout de même dégradée de la notion de savoir fondamental puisqu’elle consiste à savoir se débrouiller dans l’eau, entre 4 et 6 ans – ce qui au demeurant est déjà très bien, en particulier pour éviter un danger. Treize occurrences, c’est évidemment excessif, comme j’ai eu l’occasion d’en discuter lors de la conférence régionale du sport de la région Rhône-Alpes. Afin de se spécialiser, ces instances doivent pouvoir choisir au moins trois thèmes prioritaires sur les treize possibles : c’est l’objet de mon amendement.
Il ne s’agit pas de réformer le sport de haut niveau, le sport professionnel ou le sport pour tous dans ces instances, car tout cela est défini au niveau national. Ce ne serait pas possible, d’autant que ce sont des fonctionnaires de l’État qui sont chargés, au sein des DRAJES, les délégations régionales académiques à la jeunesse, à l’engagement et aux sports, d’organiser les travaux des conférences régionales du sport. On ne va pas leur demander de refaire chaque fois leur travail.
C’est dingue ! Quelle usine à gaz ! Quel est l’avis de la commission ? Les conférences régionales du sport ont toute liberté de se saisir d’un ou de plusieurs thèmes. Vous verrez – mais vous le savez déjà – qu’il y aura des teintes différentes parmi les projets territoriaux qui en sortiront. L’avis est donc défavorable.
(L’amendement no 111, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.) L’amendement no 39 de Mme Marie-France Lorho est retiré.
(L’amendement no 39 est retiré.) Je suis saisie de deux amendements, nos 14 et 74, pouvant être soumis à une discussion commune.
La parole est à M. Raphaël Gérard, pour soutenir l’amendement no 14.
Le présent amendement a pour objet de revenir à la version initiale votée à l’Assemblée nationale en première lecture afin de ne pas occulter les enjeux spécifiques liés à l’inclusion des personnes transgenres dans les disciplines sportives. Cette disposition avait été adoptée en séance publique avec l’avis favorable du Gouvernement. Certes, j’ai bien entendu les arguments développés par Mme la rapporteure en commission, selon lesquels, notamment, la notion de « besoins particuliers des personnes » avait vocation à englober aussi ces situations.
Mais je crains qu’en ne précisant pas ce point au plan législatif on ne prenne le risque de voir les conférences régionales du sport ne pas se saisir, dans le cadre des plans sportifs territoriaux, de cette problématique spécifique qui est de définir, à l’échelle locale et en concertation avec les acteurs du mouvement sportif, les mesures permettant de favoriser la pratique sportive des personnes transgenres.
L’enjeu est bien là : il s’agit d’identifier des moyens permettant de traduire, par des mesures effectives et opérationnelles, le principe d’égalité d’accès au sport sans distinction d’identité de genre,…
C’est quoi, l’« identité de genre » ? …principe que nous avons voté à l’article 1er. Force est de constater que plusieurs facteurs d’exclusion des personnes transgenres persistent dans le sport : actes de haine, inadéquation des infrastructures pour préserver l’intimité de chacun, manque d’accompagnement au moment de la transition ou absence d’orientations claires, au sein des clubs et des associations sportives, quant à la possibilité de jouer dans la catégorie de son choix. Nous devons y remédier, sans préempter les choix qui seront élaborés en bonne intelligence avec les acteurs du sport. Extrêmement tordu ! La parole est à M. Michel Larive, pour soutenir l’amendement no 74. Nous proposons également de rétablir la version votée par l’Assemblée nationale en première lecture : l’alinéa 12 à l’article 4 mentionnait « la promotion de l’inclusion et le développement des activités physiques et sportives adaptées aux besoins particuliers liés à l’identité de genre des personnes ». Cette référence à l’identité de genre a été supprimée par le Sénat. Compte tenu de l’organisation du sport, qui repose sur la binarité des sexes, un nombre important de personnes transgenres éprouvent des difficultés pour intégrer une équipe qui correspond au genre auquel elles s’identifient, notamment en l’absence de règles spécifiques permettant d’assurer l’égalité entre participants.
Selon l’exposé sommaire de l’amendement à l’origine de la disposition votée par notre assemblée en première lecture, une partie de ces personnes « s’autocensurent et s’excluent elles-mêmes de la pratique sportive de peur ne pas pouvoir être intégrées. Les autres peuvent être confrontées à des comportements discriminatoires ou à des difficultés dans l’exercice de la pratique sportive en raison de l’absence de prise en compte de leurs besoins particuliers. »
La conférence régionale du sport doit prendre sa part dans la lutte contre les discriminations et promouvoir l’inclusion des personnes trans dans le sport.
Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ? En première lecture, monsieur Gérard, vous avez fait inscrire dans la loi la reconnaissance des besoins particuliers, s’agissant en particulier de l’identité de genre. Merci de l’avoir fait. Nous avons inscrit, à l’article L. 100-1, au cœur du code du sport, l’égalité d’accès aux activités sportives – comme aux autres activités, bien sûr – et le rejet de toutes les discriminations, en reconnaissant l’identité de genre comme l’une d’entre elles.
Je souhaite que nous gardions l’expression de « besoins particuliers », car elle englobe d’autres formes de discrimination. Je sais que vous êtes attaché à cette mention, comme nous le sommes tous, et je ne voudrais pas qu’une référence à l’identité de genre conduise à oublier les autres formes de besoins particuliers.
Par ailleurs, une réflexion de fond est menée par un groupe de travail qui réunit des acteurs du sport et des représentants des personnes trans ; elle pourra donner lieu à une charte incluant des dispositions concrètes. Je souhaite donc que nous restions génériques s’agissant des missions confiées aux CRS.
Quel est l’avis du Gouvernement ? En complément de Mme la rapporteure, je citerai l’article L. 112-14 du code du sport, qui mentionne « le développement du sport pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire ». Il ne paraît donc pas pertinent de mentionner tous les cas, car on risquerait alors d’en oublier – c’est la limite des listes. Avis défavorable. La parole est à M. Raphaël Gérard. J’entends parfaitement vos arguments. Sur le fond, on ne peut que regretter le besoin qui se présente systématiquement, dans les textes que nous étudions, sur ces questions de lutte contre les discriminations : chaque fois, on se sent obligé de nommer tantôt l’orientation sexuelle, tantôt l’identité de genre comme l’un des sujets de discrimination au quotidien dans les activités de nos concitoyens. Citer un cas particulier, c’est effectivement ouvrir une liste, j’entends bien ; mais nous savons que la lutte contre cette forme de discrimination n’a rien de spontané : on le voit à certaines réactions dans ce débat même, y compris au Sénat qui a supprimé toutes les références au sujet. Garantir l’accès de la pratique sportive à toutes et tous, cela devrait aujourd’hui aller de soi, mais ce n’est pas le cas.
Par principe, je ne retire pas cet amendement. Il faut se méfier d’un schéma prétendument universaliste où l’on voudrait faire entrer tout le monde car, à force d’exclure, de mettre à part, on favorise le communautarisme que, nous en sommes tous d’accord, il ne faut pas laisser s’installer.
Oh là là ! Dire à des personnes qu’elles ne peuvent pas aller à la piscine ou faire du sport parce qu’on n’est pas capable de proposer des vestiaires non genrés ou des cabines fermées dans des vestiaires sportifs, et ce afin de préserver l’intimité d’un corps en transition ou au terme d’une transition, c’est exclure les personnes concernées de la pratique sportive.
(Les amendements nos 14 et 74, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.) L’amendement no 40 de Mme Marie-France Lorho est défendu.
(L’amendement no 40, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.) La parole est à M. Régis Juanico, pour soutenir l’amendement no 112. Ayant été battu sur l’amendement précédent qui visait à restreindre les thématiques dont peuvent s’emparer les conférences régionales du sport, j’en profite : aux treize thématiques on pourrait ajouter une quatorzième, si vous le souhaitez. (Sourires.)
Je souhaite mettre au pot un thème d’avenir, qui est le design actif,… Très bien ! …lequel fait l’objet d’un programme développé par le comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 avec l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), le réseau Action cœur de ville des villes moyennes. Ce programme vise à développer, avec des moyens financiers, l’aménagement du mobilier urbain et de l’espace public afin de favoriser l’activité physique et sportive au plus près des habitations des quartiers.
La Cité du design de Saint-Étienne et les équipes de Thierry Mandon travaillent à l’accompagnement des villes qui seront expérimentales dans ce programme. Nous avons là un levier d’action très positif pour favoriser les mobilités douces, les mobilités actives, le vélo, la marche, tous les moyens qui permettent d’éviter de prendre la voiture. Ce serait un excellent thème de travail pour les conférences régionales du sport.
Quel est l’avis de la commission ? Moi aussi, j’adore le design actif. C’est efficace, en général plutôt beau, et c’est encouragé par l’Agence nationale du sport, l’ANS. J’imagine que, dans les programmes d’équipements sportifs, 5 000 d’ici à deux ans, il pourrait se trouver des propositions sur le design actif. Une enveloppe de 200 millions est sur la table ; pourquoi ne pas l’utiliser aussi pour le design actif ? Mais pour ce qui est de l’introduire dans les missions des CRS, l’avis est défavorable. Quel est l’avis du Gouvernement ? Même avis. La parole est à M. Fabien Di Filippo. Voilà un bon exemple de ce que je disais quand je parlais d’usine à gaz, de strates administratives, de choses totalement contre-productives. Vous allez participer à un mouvement particulièrement douloureux pour le sport, notamment amateur, associatif. Mme la rapporteure vient de dire qu’elle souhaite que des crédits soient orientés vers le design actif. Or, à quoi assistons-nous ? Les crédits de l’ANS sont de plus en plus concentrés sur une petite élite que l’on pense être capable d’aller chercher des médailles olympiques ; et, au niveau d’en dessous, on concentre de plus en plus de moyens sur des concepts qui pourraient être liés au sport pour tous – mais c’est très discutable quand on parle de mobilier urbain.
Entre les deux, ces moyens échappent complètement à ce qui est le cœur d’une pratique sportive de qualité pour tous, à savoir l’action de nos associations. Cela valide à 100 % ce que je disais tout à l’heure : ce concept de conférence régionale du sport conduira notre politique sportive dans une direction contre-productive ; il finira de dégoûter les quelques bénévoles et les quelques diplômés qui ont encore du cœur et de la passion dans nos associations.
(L’amendement no 112 n’est pas adopté.) L’amendement no 41 de Mme Marie-France Lorho est retiré.
(L’amendement no 41 est retiré.) La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 123 rectifié. Cet amendement vise à reconnaître les savoirs sportifs fondamentaux et à les intégrer pleinement au code de l’éducation. La commission y est favorable. Quel est l’avis du Gouvernement ? Sagesse.
(L’amendement no 123 rectifié est adopté.)
(L’article 4, amendé, est adopté.)
La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 17, tendant à supprimer l’article 4 bis A. Cet amendement vise en effet à supprimer l’article, compte tenu de l’adoption, cette semaine, de la loi relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l’action publique locale, dite 3DS.
(L’amendement no 17, accepté par le Gouvernement, est adopté ; en conséquence, l’article 4 bis A est supprimé.)
La parole est à Mme Karine Lebon, pour soutenir l’amendement no 22, tendant à supprimer l’article 4 bis B. Nous nous sommes opposés, durant cette législature, à la suppression du certificat médical de non-contre-indication à la pratique sportive pour les mineurs, et nous nous opposons ici à la suppression du même certificat pour les majeurs. L’examen médical qui permet son établissement, s’il est correctement effectué, peut en effet permettre de détecter une difficulté, un problème de santé resté jusqu’alors inconnu.
La fin du certificat médical ne démocratisera en rien l’accès au sport, et il constituera une protection en moins pour les pratiquantes et les pratiquants. Il n’est jamais inutile d’aller chez le médecin, au moins une fois par an. Le groupe GDR regrette que la majorité cède sur ce point, en opposition avec la promotion du sport-santé.
Quel est l’avis de la commission ? Défavorable. L’article 4 bis B répond à des propositions du mouvement sportif pour lever les freins que sont parfois les demandes de certificat. Nous permettons aux fédérations de reconnaître les licences délivrées par d’autres fédérations comme une garantie de bonne santé et d’aptitude au sport en leur sein. Quel est l’avis du Gouvernement ? Même avis. La parole est à Mme Caroline Fiat. J’abonde dans le sens de Karine Lebon. Les certificats médicaux ont une grande importance car ils permettent parfois de détecter des maladies que les personnes, enfants ou majeurs, ne connaissent pas. Le médecin a la formation requise pour savoir quels examens précis une personne doit faire pour pratiquer tel ou tel sport et, en fonction de leurs résultats – sur la tension artérielle, sur une maladie ou une autre, etc. –, dire si cette pratique est contre-indiquée ou non. Les certificats médicaux ne sont pas là pour faire joli dans le dossier !
J’ai l’impression que le mot prévention n’existe plus dans notre pays, alors que c’est une notion très importante. Par exemple, quand on évite un accident grâce à la prévention, les assurances n’ont pas à payer. Les médecins sont formés pour nous dire si nous pouvons pratiquer un sport ou non : il ne faut pas supprimer ces certificats.
Madame la rapporteure, vous nous indiquiez qu’un certificat médical pourra valoir pour plusieurs pratiques sportives. C’est très bien, mais il faudrait toujours avoir au minimum un certificat médical, ce qui n’est pas le cas dans la proposition de loi.
(L’amendement no 22 n’est pas adopté.) La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 122. Il concerne les compétitions sportives transfrontalières. Il s’agit de mettre le texte en conformité avec un dispositif adopté dans le cadre de la loi 3DS.
(L’amendement no 122, accepté par le Gouvernement, est adopté.)
(L’article 4 bis B, amendé, est adopté.)
(Les articles 4 bis CA, 4 bis C, 4 bis D, 4 bis E et 4 bis F sont successivement adoptés.) Nous avons examiné environ 30 amendements en une heure. Pour votre information, il en reste 52, et nous devons achever l’examen du texte ce soir. Or l’Assemblée siégera demain matin à neuf heures ; compte tenu du temps réglementaire entre deux séances, nous ne pourrons pas siéger au-delà d’une certaine heure : je vous invite donc à gérer vos temps de parole.
Sur l’article 5, je suis saisie par le groupe La République en marche d’une demande de scrutin public.
Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
La parole est à Mme Marie-France Lorho, pour soutenir l’amendement no 42, tendant à la suppression de l’article.
Il semble qu’il soit désormais considéré comme un combat d’arrière-garde de préférer que les membres des instances dirigeantes des organes régionaux soient choisis pour leurs compétences plutôt que pour leur sexe. Mon amendement entend défendre ce combat en faveur des qualités et des compétences de chacun, plutôt que d’installer une rivalité entre des personnes qui s’interrogeront demain sur les raisons de la présence de leurs collègues au sein de telles institutions. La parole est à M. Pierre-Alain Raphan, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, pour donner l’avis de la commission pour le titre II. Vous vous opposez ici à l’exigence de parité, l’une des ambitions fortes de cette proposition de loi. À vous entendre, toutes les personnes doivent être choisies pour leurs compétences. Or, à la tête des fédérations, il n’y a quasiment que des hommes. Cela voudrait-il dire que seuls les hommes sont compétents ? Je n’y crois pas du tout. L’idée, c’est de proposer un système paritaire qui deviendra la norme : les futures générations ne se poseront plus cette question. Il faut donner la chance au plus grand nombre, à toutes et à tous, de pouvoir accéder aux postes de direction dans les fédérations, que ce soit au niveau national ou régional. L’avis est donc défavorable. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM. – Mme Caroline Fiat applaudit également.) Quel est l’avis du Gouvernement ? Je suis moi aussi très surprise par votre amendement, puisque cet article est, comme vient de le dire M. le rapporteur, une avancée majeure pour le sport. Il fait de la France un pionnier de l’égalité entre les femmes et les hommes, déclarée grande cause du quinquennat par le Président de la République. Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 seront, pour la première fois, entièrement paritaires. Le mouvement sportif a soutenu la proposition du rapporteur et du Gouvernement d’une parité totale dans les instances fédérales à partir de 2024 et dans les instances régionales à partir de 2028. Il faut être vraiment très fier de cette avancée exceptionnelle. Permettez-moi de citer deux chiffres : sur l’ensemble des fédérations, seulement trois ont une femme à leur tête. Avant 2017, il n’y en avait aucune. L’avis est évidemment défavorable . (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) La parole est à Mme Caroline Fiat. Je suis pour l’égalité entre les femmes et les hommes et pour la parité, autrement dit pour qu’il y ait autant de femmes que d’hommes dans les instances. Vous voulez qu’on juge par les compétences, madame Lorho. Mais, moi, je ne veux pas qu’il y ait plus de femmes que d’hommes ! Parce que si l’on commençait à se fonder sur les compétences, les femmes seraient plus nombreuses que les hommes à la tête de ces instances : quel dommage ! Ce serait un vrai problème. (Sourires et applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM. – M. Régis Juanico applaudit également.)
(L’amendement no 42 n’est pas adopté.) L’amendement no 141 rectifié de M. Pierre-Alain Raphan, rapporteur, est rédactionnel.
(L’amendement no 141 rectifié, accepté par le Gouvernement, est adopté ; en conséquence, l’article 5 est ainsi rédigé.) L’amendement ayant réécrit l’article, il n’y a donc pas de scrutin public sur celui-ci.
La parole est à M. Michel Larive, pour soutenir l’amendement no 75 tendant à la suppression de l’article. Nous proposons de supprimer ces dispositions qui, introduites au Sénat, confèrent au ministre chargé des sports un pouvoir discrétionnaire pour l’agrément d’une fédération sportive en vue de participer à l’exécution d’une mission de service public. Comment accepter que les règles applicables aux fédérations ne soient pas transparentes et applicables à l’ensemble d’entre elles ? L’arbitraire ne peut régner au sein du service public des sports. Quel est l’avis de la commission ? Monsieur Larive, je ne suis pas d’accord avec vous,… Ah ! …mais ce n’est pas grave. Ça va bien se passer ! (Sourires.) Les dispositions que vous voulez supprimer peuvent être utiles pour maintenir un certain cadre dans le milieu sportif : si le ministre n’avait plus ce pouvoir d’agrément, on pourrait se retrouver avec quinze fédérations de foot, douze fédérations de basket, etc. Voilà pourquoi je serai défavorable à votre amendement.
(L’amendement no 75, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
(L’article 5 bis AAA est adopté.)
L’amendement no 142 de M. Pierre-Alain Raphan, rapporteur, est rédactionnel.
(L’amendement no 142, accepté par le Gouvernement, est adopté.)
(L’article 5 bis AA, amendé, est adopté.) Sur l’amendement no 113, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public.
Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
L’amendement no 44 de Mme Marie-France Lorho, tendant à la suppression de l’article, est défendu.
(L’amendement no 44, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.) L’amendement no 143 de M. Pierre-Alain Raphan, rapporteur, est rédactionnel.
(L’amendement no 143, accepté par le Gouvernement, est adopté.) La parole est à M. Régis Juanico, pour soutenir l’amendement no 113. Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à prévoir une composition paritaire du bureau du Comité paralympique et sportif français, à l’instar de ce que l’article 5 bis A prévoit pour celui du Comité national olympique et sportif français. J’annonce dès à présent que je souscris au sous-amendement du rapporteur. La parole est à M. Pierre-Alain Raphan, rapporteur, pour soutenir le sous-amendement no 163 et donner l’avis de la commission sur l’amendement. Il s’agit de préciser les conditions d’application de la mesure proposée. Je suis donc favorable à l’amendement, sous réserve de l’adoption du sous-amendement. Quel est l’avis du Gouvernement ? Favorable à l’amendement ainsi sous-amendé.
(Le sous-amendement no 163 est adopté.) Je mets aux voix l’amendement no 113, tel qu’il a été sous-amendé.
(Il est procédé au scrutin.) Voici le résultat du scrutin :
Nombre de votants 64
Nombre de suffrages exprimés 63
Majorité absolue 32
Pour l’adoption 61
Contre 2
(L’amendement no 113, sous-amendé, est adopté.)
(L’article 5 bis A, amendé, est adopté.)
L’amendement no 133 de M. François Cormier-Bouligeon est défendu.
(L’amendement no 133, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.) Sur l’article 6, je suis saisie par le groupe La République en marche d’une demande de scrutin public.
Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
La parole est à M. Pierre-Alain Raphan, rapporteur, pour soutenir l’amendement no 144, qui fait l’objet d’un sous-amendement no 161.
En première lecture, nous avions ouvert aux sportifs de haut niveau la possibilité d’être représentés dans les instances fédérales avec voix délibérative. Il nous semblait injuste de ne pas inviter, au sein des mêmes instances, les entraîneurs et les arbitres. Nous nous étions concentrés sur les arbitres professionnels, mais nous allons élargir le champ aux arbitres de haut niveau, tout en laissant le choix aux fédérations. La parole est à M. Cédric Roussel, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation pour le titre III, pour soutenir le sous-amendement no 161. Il vise à simplifier les modalités de représentation des arbitres dans les instances fédérales, en supprimant le renvoi au décret prévu par l’amendement no 144. Parallèlement, il renforce le caractère démocratique de cette représentation en prévoyant une élection des représentants par leurs pairs. Quel est l’avis du Gouvernement ? Favorable à l’amendement ainsi sous-amendé.
(Le sous-amendement no 161 est adopté.)
(L’amendement no 144, sous-amendé est adopté.) Je mets aux voix l’article 6.
(Il est procédé au scrutin.) Voici le résultat du scrutin :
Nombre de votants 70
Nombre de suffrages exprimés 63
Majorité absolue 32
Pour l’adoption 63
Contre 0
(L’article 6, amendé, est adopté.)
L’article 6 bis AB a été supprimé par la commission.
La parole est à M. Maxime Minot, pour soutenir l’amendement no 5, tendant à rétablir cet article.
Cet amendement du groupe Les Républicains, qui vise en effet à rétablir l’article 6 bis AB tel qu’il avait été voté au Sénat, concerne la reconversion professionnelle des sportifs, thème que j’avais abordé avec mon collègue Bertrand Sorre dans un rapport que nous avions remis ensemble. Cette reconversion n’est pas aisée pour de nombreux sportifs qui, ayant pratiqué leur discipline pendant toute une partie de leur vie, doivent s’arrêter à un âge où ils sont loin de pouvoir prétendre à la retraite. Après avoir donné toute leur vie à leur sport et au rayonnement de la France dans le monde, il convient de les aider davantage dans leur reconversion. Excellent amendement ! Quel est l’avis de la commission ? Le sujet de la haute performance et de la reconversion des athlètes est déjà pris en compte ; sa gestion est partagée entre la fédération et l’Agence nationale du sport dans le cadre du programme Ambition bleue. Tout au long de leur carrière, les athlètes auront un double projet et seront aussi accompagnés après leur carrière. L’avis est donc défavorable.
(L’amendement no 5, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté ; en conséquence, l’article 6 bis AB demeure supprimé.) Vous avez même réussi à reconvertir Mme O’Petit ! (Sourires.)
(Les articles 6 bis AC, 6 bis A et 6 bis sont successivement adoptés.)
Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 129 et 132, visant à rétablir l’article 6 ter , supprimé par la commission.
La parole est à M. Maxime Minot, pour soutenir l’amendement no 129.
Il vise à créer une charte nationale du bénévolat sportif. La crise a occasionné la défection de nombreux bénévoles dans les clubs sportifs ; il est donc essentiel que nous les mettions en valeur et c’est à cela que doit servir la charte. L’amendement no 132 de M. François Cormier-Bouligeon est défendu.
Quel est l’avis de la commission ?
Ce sujet a lui aussi été évoqué en commission. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’inscrire dans la loi la création d’une telle charte : des instances comme le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) peuvent tout à fait s’en charger sans que ce soit dans la loi. En outre, ce que les bénévoles nous demandent, plutôt qu’une charte, c’est que nous leur simplifiions la vie ; en effet, on leur demande des choses assez difficiles, notamment le fait de gérer des associations comme des entreprises, mais ils n’en ont pas forcément les moyens. Nous avons mis des moyens à leur disposition et je proposerai – je l’ai d’ailleurs déjà proposé au Gouvernement – la création d’un dispositif « 1 club, 1 solution » sur le modèle du plan « 1 jeune, 1 solution », pour les aider à simplifier leur quotidien. Avis défavorable, donc.
(Les amendements identiques nos 129 et 132, repoussés par le Gouvernement, ne sont pas adoptés ; en conséquence, l’article 6 ter demeure supprimé.)
L’amendement no 6 de M. Maxime Minot, tendant à supprimer l’article 7, est défendu.
(L’amendement no 6, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.) Sur le vote de l’article 7, je suis saisie par le groupe La République en marche d’une demande de scrutin public.
Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
Je suis saisie de cinq amendements, nos 131, 124, 125, 126 et 127, pouvant être soumis à une discussion commune.
L’amendement no 131 de M. François Cormier-Bouligeon est défendu.
La parole est à M. Maxime Minot, pour soutenir les amendements nos 124, 125, 126 et 127, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.
L’amendement no 124 vise à préciser que le nombre de mandats n’est limité que quand il s’agit de mandats successifs. Un dirigeant qui serait amené à interrompre son activité pour la reprendre ensuite ne serait ainsi pas concerné par la disposition, un peu comme dans le cas du cumul des mandats.
Les amendements nos 125 et 126 sont défendus.
Enfin, l’amendement no 127, dans le même esprit, vise à ne pas prendre en compte les mandats en cours : à partir de la promulgation de la loi, on recommence à zéro, tout simplement.
Quel est l’avis de la commission ? Nous avons été assez clairs sur ce sujet : le dispositif que nous appelons de nos vœux doit imposer un certain rythme de renouvellement des mandats. Les premières propositions que nous avions formulées, Aude Amadou et moi-même, en 2018, prévoyaient de limiter le nombre de mandats à deux ; on nous avait alors dit que c’était un peu dur. Nous sommes parvenus à un amendement de compromis fixant cette limite à trois mandats ; les propositions que vous nous faites recevront donc un avis défavorable. Quel est l’avis du Gouvernement ? La limitation des mandats dans les fédérations est une condition déterminante du dynamisme démocratique, qui nous permettra de relever les défis auxquels nous faisons face et de nous moderniser. Je le répète : par une telle disposition, la France innove ! Avis défavorable, donc, à l’ensemble des amendements.
(Les amendements nos 131, 124, 125, 126 et 127, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.) La parole est à Mme la secrétaire d’État, pour soutenir l’amendement no 97 rectifié. Il vise à permettre à celles et ceux dont le troisième mandat est en cours de poursuivre leur engagement en ayant la possibilité de briguer un quatrième mandat. Très bien ! Quel est l’avis de la commission ? Nous l’évoquions tout à l’heure : compte tenu du fait que la loi sera promulguée, je l’espère, dans les prochains mois, nous souhaitons proposer une transition douce et intelligente aux personnes qui sont en train d’effectuer leur troisième mandat. La norme sera bien l’exercice de trois mandats, mais les personnes dont le troisième est en cours pourront proposer leur candidature à un ultime mandat. Avis favorable.
(L’amendement no 97 rectifié est adopté.) Je mets aux voix l’article 7, tel qu’il a été amendé.
(Il est procédé au scrutin.) Voici le résultat du scrutin :
Nombre de votants 70
Nombre de suffrages exprimés 70
Majorité absolue 36
Pour l’adoption 62
Contre 8
(L’article 7, amendé, est adopté.)
Article 8 bis A