Histoire et Patrimoine


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Ancien régime

1743-1768

Le Palais après la duchesse

Après le décès de la duchesse de Bourbon en 1743, le sort du palais demeure incertain jusqu’en 1756, date à laquelle Louis XV le rachète, soucieux de conserver en l’état ce beau vis-à-vis de la place de la Concorde qu’il est en train de réaliser à sa propre gloire.

Ce passage dans le patrimoine royal est de courte durée : en 1764, le prince de Condé, petit-fils de la duchesse de Bourbon, rentre de la guerre de Sept ans où il s’est brillamment illustré. En témoignage de reconnaissance, le roi lui cède le palais pour le prix symbolique « du terrain et des glaces », c’est-à-dire 302 000 livres selon le contrat passé devant notaire.

Devenu maître des lieux, le prince de Condé s’accommode difficilement du palais hérité de son aïeule. Son style raffiné et intimiste ne correspond guère au caractère réputé martial du jeune prince guerrier. Surtout, les murs sont bien étroits à celui qui est l’un des tout premiers dignitaires du royaume et dont l’imposant train de vie exige un palais de dimensions bien supérieures à celles de l’aimable résidence de plaisance dont il a hérité. En 1768, il achète aussi l’hôtel de Lassay à la nièce du marquis.

Durant un quart de siècle, le prince travaille à moderniser le palais, mais surtout à en accroître la surface en multipliant autour de son corps central les annexes et les bâtiments de service. En lieu et place d’un simple hôtel de campagne, c’est ainsi une véritable petite cité qui, entre 1765 et 1789, surgit de terre pour constituer l’îlot Bourbon tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Sous la direction des architectes Barreau de Chefdeville et Le Carpentier, les deux ailes du palais sont agrandies et prolongées par des murs vers la place du Palais Bourbon pour fermer la cour ; à leur extrémité, deux pavillons massifs sont bâtis de part et d’autre du porche d’entrée en arc de triomphe. Conformément aux vœux du prince, ce porche s’inscrit dans une imposante colonnade-rideau qui permet aux passants d’admirer depuis l’extérieur la cour du palais.

Sur le côté ouest de la cour d’honneur, une série de nouveaux bâtiments, eux-mêmes rythmés par trois cours - aujourd’hui dénommées cours Sully, Montesquieu et d’Aguesseau -, sont bâtis pour abriter le personnel au service du prince.

Au fil des ans, la soif de construction du prince s’étend en dehors même de l’enceinte du palais. Afin d’en financer la rénovation, il acquiert, dès 1769, les terrains qui le jouxtent côté sud pour y entreprendre le vaste programme immobilier qui donne naissance, à partir de 1787, à la place du Palais Bourbon.

Lorsque le 18 juillet 1789, alerté par la prise de la Bastille, il fuit la France, le Palais Bourbon tel qu’il l’avait imaginé n’est pas totalement achevé, malgré vingt-cinq années de travaux. La place du Palais Bourbon n’est, pour sa part, qu’à peine entamée : ce n’est qu’en 1814, à son retour d’exil, qu’il pourra contempler son œuvre enfin terminée.

Mais s’il recouvre la propriété de tous ses biens, le prince de Condé ne peut pour autant en jouir : pendant ses années d’exil, la République puis l’Empire ont profondément modifié “son” Palais Bourbon pour en faire le siège de la représentation nationale.

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