- Texte visé : Projet de loi de finances pour 2026, n° 1906
- Stade de lecture : 1ère lecture (1ère assemblée saisie)
- Examiné par : Assemblée nationale (séance publique)
- Mission visée : Relations avec les collectivités territoriales
Sous réserve de son traitement par les services de l'Assemblée nationale et de sa recevabilité
Après l’article L. 2334‑22‑2 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article 2324‑22‑3 ainsi rédigé :
« Art. L. 2334‑22‑3. – Lorsqu’une commune cesse d’être éligible à au moins deux fractions de la dotation de solidarité rurale à la suite d’une hausse de sa population au-delà du seuil de 9 999 habitants, elle perçoit, à titre de garantie pour les trois exercices suivants, une attribution calculée en multipliant la somme des montants perçus l’année précédente au titre des fractions auxquelles elle cesse d’être éligible, par un coefficient égal à 90 % la première année, 75 % la deuxième année et 50 % la troisième année.
« Lorsque la commune ne percevait, l’année précédant le franchissement du seuil de 9 999 habitants, aucun montant au titre de la dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale prévue à l’article L. 2334‑15, la garantie versée à la commune au titre d’une année est diminuée du montant perçu le cas échéant par la commune cette même année au titre de la dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale. Lorsque la commune percevait un montant de dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale l’année précédant le franchissement du seuil de 9 999 habitants, la garantie versée à la commune au titre d’une année est diminuée de la progression de cette dotation constatée entre l’année précédant le franchissement du seuil de 9 999 habitants et l’année de versement de la garantie.
« Lorsqu’au titre d’une année, la commune relève de plusieurs dispositifs de garantie au titre de la dotation de solidarité rurale, le plus favorable lui est appliqué. »
Par cet amendement, nous proposons de renforcer les garanties de sortie pour les communes pour
lesquelles le passage de leur population au-dessus du seuil de 10 000 habitants entraîne une
diminution importante de leur dotation globale de fonctionnement.
Alors que la DGF ne suit déjà pas l'inflation (ce qui équivaut à une perte d'environ 500 millions
d'euros cette année encore), et que les augmentations de dotations de péréquation se font à
enveloppe constante et donc sur le dos d'autres collectivités, les baisses de dotations peuvent être
brutales d'une année à l'autre et déstabiliser les budgets des communes.
Cet amendement propose, pour les communes les plus pénalisées, de renforcer les garanties de
sortie en lissant les pertes subies sur une période plus longue que prévu dans le droit actuel.
Le franchissement du seuil de 10 000 habitants a des impacts très différents selon les communes et
leur situation au regard de ces critères. Certaines communes perdent la DSR sans pour autant entrer
dans la DSU. Pour celles qui deviennent éligibles à la DSU, le montant de DSU qui leur est attribué
peut s’avérer inférieur au montant de DSR qu’elles percevaient antérieurement. Les pertes peuvent
être particulièrement fortes pour les communes qui percevaient plusieurs fractions de DSR, au titre
notamment de la faiblesse de leur potentiel financier.
Or, en l’état actuel des textes, la perte de DSR liée au dépassement des 10 000 habitants
s’accompagne de garanties de sortie de droit commun ; ces garanties sont versées uniquement
l’année du passage du seuil, à hauteur de 50 % d’une partie seulement du montant de DSR perçu
l’année précédente. Le présent amendement prévoit d’accompagner les communes sur une période
plus longue, en leur versant une garantie dégressive sur 3 ans (90 % la première année, 75 % la
deuxième année, 50 % la troisième année), de manière à leur permettre d’absorber plus aisément
l’impact des baisses de dotations sur leur budget.
Il est également précisé que, comme pour la plupart des mécanismes de garanties existant dans la
DGF, les garanties proposées dans l’amendement sont financées au sein des différentes fractions de
la DSR ; sans coût pour l’Etat, leur impact sur les communes éligibles à la DSR serait limité,
compte-tenu du caractère dégressif de la garantie et du petit nombre de communes qui seraient
concernées. Ainsi, sur les six dernières années, c’est au maximum une vingtaine de communes au
total qui auraient été couvertes par la garantie prévue par l’amendement, soit en moyenne entre 3 et
4 communes chaque année. Pour ces communes, la DSR perdue lors du franchissement du seuil
représentait entre 3 % et 13 % de leurs recettes de fonctionnement.
Cet amendement a été travaillé avec l'Association des maires de France (AMF)