- Texte visé : Projet de loi de finances pour 2026, n° 1906
- Stade de lecture : 1ère lecture (1ère assemblée saisie)
- Examiné par : Assemblée nationale (séance publique)
- Mission visée : Solidarité, insertion et égalité des chances
Sous réserve de son traitement par les services de l'Assemblée nationale et de sa recevabilité
I. Modifier ainsi les autorisations d'engagement :
| (en euros) | ||
| Programmes | + | - |
| Inclusion sociale et protection des personnes | 86 000 000 | 0 |
| Handicap et dépendance | 0 | 0 |
| Égalité entre les femmes et les hommes | 0 | 0 |
| TOTAUX | 86 000 000 | 0 |
| SOLDE | 86 000 000 | |
II. Modifier ainsi les crédits de paiement :
| (en euros) | ||
| Programmes | + | - |
| Inclusion sociale et protection des personnes | 0 | 0 |
| Handicap et dépendance | 0 | 0 |
| Égalité entre les femmes et les hommes | 0 | 86 000 000 |
| TOTAUX | 0 | 86 000 000 |
| SOLDE | -86 000 000 | |
L’article 17 de la loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 pour le plein emploi confie aux communes de nouvelles responsabilités en matière de service public de la petite enfance (SPPE). Depuis le 1er janvier 2025, elles doivent exercer des compétences nouvelles — recensement des besoins, information des familles, planification et soutien à la qualité de l’offre d’accueil — qui génèrent des charges administratives, humaines et financières significatives.
Un accompagnement financier a bien été prévu par l’article 188 de la loi de finances pour 2025, fixé par un décret de juillet 2025 à un montant de 86 millions d’euros (répartis entre 3 304 communes actuellement), mais ce montant apparaît aujourd’hui très insuffisant au regard des coûts réels induits par le déploiement du SPPE (à noter que le montant pour 2026 augmente de +1,4M€ au titre de l'augmentation tendancielle prévisionnelle de cet accompagnement financier). Ainsi, selon l’Association des Maires de France, les sommes reçues par les communes oscillent entre 20 255 euros et 97 227 euros au maximum – mais la très grande majorité d’entre elles touchera moins de 30 000 euros. Or, par exemple, il ressort des chiffres des services de l’État que 40 % des communes de plus de 3 500 habitants n’ont pas d’agents dédiés à la petite enfance, et devront donc embaucher.
Dans un contexte marqué par la pénurie de professionnels, la hausse de la demande d’accueil et la forte pression exercée sur les collectivités locales, un soutien financier renforcé est indispensable pour garantir la réussite de cette réforme. En réalité, c'est aussi et surtout une mesure qui permettra d'améliorer le taux d'emploi en garantissant un meilleur soutien aux familles qui peinent trop souvent à trouver un mode de garde pour leur enfant et à concilier vie familiale et vie professionnelle.
Le présent amendement majore en conséquence de 86 000 000 euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement les crédits du programme 304 “Inclusion sociale et protection des personnes” de la mission “Solidarité, insertion et égalité des chances”. Pour satisfaire aux exigences de l’article 40 de la Constitution, cette majoration est compensée à due concurrence par une minoration des crédits du programme 137 “Égalité entre les femmes et les hommes” de la même mission. À titre indicatif, ces crédits supplémentaires ont vocation à renforcer les moyens de l’action 17 “Protection et accompagnement des enfants, des jeunes et des familles vulnérables”. Il convient enfin de préciser que cette proposition de mouvement de crédits est purement formelle et que l’auteur de l’amendement appelle le Gouvernement à lever le gage.
L’auteur de l’amendement appelle le Gouvernement à mener rapidement une étude d’impact réelle pour mesurer précisément quelle sera la charge financière pour les communes concernées par le Service Public de la Petite Enfance et les nouvelles compétences confiées.