Une France en crise


Les facteurs qui conduisent à une union des forces politiques, syndicales et intellectuelles de gauche entre 1934 et 1936 sont multiples :

La crise économique : à partir de 1931, les différents gouvernements qui se succèdent appliquent une politique déflationniste. Le Parlement autorise les gouvernements de Gaston Doumergue le 29 juin 1934 et Pierre Laval le 7 juin 1935 à recourir à des décrets-lois (ancêtres des ordonnances) qui, notamment, diminuent les traitements des fonctionnaires (1934) et suppriment les exemptions fiscales dont bénéficiaient les pensions d’ancien combattant et les allocations versées aux victimes d’accident du travail (1935).

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Les ouvriers de l'Usine Renault en grève, sont massés sur le pont Seguin | Copyright : Source gallica.bnf.fr / BnF

Le Front populaire


Vers le Front populaire

L’union des forces politiques se fait par étapes. Elle se réalise d’abord au niveau local, par la création de comités locaux à partir du 9 février 1934 ; ils réunissent de nombreuses organisations de gauche (intellectuels, syndicalistes, proches et militants du PCF et de la SFIO…) qui appellent de leurs vœux une traduction politique de leur combat contre ce qu’elles considèrent comme un danger fasciste.

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Les élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936

Le régime électoral en vigueur résulte des dispositions de la loi du 21 juillet 1927 sur l'élection des députés qui prévoit un scrutin majoritaire uninominal à deux tours, dans le cadre de l'arrondissement. La durée du mandat est de 4 ans et l'effectif de la Chambre est de 618 députés, dont 20 pour l'Outre-mer. 

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Le Front populaire à la Chambre des députés


Une ouverture de la législature sur fond de grèves

Avant même que la Chambre ne se réunisse le 1er juin, des grèves spontanées se déclenchent dans tout le pays. La première intervient le 11 mai, aux usines Bréguet du Havre pour protester contre le licenciement de deux ouvriers qui avaient chômé le 1er mai, à l’époque non férié ; la nouveauté réside dans l’occupation de leurs locaux de travail par les ouvriers. Dans les jours qui suivent, d’autres grèves éclatent dans tout le pays avec le même mode opératoire, l’occupation des usines. Progressivement, le mouvement fait tache d’huile. Le 28 mai, il touche la région parisienne (usines Renault de Boulogne-Billancourt, Citroën de Paris, etc.).

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Des « Accords de Matignon » aux cinq premières lois adoptées

Devant l’ampleur du mouvement de grèves dans tout le pays, le patronat accepte de négocier avec les syndicats de salariés. Une conférence est organisée par le gouvernement entre la Confédération générale de la production française et la CGT le 7 juin 1936 à l’hôtel Matignon, siège de la présidence du Conseil. Les « Accords de Matignon » qui résultent de cette négociation renforcent les droits des salariés, réaffirment la liberté syndicale et le rôle fondamental des syndicats, instaurent des « contrats collectifs de travail » (devenus « conventions collectives » dans le texte définitif) applicables à tous les salariés ainsi qu’un salaire minimal par région et par catégorie et prévoient une forte augmentation des salaires de 7 %. 

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La poursuite de la session et l’adoption de nouveaux textes

Un nombre important de lois adoptées à la suite de ces cinq textes au cours de l’été 1936. Toutefois, les discussions commencent à être plus longues et plus tendues. L’opposition de la droite se fait sentir, surtout au Sénat.

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